PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
(Bavarois.)
Agilolfinges. — Agilolf ou Agilulf secoua le joug des Ostrogoths, vers 530, et affranchit la Bavière, dont il fut le premier duc. La dynastie des Agilolfinges régna jusqu'à Tassillon III (788), que Charlemagne déposséda et enferma au monastère de Jumièges.
(Francs.)
Marcomir. — Nom de plusieurs princes francs. Marcomir V aurait été le père de Pharamond. Selon une légende, Marcomir I aurait été le fils du Troyen Anténor, et il aurait amené les Francs de Troade en Germanie. D'autres légendes, plus tard, ont fait descendre les Francs de Francus ou Francion, fils d'Hector (v. Franeiadc, Ronsard).
Pharamond. — Ce prince franc, plus ou moins légendaire, aurait passé le Rhin pour s'établir en Gaule, vers 420. Son fils aurait été Clodion le Chevelu, qui lui succéda vers 4:27, prit Tournai et Cambrai, fut défait par Aétius à Lens, devint maître cependant de l'Artois et d'Amiens. Il mourut en 448.
Mérovée, né vers 411, était fils probablement de Clodion le Chevelu. Protégé par Aétius, général romain, il vint à Rome dans sa jeunesse et succéda à son père. Il [contribua, avec ses Francs, à la défaite d'Attila aux Champs Catalauniques. Childèric I, son fils, lui succéda, en 457, et fut le père de Clovis.
Clovis, né en 465, succéda à Childéric I en 481, comme roi des Francs Saliens. 11 ne tarda pas à étendre ses Etats par ses victoires sur Syagrius, général romain (486), et les Thuringiens. En 492, il épousa Clotilde, fille du roi des Bourguignons. Quelques années après, dans une bataille livrée aux Alamans, il invoqua le Dieu de Clotilde et fit vœu, s'il remportait la victoire, de se faire baptiser. Vainqueur, il tint sa promesse et fut baptisé le jour de Noël (496), avec plusieurs milliers de ses guerriers, par S. Rémi, archevêque de Reims. En 500, il vainquit Gondebaud, roi des Bourguignons. En 507, il vainquit et tua Alaric II, roi des Wisigoths, à Vouillé. Maître de la plus grande partie des Gaules, il reçut alors de l'empereur Anastase les titres de consul et de patrice. La fin de son règne fut souillée par des meurtres. Il mourut en 5 11, laissant ses Etats à ses 4 fils : Thierri I, qui régna en Austrasie, avec Metz pour capitale (511-534); Clodomir, qui régna à Orléans (511-524); Childebert!, qui régna à Paris (511-558); Clothaire I, qui régna d'abord à Soissons, et finit par réunir tous les Etats francs, à la mort de ses frères (511-561) (V. Kurth, Clovis, 1896).
Clotilde (sainte), fille du roi des Bourguignons, Chilpéric, épousa Clovis et contribua beaucoup à sa conversion. Après la mort de Clovis, elle vit la guerre s'allumer entre ses enfants et, ne pouvant les réconcilier, elle se retira à Tours, auprès du tombeau de S. Martin, où elle mourut en 545. Sa fête est le 3juin (v. Kurth, Sainte Clotilde, 1897).
Gondebaud, roi des Burgundes en 463, dépouilla et fit périr ses 3 frères : Gondemar, Godégisèle et Chilpéric (père de Clotilde), et étendit ainsi ses Etats depuis la Haute-Loire jusqu'aux Alpes, depuis le Haut-Rhin jusqu'à la Méditerranée. Vaincu par Clovis (500), il consentit à abandonner l'arianisme et mourut en 516. Il avait publié, en 502, la loi des Bourguignons, devenue célèbre sous le nom de loi Gambette. Un de ses fils, Gondemar II, vainquit d'abord les Francs (524), mais fut ensuite détrôné par les fils de Clovis coalisés (534). Il mourut prisonnier, et la Bourgogne fut réunie aux Etats francs.
Cloud (saint) ou Clodoald, était fils de Clodomir et petit-fils de Clovis et de Clotilde. Ses deux frères furent tués parleurs oncles, qui convoitaient
leurs Etats, et lui-même n'échappa à une fin semblable qu'en se vouant à la vie religieuse. Il mourut (560) au monastère de Nogent, qui prit le nom de Saint-Cloud.
