‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 606 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

gue, l'étant déjà du connétable de Bourbon. Après d'autres aventures brillantes ou fâcheuses, il mourut, croit-on, à Grenoble, dans un hôpital. Cette vie, à elle seule, jette un singulier jour sur cette société au milieu de laquelle allait éclater la révolte de Luther. Cornélius vit avec laveur, on le croira facilement, les premiers novateurs. — Il divisait la magie en naturelle, céleste et religieuse : c'est ce qu'a fait un peu, dans notre siècle, le baron du Potet. Sa philosophie est un mélange de scepticisme et de superstition, comme l'indiquent bien les titres de deux de ses ouvrages : De occulta philosophia — De incertitudine et vunitate scientiarum.

(Philologue.) Calepin ou Calepino (Ambroise), moine augustin, né à Bergame, en 1435, et mort en 1511, consacra sa vie à un Dictionnaire latin, premier ouvrage de ce genre, qui eut une vogue immense et fut connu sous le nom de son auteur. La lre édition est de 1502. Cet ouvrage fut d'abord un Dictionnaire latin-italien. On y ajouta ensuite la traduction des mots latins en plusieurs langues, jusqu'à 8 et même 1 1 .

(Ecrivains, poètes.) Alain Chartier (1386-1449), prosateur et poète, né à Bayeux, fut secrétaire de Charles VI et • de Charles VII, remplit avec succès plusieurs missions diplomatiques, fut chanoine de Paris. 11 a beaucoup contribué à former la langue. Parmi ses oeuvres en prose, citons : le Cariai (ou courtisan), le Quadrilogue, où il s'élève contre les abus. Ses contemporains le surnommèrent le Pore de l'éloquence française. — Son frère, Jean Chartier, moine de l'abbaye de Saint-Denis, mort en 1462, historiographe de Charles VII, a publié une Histoire de Charles VII et les Grandes Chroniques de France.

Clotilde de Surville. — Cette femme poète aurait vécu au XVe siècle. Née en 1405, au château de Vallon (Vivarais), elle aurait épousé, en 1421, Bérenger de Surville, mort au siège d'Orléans (1428) ; elle se serait consolée en composant des poésies et en se consacrant à l'éducation de ses enfants. Mais les poésies qu'on lui a attribuées, regardées longtemps comme authentiques, ne sont, paraît-il, qu'un pastiche composé au XVIIIe siècle; elles sont l'œuvre du marquis de Surville, royaliste dévoué, né en 1755 et tué en 1798.

Clémence Isaure, dame illustre de Toulouse, qui descendait des anciens comtes, rétablit les Jeux floraux, vers 1487, et laissa des revenus assez considérables pour fournir aux frais des concours de poésie. Elle renouvelait ainsi le Collège de la gaie science, qui existait déjà au XIIIe siècle. Elle mourut, dit-on, vers 1513, à 50 ans. Mais on ne sait rien de sa vie, et son existence même a été contestée.

Christine de Pisan, femme poète (1363vers 1431), née à Venise, fut amenée jeune en France par son père, astrologue de Charles V, et épousa un gentilhomme picard. Restée veuve de bonne heure avec trois enfants, elle composa des poésies et des traités qui lui attirèrent la faveur des princes. Ses œuvres, qui pèchent par la monotonie, ne manquent pas de grâce et d'élégance.

Villon (François), poète français, né à Paris en 1431, mena une vie des plus aventureuses. Enfermé au Châtelet et condamné à mort, il fut sauvé par le duc d'Orléans, qui fit commuer sa peine en un bannissement (1457). Il fut encore emprisonné en 1461. Il mourut entre 1480 et 1489. Ses œuvres (Grand et Petit Testament, Jargon, Ballades, etc.) furent souvent réimprimées. Poète populaire, vif et spirituel, Villon a des accents de mélancolie au milieu de ses éclats de joie bouffonne.

(Artistes.)

