PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
à sa rigidité primitive. Elle mourut à Gand en 1447. Sa fête est le 6 mars.
Jeanne de Valois (sainte), fille de Louis XI, née en 1468, morte en 1505, épousa à l'âge de 12ans son cousin, le duc d'Orléans, qui, devenu roi sous le nom de Louis XII, fit déclarer la nullité de son mariage (1498). La vertueuse reine se soumit sans murmure et embrassa la vie religieuse dans l'ordre ■ de YAnnoncia.de, qu'elle fonda à Bourges. Sa fête est le 4 février. (V. comtesse de Flavigny, Une fille de France, la bienheureuse Jehanne). (Ordres militaires.)
Pierre d'Aubusson (1422-1503), chevalier de Rhodes (nom qu'avaient pris les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en occupant Rhodes), devint grand maître de l'ordre en 1476. Il soutint une lutte héroïque contre Mahomet 11 (1480) et fut l'un des remparts de la chrétienté. 11 protégea Zizim contre son frère Bajazet. Innocent VIII le nomma cardinal légat, en 1489.
(Etats : Italie.)
Sforza (François- Alexandre), chef de condottieri italiens, se fit prince de Milan (1450). Son fils et son petit-fils lui succédèrent comme ducs. Mais Ludovic Sforza le Maure, 4,; fils de François, détrôna son neveu Jean Galèas (1494). Ses Etats furent alors envahis par les Français, et il mourut prisonnier en France (1508).
Mêdicis. — Cette illustre famille de Florence fournit des princes et des papes, du XVe au XVIIe siècle. Cosme de Mêdicis, dit l'Ancien, né en 1389, succéda à son père comme gonfalonier. Enrichi par le commerce, il exerça une véritable dictature, sans porter aucun titre. 11 protégea les lettres, les arts et les sciences et mourut, en 1464, avec le surnom de Père de la patrie. — Laurent 1 de Mêdicis, dit le Magnifique, fils du précédent, né en 1448, fut proclamé chef de Florence avec son frère Julien, en 1469. Lors de la conspiration des Pazzi, famille gibeline, Julien fut assassiné dans la cathédrale, mais Laurent échappa aux meurtriers (1478). 11 soutint une guerre contre Naples et Rome et mourut en 1492, laissant trois fils : Pierre et Julien, qui\ui succédèrent, mais se montrèrent bien au-dessous de leur père, et Jean, qui devint pape sous le nom de Léon X. Laurent protégea les savants et les artistes et composa lui-même des poésies. C'est pendant les troubles qui suivirent sa mort que se place le drame terrible dont la victime fut Savonarole (v. ce nom).
Borgia. ■ — Cette famille, originaire de Borja, en Espagne, fournit deux papes : ( 'alixte III et Alexandre VI. — César Borgia, fils de ce dernier, né à Rome en 1476, fut élevé aux plus hautes dignités ecclésiastiques, mais mena une vie séculière et souillée par beaucoup de crimes. Il reçut de Louis XII, auprès duquel son père l'avait envoyé, le titre de duc de Valentinois (1498) et obtint la main d'une fille de Jean d'Albret, roi de Navarre. Rentré en Italie, il entreprit de soumettre la Romagnc par toutes sortes de moyens et y réussit ; mais la mort d'Alexandre VI fut le signal de sa ruine. Jules II le fit arrêter. 11 devint prisonnier de Ferdinand le Catholique et fut transféré en Espagne, s'enfuit de prison et alla mourir dans un combat obscur au service de son beau-frère, le roi de Navarre, en 1507. — Lucrèce Borgia, sa sœur, renommée pour sa beauté et à laquelle on a attribué bien des désordres, épousa successivement J. Sforza, seigneur de Pesaro, Alphonse d'Aragon et Alphonse d'Esté, duc de Ferrare. Elle protégea les lettres et mourut en
Mocenigo. — Cette illustre famille de Venise donna 7 doges à la république, dont les trois premiers gouvernèrent au XVe siècle : Thomas (141.4- 1423), qui conquit le territoire d'Aquilée ; Pierre (1474-1476), qui combattit les Turcs avec succès;
Jean, son frère (1475-1485). — Un autre membre de cette famille a écrit l'histoire de la ligue de Cambrai, formée contre les Vénitiens (1508-1509).
