PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
et Xénocrate; il se distingua à l'armée et dans la tribune politique et devint le chef du parti aristocratique, opposé à celui de Démosthène, qui l'appelait la hache de ses discours. Il recommandait aux Athéniens la paix avec Philippe, la modération envers les alliés, le retour aux vertus des ancêtres. Les Athéniens l'estimaient, bien qu'il leur déplût par sa rigidité. Il fut condamné à boire la ciguë en 317; mais les Athéniens reconnurent leurs torts et lui érigèrent une statue.
(Thèbes)
Epaminondas, général thébain, à qui la république de Thèbes dut son affranchissement et sa gloire, avait d'abord étudié les lettres et la philosophie. Avec Pélopidas, son ami, à qui il avait sauvé la vie dans un combat, il chassa de Thèbes les Spartiates, qui s'étaient emparés de la ville en trahison (379). Dans la guerre de Thèbes contre Sparte, il remporta deux grandes victoires : celle de Leuctres, où périt Cléombrote, roi de Sparte (371), et celle de Mantinée (363), où Epaminondas lui-même fut tué, mais non sans avoir vu le triomphe des siens : « Je laisse, dit-il, à ceux qui regrettaient de le voir mourir sans postéiité, deux filles immortelles, Leuctres et Mantinée ». Uneautre de ses paroles, qu'on cite souvent, est celle-ci : « .l'ai assez vécu, puisque je meurs sans avoir été vaincu».
Pélopidas, général thébain, partagea la gloire de son ami Epaminondas. Banni de Thèbes par les Spartiates, qui s'étaient emparés de la Cadmée, il fut l'âme de la conjuration qui les en chassa. Il gagna l'alliance d'Athènes et prit part à toutes les affaires de son pays. A Leuctres, il commandait le bataillon sacré, troupe d'élite qui ne devait être vaincue que par la phalange macédonienne. Au retour d'une expédition en Macédoine, qu'il soumit à l'influence de Thèbes, il fut pris par le tyran Alexandre dePhères |367),mais délivré par Epaminondas. Il fut tué dans un combat, à Cynoscéphales (364). L'année suivante Thèbes perdait également Epaminondas et sa puissance ne tarda pas à s'éclipser.
(Syractise).
Denys l'Ancien ou le Tyran, né en 430, se signala dans les guerres de sa patrie contre les Carthaginois et se fit proclamer roi par l'armée (405). Il parvint, après quelques revers, à humilier Carthage, à soumettre la Sicile et à conquérir le sud de l'Italie (Locres, Crotone, etc.). Menacé souvent par des conspirations, il devint soupçonneux, cruel et se rendit odieux à son peuple. On raconte qu'il fit creuser d'immenses souterrains, où il enfermait ses prisonniers; l'un de ces souterrains était disposé de façon que Denys pouvait entendre tout ce qu'on y disait. Il aimait les lettres et la philosophie et appela même Platon à sa cour (388). Mais il n'accorda au philosophe qu'un crédit éphémère. Il mourut en 368; et son fils, qu'il avait tenu éloigné des affaires, lui succéda.
Denys le Jeune avait 30 ans, quand il succéda à son père, Denys le Tyran, et il avait jusque-là mené une vie dissipée. Il suivit d'abord les conseils de Dion, son parent, disciple de Platon, et fit même venir par deux fois ce philosophe à sa cour. Mais il les chassa ensuite définitivement l'un et l'autre et se signala par ses désordres et sa cruauté. Dion se mit alors à la tête d'une insurrection et chassa le tyran (357). Denys se retira à Locres; il s'empara de nouveau de Syracuse six ans plus tard. Chassé alors par Timoléon (343), il se réfugia, dit-on, à Corinthe, oii il ouvrit une école.
Damoclès était un courtisan de Denys l'Ancien, dont il vantait sans cesse le bonheur. Denys l'invita un jour à un banquet et le fit asseoir à sa place, au-dessous d'une épée suspendue par un crin de cheval. Damoclès, en levant les yeux, s'en aperçut; il pâlit de frayeur et comprit la leçon.
