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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

laient les Unitaire*, et qui prirent le nom de Sociniens.

Giordano Bruno (1548-1600), qui professa une sorte de panthéisme rationaliste, est une victime du paganisme de la Renaissance, plutôt que de la Réforme. Il naquit à Noie. Vers l'âge de 30 ans, et peut-être avant sa profession, il quitta l'Ordre de Saint-Dominique, où il était entré, et promena partout son esprit inquiet et ses talents, qui étaient aussi remarquables que variés. A Gênes, à Milan, à Venise, à Nice, ses opinions scandalisent et il est obligé de fuir; à Genève, chez les calvinistes, il n'est pas plus heureux; il cherche aussi à propager ses idées à Lyon, à Toulouse, à Paris, où Henri III le protège. Il commence alors à publier ses ouvrages, tout empreints de panthéisme et de rationalisme. A Londres, où il se rend ensuite, il obtient des succès et il est même admis à la cour d'Elisabeth ; mais, forcé de repartir, il revient à Paris, puis pénètre en Allemagne, séjourne à Wittemberg, visite Prague, Franefort-sur-le-Mein et y rencontre un noble Vénitien, Mocenigo, auquel il s'attache et avec lequel il rentre en Italie. Mais à Venise, ses idées lui aliènent Mocenigo lui-même; il est dénoncé et arrêté en 1502. Sa captivité et son procès durèrent huit ans ; il fut condamné au feu comme apostat et hérétique et peut-être brûlé à Rome, car on doute encore que la sentence ait été exécutée. (V. Cantù, les Hérétiques d'Italie; Desdouits, la Légende tragique de G. Bruno).

Vanini (1585-1019), né à Naples, d'une mère espagnole, commit les mêmes écarts. Esprit léger et inquiet, il voyagea en Europe après avoir étudié à Paris, fut suspecté de mœurs infâmes et accusé de corrompre la jeunesse. Le parlement de Toulouse le condamna, après un long procès et des débats contradictoires, comme coupable d'athéisme ; il subit la rigueur des lois du temps et fut brûlé après avoir été traîné sur la claie et avoir eu la langue arrachée.

(Italie.)

Moncade (Hugues de), capitaine espagnol, servit tour à tour Charles VIII, César Borgia, Gonzalve de Cordoue, soutint les Colonna contre Clément VII, prit le Vatican en 1527 et le pilla, se fit nommer vice-roi de Naples. Bloqué dans Naples par Doria, qui l'avait déjà pris en 1524, il périt dans un combat naval livré à l'entrée du port.

Médicis. — Au XVIe siècle, les Médicis continuèrent à jouer un rôle important. Laurent II, duc d'Urbin, épousa en 1518 Madeleine de la Tour d'Auvergne et fut père de Catherine de Médicis, qui épousa Henri II roi de France. — Alexandre de Médicis, né en 1510, fut nommé par Charles- Quint, dont il épousa la fille, duc de Florence (1532). Il fut assassiné en 1537. — Cosme I, né en 1519, obtint de Pie V le titre de grand-duc (1569). Il mourut en 1574. Son fils François-Marie fonda la galerie de Florence (1580).

Gonzague. — Cette famille princière d'Italie, qui gouverna Mantoue de 1308 à 1708, compta parmi ses membres illustres du XVIe siècle : Jean- François, qui commandait à Fornoue les troupes battues par Charles VIII (1495) ; il mourut en 1519. — Ferdinand, l'un des meilleurs généraux de Charles-Quint, mort en 1557. — S. Louis de Gonzague (v. ce nom), mort en 1591, à24 ans.

Farnèse. — Cette famille princière d'Italie possédait, dès le XIIIe siècle, le château de Farneto, près d'Orvieto. Elle donna un pape, Paul III (v. ce nom), qui avait été marié avant d'entrer dans les ordres. Son fils, Pierre-Louis (1490-1547), reçut les duchés de Parme et de Plaisance (1545) et périt assassiné par les nobles de Plaisance. — Octave, fils du précédent (1520-1586), duc de Parme, épousa Marguerite, fille de Charles Quint, et recouvra Plaisance (1556). — Alexandre, fils

du précédent (1546-1592), se distingua à Lépante (1571), fut gouverneur des Pays-Bas sous Philippe II, reprit les provinces belges, ruina les affaires d'Henri IV devant Paris (1590) et Rouen (1592), mais mourut de ses blessures.

Doria. — Le membre le plus illustre de cette famille génoise, au XVIe siècle, fut André Doria (1468-1560), qui servit Charles VIII et Louis XII, mais dans les armées de terre. Après 1512, il devint le plus habile amiral de son temps. Il servit d'abord François I, puis se donna à Charles-Quint (1528), qu'il seconda dans ses expéditions de Tunis (1535) et d'Alger (1541). La mer s'inclinait devant lui, a-t-on dit. II établit la constitution de Gênes et réprima la conspiration des Fiesque (1547). Cette conspiration fut sur le point de réussir; elle était dirigée par Jean- Louis Fiesque (1523-1547), qui se noya en voulant monter sur un vaisseau dans le port. (Savoie.)

Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, dit Tète-de-fer, gagna sur les Français la bataille de Saint-Quentin (1557) pour Philippe II ; épousa en 1559 Marguerite, fille de François I, et rentra en psssession de ses Etats par la paix de Cateau- Cambrésis (1528-1580).

Charles-Emmanuel I, leGrand. né en 1562, succéda à son père Emmanuel-Philibert(1580-1630), épousa une fille de Philippe II, chercha à s'emparer du marquisat de Saluées, du Dauphiné et de la Provence, fut battu par Henri IV, qui réunit à la France, la Bresse, le Bugey, etc. par le traité de Lyon (1601). Le duc de Savoie chercha vainement à prendre Genève et le Montferrat.

