PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
fils, Téléphonte ou .<Epitus, qui tua le tyran. Ses malheurs ont fourni un sujet de tragédie à Voltaire, etc.
Lycurgue est regardé comme le législateur de Sparte. On a prétendu cependant qu'il n'était qu'un personnage mythique et que les lois qui portent son nom étaient dues aux anciens rois doriens. D'après la légende, Lycurgue fut le tuteur de son neveu Chariîaus, auquel il conserva la couronne ; puis il voyagea en Crète, en Egypte, en Asie, pour étudier les lois de ces divers pays. A son retour, il donna les lois que lui demandaient ses concitoyens et qui firent la grandeur de Sparte (vers 884). Mais il ne faut pas oublier que Sparte ne fut qu'un Etat guerrier, qui, après avoir brisé tous ses rivaux, s'anéantit lui-même. Les Spartiates n'étaient qu'une armée campée au milieu d'un peuple d'esclaves. Leur éducation était toute militaire ; la famille était subordonnée strictement à 1 Etat et lui devait tous ses fils, qui ne pouvaient que porter les armes ; chacune avait son patrimoine, qu'elle ne pouvait ni augmenter ni diminuer ; le commerce, les arts et métiers étaient interdits ou laissés aux ilotes. Deux rois gouvernaient, assistés par un sénat de 28 membres ; ils commandaient les armées et accomplissaient les cérémonies religieuses. Bref, Sparte fut en dehors de la Grèce de la philosophie et des arts, à qui la civilisation est tant redevable.
Guerres de Messénie : Aristodème, Aristomène., Tyrtèe. — La Messénie soutint contre Sparte trois guerres terribles, qui se terminèrent par la ruine de la Messénie et la réduction de ses habitants en esclavage. Pendant la première guerre (744-724), le roi de Messénie. Aristodème, se signala par des prodiges de valeur; il sacrifia sa fille, diton, pour obéir à un oracle. Néanmoins les Spartiates s'emparèrent d'Ithome et les Messéniens durent s'engager à leur donner désormais la moitié de leurs récoltes. Pendant la 2e guerre (684-671), Aristomène, roi de Messénie, fut d'abord vainqueur; mais les Spartiates, animés par les chants du poète Tyrtée, reprirent l'avantage et s'emparèrent de la citadelle d'Ira, qui fut défendue pendant 1 1 ans. Aristomène dut s'expatrier ; il a-la mourir à Rhodes, pendant que les Messéniens étaient réduits en esclavage ou se réfugiaient en Sicile, à Zanclé, qu'ils agrandirent et nommèrent Messine. La Messénie se révolta une 3e fois (465-457), à la suite d'un tremblement de terre qui avait ruiné Sparte ; mais la guerre se termina par la prise d'Ithome, la soumission ou l'exil des vaincus, dont une partie fut accueillie à Naupaete, par les Athéniens.
Guerres médiques : Lèonidas, etc. — Ces guerres héroïques furent soutenues par les Grecs contre les Perses. La lre éclata en 492, sous le règne de Darius Ier, fils d'Hystaspe (v. ce nom) : les Perses furent vaincus à Marathon, par les Athéniens et les Platéens, que commandait Miltiade. Dans la 2e, commencée en 480, les Spartiates jouèrent un rôle glorieux. Leur roi Lèonidas, avec 300 braves, périt héroïquement aux Thermopyles ; un de leurs généraux, Pausanias, qui devait trahir sa patrie et les Grecs un peu plus tard, remporta, avec Aristide, la victoire de Platée (470), etc. La 3e guerre commença en 450 et se termina l'année suivante : la Perse abandonnait toutes ses prétentions sur les villes grecques d'Europe et d'Asie. (Athènes).
Eupatrides — Thésée, aurait donné le nom d'eupatrides (nés de pères illustres), aux familles les plus anciennes, celles qui descendaient des Ioniens, que l'invasion des Héraclides ou Doriens avait chassés du Péloponèse et qui s'étaient réfugiés dans la ville de Minerve. Ainsi les Alcmèonidès, qui prétendaient descendre de Nestor et d'où naquirent Périclès, Alcibiade. Les eupatrides se distinguaient des habitants de la montagne ou mon-
tagnards et des habitants de la côte ou paraliens.