Damon, pythagoricien de Syracuse, se porta caution du retour de son ami Pythias,qui, condamné à mort par Denys le Tyran, avait obtenu de s'absenter pour régler ses affaires. Pythias revint au jour marqué et Denys lui fit grâce.
(Macédoine).
Philippe II, roi de Macédoine, 3e fils d'Amyntas III, naquit en 383 et fut l'otage de Pélopidas, qui avait soumis la Macédoine. A Thèbes, Philippe vécut dans la maison du sage et vaillant Epaminondas, dont il entendit les leçons. A la mort de Perdiccas III, son frère (360), Philippe s'enfuit de Thèbes, devint roi de Macédoine, organisa le pays, aguerrit ses soldats et fit de la phalange l'élément principal de son armée. Alors il étendit rapidement ses conquêtes et ne trouva guère des adversaires redoutables que dans Phocion et Démosthène. D'ailleurs, à Athènes même, de même que dans le reste de la Grèce, il avait des partisans, parmi lesquels Eschine et Isocrate. En 338, il remportait sur les Athéniens et les Thébains la victoire de Chéronée, qui ruina la liberté de la Grèce. Mais il régna avec modération et préparait une grande expédition contre la Perse, quand il fut assassiné (336).
Guerres sacrées. — On donne ce nom, dans l'histoire de la Grèce, à trois guerres qui avaient pour but la défense du temple de Delphes et de ses trésors. La l'e eut lieu contre les Crisséens, qui rançonnaient les pèlerins et furent châtiés (600-595). La 2e eut pour cause le pillage de Delphes commis par les Phocidiens; Sparte et Athènes, qui eut le dessous, s'y trouvèrent mêlées. La 3e, encore provoquée par un pillage commis par les Phocidiens, permit à Philippe de Macédoine d'intervenir dans les affaires de la Grèce en qualité de défenseur de la religion (354-345). Les Phocidiens furent écrasés.
Alexandre III, dit le Grand, d'abord roi de Macédoine et ensuite de l'Asie et de l'Egypte, conquises par ses armes, était fils de Philippe et d'Olympias. Son père confia son éducation à Aristote, qui orna son esprit des plus belles connaissances et s'en fit un protecteur et un ami. Le jeune prince était d'ailleurs merveilleusement doué. Tout jeune encore, il domptait un cheval fougueux (Bucéphale), que personne n'osait monter; il gouvernait à la place de son père, occupé au siège de Byzance, et soumettait quelques peuples voisins. A Chéronée, il enfonça le bataillon sacré des Thébains. Roi à 20 ans, il conquit la Thrace et l'Illyrie, soumit les villes grecques qui s'étaient révoltées, en particulier Thèbes et Athènes. A Thèbes il ne respecta que la maison du poète Pindare ; mais Athènes fut épargnée. Reconnu par toute la Grèce comme généralissime de la guerre nationale contre les Perses, il partit de Pella (334), avec 30,000 fantassins et 5,000 cavaliers, passa l'Hellespont et défit, sur les bords du Granique, l'armée de Darius, soumit l'Asie Mineure et trancha, àGordium,le fameux nœud gordien. ATarse, il fut retenu quelque temps par une maladie, qu'il avait contractée en se plongeant tout en sueur dans les eaux glacées du Cydnus. Rétabli par les soins de son médecin, Philippe, qui fut accusé d'avoir voulu l'empoisonner, mais auquel il montra une confiance magnanime, il vainquit Darius lui-même à Issus (Cilicie) et fit prisonnière toute la famille royale; il la traita avec honneur et lui rendit aussitôt la liberté. Il soumit Sidon et mit sur le trône un sage, Aldolonyme; la ville de Tyr fut prise après sept mois de siège; il reçut la soumission de Jérusalem, où le grand prêtre Jaddus lui fit connaître les prophéties qui avaient annoncé ses triomphes. En Egypte, où il n'eut qu'à paraître pour la soumettre, il fonda Alexandrie et fut déclaré fils de Jupiter par le célèbre oracle d'Ammon De retour en Asie, il remporta sur Darius, à Arbelles, en
