‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 603 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

rable. (V. le P. Ayroles, laVraie Jeanne d'Arc ; Mgr Le Nordez, Jeanne d'Arc racontée par l'image, d'après les sculpteurs, les graveurs et les peintres, 1898; Sarrazin, Jeanne d'Arc et la Normandie au XVe s., 1896.)

La Fayette (Gilbert de), né en 1380 d'une ancienne famille d'Auvergne, servit sous Boucicaut, s'attacha au parti de Charles VII, fut maréchal de France en 1420 et seconda Jeanne d'Arc. Il plaida avec énergie pour la formation d'une armée permanente, combattit encore les Anglais en 1449, en Normandie, et mourut en 1462.

La Hire. — Etienne deVignoles, dit LaHire, né dans le Bigorre, se rendit célèbre par sa bravoure, dès 1418, avec son ami Poton de Xaintrailles. 11 fut l'un des compagnons les plus dévoués de Jeanne d'Arc. Pris par les Bourguignons, il s'adressa aux bonnes villes de France, qui payèrent sa rançon (1432-33). Il n'exerça jamais de grands commandements. Son image s'est perpétuée dans le valet de cœur du jeu de cartes, dont les figures commençaient alors à être stéréotypées.

Jacques Cœur. — Ce commerçant français, né à Bourges vers 1400, peut être comparé aux plus riches citoyens de Venise ou de Gènes. Il envoya ses vaisseaux dans tout le monde connu alors et acquit une immense fortune. Charles VII le fit son argentier et puisa plus d'une fois dans sa bourse. En 1448, il lui emprunta 200,000 écus d'or. Après la mort d'Agnès Sorel, qui le protégeait, Jacques Cœur fut abandonné par Charles VII à ceux qui voulaient le perdre et l'accusaient de crimes imaginaires. Jeté en prison (1453), il put s'enfuir et se réfugia auprès de CalixtelII, qui lui donna un commandement dans la flotte qu'il avait armée contre les Turcs. Jacques Cœur mourut à Chio en 1456. Louis XI réhabilita sa mémoire. On voit encore à Bourges la maison du fameux financier.

Chabannes (Antoine de), comte de Dammartin, d'une illustre famille du Limousin, né en 1411, fut l'un des plus redoutables capitaines des Ecorcheurs, aventuriers qui désolèrent la France jusqu'à l'institution de l'armée permanente (v. Grandes compagnies, Routiers). 11 s'attacha à Charles VII, poursuivit en Dauphiné le dauphin Louis, instruisit le procès de J. Cœur et s'enrichit de ses dépouilles. Le dauphin, devenu roi (Louis XI), le fit enfermer àla Bastille, puis se réconcilia avec lui et, en ayant reçu de grands services, le combla de biens. Chabannes mourut en 1488. Il s'était distingué au siège d'Orléans (1428).

Praguerie. — Chabannes avait pris part aussi au mouvement de la Praguerie, révolte des nobles contre Charles VII (1440), à laquelle Louis XI, encore dauphin, n'était pas resté étranger. La cause véritable de la Praguerie était l'ordonnance du roi sur les gens de guerre (1439) et le rétablissement de l'ordre ; le prétexte était le bien public. On devait s'emparer de Charles VII et proclamer Louis XI. L'entreprise avorta et sans effusion de sang. Le roi fut clément et exila le dauphin dans son apanage. La Praguerie fut ainsi nommée par comparaison au mouvement des Hussites de Prague.

Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, né à Bourges (1423), prit part à la Praguerie et troubla les dernières années du règne de son père; il se retira dans son apanage du Dauphiné, épousa en secondes noces Charlotte de Savoie (1451), puis s'enfuit auprès du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Roi de 1461 à 1483, il lutta contre tous les ennemis de la royauté dont il avait paru favoriser les prétentions, étant dauphin, et se montra un politique non moins astucieux peut-être qu'habile. « Diviser pour régner. — Qui ne sait dissimuler, ne sait pas régner », étaient ses maximes Il dut résister à la Ligue du bien pmblic formée par les seigneurs (1465). Assiégé dans Paris, il