Dracon, archonte d'Athènes, donna, vers 604, des lois à ses concitoyens, qui les lui avaient demandées ; mais elles étaient si sévères que l'orateur Démade put dire qu'elles avaient été écrites avec du sang. On raconte qu'il fut obligé de fuir à Egine, oit il mourut. D'autres prétendent qu'il fut étouffé au théâtre sous les offrandes innombrables qu'on lui jetait. *
Solon (vers 638-558). — Le vrai législateur d'Athènes fut Solon, poète, législateur et philosophe, né à Salamine et descendant de Codrus. Disposant d'une grande fortune, il visita la Grèce, l'Egypte, l'Asie. Ses concitoyens, qui lui devaient d'avoir repris Salamine sur les Mégariens, le chargèrent de réformer les -lois d'Athènes et de réconcilier les pauvres avec les riches. Nommé à cet effet seul archonte (594), il refusa la tyrannie que lui offraient les plus puissants, divisa les citoyens en quatre classes d'après leurs revenus, organisa le Sénat et l'Aréopage, ordonna que les juges seraient, chaque année, tirés au sort dans toutes les classes, accorda les plus grands pouvoirs à l'assemblée du peuple composée des quatre classes et crut ainsi donner aux Athéniens « les meilleures lois qu'ils pouvaient recevoir » ; puis il s'absenta pour dix ans. C'est à cette époque qu'il faut placer sa visite au roi de Lydie et le fameux entretien dont Hérodote et Plutarque nous ont gardé le souvenir. A Crésus (v. ce nomi, qui se flattait d'être heureux, Solon répondit par cette leçon fort bien préparée et où toute la sagesse grecque est présentée sous le meilleur jour : « Nous avons reçu en partage de Dieu, nous autres Grecs, toutes choses en une moyenne mesure ; notre sagesse, surtout, est ferme, simple, et, pour ainsi dire, populaire ; elle n'a rien de royal ni de splendide ; son caractère, c'est cette médiocrité même. En nous faisant voir la vie humaine agitée par des vicissitudes continuelles, cette sagesse ne nous permet ni de nous enorgueillir des biens que nous possédons, ni d'admirer dans les autres une félicité que le temps peut détruire. Il n'est pas d'homme à qui l'avenir n'amène mille événements imprévus. Celui donc à qui les dieux ont accordé jusqu à la fin de la vie une constante prospérité, voilà le seul que nous estimons heureux. Mais l'homme qui vit encore et qui est exposé à tous les périls de la vie, son bonheur est aussi incertain, aussi peu en son pouvoir que le sont pour l'athlète qui combat encore, la proclamation du héraut et la couronne ». De retour à Athènes, Solon essaya vainement d'apaiser de nouveau les querelles des factions : elles aboutirent à la tyrannie de Pisistrate. Solon fut respecté de tous les partis et finit en sage comme il avait vécu : « Je vieillis, disait-il, en apprenant toujours ».
Epimenide, de Crète, était contemporain de Solon, mais sa vie n'en appartient pas moins en grande partie à le légende. Il aurait dormi dans une caverne durant 50 ans et les dieux lui auraient donné le don de prédire l'avenir. Solon l'appela à Athènes vers 596 j, pour purifier la ville, désolée par la peste en punition d'un sacrilège. Epimenide accomplit les cérémonies expiatoires et réforma le culte. On lui attribuait un traité sur les sacrifices et un poème sur les Argonautes.
Pisistrate qui fut tyran d'Athènes, était parent de Solon. Profitant du trouble des factions, il finit par s'emparer définitivement du pouvoir (538), après en avoir été chassé plusieurs fois, et gouverna sagement, en respectant d'ailleurs les constitutions; il embellit Athènes, développa l'agriculture et le commerce, fit reviser les poèmes d'Homère et en donna une édition qui a servi de base à toutes les suivantes. Ses deux fils, Hipparque et Hippias, lui succédèrent (528). Mais Hipparque fut tué par Harmodius et Aristogiton, en 514, et Hippias fut
HISTOIRE
chassé en 510. Il se retira auprès du roi de Perse, Darius, qu'il décida à attaquer les Grecs.
