PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES
(Histoire de l'Eglise : papes, etc.)
Sylvestre I (saint). — Ce pape, né à Rome, vit enfin le triomphe de l'Eglise, après trois siècles de persécutions sanglantes. Il occupa le siège de saint Pierre de 314 à 337 ou 335, tint plusieurs conciles contre les Donatistes, présida par ses légats le concile de Nicée (325), où furent condamnés les Ariens et où fut rédigé le symbole de Nicée (Credo de la messe). Sous ce pontificat, Constantin transporta à Constantinopie le siège de l'empire, reconnaissant par là et fondant de quelque manière déjà l'indépendance du Saint-Siège. La fête de S. Sylvestre est le 31 déc. Après lui, S. Marc n'occupa le siège que quelques années.
Jules I (saint), né à Rome, pape de 341 à 352, soutint S. Athanase contre les ariens et envoya ses légats présider le concile de Sardique. Sa fête est le 12 avril. — Après lui, Libère, né à Rome, de la famille des Savelli, pape de 352 à 363, fut exilé par Constance pour avoir soutenu la cause d 'Athanase — S. Félix II (il est honoré, en effet, comme saint par l'Eglise romaine), né à Rome, d'abord opposé par Constance à Libère, aurait ensuite occupé le trône pontifical. Libère lui aurait survécu jusqu'en 360.
Damase I (saint), né en Espagne ou en Portugal (il était lusitanien), pape de 366 à 384, tint plusieurs conciles contre les ariens et autres hérétiques. Il eut pour secrétaire S. Jérôme. On a de lui quelques poésies chrétiennes et des écrits théologiques. — Après lui, 5. Sirice, né à Rome, pape de 384 à 398 ou 399, combattit les novatiens, les donatiens, les manichéens et fut aidé par Théodose. — S. Anastase I, né à Rome, de la famille Massimo, pape de 399 à 402 ou 401, réconcilia Antioche avec Rome et condamna certaines doctrines d'Origène.
Innocent I (saint), né à Albano, pape de 402 ou 401 à 417, pressa l'empereur Honorius de traiter avec Alaric, vit Rome prise et dévastée par ce roi barbare et s'appliqua à réparer le mal. Il s'opposa aux donatistes, aux novatiens, condamna les pélagiens. — Après lui, 5. Zozime, né en Grèce, ne régna qu'un an. — S. Boni face I (418-423 ou 422), né à Rome, dut résister à un compétiteur, Eulalius. S. Augustin lui dédia ses 4 livres contre les pelagiens.
Célestin I (saint), né à Rome, pape de 423 ou 422 à 432, fit condamner le nestorianisme au concile œcuménique d'Ephèse (431) et envoya des missionnaires en Irlande (v. S. Patrice, qui arriva en Irlande vers 432). Il envoya aussi S. Germain l'Auxerrois en Grande-Bretagne pour combattre les pélagiens. — Après lui, S. Sixte III, né à Rome (432-440), travailla, avec l'aide de S. Cyrille, à la réunion des églises d'Orient ; il éleva la grande basilique de Saint-Laurent.
Léon I (saint), le Grand, né en Toscane, pape de 440 à 461, condamna Eutychès et les manichéens, qui troublaient encore l'Eglise. Eutychès fut déposé à Constantinopie, en 448. En 451, eut lieu le 4e concile œcuménique, celui de Chalcédoine. S. Léon parvint à préserver Rome de la venue d'Attila (452), mais la ville ne put échapper aux fureurs de Genséric (455). On a de lui des Homélies ou Sermons. — Après lui S. Hilaire, né à Cagliari (Sardaigne), pape de 461 à 468, continua de combattre les eutychéens. — De même S. Simplice, né à Tivoli, qui régna de 468 à 483; il rendit aux églises d'Antioche et d'Alexandrie leurs évêques légitimes.
Félix III (saint), né à Rome, de la famille Anicia, pape de 483 à 492, condamna l'hérésiarque
Acace, évêque de Constantinopie, qui avait entraîné l'empereur Zenon dans l'erreur des eutychéens. L'Eglise grecque demeura 35 ans dans le schisme (484-519). Un concile fut assemblé à Rome (487), pour apaiser les discordes religieuses de l'Afrique.
