‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 582 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

acquit une grande influence et exerça une sorte d'autorité absolue sur ses nombreux suffragants et subordonnés. Dans sa longue carrière, il sacra 4 rois et 4 reines et concourut aux travaux de 39 conciles. Il mourut en 882.

Agobard, né vers 781, archevêque de Lyon en 816, contribua beaucoup à la déposition de Louis le Débonnaire, mais dut plus tard se rétracter. Il défendit dans ses écrits la puissance pontificale, combattit les Juifs et leurs superstitions, le duel judiciaire, autorisé par la loi Gombette, qu'il fit abroger, etc. Il mourut en 840.

Gozlin, d'abord abbé de Saint-Germain des Prés, puis chancelier (867-882) et évêque de Paris, défendit courageusement cette ville contre les Normands, de concert avec Eudes, comte de Paris. Il mourut pendant le siège (886).

Adalbéron, archevêque de Reims en 969, chancelier sous Lothaire et Louis V, décida les seigneurs, réunis à Senlis, à choisir pour roi Hugues Capet. Il le sacra, à Noyon, en 987, et mourut en 988. Il donna un grand renom aux écoles de Reims.

Dunstan (saint), archevêque de Cantorbéry, né à Glastonbury, vers 924, d'une famille noble, occupa le siège de Cantorbéry depuis 961 jusqu'à sa mort, en 988. II. fut ministre d'Edgar le Pacifique. Le pape Jean XII le nomma légat en Angleterre pour y travailler à la réforme des moines ; et Dunstan publia en cette qualité la Concorde des règles.

Benoît d'Aniane (saint), réformateur de la discipline monastique, né vers 750, était fils du comte de Maguelonne (Languedoc). Il fut échanson de Pépin et de Charlernagne, mais quitta la cour, en 774, et fonda à Aniane (Hérault) un monastère de bénédictins réformés (780). Sa réforme se répandit. Louis le Débonnaire l'attira près d'Aix-la- Chapelle, et Benoît inspira les canons du concile tenu en cette ville (817), pour la réformation des bénéficiers et des moines. Il mourut en 821.

Bernard de Menthon (saint), né en 923 près d'Annecy, d'une illustre famille, touché des dangers et des maux auxquels les pèlerins étaient exposés dans le passage des Alpes, fonda les hospices du Grand et du Petit Saint-Bernard, qu'il confia aux soins des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Il mourut en 1008.

Jean Damascène (saint), né vers 676 à Damas et mort vers 754, se distingua autant par son savoir que par ses vertus. Instruit par un précepteur italien, Côme, que son père avait racheté de captivité, il succéda à son père dans la charge de conseiller du calife, mais la vivacité de sa foi lui attira une disgrâce ; il s'en releva plus tard, abandonna néanmoins la vie séculière, libéra ses esclaves, donna ses biens aux pauvres et se retira dans la laure de Saint-Sabas II dut recevoir la prêtrise, pour obéir au patriarche de Jérusalem, puis défendit par la plume le culte des images et visita Constantinople, où il espérait trouver le martyre. Il revint et finit dans sa solitude. On a de lui : une Dialectique, des traités des Hérésies, des 8 Vices capitaux, des Hymnes. Nourri dans la philosophie d'Âristote, il appliqua celle-ci à l'enseignement de la théologie ; ce qui l'a fait regarder comme le S. Thomas de l'Orient.

Nicéphore (saint), né à Constantinople, en 758, devint patriarche de cette ville (806), après avoir occupé des charges déjà considérables. Il défendit le culte des images contre l'empereur Léon l'Arménien, fut exilé dans une île de la Propontide (815) et mourut en 828. On a de lui : une Histoire abrégée, de 602 à 770, et une Chronologie, depuis Adam.