Miltiade le vainqueur de Marathon, était le neveu d'un Athénien, de même nom, qui fonda une colonie dans la Chersonèse de Thrace et y régna. Le neveu, qui avait succédé à son oncle, fut préposé par Darius, avec d'autres officiers, à la garde d'un pont, pendant que l'armée perse opérait au delà, contre les Scythes. Miltiade proposa à ses compagnons de rompre le pont et de couper la retraite aux Perses ; mais, n'ayant pu les gagner, il dut se réfugier à Athènes. Lors de l'invasion commandée par Datis et Artapherne, il était l'un des généraux qui commandaient l'armée grecque, et ses conseils décidèrent le polémarque à livrer la bataille de Marathon (490). Il reprit ensuite sur les Perses plusieurs îles de la mer Egée, mais échoua devant Paros. Condamné pour ce fait à une amende qu'il ne pouvait payer, il mourut en prison et des suites de ses blessures.
Aristide, général athénien, surnommé le Juste, se distingua à Marathon. Thémistocle, son rival, le fît frapper d'ostracisme. On raconte que le jour où le peuple rendit cette sentence, un Athénien illettré qui voulait voter contre Aristide, qu'il ne connaissait même pas, le pria d'écrire sur la coquille qu'il lui présenta le nom de celui qu'il voulait condamner : « Cet homme, lui dit Aristide, vous a-t-il offensé ? — Non, répondit ce juge singulier, mais je suis las de l'entendre toujours appeler le Juste ». Au lieu de maudire et de combattre sa patrie, Aristide s'empre.--sa d'accourir au jour du danger, lorsque ses concitoyens le rappelaient ; il se réconcilia avec Thémistocle, combattit à Salamine et commanda à Platée. Après avoir géré les finances de la Grèce, il mourut dans la pauvreté.
Thémistocle, fils de Néoclès et d'une Thrace, fut le personnage le plus influent d'Athènes, après le bannissement d'Aristide. Prévoyant une seconde guerre médique, il fit augmenter la flotte et détermina les Athéniens à se réfugier sur leurs vaisseaux, en abandonnant la ville. A la tète de tous les Grecs coalisés, qui suivirent ses conseils, il détruisit la flotte des Perses à Salamine (480). Il releva ensuite les murs d'Athènes et fortifia le port, malgré la jalousie de Sparte. Peu scrupuleux sur les moyens à employer pour élever son pays, il proposa un jour de brûler la flotte Spartiate. Mais Aristide fit échouer ce projet, en disant que si rien n'était plus utile que la proposition de Thémistocle, rien aussi n'était plus injuste. Il fut frappé d'ostracisme en 475, peut-être pour crime de péculat, et se réfugia auprès d'Artaxerxès Ie'', qui l'accueillit magnifiquement, mais lui demanda, paraît-il, de porter les armes contre sa patrie. Thémistocle s'empoisonna (475).
Cimon, fils de Miltiade, fut d'abord mis en prison à la place de son père, qui venait d'y mourir. Mais le riche Callias paya pour lui les 50 talents d'amende pour lesquels Cimon avait à répondre et, en outre, il épousa sa sœur. Cimon se distingua à Salamine (480), et, moins de dix ans après, il commandait toutes les forces navales de la Grèce coalisée contre les Perses. Son influence fut bientôt balancée par celle de Périclès, qui le fit même bannir en 401. Il fut rappelé en 456 et ménagea la paix entre les Athéniens et les Spartiates (450). Il mourut au siège de Citium (449), à l'issue de la 3e guerre médique, qui consacrait l'indépendance des Grecs
Périclès a donné son nom au siècle le plus brillant de l'histoire grecque. Il était fils de Xantippe, l'un des généraux vainqueurs à Mycale et petit-fils de Clisthène, qui avait renversé les fils de Pisistrate. 11 devint bien vite, grâce à sa générosité et à son éloquence, le chef du parti démocratique, opposé à Cimon, qu'il fit bannir. 11 fut alors le véritable maître d'Athènes, qu'il embellit par des monu-
ments (Parthénon, Odëov, Propylées) ; en même temps il faisait accepter à la Grèce l'hégémonie d'Athènes, transportait de Delphes à Athènes le trésor des alliés et réussissait dans quelques entreprises militaires. Mais ses hauteurs et ses exigences lui aliénèrent les alliés et il fut entraîné dans une lutte contre Sparte : c'était la guerre du Péloponèse, où Athènes devait finalement succomber (431-404). Périclès fut condamné à une amende et perdit même un moment l'autorité (430). Il mourut dans la peste qui désola Athènes l'année suivante.