Gelase I (saint), né en Afrique, pape de 492 à 496, poursuivit les partisans de l'hérésiarque Acace ; il convoqua à Rome un concile (494), qui dressa la liste des livres canoniques. On a de lui, avec des ouvrages de piété, un Sacramentaire de l'Eglise romaine. — Après lui, S. Anastase II, né à Rome, écrivit à Clovis pour le féliciter de sa conversion (496-498). Mais, vers le même temps, l'Eglise perse devenait toute nestorienne (498).
Symmaque (saint), né à Rome (d'autres disent en Sardaigne), pape de 498 à 514, dut résister à l'antipape Laurent et fut soutenu par Théodoric, roi des Ostrogoths; il se justifia, au concile de Palma, des accusations portées contre lui par ses ennemis et combattit les hérétiques de son temps.
Hormisdas (saint), né à Frosinone, pape de 514 à 523, contribua à l'extirpation de l'hérésie des eutychéens. Des Lettres de lui sont insérées dans la collection des conciles. — Après lui, S. Jean I, martyr, né à Rome, mourut en prison, où l'avait jeté Théodoric (523-526). — S. Félix IV, né dans le Samnium, ne gouverna l'Eglise que quelques années (526-530) ; — de même : Boniface II, né à Rome (530-532) ; — Jean II, né à Rome, de la famille Mercuri (532-535) ; — S. Agapet I, né à Rome (535-536); — S. Silvère, martyr, né en Campanie (536-538 ou 537). Ayant refusé à l'impératrice Théodora de rétablir sur le siège de Constantinopie Anthyme, accusé d'hérésie, il fut relégué dans l'île Palmaria et y mourut de faim. Vers cette époque, divers conciles se tenaient en Gaule : à Orange, Valence, Vaison (529), à Orléans (533), La Règle de saint Benoît commençait à se répandre.
Vigile, né à Rome, fut appelé au pontificat d'une manière peu régulière ; mais son élection fut acceptée après la mort de S. Silvère (538 ou 537-555). Après avoir paru favorable aux partisans d'Anthyme, il les condamna hautement et s'attira le ressentiment de Théodora, qui le fit emprisonner (547). Appelé à Constantinopie par Justinien pour l'affaire des Trois chapitres, il différa son voyage, garda son indépendance et les condamna, comme les condamnait le concile de Constantinopie (553) . On appelait les Trois chapitres trois ouvrages théologiques (ayant pour auteurs : Théodore, évêque de Mopsueste; Théodore, évêque de Cirrha; Ibas, évêque d'Ephèse) empreints de nestorianisme, mais qui n'avaient pas encore été condamnés expressément.— Après lui, Pelage I, né à Rome, de la famille Vicariani, régna 5 ans (555-560 ou 556-561) — Jean III, né à Rome, régna probablement de 560 à 573. — Benoît I, né à Rome, soulagea de tout son pouvoir les Romains désolés par la peste et la famine (574-578 ou 575-579). — Pelage II, né à Rome, mais goth d'origine, fut élu sans l'approbation de l'empereur et invoqua le secours de Childebert, roi des Francs (578 ou 579-590).
Grégoire I (saint), le Grand, né à Rome, vers 540, de la famille Anicia, pape de 590 à 604, fut d'abord préteur, puis embrassa la vie religieuse. Elu pape à l'unanimité, il s'efforça de convertir au christianisme les Lombards, qui étaient alors les maîtres de l'Italie ; il envoya aussi S. Augustin et ses compagnons convertir l'Angleterre et ramena les Goths ariens à la foi chrétienne. En même temps, il travaillait à l'abolition de l'esclavage, fondait des monastères, rétablissait ou maintenait la discipline
HISTOIRE
dans le clergé et donnait au culte chrétien un nouvel éclat (rit et chant grégoriens). On a de lui de nombreux écrits, entre autres un Sacramentaire et un Antiphonaire. — Un Ordre de Saint- Grégoire le Grand, a été fondé, en 1831, par Grégoire XVI, pour honorer le mérite religieux, civil et militaire. — Après S. Grégoire, Sabinien, né à Volterra, ne régna que deux ans (604-606) ; — Boni face III, né à Rome, de la famille Catadioci, mourut dans l'année de son élection (607).