(Schisme, hérésie.) Photius, né à Constantinople, n'était encore que laïque lorsqu'il fut élevé au patriarcat (857), à

la place d'Ignace, qui venait d'être déposé. Le pape Nicolas I condamna son intrusion et le frappa d'anathème. Photius y répondit en condamnant le pape dans un concile qu'il rassembla et en persuadant aux évêques de se séparer de Rome (867). Ce fut l'origine du schisme grec. Le patriarche Ignace fut rétabli par Basile le Macédonien. Mais Photius succéda de nouveau à Ignace, en trompant le pape par des promesses. Excommunié de nouveau (869), il se maintint jusqu'à ce que Léon le Philosophe l'eût envoyé en exil. Il mourut dans un couvent d'Arménie, en 891. Photius était très érudit. On a de lui la Bibliothèque qui porte son nom, compilation qui contient de nombreux extraits d'auteurs qui ne sont connus que par là. Il a laissé encore beaucoup d'autres écrits.

Gothescalc ou Gottschalk, mérite d'être compté parmi les hérétiques plutôt que parmi les philosophes de son temps. Avec Raban Maur, il fut moine à Fulda, où il avait été offert par son père, un comte saxon. Ayant rompu avec ses obligations, sous prétexte qu'elles lui avaient été imposées, il mena une vie orageuse, voyagea en Italie, répandit sa doctrine sur la prédestination, qu'il essaya de fonder sur des textes des Pères, puis de justifier par des arguments philosophiques, en la déduisant de l'immutabilité divine. Condamné sévèrement par Hincmar, le redoutable archevêque de Reims, un des hommes les plus puissants de cette époque, comme il l'avait été par Raban Maur, il fut enfermé dans une prison étroite. Il trouva néanmoins des partisans et des défenseurs. Jean Scot fut alors appelé à le réfuter. Mais il tomba lui-même dans des erreurs plus graves, qui firent oublier celles de Gottschalk. Celui-ci, à qui on avait conseillé d'en appeler au pape contre Hincmar, mourut sans s'être rétracté (867).

(Italie.)

Gui ou Guido, fils d'un duc de Spolète, descendait des Carolingiens par sa mère. Il disputa la couronne d'Italie et le titre d'empereur à Bérenger, duc de Frioul (888). Mais il fut chassé de la Lombardie par Arnoul, roi de Germanie. Il mourut en 894. Son fils Lambert, qu'il avait associé à l'empire (891), lui succéda. Il s'unit avec Bérenger contre Arnoul et mourut d'une chute de cheval. — Un autre Gui, marquis ou duc de Toscane, était l'un de ces princes italiens dont la papauté eut parfois à se louer et parfois aussi beaucoup à souffrir. Il succéda à son père Adalbert II, en 917, épousa en 925 la célèbre Marozia et fit assassiner le pape Jean X. Il mourut en 929. — Son frère Lambert, déjà duc de Spolète, lui succéda dans le duché de Toscane, mais tomba au pouvoir de Hugues, roi d'Italie, qui lui fit crever les yeux (931).

Bérenger, roi d'Italie, en 889, était petit-fils de Louis le Débonnaire par sa mère Gisèle. Il combattit Gui de Spolète, Arnoul de Germanie, Louis, fils de Boson, roi de la Bourgogne cisjurane, Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane. Il défit les Sarrasins en 915, mais fut assassiné en 924. — Son petit-fils, Bérenger II, fut nommé roi d'Italie (950), avec le secours d'Othon I. Mais il fut déposé par le même empereur et. mourut prisonnier à Bamberg, en 966.

Albéric I, comte de Tusculum et duc de Spolète, avait épousé Marozia, en 906, et aidé le pape Jean X à chasser les Sarrasins (916). Il fut massacré par les Romains — Albéric II, son fils, souleva les Romains contre Hugues de Provence et fut, comme patrice, à la tête de la république romaine, de 932 à 954. Son fils, Octavien Albéric, fut le pape Jean XII.