Giovanni da Fiesole, peintre de l'école florentine, plus connu sous le nom de Fra Angelico ou de Peintre des anges, surnom qui lui fut donné à cause du charme céleste de ses têtes, naquit en Toscane (1387) et fut moine dominicain du couvent de Fiesole. Il travailla dans cette ville, à Florence, à Orvieto, à Rome, où il mourut en 1455. On a encore de lui : la Passion, composition grandiose ; .S'. ^Dominique à genoux aux pieds du Christ, etc. Le Louvre possède le Couronnement de la Vierge, les miracles de S. Dominique. (V. le P. Beissel S. ,1. Fra Angelico de Fiesole, sa vie et ses tableaux, trad. de l'allem.).

Giorgione, peintre italien (1478-1511), né à Castelfranco, fut condisciple du Titien (v. ce nom au siècle suivant) et peut être compté parmi les fondateurs de l'école vénitienne. 11 mourut de la peste. Les nombreuses peintures à fresque qu'il exécuta à Venise sont aujourd'hui détruites. On a conservé plusieurs de ses tableaux à l'huile : Sa- Inmè recevant la tète de S. Jean-Baptiste ; Jésus assis sur les genoux de sa mère (Paris) ; le Christ mort (Trévise) ; Moïse sauvé des eaux (Milan).

Bellini. — Cette famille d'artistes a fourni trois peintres célèbres : Jacques Bellini, le père, et ses deux fils, Gentile Bellini (1421-1501) et Jean (1426-1516). Les deux frères sont regardés comme les chefs de l'école vénitienne. Ils décorèrent la salle du Conseil à Venise. Jean Bellini forma le Titien et Giorgione. 11 adopta l'un des premiers la peinture à l'huile. On a de lui : un Saint Zacharie ; la Vierge sur son trône.

Van Eyck. — Les deux frères Van Eyck, Hubert, l'aîné, et Jean, qui reçut des leçons de son frère, s'établirent de bonne heure à Bruges. Hubert mourut en 1432, et Jean en 1440. Jean inventa ou du moins perfectionna la peinture à l'huile. Il cultivait avec succès tous les genres et travaillait d'ordinaire avec son frère. La plupart de leurs œuvres sont à Bruges, à Gand, à Anvers, à Munich, à Berlin. Citons : les Vieillards et les Vierges de l'Apocalypse, où l'on compte plus de 300 figures; les Noces de Cana (Louvre).

Donatello ou Donato. — Les œuvres de ce sculpteur florentin, né en 1383 et mort en 1466, excitaient l'admiration de Michel-Ange. Citons : les statues de S. Pierre, S. Georges et S. Marc ; celle de Judith qui vient de couper la tète d'Holopherne (Florence). Il sculpta, à Venise, des basreliefs représentant la vie de S. Antoine.

Ghiberti, artiste florentin (1378-1455) rival de Brunelleschi, travailla avec lui à la cathédrale de Florence, qu'il orna de magnifiques vitraux. 11 exécuta, pour le baptistère de l'église Saint-Jean, deux portes en bronze, avec divers sujets du Nouveau Testament.

Brunelleschi, architecte florentin (1377-1444), fut d'abord apprenti orfèvre. Un voyagea Romelui inspira le goût de l'architecture. Il donna les plans de plusieurs églises ou monuments remarquables : coupole de Santa-Maria-del-Fiore, églises du Saint- Esprit et de Saint-Laurent, palais Pitti, à Florence ; citadelle de Milan. Michel-Ange disait qu'il était difficile de l'égaler, impossible de le surpasser. (Gravure.)

Finiguerra, sculpteur et orfèvre florentin, élève de Ghiberti, inventa, en 1452, l'art d'imprimer des estampes avec des planches de cuivre gravées en creux. On admire, au Louvre, son estampe du Couronnement de la Vierge.

(Imprimerie.) Goster, sacristain à Harlem, né vers 1370 et mort vers 1440, a été regardé par plusieurs comme l'inventeur de l'imprimerie. Et il paraît bien, en effet, qu'il aurait, avant Gutenberg, imaginé des

HISTOIRE : XVe SIECLE

caractères mobiles, mais sans voir toute l'importance de cette découverte.

