PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Grégoire de Nysse (saint), frère de S. Basile, né à Sébaste (330), enseigna d'abord la rhétorique et vécut dans le monde. Il occupa le siège de Nysse, pendant 24 ans (372-396) et combattit les ariens. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages : des Homélie?, un Hexamèron, des traités de lu Formation de l'homme, du Destin, de la Perfection chrétienne, etc., des Lettres.
Grégoire de Nazianze, (saint), dit le Théologien, lui aussi Père de l'Eglise grecque, naquit à Nazianze (Cappadoce), en 328. 11 étudia à Césarée de Palestine, à Alexandrie et à Athènes. Il fut successivement évèque de Sasima et de Nazianze, en Cappadoce, puis appelé par Théodose au siège de Constantinople, où il convertit beaucoup d'ariens ; mais, devant les oppositions qui se déclarèrent (38 1 ) , il se retira en Cappadoce et mourut en 389. Il a laissé des Sermons, des Lettres, des Poésies, en particulier un poème Sur les vicissitudes de sa propre vie. Comme son ami et compatriote, saint Basile, Grégoire de Nazianze alliaitles lettres sacrées aux lettres profanes. Il reprochait surtout à Julien d'avoir voulu déshériter les chrétiens du trésor de la science, en fermant les écoles chrétiennes.
Epiphane (saint), Père de l'Eglise grecque, naquit vers 310 en Palestine, d'une famille juive. Il avait fondé près de sa ville natale un monastère, d'où on le tira malgré lui pour le créer évèque. Il occupa le siège de Constance (anc. Salamine), en Chypre. Très versé dans la connaissance des Écritures et des langues, il combattit partout les erreurs d'Arius et d'Origène. Il mourut en 403.
Jérôme (saint), docteur le plus érudit de l'Eglise latine, naquit, vers 331, en Pannonie, d'une famille riche, et étudia à Rome sous Donat. Il voyagea beaucoup en Gaule, en Orient et surtout en Palestine. Il fut ordonné prêtre par Paulin, évèque d'Antioche ; mais il s'abstenait de célébrer, par humilité. De retour à Rome (382), il fut le collaborateur et comme le secrétaire du pape S. Damase, qui le chargea d'expliquer publiquement les Ecritures et de les traduire. Après la mort du pape, il se retira dans un monastère de Bethléem (386), d'où il fut chassé par les hérétiques. Il mourut peu après, en 420, laissant beaucoup de savants ouvrages. Le plus connu est la Vulgate ou traduction latine de la Bible, faite sur l'hébreu et la traduction grecque des Septante. Sa fête est le 30 sept. (V. le P. Largent, S. Jérôme).
Ambroise (saint), un des Pères les plus illustres de l'Eglise latine, naquit à Trêves vers 340. Fils d'un préfet romain de la Gaule, il gouvernait lui-même l'Emilie et la Ligurie, quand il fut élu évèque par le clergé et le peuple de Milan, bien qu'il ne fût que catéchumène. En quelques jours, il reçut les ordres (374) ; puis il gouverna son église avec une sagesse, une fermeté et un zèle admirables. Il fit condamner les ariens au concile d'Aquilée, résista avec succès à l'impératrice Justine et à son fils Valentinien ; il refusa l'entrée de l'église de Milan à l'empereur Théodose, jusqu'à ce qu'il eût fait pénitence du massacre de Thessalonique ; il consola sainte Monique, convertit et baptisa S. Augustin, qui fut son disciple et son admirateur reconnaissant. Il mourut en 397. Sa fête est le 7 déc. Parmi ses ouvrages, pleins de science et de piété, on remarque ses traités des Devoirs des prêtres et de la Virginité, sa Lettre à Valentinien contre Symmaque (V. Thamin, S. Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècle, thèse).