Marozia. — Cette femme prit une part trop grande à toutes les querelles de sa famille et de son pays. Fille de Théodora, qui elle-même avait exercé une influence si critiquée, et sœur de Théodora la

HISTOIRE

Jeune, femme du consul Gratien, elle épousa en lres noces Albéric, comte de Tusculum, puis, en secondes noces, Gui ou Guido, duc de Toscane. En 932, elle épousa en 3,;s noces Hugues de Provence, devenu roi d'Italie. Mais ce dernier ayant souffleté le fils aine de Marozia, celui-ci souleva la jeunesse romaine, mit en fuite Hugues et enferma Marozia au château Saint-Ange, où elle mourut.

Hugues de Provence était fils de Théobald, comte de Provence, et de Kerthe, fille de Lothaire II, roi de Lorraine. En 926, il enleva la couronne d'Italie à Rodolphe, que les Italiens avaient chassé, et se fit proclamera Pavie. Il régna avec cruauté, fit crever les yeux à son propre frère, Lambert, duc de Toscane. Il épousa la fameuse Marozia pour assurer son pouvoir dans l'Italie centrale. Finalement il dut rentrer en Provence (940) et y mourut l'année suivante.

(Empira d'Orient.)

Léon III Vlsaurieji, était général d'Anastase II, avant de parvenir à l'empire (718). Il défendit Constantinople assiégée par les Sarrasins et brûla même une partie de leur flotte, au moyen du feu grégeois (720). D'ailleurs faible contre ses ennemis, il prit parti pour les iconoclastes contre Rome (726), chassa le patriarche Germain, qui lui résistait, fut excommunié par Grégoire II et Grégoire III. Il mourut en 741.

Constantin Copronyme, né en 718, succéda à son père Léon l'Isaurien. Il soutint les iconoclastes et persécuta les catholiques. Il mourut dans une expédition contre les Bulgares (775). — Son fils, Léon IV, régna de 775 à 780. Il fut iconoclaste.

Irène, impératrice d'Orient, née à Athènes en 752, épousa en 769 Léon IV, qui la disgracia quelque temps avant qu'il mourut, à cause de son zèle pour le culte des images. Elle gouverna ensuite comme tutrice de son fils, Constantin Porphyrogénète 1, négocia avec Charlemagne et conclut même un traité (781), traita aussi avec Haroun-al-Raschid (782) ; puis elle s'efforça, avec l'aide du patriarche Tarasius, de mettre fin au schisme grec. Au concile œcuménique de Nicée (787), les iconoclastes furent condamnés. Son fils ayant voulu s'affranchir de sa tutelle, elle s'imposa à lui (700), fut chassée par une nouvelle conspiration, puis se réconcilia avec son fils et finalement lui fit crever les yeux (707) et garda le pouvoir. Elle régna encore cinq ans. On ne voit pas qu'elle ait réclamé contre le rétablissement de l'empire d'Occident au profit de Charlemagne, mais elle négocia de nouveau avec ce prince : on fit même courir le bruit de leur mariage, afin, sans doute de la rendre plus odieuse aux Grecs. Elle fut renversée en 802 et alla mourir à Lesbos (8U3), où elle filait, dit-on, pour gagner sa vie.

Nicéphore I était grand logothete (sorte de chancelier), quand il prit la pourpre (802). Il fit crever les yeux à son compétiteur Bardane, régla avec Charlemagne les limites des deux empires, dut payer tribut à Haroun-al-Raschid, fut surpris et tué par les Bulgares (811). Il protégea les iconoclastes et les manichéens. — Son fils, Stauraca, fut renversé par son beau-frère, Michel I Rhangabè, dit le Curopalate, qui fut supplanté à son tour par Léon l'Arménien (813). Michel avaitréprimé les excès des iconoclastes; il prit l'habit religieux et vécut jusqu'en 846.

Léon V l'Arménien, fils de Bardas, se fit proclamer empereur par les troupes (813) et vainquit les Bulgares, contre lesquels avait échoué son prédécesseur. Il soutint le parti des iconoclastes. Il fut massacré la nuit de Noël 820 et remplacé par Michel II le Bègue (820-829). Celui-ci fut cruel pour les orthodoxes. Sous son règne, les Sarrasins s'emparèrent de la Crète. — Son fils Théophile (829- 842), se montra aussi fervent iconoclaste.