Gutenberg, né à Mayence (vers 1400-1468), s'établit en 1424 à Strasbourg, où il fit, paraît-il, les premiers essais de l'art de l'imprimerie (1438— 40), employant d'abord des caractères mobiles en bois, puis des caractères en métal fondus dans une matrice. Il compléta cette invention par celle de la presse. Ayant dépensé beaucoup d'argent dans ces essais, il retourna à Mayence, en 1444, et s'associa avec Fust, riche orfèvre, qui lui fournit de nouveaux fonds. Ils imprimèrent ensemble la Bibha latina, dite aux 42 lignes. Elle est sans date, mais a dû être publiée entre 1450 et 1455. Gutenberg rompit ensuite cette association et créa à lui seul une autre imprimerie (1456). Il n'a mis son nom sur aucun de ses livres. On lui a même contesté l'honneur de sa découverte.

Schceffer devint le collaborateur et l'associé de Fust, dont il épousa la fille. A la mort de son beaupère, qui vint à Paris en 1466, où il mourut, paraîtil, de la peste, il resta seul maître de l'imprimerie, qu'il dirigea jusqu'à sa mort (1502). De cette imprimerie sortirent : le Psdlmorum Codex (1457), premier livre daté, la Biblia latina (1462), le De Officiis (1466).

Le Rouge. — Cette famille française, originaire de Chablis, en Bourgogne, fit souche d'imprimeurs, dès 1470, et émigra en divers pays. Jacques le Rouge s'établit successivement à Venise, Pignerol, Milan, Embrun (1471-1490); Pierre, le plus célèbre, à Paris et à Chablis (1478-1493) ; Jean, à Chablis, Troyes et Paris (1483-1486) ; Guillaume et Nicolas, à Paris et à Troyes (1489-1531), etc. (V. Henri Monceaux, conservateur du musée d'Auxerre, Les Le Rouge de Chablis, calligraphes et miniaturistes, graveurs et imprimeurs ; élude sur les débuts de V illustration du livre au XVe siècle, 1896, 2 vol.).

(Histoire.)

Monstrelet, chroniqueur français, né en Flandre, vers 1390, écrivit le récit des événements accomplis de son temps, en particulier les guerres de France, d'Artois et de Picardie. Sa Chronique fait suite à celle de Froissart ; elle va de 1400 à 1444. On l'a continuée jusqu'en 1453. Elle est précieuse surtout à cause des documents qu'elle contient. Monstrelet fut prévôt de Cambrai et mourut en 1453.

Chastelain, chroniqueur français, né à Gand en 1404, visita l'Espagne, la France, l'Italie, l'Angleterre et s'attacha au duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui le fit son panetier, puis son écuyer, et l'admit à son conseil privé. Il périt au siège de Neuss (1475), où il avait accompagné Charles le Téméraire. Il écrivit : une Chronique des ducs de Bourgogne ; Récollection des merveilles advenues de mon temps, en prose et en vers, ouvrage perduen grande partie; Chronique de Normandie.

Olivier de la Marche, chroniqueur et poète français, né à La Marche (Bourgogne) en 1426, vécut à la cour des ducs, qu'il servit fidèlement. Charles le Téméraire le nomma capitaine de ses gardes. Fait prisonnier par les Suisses, à la bataille de Nancy, Olivier se mit au service de Marie de Bourgogne, dès qu'il eut recouvré sa liberté. Il mourut en 1501, laissant des Mémoires, qui vont de 1435 à 1492, etc.

Gomines (Philippe de)' fut à la fois un homme d'Etat et un historien. Il naquit, paraît-il, au château de Comines, en 1445, eut pour parrain Philippe le Bon et servit Charles le Téméraire, qui le maltraita et dont il abandonna la cause pour celle de Louis XI (1472). Il fut conseiller et chambellan du roi, qui lui donna de grands biens, servit habilement sa politique, fut ambassadeur à Florence, etc. Moins heureux après la mort de Louis XI, il fut

enfermé quelque temps dans une cage de fer. Il rentra en grâce, en 1490, servit Charles VIII, fut ambassadeur àVenise (1494). Disgracié de nouveau à l'avènement de Louis XI 1, il ne rentra guère en faveur et mourut en 1511. Les Mémoires qu'il a laissés sont de la plus haute importance. I Navigateurs.)

