‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 608 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

La Valette. — Jean Parisot.de la Valette, né en 1494 d'une ancienne famille de Toulouse, devint grand maître de Malte en 1557. 11 résista victorieusement à un siège terrible qui dura quatre mois, après lesquels l'armée turque, qui avait compté 40.000 hommes, et la flotte qui avait réuni 200 vaisseaux, durent se retirer (1565). La Valette fit construire sur l'emplacement du fort Saint-Elme, détruit par l'ennemi, la Cité-la-Valette. Il mourut en 1568.

(Missions.)

Las Casas. — Barthélémy de La* Casas, dominicain, né à Séville en 1474, devint évêque de (liiapa, au Mexique, et défendit avec beaucoup de zèle et d'humanité les malheureux Indiens opprimés par ses compatriotes. Venu en Amérique avec Christophe Colomb, il avait accompagné les premiers conquérants. Il ne rentra en Espagne (1551) qu'après avoir passé un demi-siècle dans le nouveau monde. Dans son ouvrage principal: Brevissima Relacion île la destruccion de los Indios, il répond à Sepulveda (v. ce nom), qui ne condamnait pas cette opinion que la guerre contre les Indiens était licite d'elle-même et qu'on pouvait les réduire en esclavage. Il mourut à Madrid en 1566. (Saint*.)

S. Gaétan, né à Tiène, près de Vicence, en 1480, avait été d'abord jurisconsulte; il entra dans les ordres à Rome et y fonda un ordre de Clercs- Réguliers (1524), qui prit le nom de Théatins, parce que l'archevêque de Chieti ou Theate (v. Paul IV) en fut le premier supérieur. Gaétan lui succéda et mourut en 1547. Sa fête est le

7 août.

S. Jean de Dieu, né en Portugal en 1405, d'une famille pauvre, fut berger, puis soldat. Après une vie dissipée, il se convertit et se consacra au service des malheureux, se fixa à Grenade, fit de sa maison un hospice pour les indigents et pourvut à tous leurs besoins. Il trouva des imitateurs et institua ainsi les Frère* de la Charité. L'archevêque de Grenade le surnomma Jean de Dieu, à cause de sa piété. 11 mourut en 1550, des suites d'une maladie qu'il avait contractée en portant secours à un homme qui se noyait. Sa fête e^t le

8 mars.

Angèle Mérici (sainte) ou de Mèricie, née près de Vérone, entra dans le tiers ordre franciscain, après avoir déjà mené dans le monde une vie tout angélique, et fonda une communauté religieuse sous le patronage de sainte Ursule. Elle mourut presque septuagénaire, en 1540. Sa fête est le 31 mai (v. abbé Bouthors, Sainte Angèle Mérici et le* origines de For/Ire de* Ursulines, 1894).

S. Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, était un gentilhomme espagnol. Né en 1491, au château de Loyola (Guipuzcoa), il fut d'abord page de Ferdinand le Catholique et suivit la carrière des armes. Blessé au siège de Pampelune (1521) et condamné à un repos forcé, il laissa les romans pour des lectures pieuses et se trouva désabusé ; il passa quelque temps dans la solitude de Manrèse, fit un pèlerinage en Terre Sainte (1524), puis étudia la théologie à Barcelone, à Alcala, à Paris, où il fonda avec quelques compagnons (François-Xavier, Lefebvre, Lainez, etc.), le 15 août 1534, le fameux institut qui devait combattre si vigoureusement le protestantisme. Paul III l'approuva sous le nom de Clerc* de la Compagnie de Jésus. Ignace fut élu 1er général et vit l'ordre prospérer. 11 mourut épuisé par les travaux et les austérités, en 1556. Sa fête est le 31 juillet. Les Exercices spirituels, souvent commentés et suivis dans les retraites, ont converti et sanctifié un grand nombre d'âmes (v. le P. Clair, Vie de S. Ignace ; H. Jolv, Saint Ignace de Loyola).