HISTOIRE
Assyrie (331), une dernière victoire qui le rendit maître de toute la Perse, etc. Mais déjà il devenait odieux à tous par son orgueil et ses excès, parmi lesquels le meurtre de Clitus et de Parménion, le supplice de Philotas et de Callisthène. Il entreprit la conquête des Indes, en 327, reçut la soumission de Taxile, vainquit Porus, qu'il fit prisonnier et traita généreusement. Mais ses soldats refusèrent de pousser plus loin l'expédition et il revint à Babylone, où des orgies abrégèrent sa vie. Il mourut à 33 ans, à la suite d'un festin, empoisonné peut-être par quelqu'un de ceux qui avaient éprouvé sa colère ou pouvaient la redouter. Il avait épousé Roxane, tille d'un satrape de la Bactriane, qui donna bientôt le jour à Alexandre Aigos, que Cassandre fit périr en bas âge. Alexandre avait refusé de se désigner un successeur, laissant, disait-il, sa couronne au plus digne. On lui fit, comme il l'avait prévu, de sanglantes funérailles. Mais les guerres interminables qui furent la suite de sa conquête, ne doivent pas en faire oublier les avantages. La Perse et l'Asie lout entière étaient désormais largement ouvertes à l'influence grecque et occidentale, en attendant la conquête romaine. Les prophéties messianiques s'accomplissaient; et l'union de tous les peuples n'était plus une chimère, mais une espérance.
Néarque, un des amiraux d'Alexandre, était Cretois d'origine. Il commanda la flotte grecque qui navigua des embouchures de l'Indus au golfe Persique, pour explorer l'océan Indien. Le périple de Néarque existait encore au temps d'Arrien, qui en a laissé un résumé. Magnifiquement récompensé du résultat heureux de son expédition, Néarque devait en faire une nouvelle dans le golfe Arabique, lorsque Alexandre mourut.
Perdiccas. — Alexandre, en mourant, avait remis son anneau à l'un de ses généraux, Perdiccas. Celui ci fut chargé de faire le partage des provinces et ne s'en réserva aucune, mais tout en prétendant, paraît-il, exercer des droits sur toutes. Ses rivaux se liguèrent contre lui ; et Ptolémée, dont il avait envahi les Etats, le défit près de Mcmphis. Perdiccas fut tué par quelques-uns de ses officiers révoltés (321).
Antipater, général macédonien, ancien ministre de Philippe, fut chargé par Alexandre du gouvernement delà Macédoine et de la Grèce, pendant la conquête de l'Asie. Olympias, mère d'Alexandre, le fit priver de son commandement ; mais Antipater le recouvra à la moit d'Alexandre. Il eut alors à soutenir la guerre lamiaque, contre les Grecs révoltés à l'instigation de Démosthène. Cette guerre ne dura qu'un an. D'abord vaincu et même assiégé dans Lamia (323), Antipater défit ensuite les Athéniens, àCranon (322). On l'a accusé d'avoir fait empoisonner Alexandre. Il mourut, en 319, quand il venait d'être chargé de la régence pendant la minorité des enfants d'Alexandre. Son fils Cassandre lui succéda. — Un autre Antipater, petit-fils du premier et fils de Cassandre régna en Macédoine, de 298 à 295, conjointement avec son frère Alexandre.
Cratère, un des généraux d'Alexandre, sut conserver son amitié malgré sa franchise. A la mort du prince, il commanda en Macédoine et seconda Antipater, dont il avait épousé la fille. Il fut tué dans un combat contre Eumène en 321. Il avait contribué lui-même à la ruine de Perdiccas.
Lysimaque était un des meilleurs généraux d'Alexandre. Dans le partage qui fut fait, après la mort du conquérant (323), il eut la Thrace et les bords du Pont-Euxin. Après la bataille d'Ipsus, livrée entre les principaux héritiers d'Alexandre (301), il augmenta ses États Vers la fin de sa vie, il se rendit maître de la Macédoine. Il fut tué, en 282, dans un combat contre Séleucus.
