‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 598 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Des petits enfants à conduire devant le Christ ; De la Pauvreté spirituelle ; Des consolations de la théologie. (V. Masson, Jean Gerson,savie, son temps, ses amv?-es, 1894.)

Ste Catherine de Sienne, née à Sienne, en 1347, était fille d'un teinturier. A 18 ans, elle entra chez les Sœurs de Saint-Dominique et acquit bientôt une grande réputation de sainteté, qui lui permit d'exercer la plus heureuse influence sur ses contemporains. Elle décida Grégoire XI à quitter Avignon et, dans le schisme qui suivit, se déclara pour Urbain VI. Elle mourut jeune encore (1380) après une vie très austère. Sa fête est le 30 avril. On a d'elle des traités de dévotion, des lettres et des poésies remarquables. (V. comtesse de Flavigny, Sainte Catherine de Sienne, 1895, 3e édit. La vie de cette sainte a été racontée aussi par la Rév. Mère Drane.)

Népomucène. — S. Jean Népomucène, né en Bohême vers 1330, fut chanoine de Prague et chapelain de la famille impériale. Ayant refusé de trahir le secret de la confession, en répondant aux interrogatiens de l'empereur Venceslas, qui soupçonnait d'infidélité l'impératrice Jeanne, il fut mis à la torture, qu'il subit héroïquement ; ce qui lui valut le surnom de Népomucène (en tchèque NèpoirCouk, qui résiste aux tortures). Il fut ensuite noyé dans la Moldau (1383). Des miracles attestèrent bientôt sa sainteté. Sa fête est le 16 mai. Il est le patron de la Bohême.

S.Vincent Ferrier, des Frères Prêcheurs, né à Valence (Espagne) en 1355, porta la parole de Dieu avec un succès merveilleux, expliqué par sa sainteté et ses miracles. Consulté par les princes et appelé en diverses contrées, il parcourut la France, où il prêcha contre les Yaudois, l'Angleterre et l'Allemagne, et mourut exténué par ses travaux et ses austérités à Vannes, en 1419. Sa fête est le 5 avril. (V. le P. Fages, Histoire de S Vincent Ferrier, 1894, 2 vol.)

(Mystiques.) Eckhardou iicÀari;, surnommé MaUreEckarl, naquit probablement à Strasbourg ( 1*200- 1328), entra chez les dominicains, et devint même provincial de son ordre, en Saxe ( 1304), puis vicaire général de Bohême (1307) et prieur à Francfort. Accusé en 1323, au chapitre de Venise, il fut destitué, mais ne laissa pas de continuera exercer une influence considérable sur les âmes mystiques qu'il avait groupées autour de lui ; il eut des disciples enthousiastes, parmi lesquels Henri Suso, Tauler, Ruysbrock. Condamné en 1327 par l'archevêque de Cologne, pour ses relations avec les Bégards, dont il était le docteur, il en appela à Jean XXII, à Avignon ; mais il mourut en 1328, une année avant sa condamnation définitive, et deux ans avant la condamnation des Bégards.

Jean Tauler naquit à Strasbourg (1290-1361) et étudia à Paris, puis à Strasbourg, sous Eckart, dominicain comme lui ; il devint un théologien et un prédicateur célèbre. Son ouvrage le plus remarquable est l'Imitation de la pauvre vie de J.-C. Sa morale est bien supérieure à son enseignement dogmatique , qui est gâté par des exagérations mystiques et des expressions favorables au panthéisme. Néanmoins, et malgré ses sympathies pour les Bégards e t les Vaudois, Tauler sut se garder des plus graves erreurs, du panthéisme et du fatalisme, grâce aux directions de l'Eglise.

Henri Suso ou Suson, né à Constance (1300- 1365), de la famille des seigneurs de Berg, étudia la théologie à Cologne. La mort de sa mère, personne très pieuse, et les prédications d'Eckart, déterminèrent sa vocation. Il s'éprit alors dela« sagesse éternelle », pratiqua des austérités inouïes jusqu'à l'âge de quarante ans, puis se livra à un apostolat qui fut traversé par les épreuves les plus grandes et de cruelles calomnies ; il mourut au couvent des

dominicains d'Ulm. Son ouvrage principal est le Livre de la Sagesse éternelle, écrit en allemand, traduit en latin par l'auteur lui-même sous ce titre singulier, Horologium œterme sapientice. Le titre de Bienheureux lui a été décerné.

Ruysbroeck. — Jean de Ruysbroeck (ou Ruysbrock) naquit dans le lieu dont il porte le nom, aux environs de Bruxelles (1293-1)581). Prêtre à vingtquatre ans, puis curé de Sainte-Gudule, à Bruxelles, il acquit une grande réputation de sainteté. Saint Denys l'Aréopagite, saint Augustin et quelques autres Pères étaient, avec Eckart, ses principaux et, pour ainsi dire, ses seuls maîtres. A soixante ans, il se retira au monastère des chanoines réguliers de Groendal pour mieux s'adonner à la contemplation. Malheureusement il ne paraît pas que son mysticisme ait été toujours tempéré par une parfaite discrétion. Il a été accusé par Gerson, à cause de son langage erroné ou équivoque, d'avoir renouvelé le panthéisme d'Amaury de Bène ; mais on ne voit point cependant que cette accusation fût méritée. (Ordres militaires.) Villaret. — Guillaume de Villaret, grand maître de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, de 1300 à 1308, visita les provinces de France, d'Auvergne et de Provence, rétablit la discipline dans l'ordre et conçut le projet d'enlever Rhodes aux Vénitiens, pour la donner aux chevaliers. — Son frère Foulques de Villaret, qui lui succéda, exécuta ce dessein, malgré l'empereur grec Andronic ; il repoussa les attaques des Turcs. Son ordre hérita d'une partie des biens des Templiers. Accusé de graves désordres, il fut déposé, puis recouvra sa dignité en 1321, abdiqua en 1325, reçut un prieuré en échange et mourut en 1329.

Gozon, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en 1345, rétablit l'ancienne discipline, augmenta les fortifications de Rhodes, lutta avec succès contre les Sarrasins et mourut en 1353, dans un âge avancé. D'après la légende, il aurait, n'étant encore que simple chevalier, délivré Rhodes d'un serpent monstrueux.

(Hérétiques.) Lollard. — Walter Lollard, hérésiarque, répandit ses doctrines en Allemagne, se choisit 12 apôtres et compta jusqu'à 20.000 disciples. Il fut condamne et brûlé à Cologne en 1323. Son erreur prépara celle de Wiclef et de Jean Huss. Les lollards et les partisans de Wiclef se répandirent beaucoup en Angle- ' terre pendant le XlVe siècle et eurent des protecteurs à la cour.

Wiclef. — L'Anglais John Wiclef, né en 1324, étudia à Oxford, montra de l'aversion pour la philosophie de l'école et soutint les prétentions du pouvoir civil contre le pouvoir ecclésiastique. 11 fut nommé néanmoins à la cure de Luttervvorth. Avec ses disciples, il traduisit la Vulgate en langue anglaise (1378-82) et envoya en tous lieux des prédicateurs de sa doctrine. Il réclamait l'abolition des vœux monastiques, celle des dîmes ou offrandes imposées, celle des immunités financières du clergé, etc. Il mourut en 1384, sans être inquiété.

Jean Huss, né en 1373 en Bohême, professa à l'Université de Prague, à partir de 1402, et devint confesseur de la reine de Bohême. Il répandit bientôt les idées de Wiclef, dont il avait beaucoup étudié les œuvres, mais dont la doctrine fut condamnée, en 1403, par l'Université de Prague. Huss protesta avec tous ceux de sa nation. En 1409, il obtint du roi Venceslas que la suprématie fût donnée aux Tchèques sur les Allemands, à l'Université, et devint recteur de l'Université ainsi renouvelée. Interdit par l'archevêque de Prague, il publia son Traité de l'Eglise, où il attaquait les indulgences, le culte des saints, la communion sous une seule espèce, les droits du Saint-Siège, etc. Sous couleur de patriotisme, ses idées infectèrent toute la nation tchèque.

