‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 583 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

frère Aboul-Abbas, se défit de ses rivaux et régna de 754 à 775. Il fonda Bagdad (702), qui devint la capitale de l'empire musulman, fit quelques conquêtes en Orient, mais perdit l'Espagne, qui fut enlevée aux Abbassides par les Omniades. Il persécuta les chrétiens de Syrie et de Mésopotamie.

Haroun-al-Rasctiid, né en 765 en Perse, remplaça, en 786, son frère Mouça-al-Hadi, qui, jaloux de ses succès militaires, se proposait, disaiton de l'assassiner, lorsque leur mère commune préféra conserver Haroun et sacrifier Mouça. Haroun régna plus de 40 ans (786-809) et porta à son apogée la gloire des califes : il fit de grandes conquêtes en Orient, força l'empire de Constantinople à lui payer tribut, sollicita l'alliance de Charlemagne, protégea les savants et les lettrés et se créa une cour brillante. Mais il souilla son règne par d'horribles cruautés.

Edrissites. — Cette dynastie musulmane régna à Fez et dans tout le Magreb, de 785 à 819. Edris I (785-792), de la race i'Ali, conquit Tlemcem et fut empoisonné par ordre d'Haroun-al-Raschid. — Edris II fonda Fez (808). Ses successeurs prirent Ceuta et Tanger. Les Edrissites furent chassés par les Fatimites.

Aglabites. — Cette dynastie musulmane, qui se rendit indépendante des califes de Bagdad, régna dans l'Afrique septentrionale, depuis l'Egypte jusqu'à Tunis. Le fondateur fut Ibrahim-ben-Aglab, gouverneur de l'Afrique sous Haroun-al-Raschid. Les Aglabites avaient pour capitale Kairouan (Tunisie). Ils envahirent la Sicile dès 827. Comme les Edrissites, les Aglabites disparurent devant les Fatimites.

Obéid-Allah-al-Mahdi, fondateur de la dynastie des Fatimites, prétendait descendre d'Ali et de Fatime. Né vers 882, il se donna pour le Mahdi (sorte de Messie chez les musulmans), conquit l'Afrique septentrionale sur les Edrissites et les Aglabites, mais ne put conquérir l'Egypte, ravagea plusieurs fois les côtes de la Calabre. Il mourut en 934.

Abdérame. — Nom de plusieurs princes musulmans. Le plus ancien, qui était vice-roi ou vali d'Egypte en 728, envahit la France à la tête d'une puissante armée et fut écrasé à Poitiers par Charles- Martel (732). — Les autres furent des califes ommiades d'Espagne : Abdérame I, né en 731, était fils de Moaviah, prince de Damas. Echappé au massacre de sa famille par les Abbassides, il se réfugia en Espagne, où l'appelaient les musulmans, et régna à Cordoue, de 755 à 787 et établit sa domination sur presque toute l'Espagne. Il protégea les lettres et les arts, qui étaient florissants sous les Wisigoths et à l'époque de S. Isidore de Séville. — Abdérame II, le Victorieux, 4e calife ommiade d'Espagne (822-852), lutta avec avantage contre les chrétiens, prit Barcelone, chassa les pirates normands. Sa cour était fort brillante. Il protégea les savants et les poètes. — Abdérame III, 8e calife ommiade (912-961), lutta contre les rois chrétiens de Castille et de Léon et contre les Fatimites d'Afrique. Il fonda à Cordoue une école de médecine. Il prit le titre d'émir-a\-moumenin (prince des croyants). — Abdérame IV régna quelques mois seulement (100S).

Hescham I, calife de Cordoue, succéda à son père Abdérame I (788-796) et lutta avec divers succès contre les chrétiens. Il embellit Cordoue et acheva la grande mosquée. — Hescham II régna à 11 ans (976), sous la régence d'Almanzor, qui remporta de grandes victoires sur les chrétiens, prit Saint-Jacques-de-Compostelle, etc., mais fut vaincu cependant par les rois de Navarre et de Léon et le comte de Castille (997). Il se laissa, dit-on, mourir de faim. Après sa mort, Hescham II fut détrôné (1006). — Hescham III (1027-1031) fut le dernier calife de Cordoue.

(Occident, Carolingiens, France, etc.,)

Charles-Martel, duc d'Austrasie sous les rois fainéants, né en 689 et mort en 741, était fils naturel de Pépin d'Héristal et fut le père de Pépin le Bref. Proclamé duc des Francs à la mort de son père (714), il imposa sa domination à la Neustrie, combattit les Alamans, les Bavarois, les Saxons, mais surtout écrasa les Sarrasins à Poitiers, en 732. Peu respectueux des droits de l'Eglise, il distribuait à ses compagnons les terres ecclésiastiques. Cependant il protégea S. Boniface et se préparait à secourir le pape contre les Lombards, quand il mourut. Grégoire III lui avait donné les titres de patrice et de consul.

Pépin le Bref, fils de Charles-Martel, lui succéda en Neustrie et en Bourgogne, tandis que son frère Carloman avait l'Austrasie et la Souabe . Carloman s'étant fait moine (746), Pépin hérita de son gouvernement et, s'autorisant d'une réponse du pape Zacharie, il déposa le dernier roi fainéant et se fit proclamer roi au champ de mai de Soissons(752). Il fut couronné et sacré par S. Boniface d'abord, par le pape Etienne II ensuite. Dans les deux expéditions qu'il fit en Italie contre Astolphe. roi des Lombards (753 et 756), il lui enleva l'exarchat de Ravenne et la Pentapole, au profit du Saint-Siège. Il conquit l'Aquitaine, après une guerre acharnée, et mourut en 768.

Charlemagne ou Charles I le Grand, fils aîné de Pépin le Bref et de Berthe, dite au grand pied, naquit en 742, hérita avec Carloman, son frère, des Etats de leur père et, après la mort de Carloman (771), réunit toute la monarchie. Dans ses nombreuses expéditions (on en compte 55), il s'efforça de réunir en un vaste empire les peuples de l'Occident et de les défendre contre de nouvelles invasions. Il soumit les peuples de l'Aquitaine (770), dirigea deux expéditions contre Didier et son fils Adalgise, derniers rois des Lombards, qui furent dépouillés, soumit la Bavière enlevée au duc Tassillon, gendre de Didier et dernier des Agilolfinges (787-788), refoula les Avares, attaqua les Saxons (772), qui se rendirent bientôt (777), mais se révoltèrent avec Witikind (782), puis, après une nouvelle répression, furent convertis en masse au christianisme. Les Arabes, qu'il attaqua en Espagne, sentirent le poids de son épée, malgré le désastre de Roncevaux (778), où périt le paladin Roland. La légende s'empara de ces hauts faits (gestes), et Charlemagne, avec sa redoutable épée (Joyeuse) et ses paladins, furent célébrés dans une foule de poèmes chevaleresques. Couronné empereur d'Occident, à Rome, par le pape Léon III, aux fêtes de Noël 800, Charlemagne montra un génie égal à sa fortune. Il organisa l'empire, qu'il partagea en provinces ou comtés, nomma des inspecteurs (missi dominici), fit des lois (Capitidaires), favorisa l'agriculture et le commerce, tenta d'établir l'uniformité de poids et mesures, appela des savants auprès de lui (Alcuin, Paul Diacre), créa des écoles, surtout l'école Palatine. En même temps, il négociait avec l'empire d'Orient (v. Irène) et entrait en relations avec le fameux Haroun-al-Raschild. Mais cette renaissance, qui s'annonçait si belle, était prématurée ; et la période des invasions n'était pas encore close. Charlemagne mourut en 814, avec la douleur de voir que les pirates normands le bravaient impunément et désolaient déjà son empire. (V. Vétault, Charlemagne, 1876 ; G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, 1866.) (Epopée carolingienne.)

Roland, neveu de Charlemagne, d'après la légende, n'est connu historiquement que par un passage où Eginhard dit que Roland, préfet des marches de Bretagne, périt en 778, au col de Roncevaux, dans un combat d'arrière-garde livré par les Vascons à l'armée de Charlemagne, qui rêve-

HISTOIRE

liait d'Espagne. Mais la légende s'est emparée de ce personnage et en a fait le héros le plus accompli, un des douze pairs ou compagnons qui accompagnent Charlemagne dans ses expéditions fabuleuses. Elle raconte qu'il périt à Roncevaux, avec son ami Olivier, l'archevêque Turpin et la fleur de la chevalerie, par la trahison de Ganelon. Le cor d'ivoire ou olifant, qui servait à Roland pour appeler ses compagnons, l'épée (Durandal) avec laquelle il frappait de si terribles coups, ont été immortalisés.

(Carolingiens.)

Louis I le Débonnaire, fils et successeur de Charlemagne, ne sut réprimer la révolte de ses fils : Pépin, qui avait reçu l'Aquitaine; Louis, la Bavière; Lothaire, l'Italie. Il épousa en secondes noces Judith de Bavière, dont il eut Charles le Chauve. Il mourut en 840, après un règne tout rempli de querelles, souvent sanglantes, pendant lequel l'unité de l'empire ne cessa d'être sacrifiée aux exigences féodales.

Charles II le Chauve, fils de Louis le Débonnaire et de Judith de Bavière, né à Francfort-surle-Mein (823), roi de France en 840, signa le traité de Verdun (843), par lequel était consacrée la séparation de l'Allemagne, de la France et de l'Italie. Il eut la Gaule, avec le Rhône, la Saône, la Meuse et l'Escaut pour limites. Mais il tenta souvent de s'emparer des Etats voisins et revendiqua même la couronne impériale, qu'il obtint dans les dernières années de sa vie. Il mourut en 877. Sous son règne, la Gaule fut ravagée parles Normands et commença à se démembrer au profit des seigneurs féodaux. L'édit de Mersen (847) ordonne que tout homme libre se choisisse un seigneur. L'édit de Quierzysur-Oise (877) confirme l'hérédité des titres, dignités, fonctions du père, tout en la restreignant.

Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve, né en 840, succéda à son père comme roi de France en 877, mais mourut en 879, laissant trois fils : Louis III, Carloman et Charles III le Simple, qui se partagèrent ses Etats. Louis III mourut d'accident, en 882, à 22 ans, après avoir battu les Normands. Carloman mourut de même en 884. Charles le Gros, déjà empereur d'Allemagne (881), fut alors roi de France (884-887) jusqu'à sa déposition.

GharleslII le Simp>le, fils posthume de Louis le Bègue, ne devint roi de France qu'à la mort de Eudes, comte de Paris (898). Incapable de résister aux Normands, il leur céda la Normandie et accorda à Rollon, leur chef, la main de sa fille Gisèle (91 1). Les seigneurs se révoltèrent en 922 et, après des succès, il fut vaincu et mourut prisonnier au château de Péronne (929). Son fils Louis IV se réfugia en Angleterre, et ne parvint pas, malgré ses efforts' et son activité, à reconquérir tous ses droits. Il mourut à Reims en 954. Son fils Lothaire, qu'il s'était associé en 952, mourut en 980. — Louis V, fils de Lothaire, lui succéda et montra quelque valeur; mais il mourut à 20 ans l'année suivante et fut le dernier roi carolingien français.

Rollon. — Ce chef norvégien, à la tête de ses bandes, ravagea les côtes de France (876-911), prit Rouen, assiégea Paris (880), pénétra jusqu'en Bourgogne. Il obtint de Charles-le-Simple, par le traité de Saint-Cler-sur-Epte (911), la Normandie, à condition qu'il rendrait hommage à Charles et se ferait baptiser. La légende a embelli son histoire. Il est le héros du roman de Hou. Son fils Guillaume I Longue-Epée lui succéda en 927. Un autre normand, Hasting, dont la vie est non moins légendaire qu'historique, avait ravagé les côtes de France et d'Angleterre dans la seconde moitié du IX0 siècle. (Capétiens.)

Robert le Fort, tige des Capétiens, reçut de Charles le Chauve le comté de Paris (801) et la

marche d'Anjou (804), qu'il défendit contrôles Normands avec un grand courage. Il périt, en 800, laissant deux fils, Eudes et Robert I, qui devinrent rois de France.

Eudes, comte de Paris, fils aîné de Robert le Fort, défendit Paris contre les Normands, de concert avec l'évêque Gozlin, fut reconnu roi d'une partie de la France, en même temps que Charles le Simple (887) et mourut en 898. (V. Favre, Annales de l'histoire de France à l'époque carolingienne : Eudes, etc., 1893 etsuiv.).

Robert I, second fils de Robert le Fort et frère cadet d'Eudes, fut élu roi à Soissons par les seigneurs révoltés contre Charles le Simple (922) ; mais il fut tué à la bataille de Soissons, gagnée par Charles le Simple (923). Il laissa un fils, Hugues le Grand.

Hugues le Grand, dit aussi l'Abbé, parce qu'il possédait les abbayes de Saint-Denis, de Saint-Germain des Prés et de Saint-Martin de Tours, était fils de Robert I et fut père de Hugues Capet. Après la mort de Robert, il fit proclamer roi de France son beau-frère Raoul, duc de Bourgogne (923), qui régna jusqu'en 930. Il fit alors reconnaître Louis d'Outre-Mer, mais entra en lutte avec lui, puis se réconcilia. A la mort de Louis, il fit reconnaître Lothaire (954), et mourut lui-même en 950.

Hugues Capet , comte de Paris et duc de France, fut proclamé roi de France à Noyon, par une assemblée de seigneurs, après la mort de Louis V (987). Il choisit Paris pour sa résidence, s'associa son fils Robert et le fit couronner dans la cathédrale d'Orléans (30 déc. 987). Il vainquit le prétendant Charles de Lorraine et le retint prisonnier à Orléans (991). Il mourut en 990, et son fils Robert le Pieux lui succéda.

Capétiens. — Les rois de la 3e race ou Capétiens succédèrent aux Carolingiens, comme ceuxci avaient succédé aux Mérovingiens. Les Capétiens forment 3 branches : Capétiens directs (987-1328) ; Valois (1328-1589) ; Bourbons (à partir d'Henri IV).

(Germanie.)

Louis le Germanique, 3e fils de Louis le Débonnaire, se révolta plusieurs fois contre son père, puis le soutint. Au traité de Verdun (843) il obtint ce que ses contemporains appelaient la France orientale, comprise entre le Rhin, les Alpes tyroliennes et la mer du Nord. Il s'engagea ensuite dans de nouvelles luttes et mourut en 870. Il avait partagé ses Etats entre ses trois fils : Carloman (Bavière), Louis II (Saxe), Charles (Alamanie et Rhétie).

Charles le Gros, 3e fils de Louis le Germanique, né en 832, succéda à son père, puis à ses frères (882), devint roi de France en 884 et réunit ainsi toute la monarchie de Charlemagne, jusqu'à sa déposition en 887. Il eut à combattre les Normands, leur céda la Frise occidentale et les éloigna de Neustrie à prix d'argent.

Arnoul ou Arnulf, duc de Carinthie, était fils naturel de Carloman, roi de Bavière, et petit-fils de Louis le Germanique. A la déposition de Charles le Gros, son oncle, il fut élu roi de Germanie par les Francs orientaux (887). Il se fit reconnaître ensuite, à Pavie, comme roi d'Italie, et se rendit à Rome, où il fut couronné empereur par le pape Formose (896). Il mourut en 899. — Son fils, Louis IV, l'Enfant, fut le dernier roi carolingien de Germanie.

(Lorraine, i

Lothaire I, né vers 795, était le fils aîné de Louis le Débonnaire, qui l'associa à l'empire dès 817. Avec l'aide de ses frères, il détrôna deux fois son père (830, 833), mais dut le rétablir. Seul empereur en 840, il continua ses querelles avec les princes de sa famille. Par le traité de Verdun (843), il con

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