Augustin (saint) est le docteur et le philosophe chrétien le plus remarquable de cette époque. Il naquit en Afrique, à Tagaste (354). Son père, Patrice, n'avait qu'une fortune médiocre ; il était païen. Mais la mère d'Augustin, Monique, était chrétienne ; elle ne laissa pas mourir son époux
sans le gagner à la foi, et, plus tard, Augustin luimême lui dut sa conversion. Elle instruisit son fils des vérités chrétiennes; mais le jeune homme, qui était excellemment doué au point de vue des qualités de l'esprit, se laissa ensuite abuser par les manichéens et surtout par ses propres passions. Il a raconté tous les orages de sa vie dans les Confessions, qui n'ont que le titre de commun avec celles de Rousseau, tant l'esprit qui les dicta est différent. Après avoir étudié la grammaire à Tagaste, les lettres à Madaure, la rhétorique à Cartilage, et passé quelque temps au barreau de Tagaste, il professa la rhétorique à Cartilage (379), puis quitta l'Afrique à l'insu de sa mère et porta ses talents à Rome et à Milan, où il retrouva Monique accourue auprès de lui. C'est là que la Providence l'attendait, comme Paul sur le chemin de Damas. Au pied de la chaire d'Ambroise, Augustin rouvrit les yeux à la lumière et rompit enfin les liens de la passion qui l'arrêtaient encore. Il n'avait alors que trente-deux ans, et sj\ conversion fut complète et admirable. L'année suivante il recevait le baptême des mains d'Ambroise. Peu après il perdit sa mère, à Ostie, au moment de se rembarquer avec elle et dans des circonstances touchantes, que la poésie et l'art ont célébrées. De retour en Afrique, il fut élu pour le sacerdoce par le peuple d'Hippone, puis choisi bientôt pour coadjuteur par l'évêqueValère, auquel il succéda. Augustin, n'étant encore que simple prêtre, avait brillé au concile de Carthage (398) ; avec quelques amis il avait fondé une communauté religieuse, à laquelle il avait donné une règle, qui a été prise pour base de leurs constitutions par beaucoup d'ordres religieux de l'Occident. Pendant son long épiscopat, il fut la lumière de l'Eglise, se mêlant ardemment à toutes les luttes contre les manichéens, les donatistes, les pélagiens et autres hérétiques. Leurs erreurs furent l'occasion de la plupart de ses ouvrages. Il mourut à 76 ans, pendant le siège d'Hippone par les Vandales, après avoir demandé à Dieu de ne pas survivre à la défaite de son peuple Les barbares, entrés dans la ville, respectèrent le corps du saint et sa bibliothèque (430)".
Parmi ses nombreux ouvrages, citons : la Cité de Dieu, son chef-d'œuvre ; les traités de la Grâce et du libre arbitre, qui l'ont fait surnommer le Docteur de la grâce ; les Confessions ; les Rétractations, où il juge les écrits et les opinions de sa jeunesse ; des Sermons nombreux, écrits avec simplicité, mais très éloquents ; des Lettres, dont plusieurs sont de véritables dissertations. S. Augustin brille également dans la théologie et la philosophie. A 20 ans, la lecture de Y Hortensius de Cicéron le rendit enthousiaste de l'éloquence et de la philosophie. Il étudia les catégories d'Aristote, se préoccupant de pénétrer le fond des choses autant que de les exprimer avec éclat. Mais son âme mystique et sentimentale s'éprit surtout des théories platoniciennes, qui contribuèrent à le détacher du manichéisme. Il s'efforça plus tard, et avec succès, de les corriger, pour les appliquer à l'interprétation des dogmes chrétiens. Se rendre compte de toutes ses croyances et ne se servir de la science que pour mieux s'attacher à la vérité et à Dieu, telle est sa préoccupation constante. Aussi le docteur et le philosophe, en saint Augustin, sont bien au-dessus du rhéteur ; ils ne sont égalés que par le saint, qui est l'un des patriarches des ordres religieux de l'Occident. Sa fête est le 28 août (V. Hatzfeld, Saint Augustin, 1897).