(France.)

François I, roi de France (1515-1547), né en 1494, était fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie, etWvnèvepetit-fils de Charles V. Il épousa Claude, fille aînée de Louis XII, son cousin, et lui succéda. Il conquit d'abord le Milanais, par la victoire de Marignan (1515), et obtint de Léon X un concordat, qui le rendit en quelque sorte maître de l'église de France. Mais bientôt commencèrent ses longues luttes avec Charles-Quint, qui lui lut préféré comme empereur (1520). Il y eut 4 guerres entre les deux princes rivaux. La Ie fut marquée par la défaite de Lautrec à la Bicoque et la perte du Milanais (1522), la trahison du connétable de Bourbon, la défaite de Bonnivet en Italie, l'invasion de la Provence (1524), la défaite et la captivité du roi à Pavie (1525), où périrent Bonnivet, La Palice et la Trèmoille. Elle fut terminée par le traité de Madrid (1526). Dans la 2e, qu'il avait déclarée, François I secourut mal ses alliés d'Italie, laissa les troupes de Bourbon saccager Rome, s'aliéna Doria et perdit, par cette défection, l'empire de la mer, qui passa à Charles-Quint. La paix de Cambrai, à la suite de laquelle François I épousa la sœur de Charles-Quint, Elèonore d'Autriche, livra l'Italie à l'empereur (1529). Alors François I rechercha l'alliance des princes protestants et des Turcs. Dans la 3e guerre, il envahit la Savoie et Charles- Quint ravagea la Provence. Le pape imposa la trêve de Nice (1538). La 4e guerre éclata encore à cause du Milanais, que réclamait le roi de France. Les Français et les Turcs, alliés ensemble, bombardèrent Nice; le comte d'Enghien fut vainqueur à Cérisoles (1544), tandis que les Impériaux envahissaient* la Champagne et qu'Henri VIII assiégeait Boulogne. Les traités de Crespy (1544) et d'Ardres (1546) furent enfin signés et François I mourut l'année suivante. Ce prince n'avait pas cependant régné sans gloire : il avait protégé les lettres, fondé le Collège de France (1529) et l'imprimerie royale (1539) etc. Mais il avait mal administré ses finances, trop accordé à ses courtisans et exercé le pouvoir d'une manière trop absolue.

HISTOIRE : XVIe SIÈCLE

Bayard (Pierre du Terrail, seigneur de), surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche, né au château de Pontcharra (Isère), se distingua sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François I (1476-1524). Il reçut François I chevalier sur le champ de bataille de Marignan(1515). Frappé à mort, pendant qu'il couvrait une retraite, il commanda qu'on le plaçât en face de l'ennemi, ne voulant pas, disait-il, lui tourner le dos pour la première fois. Sa Vie a été souvent écrite, et d'abord par son secrétaire, dit le Loyal Serviteur.

Bourbon (connétable de), prince français, se comporta vaillamment à Marignan, puis porta les armes contre sa patrie, triompha à Rebec,où Bayard expirant lui reprocha sa félonie : « Ce n'est pas moi qu'il faut plaindre, dit Bayard, mais vous qui combattez contre votre roi et votre patrie. »

Noailles, famille originaire du Limousin, a donné à la France des diplomates, des maréchaux, etc. — Antoine fut amiral de France ( 1504— 1562). — Son frère, François, diplomate, représentai France à Londres, à Rome, àConstantinople ; il mourut en 1585.

Samblançay (de), surintendant des finances sous Charles VIII, Louis XII et François I, fut injustement accusé de malversation, condamné et pendu au gibet de Montfaucon (1527). Mais on reconnut plus tard son innocence, et son fils fut rétabli dans ses biens.

Henri II, fils et successeur de François I (1546- 1559), né en 1519, s'unit contre Charles-Quint aux princes protestants d'Allemagne, prit Metz, Toul et Verdun (1552). Charles Quint, avec 100.000 hommes, ne put reprendre Metz, défendue par le duc de Guise ; mais ses armes furent plus heureuses en Italie : Montluc capitula dans Sienne. La guerre recommença contre Philippe II, fils et successeur de Charles-Quint ; les Espagnols gagnèrent sur le duc de Montmorency la bataille de Saint-Quentin (1557) ; mais Guise, rappelé de Naples, enleva Calais (1558), puis Thionville. Effrayé des progrès de l'hérésie en France, Henri II signa le traité de Cateau-Cambrésis (1559), par lequel il abandonnait ses conquêtes en Italie, ne gardait que Calais et les trois évêchés, accordait sa sœur en mariage à Philibert-Emmanuel de Savoie et sa fille Elisabeth à Philippe IL II mourut peu après, blessé mortellement dans un tournoi par le comte de Montgomery. Sa femme, Catherine de Médicis, lui avait donné dix enfants, dont 3 régnèrent successivement sans laisser de postérité : François II, Charles IX et Henri III.

Catherine de Médicis, née à Florence en 1519 (v. Médicis), reine de Franec en 1533, morte en 1589, joua un rôle important à partir de 1560. On l'accuse d'avoir manqué de tout scrupule et d'avoir contribué beaucoup à la Saint-Barthélémy. Elle ne cessa, dans la guerre civile, d'aimer et de protéger les arts.

François II, fils aîné de Henri II et de Catherine de Médicis, né en 1544, succéda à son père sur le trône de France en juillet 1559, mais mourut au mois de décembre de la même année. