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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

truits. On lui a faussement attribué la cathédrale de Beauvais.

Erwin de Steinbach. architecte, né vers 1240 à Steinbach (Bade), construisit la façade ouest de la cathédrale de Strasbourg. Il mourut en 131 S, et son fils Jean continua ses travaux. Sa fille Sabine orna de sculptures la croisée méridionale de l'édifice.

(Chroniqueurs.)

Guillaume le Breton, historien et poète, né en Bretagne, vers 1165, et mort après 122G, fut chapelain et conseiller intime de Philippe Auguste, dont il obtint un canonicat à Senlis. Il écrivit en latin une Histoire des gestes de Philippe Auguste et la Philippide, en 12 livres.

Villehardouin. — Geoffroy de Villehardouin, près de Bar-sur- Aube, né vers 1150, prit part à la 4e croisade, assista à la prise de Constantinople (1204), réconcilia l'empereur latin Baudouin avec le marquis de Montferrat, chef de la croisade, et quand Baudouin eut été vaincu à Andrinople par les Bulgares, sauva l'armée d'une destruction totale. Il servit avec le même zèle Henri, frère et successeurde Baudouin, et mourut en Thessalie, en 1213, Mais il est connu surtout par son ouvrage, précieux monument de la prose française : Histoire de la conquête de Constantinople, ou Chronique des empereurs Baudouin et Henri de Constantinople. Elle va de 1198 à 1*207. L'auteur y montre des qualités remarquables d'historien. — Un de ses neveux, nommé aussi Geoffroy de Villehardouin, fut prince d'Achaïe et y fonda même une dynastie.

Joinville. — Jean, sire de Joinville (1224- 1318), sénéchal de Champagne, devint le conseiller et l'ami de S. Louis, qu'il accompagna en Egypte et qui ne voulut plus se séparer de lui. S. Louis ne put cependant le décider à le suivre à Tunis. Joinville ne rédigea ses curieux Mémoires que vers la fin de sa longue vie. Le saint roi y apparaît dans toute sa grandeur chrétienne. \L'ouvrage lui-même est un modèle de narration simple, précise et pittoresque. (V. Delaborde, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, 1894).

Mathieu Paris, bénédictin anglais (vers 1197- 1259), devint l'historiographe du monastère de Saint-Alban (Lincoln). Henri III lui confia plusieurs

missions délicates en France. — Il écrivit, sous le titre de Chronica majora, une chronique universelle, qui va de la création à l'an 1259. Il en rédigea lui-même un abrégé intitulé : Historia minor.

Guillaume de Nangis, moine de Saint- Denis, est fort peu connu, bien qu'il ait laissé des œuvres considérables : Vie de S. Louis et de Pinlippe le Hardi; Chronique universelle ; Chronique des rois de France. On sait cependant qu'il écrivit sous Philippe le Bel et qu'il fut chargé de la garde et de la transcription des chartes de son abbaye.

(Voyageurs.)

Plan-Carpin. — Jean du Plan-Carpin, {ra.nciscain, né en Italie (vers 1220), fut envoyé vers les Mongols par Innocent IV (1246). 11 alla jusqu'à Karakorum, leur capitale, et revint par la Russie. La relation de son Voyage est très curieuse.

Rubruquis (ou Guillaume de Rubrouèek, près Cassel en Flandre) était un franciscain d'un couvent de Saint Jean-d'Acre, que S. Louis chargea d'aller en Tai tarie, pour prêcher l'Evangile et nouer des relations avec les Mongols (1253). Il partit avec Barthélémy de Crémone et quelques autres compagnons, visita les régions du Volga et du Caucase, le Thibet, la Chine, obtint des audiences des grands chefs mongols ou tartares, entre autres du grand khan de Karakorum, capitale de l'empire formé par Gengis-Khan. Le grand khan organisa une véritable conférence théologique et lui remit une lettre hautaine pour S. Louis. De retour à Saint-Jean-d'Acre, en 1255, Rubruquis envoya au roi de France une longue et curieuse relation de son voyage.

Marco-Polo, voyageur vénitien, mort vers 1323, accompagna son père' et son oncle dans un voyage qu'ils firent en Mongolie. Il plut à Koublaï-Khan, qui le retint 17 ans à son service et l'employa à des missions lointaines, dont il s'acquitta avec succès. 11 visita ainsi l'extrême Asie et même le Japon, puis revint en Europe par les îles de la Sonde, l'océan Indien et la Perse, avec de grandes richesses. Fait prisonnier dans une guerre contre les Génois, il écrivit, pendant sa captivité (1298), la relation de ses Voyages. Elle fut accueillie avec incrédulité; mais on en a reconnu plus tard l'exactitude.

ONZIEME SERIE. — XlVe siècle.

Ordre logique des Noms.

a) Eglise : Jean XXII. Pierre de Corbière. Benoit XII. Clément VI. Innocent VI. Albornoz. Urbain V. Grégoire XL Urbain VI. Schisme d'Occident. Clément. Benoit. Boniface IX. Innocent VII. Grégoire XII. Alexandre V. Jean XXIII. Martin V. Conciles de Pise, de Constance.