HISTOIRE : XIVe SIÈCLE

Cité au concile de Constance, il ne voulut rien rétracter, déclara l'Ecriture supérieure à la tradition, fut condamné et brûlé avec son disciple Jérôme de Prague (1415).

Jean Ziska, chef des Hussites, qni se soulevèrent après la mort de Jean Huss, avait été chambellan de Venceslas l'Ivrogne. A la tète de plus de 40,000 hommes, il pilla les couvents et ravagea les terres des seigneurs catholiques, bâtit la forteresse de Tabor, s'empara de Prague (1419) et fit jeter par les fenêtres de l'hôtel de ville les principaux magistrats (défenestration de Prague). Il faisait trembler l'Allemagne et la Hongrie, incapables de lui résister, quand il mourut à 44 ans (1424). (Italie.)

Jeanne I. — A Naples, Jeanne, née en 1327, succéda à son grand-père Robert, en 1343. Elle épousa son cousin, André de Hongrie, dont elle se débarrassa bientôt ; ce qui lui attira une guerre avec Louis, roi de Hongrie, qui s'empara pendant quelque temps du royaume de Naples. Elle épousa ensuite un autre de ses cousins, Louis de Tarente, et, après la mort de celui-ci (1362), Jacques, roi de Majorque. Elle adopta ensuite son cousin. Charles de Durazzo et se maria de nouveau, en 1376, avec Othon de Brunswick. Ayant fait un autre testament en faveur de Louis, duc d'Anjou, frère de CharlesV, Charles de Durazzo envahit le royaume et la fit étouffer entre des matelas (1382).

Rienzi. — Ce fameux tribun, né à Rome, en 1310, et fils d'un cabaretier, avait reçu une éducation distinguée : il fut très lié avec Pétrarque. Les Romains l'envoyèrent à Avignon pour prier Clément VI de revenir à Rome. En 1347, il proclama une constitution sous le nom de Buonn stato, chassa de Rome les oppresseurs, exécuta les bandits et fut accepté comme dictateur. Il avait formé le projet de faire de l'Italie une grande république ; mais le peuple, qu'il avait aliéné par son arrogance, l'abandonna. Il se réfugia au château Saint-Ange, puis à Prague, auprès de l'empereur Charles IV (1348), qui le livra à Clément VI. Innocent VI, successeur de Clément, nomma Rienzi sénateur et l'envoya à Rome, sous la direction du cardinal Albornoz. Reçu avec enthousiasme par les Romains, Rienzi montra de la sagesse et de l'énergie ; il fit décapiter le brigand Montréal, qui ravageait l'Italie à la tête d'une véritable armée. Abandonné de nouveau par le peuple, il périt dans une insurrection (1354).

Falieri. — A Venise, la famille patricienne des Falieri donna 3 doges à la république. Le 3e, Marino Faliero, doge à 8(1 ans, conspira avec les plébéiens pour renverser l'aristocratie, qui l'avait insulté. Dénoncé au fameux Conseil des Dix, il fut décapité (1355).

Visconti. — A Milan, les Visconti continuaient à jouer un rôle important. Mathieu I lu Grand, né en 1250 et mort dans un couvent en 1323, fut l'allié de l'empereur Henri VII et ne cessa de combattre les guelfes jusqu'à son abdication, en 1322. — Son fils, Galéas I, né en 1277, fut alors souverain de Milan. Chassé la même année par les guelfes, il fut rétabli, malgré le pape, et avec le secours de l'empereur Louis V. S'étant alors rapproche'' des guelfes, il fut jeté en prison par l'empereur, qui garda ses Etats en lui rendant la liberté (1328). Mais ses descendants ou ses parents reprirent la lutte. — Jean- Galéas, duc de Milan, né en 1347, succéda à Galéas II son père, s'empara des Etats de son oncle Barnabo, tenta aussi par trahison de dépouiller le duc de Padoue et de créer un royaume d'Italie, acheta de l'empereur Venceslas le titre de duc de Milan. Il mourut en 1402, au siège de Florence. Sa fille, Valentine de Milan, avait été mariée à Louis I, duc d'Orléans, frère de Charles VI, et avait reçu en dot le comté d'Asti. Ce fut l'origine des

prétentions de la maison d'Orléans sur le Milanais.