S. François-Xavier, V Apôtre de* Inde*, né

en 1506, au château de Xavier, près de Pampelune, vint étudier à Paris, où il se lia avec S. Ignace. Celui-ci l'envoya (1541) aux Indes orientales. Xavier fit des conversions éclatantes et pénétra jusqu'au Japon. Il mourut près de Canton (1552) au moment où il brûlait d'évangéliser la Chine. Sa fête est le 3 déc. On a de lui un Catéchisme et 4 livres de Lettres (v. le P. Cros, .S'. François de Xavier, 1894).

Lainez, jésuite, né en 1512, en Castille, fut un des premiers compagnons de S. Ignace, auquel il succéda comme général de l'ordre. Il assista au concile de Trente et collabora à l'œuvre des Pères du concile. Il refusa le cardinalat et mourut à Rome en 1565 (v. le P. Boero, Vie du 1'. Jacques Laine;, 1894).

S. François de Borgia, 3° général des jésuites, fut d'abord duc de Gandia et grand d'Espagne; il jouissait de l'amitié de Charles-Quint. Son petit-fils, le duc de Lerme, fut le ministre de Philippe III. Devenu veuf, il renonça au monde et entra dans la Compagnie. 11 mourut en 1572. Sa fête est le 10 octobre.

S. Stanislas Kotska, jeune polonais, élève des jésuites à Vienne, pratiqua dans un âge tendre les vertus les plus héroïques. Il prit l'habit de la Compagnie à Rome, en 1567, et mourut l'année suivante à 18 ans. Sa fête est le 13 nov.

S- Louis de Gonzague, jésuite italien, né à Castiglione, en 1568, appartenait à l'illustre famille des Gonzague. Il donna dès la plus tendre enfance les preuves d'une admirable piété et d'une austérité plus extraordinaire encore. Il renonça à son droit d'aînesse et triompha de toutes les résistances de son père pour entrer dans la Compagnie, où il mourut jeune, en 1591. Sa fête est le 21 juin.

S. Jean de la Croix, religieux espagnol du Mont-Carmel, contribua beaucoup à la réforme de son ordre et fut l'auxiliaire de sainte Thérèse. Il mourut à 49 ans, après une vie très austère, laissant des œuvres ascétiques remarquables (1591).

Ste Thérèse, née en 1515 à Avila, fut la réformatrice des Carmélites et, par S. Jean de la Croix, la réformatrice des Carmes déchaussés. Dans sa plus tendre jeunesse, elle brûlait du désir du martyre. Elle entra chez les Carmélites d'Avila, en 1534, mais ne commença l'œuvre de la réforme que vers 1562. Elle mourut en 1582, laissant des œuvres qui, avec sa vie, font d'elle un modèle et un guide de la vie mystique. Citons en particulier Y Histoire de sa vie, qu'elle écrivit sur l'ordre de son confesseur.

S. Philippe de Néri, né à Florence, 'en 1515, fondateur de la congrégation de l'Oratoire, fit ses études théologiques à Rome et se consacra au service des malades et des pèlerins. Ordonné prêtre en 1551, il s'adonna à l'instruction des enfants et s'adjoignit des collaborateurs, qui prirent le nom d'Oratoriens, parce qu'ils se plaçaient devant l'église pour appeler le peuple à la prière. "La congrégation fut approuvée par Grégoire XIII, en 1575. S. Philippe mourut en 1595. On a de lui des Lettres (v. comtesse d'Estienne d'Orves, S. Philippe de Néri, 1895).

César de Bus, né à Cavaillon, en 1544, d'une famille originaire d'Italie, choisit d'abord la carrière militaire. Après une vie dissipée, il entra à 30 ans dans l'état ecclésiastique et se voua à l'éducation des enfants d^l peuple. Avec quelques prêtres il fonda, en 1592, la congrégation de la Doctrine chrétienne ou des Doctrinaires, approuvée par Clément VIII en 1597. Il mourut à Avignon en

S. Charles Borromée, d'une illustre famille de Lombardie, naquit en 1538 à Arona, sur le lac Majeur. Son oncle Pie IV l'appela à Rome et le

HISTOIRE : XVIe SIECLE

créa cardinal à 23 ans. Charles n'en montra que plus de vertus. 11 fut l'une des lumières du concile de Trente et en fit rédiger le Catéchisme (1566). Nommé archevêque de Milan, il se consacra à son diocèse, y fit observer les règlements du concile, fonda des écoles populaires. Des religieux qu'il voulait réformer tentèrent de l'assassiner. Lors de la peste de 1576, il se voua avec une admirable charité au soin des pestiférés. Il mourut à 46 ans, en 1584, épuisé par les fatigues et les austérités. Sa fête est le 4 nov. (v. Sylvain, ilistoire de S. Charles Borromèe, 1884, 3 vol.).