D'Ailly. Gerson. Brigitte. Catherine de Sienne. Colombini. Népomucène. Vincent Ferrier — Eckart. Tauler. Suso. Ruysbroeck — Villaret. Gozon.

Hérétiques : Lollard. Wiclef. Jérôme de Prague. Jean Huss. Hussites. Jean Ziska.

Italie : Jeanne I. Françoise de Rimini. Rienzi. Falieri. Les Visconti. Valentine de Milan. Maison de Savoie.

b) France : Louis X le Hutin. Marguerite de Bourgogne. Clémence de Hongrie. Charles de Valois. Enguerrand de Marigny. Philippe V le Long. Jeanne de Bourgogne. Charles IV le Bel. Les Valois. Philippe VI de Valois. Guerre de Cent ans. Maison d'Alençon. Arteveld. Eustache de Saint-Pierre. Humbert II.

Jean le Bon. Combat des Trente. Beaumanoir. Du Guesclin. Clisson. Boucicaut. La Cerda. Etienne Marcel. Jean Maillard. La Jacquerie. Les Routiers. Grandes Compagnies (v. Ecorcheurs). Charles de

Blois. Jeanne de Penthièvre. Jean et Jeanne de Montfort.

Charles V le Sage. Aubriot. Aubry de Montdidier. Maillotins. Charles VI. lsabeau de Bavière. Duc d'Orléans. Armagnacs et Bourguignons. Philippe de Bourgogne. Jean sans Peur. Caboche et Cabochiens. Capeluche. Leclere.

c) Espagne : Charles le Mauvais. Captai de Buch. Alphonse XI. Pierre V le Cruel. Henri de Transtamare. Pierre I. Inès de Castro.

Anglet. Ecosse, etc. : Edouard II, III. Isabelle de France. Mortimer. Ordre delà Jarretière. Edouard ou le Prince Noir. Chandos. Richard II. Wat-Tyler. Henri IV. Ordre du Bain. Henri V. Catherine de France — Ed. Baliol. David II Bruce. Stuarts. Robert II, III — Marguerite de Valdemar. Union de Calmar.

d) Allem., Suisse, Hongrie, Pologne, Russie: Louis de Bavière. Frédéric d'Autriche. Charles IV. Venceslas VI. Robert de Bavière (v. Sigismond) — Guillaume Tell. Furst. Arnold de Melchthal. Stauffacher. A. de Winkelried — Louis de Hongrie. Hedwige. Charles de Duras — Jagellons — Ivan I, II. Démétrius.

Orient : Andronic. Jean V, VI Paléologue. Can-

HISTOIRE : XIVe SIECLE

tacuzène. Manuel II — Orkhan. Amurat I. Bajazet

— Tamerlan. Empire des Mongols.

a) Philosophes, lettrés, etc. : Occam, Buridan

— Barthole. Boutillier — Planude — Le Dante.

Béatrix. Pétrarque. Laure.

Giotto. Orcagna — Flamel Froissart.

Boecace. Chaucer — Schwartz — Villani.

ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES

(Eglise : papes.) Jean XXII. — Pendant la plus grande partie du XIVe siècle, les papes résidèrent à Avignon, où Clément V avait transporté son siège. Son successeur fut Jacques d'Ossa, né vers 1244 à Cahors, qui prit le nom de Jean XXII et régna de 1316 à 1334. Il promulgua les Constitutions de Clément V, condamna les Pastoureaux, qui voulaient massacrer les Juifs, excommunia Louis de Bavière, qui se fit couronner à Rome (1537) et es.saya de soutenir un antipape, Pierre de Corbière. — Après lui, Benoît XII (1334-1342), né à Saverdun, laissa la réputation d'un homme juste et savant. 11 dut prendre part aux querelles de Philippe VI et de Louis de Bavière.

Clément VI. — Pierre Roger de Beanfort, né à Maumont,près Limoges, régnade 1342 à 1352, sous le nom de Clément VI. Il avait été auparavant abbé de Fécamp, évêque d'Arras, chancelier de France, archevêque de Sens et de Rouen. Il refusa de rentrer à Rome, où l'appelaient les Romains, qui lui députèrent Rienzi. Clément VI dut résister à Edouard III d'Angleterre, au sujet des investitures, et à l'empereur Louis de Bavière, auquel il opposa Charles de Luxembourg. Ce pape était fort réputé pour sa science, et sa mémoire était, paraît-il, prodigieuse.

Innocent VI, né à Pompadour (Limousin), qui régna de 1352 à 1362, avait d'abord professé le droit civil à Toulouse. 11 envoya le cardinal Albornoz en Italie, afin de rétablir l'autorité pontificale dans les Etats de l'Eglise, et eut à défendre le Comtat contre les Routiers.

Urbain V. — Ce pape, déclaré Bienheureux par Léon XIII, était de l'ordre de Saint-Benoît et s'appelait Guillaume de Grimoard. Il régna de 1362 à 1370. Quoique Français (il était natif du Gévaudan), il tenta, malgré le roi de France, de revenir en Italie, où le cardinal Albornoz avait préparé son retour. Il séjourna même à Rome de 1367 à 1370. Mais il dut reprendre le chemin d'Avignon (V. abbé Albanès, Actes et documents concernant le B. Urbain V publiés par l'abbé Chevalier, 1897 et suiv.)