Radegonde (sainte), qui devint reine des Francs, était fille d'un roi de Thuringe, Bertaire. Elevée dans le paganisme, elle embrassa ensuite la foi chrétienne et épousa Clotaire I (538), qui l'avait emmenée captive en 529. Six ans après, elle obtint la permission d'entrer dans la vie religieuse, fut admise par S. Médard, évêque de Noyon, et se retira au monastère de Sainte-Croix, qu'elle avait fondé à Poitiers et où elle mourut en 589. Elle cultiva aussi les lettres et entretint une correspondance avec le poète Fortunat. Sa fête est le 13 août.
Brunehaut, née en 534, était fille d'Athanagilde, roi goth d'Espagne ; elle épousa en 566 Sigebert, roi d'Austrasie. Ses longues querelles avec Frédégonde ensanglantèrent la monarchie franque. Voulant venger la mort de sa sœur Galsuinte, femme de Chilpéric I, roi de Neustrie, victime des intrigues de Frédégonde, Brunehaut fit déclarer la guerre par Sigebert au roi de Neustrie. Elle allait triompher, quand Frédégonde fit assassiner Sigebert (575). Devenue prisonnière de Frédégonde, à Rouen, elle échappa, en gagnant Mérovée II, fils de Chilpéric, qu'elle épousa, mais que Frédégonde ne tarda pas à faire périr. Elle gouverna ensuite l'Austrasie pendant la minorité de Childebert II, son fils, et de Théodebert II son petit-fils. Chassée par une sédition (596), elle se retira en Bourgogne, auprès d'un autre de ses petits-fils, Thierri II, et exerça dans ce pays une grande influence. Mais, à la mort de Thierri (613), elle fut livrée à Clotaire II, fils de Chilpéric et de Frédégonde, devenu roi de toute la monarchie ; et ce prince la fit périr, en la faisant attacher par les cheveux à la queue d'un cheval indompté.
Frédégonde, née en 543, d'une famille obscure, épousa Chilpéric 1, après avoir fait répudier Audowère et avoir assassiné Galsuinte. Ayant triomphé de Brunehaut, elle se défit de Mérovée, fils de Chilpéric et d'Audowère, qui avait épousé Brunehaut, ainsi que de S. Prétextât, qui avait béni cette union. Elle fut accusée d'avoir fait assassiner Chilpéric lui-même (584), qui venait de découvrir ses relations avec Landri. Elle fit reconnaître son fils comme roi de Neustrie, sous le nom de Clotaire II, et gouverna sous son nom, vainquit, en 593, Childebert, fils de Brunehaut, et Brunehaut elle-même (596), à Latofao. Elle mourut à Paris l'année suivante.
Rois fainéants. — On donne ce nom aux derniers rois mérovingiens, qui abandonnèrent le pouvoir aux maires du palais et menèrent pour la plupart une vie efféminée. La série comprend : Thierri III, qui se laissa gouverner par Êbroïn, puis par Pépin d'Héristal ; Clovis III, Childebert III, Dagobert III, Chilpéric II, Thierri IV ; enfin Childéric III, qui fut remplacé par Pépin le Bref (752). (Bretons, légendes.)
Arthur ou Artus est le héros celtique dans les romans et poèmes qui forment le Cycle de la Table Ronde. Il vivait dans le pays de Galles, au VIe siècle. Avec l'aide de sa sœur, la fée Morgane, et de l'enchanteur Merlin, qui lui donna une épée magique, il se fit reconnaître pour chef, vers 516, et vainquit tour à tour les Anglo-Saxons, les Ecossais, les Irlandais, etc. ; il accomplit aussi maints exploits sur le continent et mérita d'épouser la belle Geneviève. Il rétablit le christianisme et institua l'ordre des Chevaliers de la Table Ronde, où brillèrent Perceval, Tristan, Lancelot du Lac. Sous l'influence de l'idée chrétienne, la chevalerie naît déjà, comme une fleur pure, du sein de la barbarie (v. Roland).