Foscari, doge de 1423 à 1457, soumit les pays de Brescia, de Bergame, de Vérone, lutta contre les ducs de Milan. 11 fut déposé en 1457 et mourut peu après. Il avait vu mourir trois de ses fils et exiler un autre, accusé de s'être laissé corrompre par des princes ennemis de la république.
(Naples.)
Jeanne II, reine de Naples, fille de Charles de Duras, née en 1370, succéda à son frère Ladislas en 1414. Après la mort de son second mari, Jacques de Bourbon, contre lequel elle avait lutté, elle livra le pouvoir à des favoris, puis adopta Alphonse V d'Aragon, Louis III, duc d'Anjou, et René, frère de ce dernier. A sa mort (1435), qui termina une vie de désordres, les Aragonais et les Angevins se disputèrent sa succession.
René d'Anjou, né en 1409, était le 2e fils de Louis II d'Anjou. 11 hérita du duché de Bar, en 1430, et ensuite de la Lorraine, par son mariage avec Isabelle ; mais il fut supplanté par son rival, Antoine de Vaudemont, qui le vainquit et le fit prisonnier. A la mort de son frère aîné (1434), il devint duc d'Anjou et de Provence et fut appelé au trône de Naples, qu'il occupa quelque temps. Il en fut dépouillé ensuite par Alphonse d'Aragon, perdit ses autres Etats, hormis son comté de Provence, où il se retira et mourut en 1480. Charles VII, roi de France, avait épousé sa sœur; et Henri VI, roi d'Angleterre, avait épousé sa fille. René cultiva les lettres et les arts, favorisa l'agriculture et l'industrie et mérita d'être appelé le bon roi René.
Ferdinand I, roi de Naples de 1458 à 1494, était fils naturel d'Alphonse V le Magnanime, auquel il succéda sur le trône de Naples. Il triompha du parti angevin et fut secouru par Scander-Beg. Jean de Calabre, fils de René d'Aiijou, qui avait d'abord remporté des succès, fut vaincu à Troïa (1402).
(Savoie.)
Amédée VIII, fils d'Amédée VII, n'avait que 8 ans à la mort de son père (1391) et régnad'abord sous la tutelle de sa mère, Bonne de Berry. Il acquit le Genevois, puis le Bugey et Verceil, réunit le Piémont (1429), qui était détaché de la Savoie depuis un siècle. 11 avait obtenu, en 1416, de l'empereur Sigismond, le titre de duc de Savoie. A la mort de sa femme, Marie de Bourgogne, il laissa le gouvernement à son fils Louis et se fit moine au couvent de Ripaille. C'est là que les prélats de Bâle vinrent le chercher pour l'opposer à Eugène IV. Amédée prit le nom de Félix V (1439) ; mais il mit fin au schisme en abdiquant (1449).
(Espagne, Maures.)
Alphonse V le Magnanime, roi d'Aragon, né en 1384, succéda en 1416 à son père Ferdinand le Juste. Déjà maître de la Sicile, sur laquelle régnait son père, il fut appelé au trône de Naples par Jeanne II (v. ce nom) ; mais il dut s'emparer de ce royaume sur ses rivaux. Il parvint à s'y établir (1442) et y mourut, en 1458. Alphonse protégea les lettres, tint une cour brillante et accueillit les savants chassés de Constantinople par les Turcs. Son frère cadet, Jean II, lui succéda.
Ferdinand V le Catholique, ne ' en 1452, mort en 1516, était fils de Jean II, roi d'Aragon et de Sicile, auquel il succéda en 1479. Par son mariage avec Isabelle de Castille, en 1469, il avait préparé l'unité de l'Espagne. Il organisa l'Inquisition (1481), prit Grenade sur les Maures (1492), la même année où Christophe Colomb découvrait l'Amérique, expulsa les Juifs et les Maures. L'année suivante, Charles VIII lui rétrocédait la Cerdagne et le Roussillon. En Italie, il combattit presque toujours les Français. Quand il mourut, laissant ses Etats à son
HISTOIRE : XVe SIECLE
petit-fils Carlos (Charles-Quint), il avait porté déjà haut la puissance espagnole et rendu l'autorité royale presque absolue.