signa le traité humiliant de Conflans. Mais il ne s'y tint pas, eut des démêlés avec Charles le Téméraire et faillit être retenu prisonnier à Péronne, où il était venu et où il dut traiter (1468). Louis XI recommença bientôt la lutte et fut plus heureux, soit contre le duc, qui signa la trêve de Senlis (1472), soit contre les seigneurs en révolte. Il signa bientôt avec Edouard IV d'Angleterre le traité de Pecquigny (1475), reprit Perpignan au roi d'Aragon, punit les seigneurs qui l'avaient trahi. Le duc de Nemours, un des chefs de la ligue, fut pris et décapité (1477). Le cardinal de la Balue fut enfermé pendant onze ans dans une cage de fer. Après la mort de Charles le Téméraire, il réunit à la couronne le duché et le comté de Bourgogne, la Picardie et l'Artois ; à la mort de René d'Anjou et de Charles du Maine, il réunit la Provence, le Maine, l'Anjou, le Barrois. etc. Pendant ce temps, le roi augmentait ses revenus par des impôts; les parlements de Bordeaux et de Dijon étaient créés, les postes étaient établies, l'armée devenait quatre fois plus nombreuse et était exercée même en temps de paix. Louis XI protégea aussi l'industrie et le commerce, établit l'imprimerie à Paris dès 1469. Il ne put achever son œuvre et passa ses dernières années au château de Plessis-lez-Tours, entouré de serviteurs tels qu'Olivier le Daim, Tristan l'Hermite, demandant la santé et la vie tantôt à son avide médecin Coytluer et tantôt à .S'. François de Paule, qu'il fit venir de Calabre. Il avait institué l'ordre de Saint- Michel, en 1469, et fait rédiger pour son fils le « Rosier des guerres » par Etienne Porchier. — Les Lettres de Louis XI ont été publiées, d'après les originaux, par MM. Vaesen et Charavay.

Charles VIII, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né à Amboise en 1470, mort en 1498, régna d'abord sous la tutelle de sa sœur, Anne de Beau jeu. Celle-ci gouverna sagement, vainquit les seigneurs rebelles (1488), et unit pour la première fois la Bretagne à la France en mariant son frère avec la duchesse Anne de Bretagne (1491). L'année suivante, Charles VIII descendit en Italie pour faire valoir les droits de la maison d'Anjou dont il était l'héritier sur le royaume de Naples. Cette expédition fut une marche triomphale, mais elle suscita contre la France la ligue de Venise. Le royaume de Naples fut perdu, malgré la victoire de Fournoue sur les coalisés (1495).

Louis XII, né à Blois en 1462, était fils de Charles, duc d'Orléans, fait prisonnier à Azincourt et arrière-petit-fils de Charles V. Il hérita de son père en 1464 et fut obligé par Louis XI, en 1476, d'épouser Jeanne deVcdois, fille du roi. Ala mort de Louis XI, il disputa la régence à Anne de Beaujeu, fut battu et pris; mais il fut délivré par Charles VIII, qu'il accompagna en Italie. 11 lui succéda en 1498, sous le nom de Louis XII, et pardonna généreusement à ses anciens ennemis : « Le roi de France, disait-il, ne venge pas les injures du duc d'Orléans ». Il fut secondé par un habile ministre, le cardinal Georges d'Amboise, et gouverna sagement. Il fit déclarer la nullité de son mariage et épousa Anne de Bretagne, en 1499. Il fit valoir alors ses droits sur le duché de Milan, comme petitfils de Valentine Visconti, et conquit ce duché. Il s'entendit ensuite avec Ferdinand d'Aragon pour partager le royaume de Naples ; mais les alliés se brouillèrent et les Français, battus à Cérignoles (1503) par Gonzalve de Cordoue, furent évincés. Louis signa alors le traité de Blois, qui donnait comme dot à sa fille Claude, fiancée au jeune Charles d'Autriche (Charles-Quint), le Milanais, la Bretagne, la Bourgogne, etc. Mais, sur le vœu formel des Etats généraux de Tours (1500), Claude fut fiancée à François d'Avgoidême (François I). Louis fut malheureux ensuite dans l'Italie du Nord. Il réprima, il est vrai, la révolte des Génois (1507) et