H65 HISTOIRE
Amadis de Gaule, dit le Chevalier à la verte èpée, le Chevalier au lion, le Beau ténébreux, est le héros d'un roman de chevalerie, dont les origines sont des plus obscures. Bien qu'il ait été écrit d'abord en portugais, paraît-il. et divulgué surtout en espagnol, il se rattache aux romans du Cycle de la Table Ronde, dont il est l'imitation. Amadis était un fils du roi de Gaule Périon, qui aima la princesse Oriane, fille du roi de Grande- Bretagne. Le poète raconte longuement ses exploits, auxquels se mêlent ceux de son frère Galaor. (Angleterre, Ecosse. >
Ethelbert, roi de Kent, en 560, agrandit ses Etats, et épousa Berthe, fille du roi franc Caribert. Le pape S. Grégoire le Grand ayant envoyé des missionnaires en Angleterre (v. Augustin, 1er évêque de Cantorbèry), Ethelbert se convertit et contribua à la conversion de son gendre, Edwin, qui fut roi de Northumbrie. Ethelbert mourut en 616 et fut canonisé. On lui doit le plus ancien code des Anglo-Saxons.
(Arabes : naissance de l'islamisme.)
Mahomet, le fondateur du mahométisme, qui devait bouleverser le monde et disputer pendant plusieurs siècles la suprématie au christianisme, naquit à la Mecque, vers 570. Il appartenait à la tribu des Koraïchites, qui prétendait descendre d'Ismaël ; mais sa famille était de modeste condition. Il fut d'abord berger, puis voyagea pour les affaires d'une riche veuve, Kadichah, qui l'épousa. Ce fut seulement vers l'âge de 40 ans qu'il répandit les idées qui sont contenues dans le Coran. Il prétendit que l'ange de Dieu lui avait apparu et lui avait ordonné de prêcher la nouvelle doctrine. Il gagna d'abord sa femme, ses enfants, quelques parents ou amis : Abou-Bekr, Omar, Ali. Des femmes et des esclaves se joignirent à eux. Mais il perdit Kadichah et son oncle Taleb, qui le protégeait, et dut fuir à Yatreb (622), qui prit le nom de Médine. Cette fuite marque l'ère musulmane. Médine finit par l'emporter sur la Mecque, où Mahomet détruisit toutes les idoles, mais qu'il regarda toujours comme la ville sainte. Bientôt toutes les tribus arabes acceptèrent la religion du nouveau prophète, si bien faite pour exciter leur fanatisme et leur amour des conquêtes. Mahomet mourut en 632, laissant une fille, Fatime, qu'il avait eue de sa seconde femme, Aïssa ou Aicha, regardée elle-même comme une prophétesse.
Abou-Bekr, 1er des califes, était père de la belle Aïcha. Elu calife, à la mort de Mahomet, il réunit les fragments épars du Coran, montra de l'énergie et fut bien secondé par ses généraux, Khaled et Omar. La Syrie fut conquise. Il mourut en 634 et fut remplacé par Omar.
Omar, 2e calife, s'était d'abord opposé à Mahomet, dont il était le cousin ; mais il devint bientôt l'un de ses plus chauds partisans. Par lui ou ses généraux, il conquit la Perse, l'Egypte, la Mésopotamie, où il fonda Bassora. Il voulut prendre possession de Jérusalem en personne. Un Persan fanatique l'assassina en 644. Omar est vénéré par les Sunnites ; mais les Chiites le regardent, ainsi qu' Abou-Bekr, comme un usurpateur.
Othman ou Osman, 3e calife, avait près de 80 ans, quand il succéda à Omar (644). Il reprit Alexandrie sur les Grecs, affermit les conquêtes de ses prédécesseurs, détruisit l'empire des Perses, qui disparut avec les Sassanides (652). Il fut tué en 656, par Mohammed, fils d'Abou-Bekr.
Ali, époux de Fatime, fille de Mahomet, succéda à Osman, et fut assassiné après 5 ans de règne, en 661, à l'âge de 59 ans. 11 étendit les conquêtes de ses prédécesseurs. Les Chiites le regardent comme un martyr et comme le premier calife légitime.