Jean Chrysostome (saint), regardé comme le plus éloquent des Pères de l'Eglise grecque, naquit à Antioche, vers 347. Il fut élevé par sa mère, restée veuve très jeune, et suivit les leçons de Libanius. Après avoir brillé au barreau, il entra dans la vie religieuse (374) et écrivit même le Traité de la
HISTOIRE
vie solitaire. S. Flavien, évêque d"Antioche, l'ordonna prêtre (381) et il fut appelé au siège de Constantinople par l'empereur Arcadius, en 398. Il fut persécuté pour la liberté de son langage par l'impératrice Eudoxie et déposé de son siège. Il mourut sur la route de l'exil où on le traînait brutalement, en 407. Sa fête est le 27 janvier.
Cyrille d'Alexandrie (saint), né vers 376, fut patriarche de cette ville en 412 et déploya un grand zèle contre l'hérésie. Il contribua à la condamnation de Nestorius au concile d'Ephèse (431), où fut affirmé solennellement le dogme, si glorieux pour la sainte Vierge, de sa Maternité divine. S. Cyrille mourut en 444, ayant mérité le titre de Défenseur de l'Eglise, que lui décerna S. Célestin. Sa fête a été fixée par Léon XIII au 9 févr.
Paulin de Noie (saint), né à Bordeaux, en 353, se distingua d'abord au barreau. Il embrassa la foi chrétienne en 379, fut ordonné prêtre en 393 et devint évêque de Noie en 409. On a de lui des Poésies, des Lettres, des Discours, etc. Il mourut en 431.
Patrice ou Patrick (saint), apôtre et patron de l'Irlande, dont il est le saint le plus populaire, naquit probablement près de Glasgow, vers 372, et tomba à 16 ans entre les mains de pirates, qui le vendirent à un chef de clan irlandais. Quoi qu'il en soit, il accompagna, en 420, S. Germain d'Auxerre dans sa mission en Grande-Bretagne et passa vers 431 en Irlande, où il prêcha avec le plus grand succès la foi chrétienne et devint le 1er évêque d'Armagh. Il mourut vers 465. Sa fête est le 17 mars.
Martin (saint), évêque de Tours, l'un des plus grands apôtres des Gaules, est resté le saint le plus populaire peut-être de nos contrées. Il naquit, vers 316, en Pannonie. Dabord soldat comme son père, qui était tribun militaire, il se distingua par sa charité, qui un jour d'hiver lui fit couper son manteau en deux pour le partager avec un pauvre. Ordonné prêtre par S. Hilaire de Poitiers, il mena la vie monastique et fut élevé malgré lui sur le siège de Tours. Il convertit à la foi chrétienne toutes les contrées environnantes, qu'il purgea du paganisme. Il mourut vers 397 ou 400. Son tombeau, à Tours, devint un lieu célèbre de pèlerinage ; l'église qui lui fut consacrée était, sous les Mérovingiens, un asile inviolable ; la chape du saint fut longtemps arborée comme l'étendard national. Sa fête est le 11 nov., à l'époque de l'été de (et Saint-Martin, dans nos contrées (V. Henri Bas, .S". Martin, 1898; Lecoy de la Marche, .S'. Martin).
Honorât (saint), évêque d'Arles, était natif de la Gaule septentrionale, mais issu d'une famille romaine illustre. Il embrassa la foi chrétienne et fonda, vers 410, dans l'île de Lérins, un monastère qui devint célèbre. En 427, il fut élu évêque d'Arles par le clergé et le peuple de cette ville.
Vincent de Lérins (saint), né en Gaule, occupa des postes importants avant de se consacrer à la vie religieuse au monastère de Lérins. On cite souvent de lui le Commonitorium pro fldei catholicœ antiquitate. C'est une étude des caractères propres du dogme catholique, qui s'explique et se développe à travers les âges sans changer en lui-même. On place sa mort vers 450 (V. Poirel, De utroque coin monitorio lirinensi, 1890, thèse).
Marcel (saint), évoque de Paris, mourut en 440, après avoir longtemps occupé ce siège. On l'enterra prés de Paris, dans un village devenu depuis le faubourg Saint-Marcel ou Marceau. D'après la légende, il aurait délivré le pays d'un dragon monstrueux.