HISTOIRE : XVe SIÈCLE

vainquit les Vénitiens à Agnadel (1509); mais la Sainte Ligue, formée par Jules II, chassa les Français d'Italie, après la défaite de La Trémoille à Novare (1513). La France se trouva même envahie au S. par les Espagnols; à l'E. par les Suisses, qui s'avancèrent jusqu'à Dijon ; au N. par Henri VIII et Maximilien, qui remportèrent la victoire de Guinegate. L'avènement du pacifique Léon X et la division des alliés permirent à Louis XII de terminer heureusement ces guerres. Veuf d'Anne de Bretagne, en 1513, il épousa la sœur d'Henri VIII et mourut peu après, le 1er janvier 1515, laissant deux filles : Claude, mariée à François I, qui lui succéda; Rende, qui épousa le duc de Ferrare. Louis XII avait ménagé le peuple et réduit les impôts, encouragé le commerce, l'industrie, l'agriculture, protégé les lettres et les arts. Il améliora l'administration de la justice, créa les parlements de Rouen (1499) et d'Aix (1501), fit continuer la rédaction des coutumes. Les Etats généraux lui décernèrent le titre de Père du peuple.

(Bourgogne.)

Philippe le Bon, duc de Bourgogne, né à Dijon en 1396, était fils de Jean sans Peur et de Alarguerite de Bavière. Pour venger le meurtre de son père, auquel il succéda en 1419, il s'allia avec les Anglais ; et cette alliance mit la France à deux doigts de sa perte. Il se réconcilia plus tard avec Charles VII. 11 institua à Bruges, en 1429, l'ordre de la Toison d'or, dont la maîtrise passa au roi d'Espagne par Charles-Quint. Il créa l'Université de Dôle pour l'étude du droit (1421) et fit rédiger les coutumes de Bourgogne et de Franche-Comté (1459). 11 mourut en 1467. Il avait méditéde fonder un puissant Etat ; mais la Bourgogne ne tarda pas à être démembrée.

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fils de Philippe le Bon et d'Isabelle de Portugal, naquit à Dijon en 1433, fut d'abord comte de Charolais et compagnon du dauphin Louis (Louis XI), puis son adversaire. Chef de la Ligue du bien public, il lui imposa le traité de Conflans (1465). Duc de Bourgogne, deux ans après, il réprima la révolte de Liège, forma une seconde ligue et fit signer à Louis XI le traité humiliant de Pèronne (1468). Dans une troisième ligue, il échoua au siège de Beauvais (1472), où s'illustra Jeanne Hachette, puis rêva de former un royaume de Gaule-Belgique et se lança dans des aventures. Ayant voulu se venger des Suisses, il fut battu à Granson et à Morat (1476). Il fut tué devant Nancy l'année suivante (1477). Sa chute marque la ruine de la féodalité française. Sa fille unique, Marguerite de Bourgogne, épousa Maximilien d'Autriche. (Angleterre.)

Henri VI, fils d'Henri V et de Catherine de France, né en 1421, fut proclamé l'année suivante, à la mort de son père, roi de France et d'Angleterre, sous la régence de ses oncles, le duc de Glocestcr et le duc de Bedford. Celui-ci, en particulier, poursuivit Jeanne d'Arc avec acharnement ; il fut secondé par le cardinal de Beaufort, frère d'Henri IV, et le trop fameux évêque de Beauvais, Cauchon. Mais, malgré tout, la fortune de la France continua à se relever; les meilleurs capitaines anglais, les Suffblk, les Talbot, étaient vaincus ou tués, et les Anglais ne gardèrent que Calais. Atteint de faiblesse d'esprit, Henri VI fut le jouet des factions ; sa femme, Marguerite d'Anjou, qu'il avait épousée en 1444, exerça sur lui un grand ascendant. Alors Richard, duc d'York, descendant du 2e fils d'Edouard III, profitant du mécontentement général, se révolta et, soutenu par le comte de Warwick, commença la Guerre des deux roses (1454), qui désola l'Angleterre pendant 30 ans. Richard d'York avait dans ses armes une rose blanche; et Henri VII, de Lancastre, une

rose rouge. Richard fut tué à Wakefie/d (1460), mais remplacé par son fils, qui prit le nom d'Edouard IV (1461). Celui-ci enferma Henri VI dans la tour de Londres (1464). Délivré par le comte de Warwick, qui s'était brouillé avec Edouard, Henri VI retomba bientôt au pouvoir de ses ennemis et mourut en 1471.