Guerre du Péloponèse . — Cette lutte d'Athènes et de Sparte divisa toute la Grèce en deux camps et prépara son asservissement à la Macédoine. Elle dura 27 ans (431-404). Dans une première période, le parti des Athéniens ravagea la Laconie, et celui des Spartiates ravagea l'Attique ; les succès se balancèrent. Après une trêve, les hostilités recommencèrent en 421 ; les Athéniens firent une expédition désastreuse en Sicile, où les Spartiates avaient envoyé un de leurs meilleurs généraux, Gylippe, au secours de Syracuse ; Alcibiade fut exilé. Dans la troisième période, les Athéniens exilent de nouveau Alcibiade ; ils triomphent aux îles Arginuses (406), mais sont surpris et battus par Lysandre, à .Egos-Potamos (405). Le général Spartiate prend Athènes l'année suivante, rase ses murs, brûle ses vaisseaux et la soumet aux Trente Tyrans
Alcibiade (450-404) était fils de Clinias et neveu de Périclès. Doué des plus brillantes qualités, il aurait pu succédera son oncle, comme il en avait l'ambition, dans la direction.de la république ; mais il fut perdu par sa présomption, son amour du faste et l'inconstance de son esprit, que la philosophie de Socrate ne put captiver que par intervalles. Il entraîna les Athéniens dans l'expédition de Sicile, qui finit misérablement (415). Il fut accusé d'impiété, condamné quoique absent et exilé ; ses biens furent confisqués. Il se retira à Sparte, puis en Perse, auprès du satrape Tissapherne. Rappelé néanmoins en 407, il vainquit sur mer les Spartiates ; mais un de ses lieutenants ayant été vaincu près d'Ephèse, il fut exilé de nouveau. Il se réfugia en Thrace, puis en Phrygie, auprès du satrape Pharnabaze, qui, poussé par Lysandre, le fit assassiner.
Thrasybule, général athénien, soutenait à Athènes le parti démocratique, qui était celui d'Alcibiade. Il se réfugia à Thèbes, après l'établissement des Trente Tyrans. Avec d'autres bannis, il rentra dans sa patrie, renversa le pouvoir des Trente et reconstitua la démocratie (403). Athènes devint bientôt l'alliée de Thèbes contre Sparte (395).
Démosthène, le plus grand des orateurs grecs, peut être compté aussi parmi les hommes politiques et les patriotes d'Athènes. Né vers 385, il suivit les leçons d'Isée et de Platon : il dut à ses études persévérantes et à ses efforts, non moins qu'à ses talents naturels, son éloquence incomparable. Il la consacra à combattre Philippe, roi de Macédoine, qui préparait déjà l'asservissument de la Grèce. De là ses philippiques et ses olynthiennes. Une ligue se forma entre Thèbes et Athènes contre le roi de Macédoine, et Démosthène lui-même combattit à Chéronée; mais sa valeur ne fut pas égale à son éloquence : il prit la fuite comme beaucoup d'autres. Après la mort de Philippe, il ne fut pas plus heureux contre Alexandre, qui l'épargna généreusement. Après la mort de ce prince, il fit déclarer la guerre par les Athéniens à Antipater, qui commatidiiit en Macédoine. Celui-ci l'ayant emporté, ordonna qu'on lui livrât Démosthène et les autres orateurs. Démosthène, qui s'était réfugié dans l'île «le Calaurie, préféra s'empoisonner, plutôt que de tomber entre les mains de ses ennemis (322).
Phocion avait étudié la philosophie sous Platon