Germain (saint) l'Auxerrois, évêque d'Auxerre, fut envoyé, en 429, en Grande-Bretagne par le pape Célestin, pour y combattre les pélagiens. Il mourut à Ravenne, en 448, où il s'était rendu pour solliciter le pouvoir impérial en faveur des Armoricains. Ce
saint est populaire dans le pays de Galles, en Cornouailles. — Un autre S. Germain, évêque de Paris en 554, fonda l'église de Saint-Germain des Prés.
Aignan (saint) ou Acjnan, évêque d'Orléans, de 391 à 453, sauva cette ville qui était déjà assiégée par Attila (450). Ses restes furent brûlés et jetés au vent par les protestants en 1562.
Loup (saint), évêque de Troyes en 427, était né à Toul vers 390. Il accompagna en Grande-Bretagne S. Germain l'Auxerrois. A son retour, il sauva la ville de Troyes des fureurs d'Attila. Il mourut en
Mamert (saint), archevêque de Vienne, de 463 à 477, eut des démêlés avec le roi des Bourguignons, qui était arien. Dans un temps de calamité publique, il institua les Rogations. Sa fête est le 11 mai. — Son frère, Claudien Mamert, d'abord moine et ensuite son collaborateur, était l'un des plus beaux génies de ce temps.
Avit (saint), archevêque de Vienne en 490, était neveu de Flavius Avitus, né chez les Arvernes et rhéteur célèbre, qui fut un moment empereur, puis évêque de Plaisance. S. Avit contribua à la conversion de Clovis, présida un concile à Vienne (499) contre les ariens, ne put détourner de l'arianisme Gondebaud, roi des Burgundes, mais fut plus heureux avec Sigismond. Il mourut en 525, après avoir bien mérité de la religion et des lettres. On a de lui des poèmes sur des sujets religieux.
Jovin était un consul de Reims, qui, par son exemple, engagea ses concitoyens à embrasser la foi chrétienne (366). Après la mort de Julien l'Apostat, il défit les barbares qui avaient fait irruption dans les plaines de la Champagne. Son cénotaphe est placé dans la chapelle de l'archevêché de Reims. (Y. abbé Morlot, Histoire de Reims, 1846.)
Nicaise (saint), archevêque de Reims, fut massacré par les Vandales sur le seuil de la cathédrale qu'il venait de fonder (406). C'est sur les débris de cette église, la première qui ait été consacrée en France, paraît-il, à la sainte Vierge, que s'élève la belle cathédrale actuelle. Sa fête est le 14 déc.
Rémi (saint), archevêque de Reims, né vers 438, baptisa Clovis avec plusieurs milliers de ses compagnons, en 496, aux fêtes de Noël. Ce jour-là naquit la France chrétienne. Il mourut, dit-on, à 95 ans, après un épiscopat de 70 ans. Sa fête est le 1"' oct. D'après une légende, la Sainte -Ampoule, conservée à Reims et contenant l'huile sainte qui servit au sacre des rois jusqu'à la Révolution, aurait été apportée à S. Rémi par un ange pour le sacre de Clovis.
Gésaire 'd'Arles (saint), né en 470, près de Chalon-sur-Saône, fut moine à Lérins et élevé, malgré lui, sur le siège d'Arles (501). Il présida plusieurs conciles comme vicaire du pape dans les Gaules, en particulier celui d'Orange, en 529, contre les pélagiens. Il mourut en 542. On a de lui des Homélies et des Sermons. Sa fête est le 27 août. (V. Malnory, S. Césaire, évêque d'Arles, 1894.)
Médard (saint), qui devint évêque de Noyon, naquit près de cette ville, fut d'abord évêque de Vermand, puis transporta son siège à Noyon (531) ; il administra en même temps l'évêché de Tournai. Il consacra Radegonde comme diaconesse et la protégea ainsi contre la colère de son mari Clotaire I. Il mourut en 545.
Grégoire de Tours (saint), élu évêque de cette ville en 573, était né en Auvergne, d'une famille sénatoriale. Il prit une grande part aux affaires de son temps, dont il a écrit l'histoire : Historia francorum, en in livres, monument précieux. Dans les 7 derniers, il est témoin oculaire et tics sûr. Il mourut en 594.
