‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 558 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Mérodach Baladan. roi de Babylone en 722, fut l'ennemi implacable des Assyriens. Il dut abandonner Babylone à Sargon, roi de Ninive; mais il reprit cette ville à la mort de ce prince. Sennachérib le chassa de nouveau dans la Chaldée maritime, où il maintint son indépendance.

Nabopolassar fut d'abord vice-roi de Babylone, sous la dépendance du roi de Ninive. Mais, allié avec le roi des Mèdes, Cyaxare, il prit Ninive, qui fut détruite, et fonda le 2e empire chaldéen. Il eut pour successeur son fils Nabuchodonosor II, le Grand.

Nabuchodonosor. — Ce nom a été porté, paraît-il, par plusieurs souverains. Mais il est devenu glorieux, surtout avec le fils de Nabopolassar. Avant de succéder à son père (en 004), Nabuchodonosor II avait déjà vaincu Néchao II, roi d'Egypte. Il prit bientôt Jérusalem et emmena en captivité le roi Joachim, qui fut remplacé par Sédécias. Celui-ci, s'étant révolté, Nabuchodonosor fit une nouvelle expédition, prit Jérusalem, après un an de siège, et réduisit le peuple en captivité. Il bloqua vainement pendant 13 ans la ville de Tyr, et ne put empêcher le roi d'Egypte, Apriès, d'occuper la Phénicie. Il mourut en 561, après avoir fait de Babylone la plus belle ville du monde. Son fils et successeur, Evilmérodach, fut assassiné, après deux ans de règne (561-559), par son beau-père Nériglissor.

Nabonide ou Labynite succéda à Nériglissor (555-538) ; il s'occupa à restaurer ou à construire des temples, mais laissa son empire s'affaiblir et mécontenta la caste sacerdotale et le peuple. Son fils, Belsharoussour, est le Balthasar de l'Ecriture.

Balthasar fut, d'après le livre de Daniel, qui vivait à la cour des rois de Babylone, le dernier roi de Babylone. Pendant qu'il profanait, dans un festin, les vases sacrés enlevés au temple de Jérusalem par Nabuchodonosor, il vit une main qui traçait sur la muraille trois mots mystérieux : Manè, Thècel, Phares. Daniel les lui expliqua, en annonçant les malheurs qui allaient fondre sur lui. La nuit même du festin, Cyrus, qui assiégeait Babylone, détournait le lit de l'Euphrate dans les larges canaux qu'il avait fait creuser et pénétrait dans la ville par le lit du fleuve desséché. Balthasar était tué et la Babylonie conquise.

(Médie. Perse. Lydie. Arménie).

Cyrus est le plus grand nom de l'histoire de la Perse. Il était delà famille royale des Achéménides et fils de Cambyse I ; selon Hérodote, sa mère aurait été Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes. Son grand-père Astyage aurait donné l'ordre de le faire périr, après sa naissance, parce qu'un oracle lui avait prédit qu'il serait détrôné par son petit-fils ; mais Cyrus fut recueilli par un pâtre. Devenu roi de Perse, il se révolta contre les Mèdes et s'empara d'Ecbatane. Il étendit ensuite ses conquêtes et prit le roi de Lydie, Crésus, dans Sardes, sa capitale; il s'empara de Babylone, en 538, et rendit, en 536, le fameux édit qui mit fin à la captivité des Juifs. Selon Hérodote, il aurait été tué par les Massagètes, peuple des bords de la Caspienne ; et Thomyris, leur reine, aurait plongé sa tète dans un bain de sang; mais, selon Xénjphon, il mourut paisiblement dans son palais (529).