Boniface IV (saint), né à Valeria, au pays des Marses, pape de 608 à 615, consacra le Panthéon sous le nom de Saintc-Marie-de-la-Rotonde. — Après lui, S. Adèodat ou Dieudonné I, né à Rome, régna de 615 à 618 ; — Boniface V, né à Naples, de la famille Fummini, régna de 619 à 625.
Honorius I, né en Campanie, pape de 625 à 638, était fils du consul Pétrone. Il eut trop de ménagements pour Sergius, patriarche de Constantinople, qui était le chef du monothélisme, et fut enveloppé injustement dans la même réprobation. Honorius contribua à la conversion d'Edwin, roi de Northumberland. — Après lui, Sév^érin, né à Rome, mourut l'année même de son élection (640) ; — Jean IV, né à Zara (Dalmatie), ne gouverna que deux ans (640-642) ; — Théodore I, né à Jérusalem et d'origine grecque, pape de 642 à 649, combattit le monothélisme. — Vers cette époque, le mahométisme commençait à se répandre, et le calife Omar s'emparait de Jérusalem (637).
Martin I (saint), martyr, né à Todi, dans les Etats de l'Eglise, pape en 649, tint la même année à Rome un concile (1er concile de Latran), où fut condamnée l'hérésie des monothélites. L'empereur Constant II le fit enlever de son siège et l'exila dans la Chersonèse, où il mourut. Sa fête est le i2 nov. — Après lui, S. Eugène I, né à Rome, gouverna peu d'années; — S. Vitalien, né à Segni, dans les Etats de l'Eglise, gouverna de 657 à 672; — Adéodat ou Dieudonné II, né à Naples, gouverna 4 ans (672-676); — Donus I ou Domnus, gouverna de 676 à 678.
Agathon (saint), né à Palerme (Sicile), pape de 678 à 682 ou 681, condamna de nouveau les monothélites. Le premier il refusa de payer le tribut imposé par les empereurs d'Orient aux papes, à l'occasion de leur avènement. — Après lui, S Léon II, né en Sicile, mourut l'année après son élection (682-683) ; — S. Benoit II, né à Rome, de la famille Savelli, n'eut aussi qu'un pontificat éphémère (6H4-685) ; — de même Jean V, né à Antioche (0*5-686), et Canon, né en Thrace (686-687).
Serge I ou Sergius (saint), né à Palerme, pape de 687 à 701, eut à résister aux antipapes Théodore et Pascal et dut pendant sept années se tenir éloigné de Rome. Il ramena à l'union le patriarche d'Arménie, éleva un tombeau à S. Léon dans la basilique de Saint-Pierre. — Après lui, Jean VI, né en Grèce (701-705), Jean VII, né à Rossano, dans la Grande-Grèce (705-707), Sisinnius, né en Syrie, occupèrent peu de temps le trône pontifical. — Constantin, né en Syrie, l'occupa de 708 à 715. — Vers cette époque, les Sarrasins s'emparaient de l'Afrique septentrionale et de l'Espagne.
Grégoire II (saint), né à Rome, de la famille Savelli, pape de 715 à 731, dut soutenir son autorité attaquée par les Lombards, défendre l'Italie contre les musulmans, combattre les violences de l'empereur Léon et des iconoclastes, et il y réussit. Il rétablit le monastère du Mont-Cassin, en 723, convoqua un concile contre les iconoclastes en 729 et envoya S. Boniface évangéliser la Germanie. Sa fête est le 2 février. On a de lui des Lettres dans la collection des conciles. — S. Grégoire III, né en Syrie, lui succéda (731-741) ; il dut résisterlui aussi à l'empereur Léon et conçut le projet d'appeler à
l'aide du Saint-Siège Charles-Martel qui, occupé à combattre les musulmans, ne put répondre à sa demande.