Geneviève (saint''), patronne de Paris, ûée à Nanterre vers 423, fut d'abord simple bergère. Sur
le conseil de S. Germain l'Auxerrois, qui la rencontra lorsqu'il allait prêcher en Grande-Bretagne, elle se consacra à Dieu. Lors de l'invasion d'Attila (451), elle retint les Parisiens dans leur ville en leur prédisant qu'elle serait épargnée. Dans une disette, elle vint de nouveau en aide au peuple de Paris. A sa prière, Clovis fit bâtir sur la montagne qui a pris le nom de Sainte-Geneviève, une église en l'honneur des apôtres S. Pierre et S. Paul. Geneviève mourut en 512, et ses reliques furent d'abord conservées dans cette église. Elles le sont aujourd'hui dans celle de Saint-Etienne-du-Mont. Sa fête est le 3 janv.
Geneviève de Brabant. — L'histoire de cette sainte est plus ou moins légendaire. Fille d'un duc de Brabant, elle épousa, vers 710, Siffroy, châtelain du pays de Trêves, auprès duquel elle fut accusée d'adultère par le perfide Golo, qui avait tenté de la séduire. Abandonnée avec son enfant dans une forêt, ils y vécurent six ans : une biche leur donnait son lait. Au bout de ce temps, Siffroy les retrouva par hasard, en poursuivant la biche dans une chasse ; il reconnut l'innocence de Geneviève et fit périr Golo. Geneviève fit bâtir une chapelle â l'endroit où son mari l'avait retrouvée.
Augustin (saint), apôtre de l'Angleterre et premier archevêque de Cantorbéry, était un moine bénédictin, que S. Grégoire envoya de Rome avec plusieurs autres religieux pour convertir les Anglo- Saxons (596). Le roi Ethelbert et un grand nombre de ses sujets écoutèrent la voix des missionnaires. S. Augustin fonda 12 évêchés et se fixa lui-même à Cantorbéry. Il mourut vers 010. (V. le P. Brou, S. Auqustin et ses compagnons, 1897.)
Isidore de Sèville (saint), fils d'un gouverneur de Carthagène, fut créé, en 601, évêque dj Séville, où il succéda à son frère S. Léandre et mourut en 636. Il travailla avec ardeur à la conversion des Wisigoths ariens et à la restauration du clergé. Il a laissé de nombreux ouvrages : Origines ou Etymologies, en 20 livres, sorte d'encyclopédie ; Commentaires sur l'Ancien Testament ; Chronique depuis Adam jusqu'en 626, suivie d'une Chronique des Goths (de 260 à 628), etc. Isidore fut le promoteur principal et puissant d'un enseignement fécond, qui se propagea dans toute l'Espagne et au delà de ses frontières. Il mérite d'être compté, avec Boëce, et Cassiodore, parmi les instituteurs de l'Occident.
(Ermites et moines.) Paul (saint), ermite, né dans la Haute-Egypte, se retira dans le désert, à l'âge de 22 ans, pendant la persécution de Dèce, et y vécut saintement jusqu'à un âge très avancé (113). Il lut alors visité par S. Antoine, qui découvrit sa solitude et lui rendit les derniers devoirs (341). Sa fête est le 15 janvier. (V. Marin, Vies des Pères des déserts d'Orient.) Antoine (saint), regardé comme le fondateur de la vie monastique, naquit vers 251, dans un village de la Haute-Egypte, d'une famille riche. Tout jeune encore, il donna ses biens aux pauvres et se retira au désert. De nombreux disciples se rangèrent sous sa discipline et il fonda plusieurs monastères. Il sortit de sa retraite, en 311, pour aller soutenir les chrétiens d'Alexandrie, pendant la persécution de Maximin ; il en sortit de nouveau en 355 pour défendre la foi contre les ariens. Il fut respecté des empereurs et des païens eux-mêmes. Il mourut en 356, à l'âge de 105 ans. Sa vie a été écrite par S. Athanase, de même que celle de S. Paul. Sa fête est le 17 janvier.