Crésus, dernier roi de Lydie, régna glorieusement de 560 à 546. On raconte que Solon vint le visiter et que Crésus lui montra avec orgueil ses trésors en vantant sa prospérité. Le sage grec se contenta de répondre : « N'appelons personne heureux avant sa mort ». Peu après, Crésus était vaincu par Cyrus à Thymbrée, pris dans sa capitale et condamné au feu. Sur son bûcher, il s'écria : « O Solon, Solon ! » Ce mot attira l'attention de Cyrus, qui, instruit de laréponsede Solon, fit grâce à Crésus et lui demanda même son amitié. Crésus

mourut vers 525. Le royaume de Lydie, qui finit avec lui, remontait, parait-il, au XVIe siècle; il avait eu pour premier roi Atys. Un autre Atys, fils de Crésus, était muet; il aurait recou.ré la parole, dans une bataille. Voyant un soldat sur le point de frapper son père, il s'écria : « Soldat, ne frappe point Crésus ! » ce qui sauva la vie du roi.

Tigrane I, roi d'Arménie (565-520), était de l'antique dynastie des Haïg. Il fut l'allié de Cyrus contre Astyage, roi des Mèdes, et fonda Tigranocerte,qui fut la capitale de l'Arménie. Ce royaume fut souvent en lutte, par la suite, avec celui des Parthes.

Cambyse II, roi de Perse (530-522), succéda à son père Cyrus, fit périr son frère Smerdis et conquit l'Egypte. Maître de Memphis, il envoya 50.000 hommes, pour piller le fameux temple de Jupiter Ammon ; mais ils furent ensevelis dans les sables de Libye. En Ethiopie, une autre de ses armées souffrit d'une horrible famine, dans laquelle les soldats se dévorèrent entre eux. Les historiens grecs le représentent comme un tyran furieux. Il tua le bœuf Apis, adoré des Egyptiens, et mourut en Syrie, à la suite d'une blessure qu'il s'était faite en montant à cheval.

Darius I, roi de Perse (522-485), était fils d'Hvstaspe, prince achéménide. Il réprima la révolte des Mèdes, reprit Babylone, grâce au dévouement de Zopyre, organisa l'empire, établit 30 satrapies, puis fit des expéditions heureuses aux Indes, en Scythie et en Thrace, détruisit Milet, qui s'était révoltée avec l'aide des Grecs. Il fut moins heureux dans sa guerre contre ceux-ci. La tempête détruisit une première armée sur les côtes de Thrace (492). Une seconde armée, commandée par Datis et Artapherne, fut vaincue par Miltiade à Marathon (490), malgré la supériorité du nombre. Plusieurs ont vu un même personnage dans Darius I et Darius le Mède, dont parle le livre de Daniel; d'autres ont cru reconnaître Darius le Mède dans Cyaxare II.

Xerxès I fut désigné par son père, Darius I, pour lui succéder. Il soumit l'Egypte, qui s'était révoltée (482), et Babylone, qu'il fallut prendre de nouveau ; puis, à la tête d'une flotte de 1.200 vaisseaux et d'une armée innombrable, il envahit la Grèce. La Macédoine et la Thessalie se soumirent ; mais Léonidas lui résista aux Thermopyles. Maître sur terre, où il prit Thèbes, Platée et occupa Athènes, qu'il livra aux flammes, il vit sa flotte détruite à Salamine par Thémistocle (480). L'armée qu'il laissa en Grèce, sous le commandement de Mardonius, fut battue, et finalement la Grèce resta libre. Xerxès fut assassiné par Artaban, chef des gardes.

Artaxerxès I Longue-Main, roi de Perse (471-424), fit périr Artaban, gouverna avec sagesse, accueillit Thémistocle exilé et reconquit l'Egypte. On pense qu'il est le même qu'Assucrus, le roi de Perse qui épousa Esther et fit périr Aman, l'ennemi des Juifs, qui avait tramé leur perte Après Artaxerxès I, son fils Xerxès II ne fit que passer sur le trône et fut assassiné par Sogdien.

Darius II, dit Nothus, c'est-à-dire bâtard, était fils d' Artaxerxès I ; il régna de 423 à 404, après avoir fait périr Sogdien, réprima les révoltes de l'Egypte, de la Médie, de la Lydie, soumit les cités grecques de l'Asie Mineure et contint les Grecs en les opposant les uns aux autres.