Isabelle I, reine de Castille, née en 1451, fut opposée à son frère Henri par les seigneurs soulevés, puis, après la mort de celui-ci, préférée à sa sœur .leanne. Elle parvint à établir son autorité, avec l'aide de Ferdinand d'Aragon, qu'elle avait épousé presque secrètement en 1409. Régnant conjointement avec lui, elle représenta la bonté et la clémence, fut l'âme de la guerre contre les Maures, protégea Christophe Colomb, etc. Elle mourut en
Thomas de Torquemada, né à Valladolid, vers 1420, mort en 1498, fut prieur des dominicains d'Avila et premier grand inquisiteur d'Espagne (1481-1498). Sixle IV dut protester, en 1483, contre les rigueuis de l'inquisition espagnole et envoya même un légat. Torquemada prit une grande part au bannissement des Juifs et des Maures (1492).
Gonzalve de Cordoue, surnommé le grand capitaine, naquit près de Cordoue, en 1443, et s'attacha à Ferdinand d'Aragon. Il gagna la bataille de Toro sur le roi de Portugal (1470) et joua le principal rôle dans la conquête de Grenade (1492). A Naples, il soutint les droits des princes d'Aragon et battit le duc de Montpensier. Il aida les Vénitiens et débloqua Zante, assiégé par les Turcs (1501). Il s'allia avec les Français contre Frédéric, qui avait hérité du royaume de Naples, puis se tourna contre eux et les vainquit dans plusieurs rencontres, força le marquis de Saluées à capituler dans Gaëte et resta maître de tout le royaume. Ferdinand V le créa connétable, puis le rappela et le disgracia.
Ximénès, né en Castille (143G), devint moine franciscain (1484), puis confesseur et conseiller d'Isabelle d'Aragon. Il n'accepta l'archevêché de Tolède que sur les ordres du pape (1495), mais conserva ses habitudes austères, répandit l'instruction, protégea les lettres, créa des bibliothèques, fonda l'Université d'Alcala, travailla lui-même à une édition d'Aristote. On lui doit la Bible polyglotte publiée de 1502 à 1517. Mais son rôle comme ministre a étéTe plus remarqué. 11 alla combattre les infidèles en Afrique : dans une première expédition, il s'empara de Mcrs-el-Kébir ; dans une seconde, d'Oran (1509). A la mort d'Isabelle, il contint dans le devoir les grands de Castille (1504). A la mort de Philippe le Beau, il fit reconnaître l'autorité de Ferdinand, qui fut nommé régent (1506). Le roi le fit créer cardinal (1507) et, à sa mort (1516), lui confia l'administration de la Castille et de l'Aragon. Charles-Quint ne lui laissa aucune autorité. Ximénès mourut en 1517.
(Maures.)
Boabdil ou Abou- Abdallah, dernier roi de Grenade, qu'il perdit en 1492, avait chassé du trône son père Muley-Hassem (1481). Après la capitulation de Grenade, il se retira dans la Sierra Nevada, puis en Afrique, où il périt en combattant le roi de Maroc.
Abencérages. — Cette tribu maure de Grenade était rivale des Zègris ou Zèiritcs. D'après la légende, elle fut massacrée par les ordres de Boabdil, en 1485. Ce drame a fourni le sujet d'un roman à Chateaubriand.
(Portugal.)
Emmanuel le Fortuné ou le Grand, roi de Portugal, né en 1469 et mort en 1521, succéda à Jean II, son cousin, mort sans enfants légitimes (1495). Il chassa les Maures et les Juifs, bâtit le château de Belem, avec le monastère attenant, où se trouvent les tombeaux des rois. Il donna un grand essor à la navigation. Sous son règne, Vasco de Gama doubla le cap de Bonne-Espérance (1497), Alvarès de Cabrai s'empara du Brésil (1500),
Jacques Figueira prit Sumatra (1510), Albuqucr-
que se rendit maître de Goa et de Malacca (1511).