Benoît (saint), patriarche des bénédictins, est aussi le grand instituteur de la vie monastique en Occident. Il naquit près de Norcia, dans la Sabine (480), et se retira jeune encore au désert de Subiaco, à 40 milles de Rome. Bien des disciples vinrent se ranger sous sa discipline; mais il souffrit persé-
cution et faillit être empoisonné . Il se transporta alors au Mont-Cassin et y fonda le fameux monastère de ce nom (529). Il mourut en 543. Sa fête est le 21 mars.
Scholastique (sainte), sœur de S. Benoît, se consacra dès son enfance à la vie religieuse et vécut non loin du monastère de son frère, qui consentait à échanger avec elle une visite chaque année. Il fut averti miraculeusement de sa mort en voyant une colombe monter au ciel. Il voulut partager avec elle le même tombeau. Sa fête est le 10 février. (V. Dom Heurtebize et R. Triger, Sainte Scholastique, patronne du Mans, 1897.)
Maur (saint) suivit S. Benoît à Subiaco et au Mont-Cassin. Il fut envoyé par son maître dans les Gaules, pour y établir des monastères. Une célèbre congrégation de bénédictins, qui était une réforme de l'ordre de Saint-Benoît, prit le nom de Saint- Maur, au commencement du XVIIe siècle ; elle compta les érudits les plus distingués : Dom Tassin, Dom Clément, Monti'aucon, etc.
Golomban (saint), moine irlandais, parcourut la France et le pays des Alemans, et fonda le monastère de Luxeuil (590). Exilé, pour avoir blâmé les désordres de Brunehaut et de Thierry II, roi de Bourgogne, il alla en Lombardie, où il fonda le monastère de Bobbio et y mourut, en 615, à 75 ans.
Gall (saint), moine irlandais et disciple de S. Colomban, qu'il accompagna dans ses pérégrinations, fut retenu par la maladie en Rhétie, où il se consacra à la conversion des païens. Il fonda, à 8 kil. du lac de Constance, le fameux monastère de Saint-Gall. On pense qu'il mourut vers 640. Sa fête est le 16 oct.
(Hérétiques, schismatiques.) Arius. — Ce fameux hérésiarque, né vers 270 à Alexandrie ou dans la Cyrénaïque, prit part au schisme de Mélétius, évêque de Lycopolis en Egypte, puis parut se repentir et fut ordonné prêtre. Mais, vers 312, il commença à enseigner à Alexandrie l'hérésie qui a pris son nom, soutenant que J.-C. n'était qu'une créature, etc. L'arianisme fut condamné solennellement au concile de Nicée (325). Mais cette erreur ne laissa pas de s'étendre, surtout chez les barbares, où elle persévéra jusqu'au VIIe siècle. Au moment où il allait triompher à Constantinople, Arius mourut subitement, en 336, d'une violente colique, qui fut regardée comme un châtiment céleste.
Macédonius, patriarche de Constantinople, de 343 à 360, favorisait l'arianisme. Le jour même de son installation à la place du patriarche Paul, des rixes sanglantes eurent lieu entre ses partisans et les catholiques. Déposé une première fois en 347, il fut rétabli en 350, puis déposé définitivement par l'empereur Constance en 360. Il se fit alors le chef d'une secte d'hérétiques, qui niaient la divinité du Saint-Esprit.
Pelage. — Cet hérésiarque était un moine breton qui combattit la doctrine de S. Augustin et de S. Paul sur le péché et sur la grâce. Vers 410 il était à Rome et écrivait des commentaires sur les épîtres de S. Paul. Sa doctrine fut réfutée par S. Jérôme et S. Augustin et condamnée par Innocent I et le concile général d'Afrique tenu à Cartilage (418). Pelage disparaît vers cette époque; mais le pélagianisme et le semi-pélagianisme lui survécurent longtemps.
Donat. ■ — Ce nom a été porté par deux évêques schismatiques d'Afrique, dont les partisans reçurent le nom de donatistes . Le premier refusait (vers 305) d'admettre à la communion ceux qui avaient eu le malheur, pendant la persécution de Dioclétien, de livrer aux païens les vases sacrés et les livres saints. Le pape Melchiade l'excommunia. Le second, évêque de Carthage en 316, professa les mêmes idées into-
1157 HISTOIRE
lérantes et alluma en Afrique une guerre civile qui dura jusqu'à l'invasion des Vandales. Les donatistes furent réfutés par S. Augustin et S. Optât.