Antigone, dit le Cyclope, un des généraux d'Alexandre, obtint quelques provinces de l'Asie Mineure, dans le partage qui suivit la mort du prince. Il fit périr, en 316, Eumène, un de ses rivaux, s'empara de toute l'Asie Mineure et de la Syrie et prit le titre de roi d'Asie (307). Mais il fut vaincu et tué à la bataille d'Ipsus (301), que lui livrèrent Ptolémée, Lysimaque, Séleucus et Cassandre.
Démétrius I, dit Poliorcète, était fils d'Antigone, pour lequel il combattit d'abord, mais sans succès. C'est 1 un des plus remarquables aventuriers dont le monde grec était alors rempli. En 308, il s'empara d'Athènes, en chassa Démétrius de Phalère, qui y représentait l'influence macédonienne, et s'y fit proclamer roi. Il enleva à Cassandre, roi de Macédoine, plusieurs provinces de la Grèce méridionale, y joignit Chypre, Tyr, Sidon, assiégea. Rhodes et fit construire, pour s'en emparer, des machines colossales, qui lui valurent le surnom de Poliorcète. Il fut vaincu, avec Antigone, à la bataille d'Ipsus (321). Mais, après la mort de Cassandre, il s'empara de la Macédoine, où il se maintint assez longtemps (295-287). En ayant été chassé, il tenta la fortune en Asie, où Séleucus le prit (286) et le retint captif. Il mourut en 283.
Antigone Gonatas, fils de Démétrius Poliorcète, s'empara de la Macédoine, en 278, et y régna. La même année, il battit un parti de Gaulois, qui avaient fait irruption dans le pays. Chassé de la Macédoine par Pyrrhus, roi d Epire (274), il y rentra à la mort de ce prince (272). Maître d'Athènes, il respecta la liberté de cette ville. Il mourut en 242. — Son fils, Dàmètrius II, ne régna que dix ans ; il conquit la Cyrénaïque.
Antigone Doson, petit-fils de Démétrius Poliorcète, usurpa le trône sur son neveu, fils de Démétrius II. Il battit Cléomène, roi de Sparte (222), s'empara de cette ville et y abolit les lois de Lycurgue. Il mourut en 220.
Pyrrhus, roi d'Epire, était fils d'Eacide, roi des Molosses. A la mort de son père, il fut supplanté par son grand-oncle, Néoptolème, mais dut son salut et son éducation à son oncle Glaucias, roi d'Illyrie. N'ayant que 17 ans, il combattait vaillamment à Ipsus (301), à côté de Démétrius Poliorcète, son beau-frère. Celui-ci l'envoya comme otage en Egypte, auprès de Ptolémée. Pyrrhus épousa la fille de ce prince, qui lui donna une flotte et des trésors pour reconquérir ses Etats. Pyrrhus rentra donc en Epire et y régna, après avoir tué Néoptolème ; il fut même, pendant quelque temps, maître de la Macédoine Mais son expédition la plus célèbre est celle qu'il dirigea en Italie, où il fut appelé par les Tarentins contre les Romains. Il défit ceuxci à Héraclée (280) et à Asculum (279), grâce à l'effroi et au désordre que jetèrent les éléphants de Pyrrhus dans les troupes romaines, qui voyaient ces animaux pour la première fois. Pyrrhus passa ensuite en Sicile, où il délivra la ville de Syracuse assiégée par les Carthaginois, mais il ne put établir sa domination sur cette île. Quand il revint en Italie, il fut battu par Curius Dentatus (275) et dut rentrer en Epire, où il fut plus heureux. La Macédoine et le Péloponèse tombèrent en grande partie en son pouvoir ; mais il périt au siège d'Argos, tué par une tuile, que lui jetait du haut d'un toit une vieille femme (272). Pyrrhus écrivit sur la tactique, où il excellait.
(Syrie.)
Séleucus, Séleuciides. — Le chef de la dynastie des Sèleuci/lcï, qui régnèrent en Syrie, fut Séleucus I, dit Nicator ou le Vainqueur, l'un des généraux d'Alexandre. Il gouvernait la Médie et la Babylonie, à la mort du prince, entra dans diverses ligues et fut, à son tour, en 315, chassé de sa province. L'ère des Séleucides marque son retour en