Artaxerxès II, dit Miiomnn, à cause de sa mémoire prodigieuse, succéda à son père, Darius II, et régna longtemps (404-362). Sous son règne eut lieu la révolte de Cyrus le Jeune, son frère. Il le battit à Cunaxa (401); les 10.000 Grecs qui soutenaient Cyrus opérèrent alors une retraite fameuse, qui fut dirigée par Xénophon. Les Spartiates durent signer le traité d'Antalcidas ( .87).

Artaxerxès III, dit Ochus, c'est-à-dire le

1065 HISTOIRE

Cruel, succéda à son père, Artaxerxès II (362-338), après avoir fait assassiner ses frères aînés. On lui reproche la mort de 80 de ses proches. Il réprima la révolte d Artabaze 356). celle de l'Egypte (349) ; il ravagea la Syrie et détruisit Sidon. Il mourut empoisonné par l'eunuque Bagoas.

Darius III Codoman, descendant de Darius Notlius, fut le dernier roi de Perse (337-330). Au moment où les Grecs envahissaient ses Etats, il perdit son meilleur général, Memnmi le Rhodien (333). Vaincu au Granique (334), à Issus (333), où sa famille tomba au pouvoir d'Alexandre, à Arbelles, il s'enfuit en Médie et fut assassiné par Bessus, satrape de Bactriane.

Zoroastre. — Le théologien et le philosophe le plus célèbre de la Perse est Zoroastre, à qui elle doit ses livres sacrés et sa religion (v. Zend- Avesta, dieux de la Perse, mazdéisme, etc.). Il aurait vécu dans les temps les plus reculés. Mais d'après les conjectures d'Anquetil-Duperron, qui sont les plus vraisemblables, il naquit dans l'Iran, l'an 585 av. J.-C, c'est-à-dire au temps de Pythagore, qu'il aurait même rencontré à Babylone. Quoique Zoroastre ait éclipsé tous les sages de sa nation, il n'est point des premiers dans l'ordre chionologique : il n'est compté que le treizième, et lui-même en appelle à une révélation antérieure, celle de Heômo ou Hom, dans lequel on a vu

Abraham. Ici, comme ailleurs, les croyances paraissent mieux se dégager de la superstition à mesure qu'on les saisit plus près des origines (v. Hist. de laphil. Philosophie des Perses).

Bérose. — Nous signalons ici cet historien chaldéen, qui fut prêtre de Bélus, à Babylone, bien qu'il ait vécu au IIIe siècle, sous la domination grecque d'Antiochus II (261-246). Il écrivit en grec une Histoire de la Chaldèe, dont quelques fragments ont été cités par Josèphe, Eusèbe et les Pères de l'Eglise. Il y parlait d'un déluge universel. Bérose se distingua aussi dans l'astronomie. Ayant visité la Grèce, il se fit tellement admirer des Athéniens qu'ils lui élevèrent une statue. Il ouvrit à Cos une école célèbre d'astronomie.

Sanchoniathon. — Ce prêtre phénicien aurait vécu, dit on, au temps de la guerre de Troie. Il aurait écrit, entre autres, les livres suivants : de la Physiologie d'Hermès ; des Coutumes ou des lois des Tyriens ; Théologie égyptienne. Malheureusement les quelques fragments qui nous restent, ont été plus ou moins altérés par Philon de Bvblos. Ces débris permettent seulement de voir que les idées religieuses et philosophiques des Phéniciens tiennent tout à la fois à celles de la Grèce, dont elles sont une des sources principales, à celles de l'Egypte, de l'Assyrie et aussi à celles des Hébreux.

TROISIEME SÉRIE. — Mythologie grecque et romaine. — Temps fabuleux et héroïques. Hercule. — Guerre de Troie. — Fictions poétiques.

Ordre logique des Noms.

a) Prométhée. Epiméthée. Pandore. Deucalion. Pyrrha. Ogygès. Triptolème. Hellen. Eolus. Dorus. Xuthus. Ion. Achseus. Inachus. Io. Argus. Danaûs. Danaïdes. Hypermnestre. Lyncée. Danaé. Persée. Andromède. Céphée. Cassiopée. Bellorophon (v. constellations).

b) Agénor. Cadmus. Harmonie. Europe. Sémélé. Antiope. Amphion. Dircé. Niobé. Amphytrion. Laïus. Œdipe. Jocaste. Créon. Etéocle. Polynice. Antigone. Ismène. Adraste. Epigones.