S. François de Sales, né au château de Sales, près d'Annecy (Savoie), en 1567, étudia à Paris, brilla au barreau et obtint de son père d'entrer dans l'état ecclésiastique. Il prêcha avec beaucoup de succès dans le diocèse de Genève, souvent au péril de sa vie, et convertit," dit-on, plus de 70.0' 0 réformés, gagnés par sa parole pleine d'onction et sa sainteté. Il fut créé évêque de Genève en 1602, mais résida à Annecy. Chargé de diverses missions en France, il se concilia l'amitié de Henri IV et de Louis XIII. Avec Mme de Chantai, il fonda, en 1610, l'ordre de la Visitation, qu'il destinait d'abord aux œuvres extérieures. Mais ce but fut atteint un peu plus tard par son ami S. Vincent de Paul, qui créa la congrégation des Filles de la charité. S. François de Sales mourut en 1622, à la Visitation de Lyon, où il était de passage. Léon XIII l'a déclaré Docteur de l'Eglise en 1878. Sa fête est le 29 janvier. Ses œuvres principales sont : Y Introduction à la rie dévote et le Traité de l'amour de Dieu. Une édition complète de ses Œuvres est en cours de publication (v. Hamon, Vie et vertus de S. François de Sales).

Ste Jeanne de Chantai était la fille d'un président à mortier de Dijon, où elle naquit en 1572. Elle épousa Christophe de Rabutin, baron de Chantai, qui mourut d'un accident de chasse. Elle résolut alors de se consacrer à Dieu et, après avoir élevé ses enfants, fonda, avec S. François de Sales, le premier couvent delà Visitation, à Annecy. Elle mourut en 1641. Sa fête est le 21 août. Elle a laissé des Lettres. Mme de Sévigné était sa petite-fille. (Hérésie.)

La Réforme. — On donne ce nom à la révolution religieuse du XVIe siècle, qui aboutit à l'hérésie de Luther et Calvin et au schisme de l'Angleterre. Les protestants prirent le nom de réformés. La cause de ce mouvement fut, sans doute, dans les abus commis à cette époque et contre lesquels s'éleva le concile de Trente, qui apporta à l'Eglise la véritable réforme ; mais elle fut surtout dans les passions de quelques hérésiarques dans la cupidité des princes qui voulaient s'enrichir des biens de l'Eglise, dans un sentiment national égaré qui cherchait à s'affranchir de l'autorité des papes comme d'un pouvoir tyrannique et étranger. Une cause aussi trop efficace de la Réforme fut le rationalisme qui avait infecté la philosophie, la littérature et les arts. Ses effets furents de rompre l'unité chrétienne du monde civilisé et de préparer les esprits à l'athéisme contemporain |\. Janssen, V Allemagne et la Réforme; Doellingor, la Réforme ; Bossuet, Hist. des variations des églises protestantes).

Luther. — Le principal auteur de la Réforme, fut Martin Luther, né le 10 nov. 1483 à Eisleben (Saxe), mort en 1546, fils d'un bûcheron. Il étudia à l'université d'Erfurt et entra chez les frères ermites de Saint- Augustin à Wittemberg. Ordonné prêtre, il enseigna la philosophie à l'université de cette ville (1508), fut chargé d'une mission à Rome (1510), et en revint l'âme troublée par le paganisme de la Renaissance. La prédication des indulgences confiées par le pape aux dominicains et non pas aux Augustins, lui donna l'occasion d'entrer dans