Nestorius. — Cet hérésiarque, né en Syrie, devint patriarche de Constantinople en 428. Il combattit l'arianisme, mais tomba lui-même dans une autre hérésie, affirmant deux personnes en J.-C. Il continuait en cela l'erreur de Théodore de Mopsueste, dont il fut le disciple. Nestorius fut condamné au concile œcuménique d'Ephèse (431) ; il mourut, vers 439, dans une oasis de la Libye.
Eutychès était l'archimandrite d'un monastère près de Constantinople. En combattant le nestorianisme, il alla jusqu'à soutenir l'unité de nature en J.-C, disant que la nature humaine en J.-C. avait été absorbée parla nature divine, comme une goutte d'eau l'est par la mer (448). Il fut absous au concile d'Ephèse (appelé justement brigandage d'Ephèse), en 449 ; mais, après la mort de Théodose II, son protecteur, il fut condamné au concile de Chalcédoine (451) et mourut vers 454, âgé de 75 ans environ. Son hérésie subsiste encore en Orient, en Egypte et en Abyssinie.
Acace. — Ce nom a été porté par deux hérétiques. L'un, chef des Acaciens (sorte d'ariens), fut évêque de Césarée (340-365), où il avait remplacé Eusèbe. Il porta l'empereur Constance à faire déposer S. Cyrille et exiler le pape Libère. L'autre, patriarche de Constantinople (471-489), défendit les eutychéens auprès de l'empereur Zenon, et fut condamné par le pape Félix III.
Priscillien était espagnol et fut évêque d'Avila. Il prêcha une sorte d'ascétisme, le donnant comme la vraie forme de la vie chrétienne. Il fut accusé de mêler les erreurs du gnosticisme à celles du manichéisme et condamné au concile de Saragosse (380). Il fut finalement condamné à mort avec quelques-uns de ses sectateurs parle préfet du prétoire, à Trêves (384), malgré les efforts de S. Martin, qui aurait voulu les épargner. Mais les priscillianistes ne disparurent pas avec leur fondateur.
Vigilance naquit probablement en Gaule, voyagea en Palestine et ne put s'entendre avec S. Jérôme, avec lequel il entra en polémique. Il se mit à dogmatiser contre le culte des saints, le célibat ecclésiastique et la vie monastique, etc. ; bref il peut être regardé comme un précurseur des cathares, des albigeois et des protestants.
Jovinien. — Ce moine de Milan, mort en 412, contre lequel S. Jérôme défendit les droits de la virginité, soutenait une sorte d'épicurisme chrétien ; il affirmait que le baptême suffit sans les oeuvres, que tous les péchés sont égaux, etc. Il fut condamné par le pape Sirice et le concile de Milan.