Maison de Savoie. — Cette maison, qui règne aujourd'hui sur l'Italie, eut pour fondateur Humbert aux blanches mains, né vers 985, mort en 1048. Au XIVe siècle, Amédée VI, dit le Comte Vert (1343-1383), disputa le Piémont aux Visconti, conclut en 1355 un traité avec le Dauphin, pour fixer les limites des Etats de Dauphiné et des Etats de Savoie, porta secours à Jean Paléologue, empereur d'Orient, allié à sa famille, mourut dans l'expédition de Naples, où il avait accompagné Louis d'Anjou. Les comtes de Savoie devinrent ducs de Savoie en 1410 et rois de Sardaigne en 1720. (France.)

Louis X le H a tin, fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, né à Paris en 1289, fut reconnu roi de Navarre, en 1305, et roi de France à la mort de son père (1314). Il mourut en 1316. Il avait épousé successivement Ma rguerite de Bourgogne et Clémence de Hongrie. Son règne fut le signal d'une réaction féodale, dont fut victime Enguerrandde Marigny, favori de Philippe le Bel, qui l'avait créé surintendant des finances, premier ministre. Enguerrand fut accusé par ses envieux, à la tète desquels (Hait Charles de Valois, condamné sans être entendu et pendu au gibet de Montfaucon (1315). Mais le peuple n'en fut pas moins chargé d'impôts que sous le règne précédent. Louis résista au comte de Flandre, qui tenta de reprendre ses possessions perdues.

Philippe V le Long, 2e fils de Philippe le Bel, fut chargé de la régence à la mort de son frère (1316), qui laissait la reine enceinte. Mais le fils de celle-ci n'ayant pas vécu, Philippe fut proclamé roi, malgré la protestation de quelques seigneurs, qui ne reconnaissaient pas la loi salique et voulaient proclamer Jaunir de Navarre, fille de Louis X. Philippe fut appuyé par les Etats généraux. En 1320, il fit la paix avec les Flamands. On lui attribue de nombreuses ordonnances sur l'affranchissement des serfs, l'inaliénabilité du domaine royal, l'organisation de la Chambre des comptes, etc. Il mourut prématurément, en 1322, ne laissant que des filles de son mariage avec Jean in' de Bourgogne (V. Lehugeur, Histoire île Philippe le Long, 1897 et suiv.).

Charles IV le Bel, 3e fils de Philippe le Bel, ne régna que six ans (13^2-1328) et fut le dernier roi de la branche directe des Capétiens. Il combattit en Aquitaine le roi d'Angleterre, Edouard II, qui avait épousé sa sœur Isabelle de France. Celle-ci parvint à détrôner Edouard et fut quelque temps régente d'Angleterre (v. Edouard III).

Les Valois. Philippe VI. — Les Valois, 2e branche des Capétiens, montèrent sur le trône avec Philippe VI, fils de Charles de Valois, frère de Philippe le Bel (1328-50). Sous ce règne commença la Guerre de cent ans, si désastreuse pour la France. Elle fut déclaiée par Edouard III, roi d'Angleterre, qui revendiquait le trône de France, comme descendant do Philippe le Bel par sa mère. Aidé par le chef des bourgeois flamands, Arteveld, Edouard vainquit à la bataille navale de l'Ecluse 1 13401. En Bretagne, il prit le parti de Jean de Montfort contre Charles de Blois. La France fut envahie en 1346 et Philippe complètement battu à Crécy (26 août). Charles de Valois, chef de la branche d'Alençon, y fut tué. Calais fut pris l'année suivante. La peste noire, qui éclata en 1348 et dévasta l'Europe, amena une trêve. — Sous ce règne, Humbert II, dernier dauphin de Viennois, céda ses Etats à la France, à condition que les fils aînés des rois de France porteraient le titre de dan pi, in (1343). Le règne n'en fut pas moins malheureux. Philippe exerça une influence illégitime sur les papes d'Avignon et sur l'Eglise; il renouvela les

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