son rôle de réformateur. Le 31 oct. 1517, il afficha 95 propositions contre les indulgences. Les dominicains répondirent et Léon X ne vit là d'abord qu'une dispute de moines. Luther refusa de comparaître devant Cajetan, légat du pape (1518); il en appela au pape mieux informé, puis au concile et trouva bientôt des partisans dans la noblesse, qui convoitait les biens d'Eglise. Excommunié en 1520, il brûla la bulle d'excommunication sur la place de Wittemberg. Cité à la diète de Worms par Charles- Quint, il refusa de se rétracter (1521), fut recueilli au château de la Wartbourg par l'électeur de Saxe et de là inonda l'Allemagne de ses pamphlets. 11 se maria en 1525 avec une religieuse, Catherine Bora. Luther attaquait non seulement la doctrine des indulgences, mais généralement les dogmes et la discipline déjà combattus par "Wielef et Jean Huss : les vœux monastiques, le célibat des prêtres ; les sacrements, dont il ne retenait que le baptême et l'eucharistie ; l'autorité de l'Eglise, à laquelle il substituait la lecture de la Bible et le libre examen, etc. Parmi ses œuvres, citons : de Servo arbitrio (car il niait le libre arbitre et le mérite des œuvres) ; sa traduction de la Bible, qui a fixé la langue allemande. — L'Allemagne protestante a inauguré le monument de Luther à Worms, le 18 juin 1868. La vie de Luther a été souvent écrite. On reproche à l'Histoire de Luther par Audin des erreurs et des inexactitudes (V. Janssen et autres ouvrages sur la Réforme).

Mélanchthon (1497-1560), né dans le Palatinat, termina ses études à Tubingue, où il eut pour maître Reuchlin. Il enseigna ensuite le grec et l'hébreu à Wittemberg (1518), où il se lia avec Luther. Il rédigea la confession d'Augsbourg (1530), profession de foi qui fut présentée à Charles- Quint par les protestants, et soutint les opinions les plus modérées, ce qui le rendit suspect à Luther lui-même (V. D. Nisard, Etudes su,- la Renaissance, 1855; 1877 3e éd.)

Munzer, fondateur des anabaptistes, fut d'abord disciple de Luther, mais tira bien vite les pires conséquences de la nouvelle doctrine, niant toute souveraineté et poussant le peuple à l'insurrection. Il avait réuni 30,000 fanatiques, lorsqu'il fut attaqué par les princes confédérés, pris, condamné et exécuté à Mulhausen, en 1525.

Jean de Leyde, autre chef anabaptiste, s'empara de Munster et y établit une sorte de communisme. Se prétendant inspiré de Dieu, il se fit proclamer roi de Sion et envoya des apôtres par toute l'Europe. La ville fut reprise et il périt dans les supplices, en 1535. »

Calvin, l'un des principaux chefs de la Réforme (1509-1564), né àNoyon et mort à Genève, fut forcé de quitter la France en 1534, devint tout-puissant à Genève à partir de 1541 et se montra impitoyable envers ses adversaires. Il lit brûler vif Michel Serret (1553). Un do ses disciples fut Théodore de Bese, un des chefs religieux et politiques du parti protestant en France (V. Audin, LIistoire de Calvin).

Socin. — Le rationalisme ne devait pas tarder à naître du protestantisme : de là le soetnianisme, dont les fondateurs furent les deux Socin : Lèlio et Faùste. Le premier (1525-1562), né à Sienne, étudia le droit et la théologie et s'éleva, dès 1546, contre les dogmes de la Trinité et de la divinité de J.-C. Forcé de s'enfuir, il parcourut la Suisse et l'Allemagne, se liant avec les principaux réformateurs ; il passa trois ans à Wittemberg avec Mélanchthon (1548-51). En Pologne, il gagna beaucoup de disciples (1557). Il revint en Suisse et mourut à Zurich. — Son neveu Fauste ( 1539-1604), quitta l'Italie, résida en Transylvanie (1578) et se fixa en Pologne (1579). Il finit par rallier à lui presque tous les disciples de son oncle, qui s'appe-

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