Symmaque, orateur brillant et homme d'Etat romain, fut l'un des derniers tenants du paganisme. Questeur, préteur, pontife, intendant de la Lucanie, proconsul d'Afrique et préfet de Rome, de 384 à 386, il demanda le rétablissement de la statue et de l'autel de la Victoire, qui avaient été enlevés du Capitole. Ce fut l'occasion d'une polémique avec S. Ambroise et Prudence. Théodore I le bannit d'Italie ; mais il rentra en grâce et mourut vers 409. — Un autre Symmaque, descendant du premier, eut pour ami et pour gendre Boëce, et subit comme celui-ci et peu après le dernier supplice (525 ou 526). (Empire et (ii'trcs Etats.) Constantin I, le Grand, fils de Constance Chlore et d'Hélène, né en 274, jouit de la faveur de Dioclétien, épousa Fausta, la fille de l'empereur Maximien, prit le titre d'Auguste, à la mort de son père, en 306, et fut proclamé par les légions de Bretagne. Après avoir pacifié les Gaules et fait périr Maximien, qui avait tramé sa mort, il marcha contre Maxence, fils de Maximien, qui avait été proclamé empereur à Rome. Ce fut alors qu'il vit dans les airs apparaître une croix, avec ces mots en lettres
de feu : Hoc signo vinces (Tu vaincras par ce signe). Il adopta dès lors la croix comme étendard sous le nom de labarum. Il vainquit les troupes de son ennemi dans les plaines de Turin et à Rome, où Maxence lui-même périt dans les eaux du Tibre (312). Constantin proclama alors la liberté de l'Eglise par l'édit de Milan. Quelques années après, Licinius, empereur d'Orient était vaincu, perdait plusieurs provinces et périssait après une dernière défaite (323). Seul maître de l'empire, Constantin supprima les combats de gladiateurs, favorisa l'abolition de l'esclavage, assista au concile de Nicée comme évêque du dehors. Vers 330, il transporta la capitale de l'empire à Byzance, qui prit le nom de Constantinople. Sa vie fut attristée par les fausses dénonciations de Fausta contre Crispus, qu'il fit périr, mais qu'il vengea ensuite par la mort de Fausta (327). Prévenu contre Athanase, il l'envoya en exil, mais reconnut ensuite son innocence et le rappela. Il mourut en 337, après avoir reçu le baptême ; car il n'avait été jusque-là que catéchumène. Il laissait l'empire à ses trois fils : Constantin II, le Jeune, Constance et Constant.
Hélène (sainte), née en Bithynie, épousa Constance Chlore, quijla répudia lorsqu'il fut devenu empereur. Chrétienne, elle exerça une grande influence sur son fils Constantin, qui lui accorda beaucoup de crédit. Elle fit construire l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem (325) et trouva le bois sacré de la vraie croix. Elle mourut à Nicomédie en 327. Sa fête est le 18 août.
Constance II, 2e fils de Constantin le Grand, eut en partage l'Orient et la Grèce. Ses frères ayant péri en Occident, il vainquit l'usurpateur Magnence et resta seul maître de l'empire (350). Les légions se soulevèrent et lui opposèrent Julien, contre lequel il marchait, quand il mourut, au pied du Taurus (361). Constance soutint les ariens et persécuta Athanase.
Julien l'Apostat, né en 331, était neveu de Constantin. Il fut d'abord chrétien et même lecteur, dit-on. Constance le relégua en Orient, puis lui permit d'étudier à Constantinople et à Athènes, où S. Basile, son condisciple, prévit son impiété. Créé César par Constance et chargé du gouvernement des Gaules, Julien battit les Alemans à Strasbourg (357) ; l'hiver, il habitait sa chère Lutèce. Constance ayant voulu lui retirer quelques légions, celles-ci le proclamèrent empereur, et la mort de Constance le laissa seul maître de l'empire (361). Julien abjura alors ouvertement le christianisme, s'entoura de sophistes, d'augures et d'astrologues, portant lui-même le manteau de philosophe ; il rétablit les sacrifices païens et tenta de créer un nouveau culte, l'hellénisme ; il permit aux Juifs de rebâtir le temple de Jérusalem, mais exclut les chrétiens des emplois publics et même des écoles. Ce dernier genre de persécution a été justement regardé comme le plus perfide. Il fut tué dans une expédition contre les Perses (363). On a de lui : les Césars, spirituelle tragédie-comédie ; le Misopogon ou l'ennemi de la barbe ; des Discours et des Lettres.
Valentinien I, né en Pannonie en 321, succéda en 364 à Jovien, qui n'avait fait que passer sur le trône après la mort de Julien. Valentinien s'associa son frère Valens, à qui il donna l'Orient, et repoussa les barbares sur presque toutes les frontières, par ses lieutenants ou par lui-même. Il mourut des suites d'un accès de colère (375). Il laissait deux fils, Gratien et Valentinien II. Celui-ci, qui n'avait alors que 4 ans, fut associé à l'empire par son frère Gratien ; et lorsque Gratien eut été tué par l'usurpateur Maxime (383), il fut rétabli dans ses droits par Théodose (388). Mais il fut tué, en 392, par le Franc Arbogast. Ces deux frères avaient été favorables aux catholiques.