Zacharie (saint), né dans la Grande-Grèce, pape de 741 à 752, montra beaucoup de sollicitude pour le peuple et le clergé de Rome, aida à la constitution de la royauté de Pépin le Bref, commença la bibliothèque du Vatican. Sa fête est le 15 mars. (Docteurs, évêques, saints, moines, etc.)
Hilaire (saint), évêque de Poitiers, mort en 367, a été déclaré Docteur de l'Eglise par Pie IX. Né à Poitiers, au commencement du IVe siècle, d'une famille noble, mais païenne, il s'appliqua à l'étude des sciences profanes, puis embrassa la foi chrétienne avec ardeur. Elu évêque de Poitiers vers 350, il se voua à la défense de la foi contre les ariens. Il se distingua aux conciles de Milan (355) et de Béziers (356), dénonça les erreurs de Saturnin, évêque d'Arles. Exilé en Phrygie, il en profita pour combattre l'arianisme au concile de Séleucie (359). Constance le rendit alors à son siège (300), où Hilaire ne cessa de ramener les chrétiens des Gaules à la pureté de la foi. Ses oeuvres sont nombreuses et remarquables. S Jérôme le surnommait le Rhône de l'éloquence latine. Sa fête est le 14 janvier.
Athan?se (saint), Père et Docteur de l'Eglise, patriarche d'Alexandrie, né vers l'an 296, se distingua au concile de Nicée (325), n'étant encore que diacre. L'année suivante, malgré sa jeunesse, il montait sur le siège d'Alexandrie, dont il fut chassé plusieurs fois par les ariens. Déposé au concile de Jérusalem, il fut rétabli aux conciles de Rome et de Sardique (347). Il finit par triompher et mourut à Alexandrie (373). On a de lui des Commentaires sur la Bible, une Apologie à V empereur Constance, etc. Sa fête est le 2 mai.
Ulphilas, évêque des Goths (Dacie et Thrace), naquit vers 311, d'une famille de Cappadoce, emmenée en captivité par les barbares. Lorsque l'empire goth eut été détruit par les Huns, il obtint de l'empereur Valens un établissement dans la Mésie, pour ses ouailles (376), qu'il instruisit de l'Evangile, mais en répandant l'erreur d'Arius. Il traduisit la Bible en gothique et l'on a retrouvé des fragments considérables de cette version. Il mourut en 381.
Cyrille (saint), Père de l'Eglise, naquit à Jérusalem (315) et devint patriarche de cette ville en 350. Il eut beaucoup à souffrir des ariens, qu'il ne cessa de combattre. Plusieurs fois déposé ou exilé, il rentra définitivement à Jérusalem, après la mort de l'empereur Valens (378) et mourut en 386. On a de lui 23 Catéchèses ou Instructions sur la religion.
Basile (saint) le Grand, Père de l'Eglise, né à Césarée (Cappadoce), en 329, était frère de S. Grégoire de Nysse, de saint Pierre de Sébaste et de sainte Macrine. Il étudia à Constantinople et à Athènes, où il se lia avec Grégoire deNazianze et le prince Julien, qui devait plus tard apostasier et monter sur le trône impérial. Basile professa d'abord la rhétorique et exerça la profession d'avocat, dans sa ville natale; puis il se retira dans une solitude du Pont, fonda un monastère et rédigea une règle religieuse, qui a été généralement acceptée en Orient. Elevé sur le siège de Césarée, en 370, il combattit les hérétiques et rendit de grands services à l'Eglise. Il mourut en 379. Il a laissé des Homélies, des traités de Morale et d'ascétisme, V Hexamèron ou les six jours de la Création, d'autres Commentaires sur diverses parties de l'Ecriture, un traité de la Lecture des auteurs profanes, un grand nombre de Lettres. Saint Basile, qui connaissait également les lettres sacrées et les lettres profanes, s'est plu à montrer comment les premières peuvent s'inspirer des secondes. Sa fête est le 14 juin.