Christophe Colomb naquit vers 1446, dans la république de Gènes ; son père était tisserand. Vers 1473, il alla en Portugal et s'y maria, se livra à la navigation et voyagea alors, peut-être, en Islande et en Guinée. Se préoccupant de la découverte d'une nouvelle route pour les Indes, il vint en Espagne avec son fils Diego, âgé de six ans (1484), fut présenté à la cour (14S(j), mais n'obtint qu'en 1492 les 3 petits vaisseaux avec lesquels il s'embarqua le 4 août au port de Palos. Après une longue navigation, pendant laquelle il dut lutter contre les terreurs et l'insubordination de son équipage, il aborda, le 12 oct., dans une des Bahamas, qu'il croyait appartenir aux Indes ou à l'extrême Asie, découvrit ensuite Cuba et Haïti et rentra enEspatrne en mars 1493. Ferdinand le nomma vice-roi des pays qu'il avait découverts. Il fit trois autres voyages en Amérique : le 2e en sept. 1493; le 3e en 1498, où il découvrit l'Amérique méridionale ; le 4e en 1502. Victime de la calomnie, il fut, pendant sa 3e expédition, dépouillé de son commandement et renvoyé en Espagne chargé de fers. Il mourut à Valladolid, accablé de chagrins et d'infirmités (1506). Lors de la célébration du 4U centenaire de la découverte de l'Amérique, la mémoire de Colomb et son héroïsme, inspiré par la foi, ont été rappelés dans beaucoup de publications. Ses cendres ont été rapportées de Cuba en Espagne, à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898. (V. Rastoul, Christophe Colomb, 1892).

Pinzon. — Les deux frères Pinzon ; Martin et Vicente , accompagnèrent Colomb dans son Ie1' voyage. Martin mourut en 1493. Vicente aborda au Brésil le 26 janvier 1500, avant Cabrai, qui n'y parvint que le 24 avril 1500. Il fut ensuite le compagnon de Diaz.

Améric Vespuce, qui donna son nom à l'Amérique, naquit à Florence et était fils d'un notaire (1452-1512). 11 fut élevé par son oncle, qui était dominicain et ami de Savonarole, s'adonna au commerce, représenta en Espagne les Médicis, prit part à diverses expéditions en Amérique, d'abord au service du Portugal, puis au service de l'Espagne, et fut nommé par Ferdinand, en 1508, « pilote major ». Il avait rédigé un journal de voyages, aujourd'hui perdu.

Diaz de Solis, navigateur espagnol, explora les embouchures de l'Amazone (1507), fut nommé « pilote major » après Améric Vespuce, explora les côtes du Brésil, en cherchant un passage de l'Atlantique dans le Pacifique (1514), découvrit le rio de la Plata (1515) et fut tué par les Indiens.

Barthélémy Diaz, navigateur portugais, chercha la roue de l'Inde par le S.-E., au lieu de la chercher par l'O. comme Christophe Colomb. Il découvrit le cap de Bonne-Espérance, qu'il appela d'abord cap des Tourmentes (1486). Mais Jean II changea ce nom en l'autre, de meilleur augure.

Vasco de Gama, né vers 1469 à Sinès (Portugal), fut chargé par les rois Jean II (14S7) et Emmanuel (1497) de trouver le passage des Indes. Il doubla le cap de Bonne-Espérance, longea la côte d'Afrique et fut porté par la mousson jusque sur la côte de l'Inde. Il arriva à Calicut en 1498, et entra en relation avec le radjah du pays. Nommé à son retour amiral des Indes, il repartit, en L502, avec 19 vaisseaux, et organisa la colonisation dans l'Inde. Après *^1 ans d'inaction, il fut envoyé de nouveau par Jean III, avec le titre de vice-roi, et mourut à Cochin.

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