Grégoire XI, né à Maumont, près Limoges, était neveu de Clément VI et s'appelait comme lui Pierre Roger de Beaufort. Pape de 1370 à 1378, il transporta de nouveau le siège pontifical à Rome, en 1377, à la grande satisfaction des Romains, et mit fin ainsi à ce que l'on appelait la captivité de Babylone. Il condamna l'hérésie de Wiclef.

Urbain VI, né à Naples, pape de 1378 à 1389, vit commencer le schisme d'Occident par l'élection de Clément, antipape d'Avignon (1378-94), qui eut pour successeurs Benoit (1394 1424) et un autre Clément (1424-29). Urbain ne fut pas reconnu par la France, Naples et l'Espagne (V. Noël Valois, La France et le grand schisme d'Occident 1896.)

Boniface IX, né à Naples, pape de 1389 à 1404, régna à Rome, tandis qu'Avignon était occupée par les antipapes qui prirent les noms de Clément VII et de Benoit XIII. — Innocent VII, né à Sulmone, au royaume de Naples, lui succéda (1404-1400) et fut remplacé par Grégoire XII, né à Venise, qui abdiqua (1406-1409). — AlexandreV, né dans l'île de Candie, n'occupa le trône que dix mois 11409-1410). — Jean XXI II, né à Naples, abdiqua après 5 ans de pontificat (14 10- 14 15), recon-

nut Martin V, qui le créa cardinal et doyen du Sacré-Collège.

Martin V (Othon Colonna), né à Rome, pape de 1417 à 1431, mit fin au grand schisme d'Occident. Il présida le concile de Constance jusqu'à sa terminaison (1418) et condamna Jean Huss et Jérôme de Prague. Il rétablit l'autorité pontificale sur les Etats de l'Eglise.

Conciles de Pise, de Constance. — Ces conciles furent convoqués pour mettre fin au schisme qui désolait l'Eglise. Le concile de Pise (1409) prétendit déposer les deux papes rivaux Grégoire XII et Benoit XIII et nommer à leur place AlexandreY . Le concile de Constance (1414-1418) reconnut Martin V à la place des deux papes rivaux : Jean XXIII et Benoit XIII. 11 condamna les Hussites, etc. *

(Evêques, docteurs, saints.) Pierre d'Ailly (1350-1425). -- Né à Compiègne, Pierre d'Ailly devint grand maître du collège de Navarre, puis chancelier de l'Université de Paris (1389), confesseur de Charles VI, évêque du Puyet de Cambrai, cardinal; il brilla au concile de Pise (1409), présida la 3e session du concile de Constance et mourut légat du pape à Avignon. Pierre d'Ailly est l'auteur de Sermons, de Commentaires sur les Sentences, etc.; et il dut sa gloire aux premiers plutôt qu'aux seconds. Ses contemporains l'avaient surnommé Aquila doctorum Franciœ. Il eut pour disciples Gerson et Nicolas de Clémangis. Pierre d'Ailly combattit le nominalisme et les principes césariens d'Occam (v. ce nom) ; il brilla également par ses connaissances scientifiques, astronomiques et géographiques. C'est en s'appuyant sur son autorité que Christophe Colomb se convainquit de l'existence d'un nouveau monde et résolut de naviguer vers l'Occident pour le découvrir : « Je tiens pour certain, écrit D. Barthélémy de Las Casas, dans son Histoire des Indes, que, plus qu'aucun autre parmi les anciens, ce docteur poussa en avant Christophe Colomb. Son livre était très familier à Colomb qui en avait couvert les marges d'annotations ». (V. abbé Salembier, Petrus de Alliaco, thèse, 1886).

Jean Gerson (1363-1429 . — Jean Charlier, dit Gerson, du pays où il naquit, au diocèse de Reims, de parents obscurs et pieux, se révéla de bonne heure par ses brillantes qualités. 11 succéda, à trente-deux ans, comme chancelier de l'Université de Paris, à Pierre d'Ailly, un de ses maîtres, et fut par son caractère et ses vertus à la hauteur des circonstances si critiques que traversaient l'Eglise et la France. Il rappelle les S. Bernard, les S. Bonaventure, les grands mystiques de l'école de Saint- Victor. Théologien, prédicateur, auteur d'ouvrages ascétiques, il consacra ses forces à la réforme du clergé, à l'extirpation du schisme, à la pacification de l'Etat. 11 fut l'àme du concile de Constance, où il reçut le titre de Docteur très chrétien, mais ne put réaliser ses généreux projets. Empêché de rentrer en France, par suite des troubles, il passa deux ans dans les montagnes de Bavière, puis se retira à Lyon, au couvent des Célestins. Ses dernières années furent consacrées à l'instruction de l'enfance. Parmi ses ouvrages, tous écrits en latin, qui ne comprennent pas moins de 5 vol. in-folio, nous remarquerons les traités : De la simplification et de la direction du cœur;

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