Amrou, général arabe, né en 600, servit sous Omar, conquit l'Egypte (640), la Cyrénaïque, la
Tripolitaine. Il ne paraît pas qu'il ait brûlé la bibliothèque d'Alexandrie. Dépouillé du gouvernement d'Egypte, il soutint Moaviah contre Ali et fut rétabli dans son gouvernement. On suppose qu'il fît restaurer le canal deNéchao.
Moaviah, 1er calife ommiade, né à la Mecque en 610, était de la tribu des Koraïchites, la dernière qui embrassa l'islamisme et représentait l'ancien esprit, défavorable aux fervents disciples de Mahomet. Moaviah l'emporta sur Ali, après une courte guerre (661), établit sa capitale à Damas et fonda la dynastie des Ommiades. Il mourut en (580, après avoir étendu l'empire arabe de l'Atlantique aux Indes.
Ommiades. — Cette dynastie, qui tire son nom d'Ommiah, ancêtre de Moaviah, régna à Damas jusqu'en 750. Lorsqu'elle eut été détrônée par les Abbassides, elle fonda, en Espagne, le califat de Cordoue. Son dernier représentant fut IleschamIII, calife de Cordoue, déposé en 1031. Les califes ommiades d'Orient furent, après Moaviah I : Yézid I (680), Moaviah II (683), Merwan I (684), Abd-el- Malek(685), Walid I (705), Soliman (715), Omar II (717), Yézid II (720), Hescham I (724), Walid II (743), Yézid III (744), Ibrahim (744), Merwan II (744), auquel succéda, en 750, Aboul-Abbas, tige des Abbassides.
Tarik, général arabe, envahit l'Espagne en 710 ; il débarqua près de Gibraltar (Djibel-al-Tarik), en un lieu appelé depuis Tarifa, battit et tua Rodrigue, dernier roi des Wisigoths, à Xérès (711), et prit Tolède.
(Héros légendaire.^
Antar. — Ce guerrier arabe vivait au VIe siècle; il appartient à la légende plutôt qu'à l'histoire. Il était fils d'un chef de tribu et d'une esclave abyssinienne. Il eut à exécuter les entreprises les plus périlleuses, véritables travaux d'Hercule, pour obtenir la main d'Ibla. Ses exploits sont racontés dans le Roman d" Antar, en vers et en prose, dont l'auteur paraît être un médecin arabe du XIe siècle. (Philosophes, lettrés, etc.)
Jamblique. — Au moment où s'ouvre la période historique que nous étudions (de Constantin à Charlemagne), Alexandrie, avec Athènes, est encore la capitale du monde intellectuel ; mais elle devait, après la conquête arabe, céder la place définitivement à Constantinople et à Rome. Il est vrai que les Arabes s'instruisirent auprès des chrétiens d'Orient, qu'ils avaient soumis à leur domination, et leur histoire put compter dans la suite plusieurs siècles de gloire scientifique et littéraire : mais leur éducation exigeait du temps ; et puis la civilisation arabe, due aux lettres grecques et chrétiennes, était condamnée à périr sous le fanatisme musulman. Au IVe siècle, la philosophie païenne de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie est toujours aux prises avec la philosophie chrétienne ; mais son déclin a commencé. Le successeur de Porphyre, mort en 304, fut Jamblique. Devenu l'oracle de l'école, qui tombait de plus en plus dans les rêveries métaphysiques et les pratiques de la superstition, il fut l'un des plus dangereux ennemis du christianisme. On a de lui : une Exhortation à la philosophie ; une Vie de Pythagore, remplie de fables; un Livre sur les mystères des Egyptiens, plein d'idées extravagantes, etc. Il enseignait à Alexandrie et mourut en 333.
Hypatie. — C'est à la même école qu'appartient la célèbre Hypatie, femme philosophe, fille de Théon le mathématicien, née vers 370, à Alexandrie. Elle étudia le néo-platonisme à Athènes et exerça par ses enseignements une grande influence dans sa ville natale. Elle périt misérablement dans une émeute (415). Cette mort a été souvent l'occasion de vives attaques contre l'église d'Alexandrie, et en particulier contre son évêque.