Edouard IV fut proclamé roi, après la mort de son père, Richard, duc d'York, et régna de 1461 à 1483. Il battit le parti de Lancastre, vainquit et tua à Barnet (1471) le comte de Warwick, fit une expédition en France et signa, avec Louis XI, le traité de Pecquigny (1475), fit périr son frère Clarence (1478) et mourut jeune lui-même par suite de ses débauches. — Son fils Edouard V fut tué par son oncle et tuteur, Richard, de Glocestcr (1483).

Richard III, qui s'était emparé du trône en faisant mourir ses neveux (1483), ne régna que deux ans. Il fut vaincu et tué à Bosworth par Henri Tudor (1485). Ainsi finit la Guerre des Deux- Roses.

Henri VII, Tudor, né en 1458, porta d'abord le nom de comte de Richmont ; il descendait par sa mère du duc de Lancastre, 3e fils d'Edouard 111. Réfugié en Bretagne, après la défaite de son parti, il fut rappelé par les Lancastnens, vainquit Richard et fut proclamé roi par le parlement. Il régna de 1485 à u1509, réprima deux soulèvements, fit une expédition en France et conclut avec Charles VIII le traité d'Etaples (1492), abaissa l'aristocratie et se fit une réputation d'avarice. Il maria son fils (Henri VIII) à Catherine d'Aragon.

(Ecosse.)

Jacques I, roi d'Ecosse, fils de Robert III Stuart, né en 1394, était prisonnier du roi d'Angleterre Henri IV, à la mort de son père (1400), et ne recouvra sa liberté qu'en 1423. 11 lutta contre les seigneurs écossais, déclara la guerre aux Anglais (1430) et fut assassiné à Perth par les nobles conjurés — Jacques II, son fils et successeur (1437- 1400), né en 1430, lutta contre la puissante famille des Douglas, attaqua les Anglais et fut tué au siège de Roxburgh — Jacques III, fils et successeur du précédent (1460-1488), né en 1453, se laissa gouverner par des favoris et périt à la suite d'une révolte, à laquelle prirent part son fils et ses frères — ■ Jacques IV, fils et successeur de Jacques III (1488- 1513), né en 1473, gagna la confiance des nobles, lutta contre Henri VII d'Angleterre et obtint la main de sa fille. Il envahit l'Angleterre en 1513, mais fut vaincu et tué.

(Danemark, Suède, Norvège.)

Christophe III, roi de Danemark de 1440 à 1448, succéda à son oncle, Eric de Poméranie, fut reconnu roi par les Suédois et les Norvégiens, mais fut peu aimé des premiers, qui l'appelaient le roi d'ècorce. Il fit de Copenhague sa capitale et favorisa beaucoup les Allemands.

Christian I, roi de Danemark, de 1449 à 1481, chassa Charles VIII, que les Suédois avaient proclamé, et rétablit l'union des trois royaumes du Nord (1450). Mais les Suédois se soulevèrent de nouveau et reprirent leur indépendance (1470). Christian fonda l'Université de Copenhague, il abandonna les Orcades et les Shetland à Jacques 111 d'Ecosse.

i Allemagne, Hongrie, Bohème.)

Sigismond, empereur d'Allemagne, né en 1308, était fils de l'empereur Charles IV. En 1385, il épousa la fille du roi de Hongrie et devint roi de ce royaume, soumit la Moldavie, la Valachie, la Bosnie, mais fut vaincu par Bajazet à Nicopolis ( 1396). Son frère Venceslas, ayant été déposé, il fut élu empereur à sa place (1411), fit décider la convocation du concile de Constance (1415), donna un sauf-conduit à Jean Huss, qui fut néanmoins exécuté. Roi de Bohême en 1419, à la mort de son frère,

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