Michel III VIvrogne, né en 836, succéda à son père Théophile, sous la régence de sa mère Théodora et avec l'aide de Bardas, son oncle, qu'il nomma césar, mais qui fut ensuite disgracié et mis à mort. En 866, les Russes vinrent assiéger Constantinople et furent repoussés. Michel fut supplanté par Basile le Macédonien, qu'il avait associé à l'empire et qui le fit périr (867).

Basile I, le Macédonien, né en Macédoine de parents pauvres, devint écuyer de l'empereur Michel III, qui se l'associa en 866. Mais l'empereur ayant médité sa perte, Basile le prévint. Il régna d'ailleurs avec succès, chassa de Sicile les Sarrasins, etc. Il commença, en 877, un recueil de lois, que son fils termina et qui est connu sous le nom de Basiliques : c'est une traduction grecque, avec compléments, du Code justinien, du Digeste et des Institutes. On a aussi de lui un traité de Y Art de régner adressé à son fils Léon.

Léon W le Philosophe, fils et successeur de Basile, monta sur le trône à 21 ans (886). Il protégea les lettres et fit déposer définitivement le patriarche Photius. Il fut peu heureux dans ses guerres avecs les Sarrasins, qui, en 911, détruisirent sa flotte. Il repoussa néanmoins les Russes, qui voulaient franchir le Bosphore, et traita avec leur roi Oleg. — Son frère Alexandre lui succéda (911), mais régna peu de temps.

Constantin Porphyrogénète II, fils de Léon, fut placé sur le trône à 1 1 ans, sous la tutelle de Zoé, sa mère. Il fut exclu du pouvoir, en 919, par son beau-père Romain I dit Lécapène, qui s associa ses trois fils : Christophe, Etienne et Constantin. Sous le gouvernement de Lécapène, les Bulgares, les Hongrois, les Russes ravagèrent l'empire; une flotte russe fut détruite par le feu grégeois (941). Détrôné par ses fils Etienne et Constantin (044), Lécapène mourut dans un couvent (048). Porphyrogénète reprit alors le pouvoir (945). Il mourut en 050, empoisonné, dit-on, par son propre fils, Romain IL II laissait plusieurs ouvrages importants^: Traité de V administration de l'empire; Vie de Basile le Macédonien; traités sur la Tactique, sur le Cérémonial île la Cour, etc.

Romain II, petit-fils de Romain I, par sa mère Hélène, empoisonna son père pour régner, vécut dans la licence et mourut de ses excès ou empoisonné peut-être par sa femme Théophano (963). Celle-ci épousa Nicéphore II Phocas, général habile et heureux, à qui elle donna le pouvoir; puis le fit assassiner par un de ses amants, le général arménien Jean Zimiscbs, qui fut proclamé empereur (969). Celui-ci exila Théophano et fut heureux dans ses guerres contre les Arabes et les Russes. Il mourut empoisonné peut-être en 975. Alors les deux fils de Romain II, Basile II et Constantin IX prirent le pouvoir.

Basile II, le Jeune, né en 955, n'avait que 8 ans à la mort de son père. Après la mort de Zimiscès, il régna avec son frère Constantin, étouffa diverses révoltes, vainquit les Bulgares (1013), les Khazars (1016), réunit la Bulgarie à l'empire. Il mourut en 1025; son frère en 1028.

{Arabes.)

Aboul-Abbas, arrière-petit- fils d'Abbas, oncle de Mahomet, fut la tige des Abbassides, califes d'Orient qui remplacèrent les Ommiades. Aboul- Abbas mérita le nom de Sanguinaire (Al-Saffah); il régna de 75(1 à 754. On ne compte pas moins de 37 califes de cette dynastie, dont les plus célèbres furent Almansor et Haroun-al-Raschid. La gloire des Abbassides déclina bientôt, surtout quand les califes eurent confié leur défense à une garde turque et se furent laissés supplanter par de véritables maires du palais, qui ne leur laissèrent plus que l'autorité religieuse.

Almanzor, 2 calife abbasside, succéda à son

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