(France et Bourgogne.)
Charles VII, le Victorieux ou le Bien-Servi, fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, né à Paris en 1403, déshérité par le traité de Troyes, •s'était retiré, avec les Armagnacs, au sud de la Loire. En 1422, il fut reconnu roi par quelques partisans ; mais on l'appelait par dérision le roi de Bourges. Ses troupes étaient battues à Cravant (1423), à Verneuil (1424), et, malgré l'énergie du connétable de Richemont, sa cause était perdue, lorsque Dieu suscita Jeanne d'Arc. La délivrance merveilleuse d'Orléans, la victoire de Patay, le sacre à Reims changèrent la face des choses, et, bien que l'héroïne eût disparu dans les flammes du bûcher de Rouen (1431), abandonnée par son roi, celui-ci continuait à reprendre l'avantage sur les Anglais et, selon l'expression de sa libératrice, à les « bouter dehors ». 11 se réconcilia avec Philippe de Bourgogne, en 1435, reprit Paris en 1436, força les Anglais d'accepter la trêve de Tours (1444), reprit la Normandie, après la bataille de Formigny (1450), la Guyenne, après celle de Castillon (1453). L'unité nationale était refaite et affermie. Avec la taille perpétuelle, votée par les Etats d'Orléans (1439), Charles VII organisa la première armée per- .manente ; il réorganisa le parlement de Paris, créa ceux de Toulouse et de Grenoble, fit rédiger les coutumes, etc. Charles VII mourut en 1461. Les dernières années de son règne furent troublées par les intrigues du dauphin, Louis (Louis XI), qui se réfugia auprès du duc de Bourgogne (V. de Beaucourt, Histoire de Choies VII).
Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, née le 6 janvier 1412, à Domremy, sur les frontières de la Champagne et de la Lorraine, était fille de Jacques Darc, simple laboureur, et d'Isabelle Romée. Innocente et pieuse, elle entendit des voix qui lui ordonnaient avec insistance d'aller en France pour délivrer le royaume : c'étaient les voix de sainte Marguerite, de sainte Catherine et de saint Michel, qui lui promettaient leur secours. Elle osa enfin annoncer son dessein et obtint, à force d'instances, du capitaine de Vaucouleurs, Baudricourt, d'être menée au roi. Elle partit avec une escorte, traversa un pays infesté d'ennemis, arriva à Chinon, où elle fut présentée à Charles VII, et le convainquit de sa mission , en répondant à ses doutes les plus secrets. Quelques jours après. Orléans était délivré (8 mai 1429) par Jeanne, transformée en guerrière, les Anglais pliaient et prenaient la fuite dans toutes les rencontres. Jeanne courut aussitôt chercher le roi à Loches et le conduisit victorieusement à Reims, où il fut sacré. Toutes les villes étaient prises une à une par les troupes royales ou se livraient d'elles-mêmes. Le 17 juillet, Jeanne assistait au sacre, son étendard à la main. Elle voulait sans retard entraîner le roi à Paris et aurait pris cette ville, sans la pusillanimité du prince. S'étant jetée dans Compiègne, elle fut faite prisonnière ou plutôt abandonnée dans une sortie* (23 mai 1430), puis vendue 16,000 livres aux Anglais, qui l'enfermèrent au château de Rouen. Les politiques anglais décidèrent qu'elle serait jugée et condamnée comme hérétique et sorcière. Alors se déroula un procès inique, où Jeanne d'Arc, malgré quelques faiblesses bien légères et inévitables, montra une sagesse merveilleuse et une magnanimité sublime. Condamnée comme relapse à être brûlée vive, elle fut exécutée sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, le 30 mai 1431. Ce martyre sauvait la France. Sa réhabilitation fut prononcéeà Rouen, le 7juillet 1456, et sa famille fut anoblie. Tous les ans, le 8 mai, Orléans célèbre, en l'honneur de sa libératrice, une fête qui deviendra bientôt, il faut l'espérer, la fête nationale. Léon XIII a déclaré Jeanne d'Arc Véné-