Tirésias. Manto. Mopsus. Amphiaraùs.

Cécrops. Cranaùs. Pandion. Progné. Philomôle. Egée. Thésée. Procuste. Phèdre. Hippolyte. Codrus.

Amazones. Antiope. Penthésilée.

Minos. Pasiphaé. Ariane. Dédale. Icare. Erigone. Amalthée. Rhadamante. Eaque. Eacides. Pelée. Télamon.

Argonautes (v. Castor et Pollux). Toison d'or. Hellé. Jason. Admète. Alceste. Médée. Absyrte. Pélias. Orphée. Eurydice. Pygmalion. Salmonée. Lycaon. Arachné. Minée.

c) Hercule. Alcée. Alcide. Alcmène. Omphale. Déjanire. Eurysthée. Antée (v. Busiris). Diomède. Géryon. Augias. Cacus. Nessus. Héraclides. Ixion.

Pirithoùs. Sisyphe. Tantale. Pélops. Pélopides. Atrée. Atrides. Thyeste. Egisthe. Oreste. Pyladc. Electre. Tyndare. Léda. Clytemnestre. Agamemnon. Iphigénie. Calchas. Hélène. Ménélas. Hermione.

d) Achille. Chiron. Patrocle. Automédon. Déidamie. Pyrrhus. Néoptolème. Memnon. Télèphe. Saipédon. Philoctète. Ajax. Teucer. Diomède. Rhésus. Idoménée. Nestor. Palamède. Stentor. Thersite. Sinon.

Ulysse. Laërte. Pénélope. Télémaque. Mentor. Calypso. Circé. Polyphôme. Alcinous. Nausicaa.

Dardanus. Tros. Ilus. Ganymède. Laomédon. Hésione. Tithon. Priam. Hécube. Polyxène. Cassandre. Paris. Laoeoon. Hector. Andromaque. Astyanax. Francus ou Francion. Anténor.

Evandre. Latinus (v. Janus). Lavinie. Enée. Anchise. Achate. Ascagne. Iule. Euryale. Nisus. Turnus. Camille. Didon. Sichée.

e) Pygmalion. Iarbas. Gordius. Midas. Marsyas. Atalante. Hippomène. Céphale. Alcyone. Actéon. Orion. Phaéton. Piérides. Aristée. Adonis. Narcisse. Psyché. Léandre. Héro. Pyrame. Endymion. Thisbé. Philémon. Baucis. Daphnis.

Homère. Hésiode.

ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES

Prométhée, fils du titan Japet (v. Japhet) et frère d'Atlas, ravit le feu du ciel pour animer une statue d'argile qu'il avait formée. Jupiter, pour le punir, le fit clouer par Vulcain sur le Caucase, où un vautour lui dévorait le foie, toujours renaissant. Prométhée enchaîné, c'est le sujet de l'une des tragédies d'Eschyle (v. mythologie).

Pandore, la première femme, créée par Vulcain. Comblée de tous les dons par les dieux, elle reçut de Jupiter une boîte contenant tous les maux; elle épousa le premier homme, Epiméthée, qui ouvrit la fatale boîte, d'où sortirent tous les maux qui

couvrent la terre ; il ne resta au fond de la boîte que l'espérance. La fable de Pandore rappelle l'histoire d'Eve, la première femme, qui mangea du fruit défendu et entraîna Adam dans sa désobéissance.

Deucalion, roi de Thessalie, fils de Prométhée et de Pandore, eut pour femme Pyrrha. La Fable ajoute qu'ils repeuplèrent la terre, après le déluge, en jetant derrière eux des pierres qui se changeaient en hommes ou en femmes, selon qu'elles étaient jetées par l'un ou par l'autre. Cette fiction rappelle l'histoire de Noé.

Ogygès. — Ce roi légendaire aurait régné sur

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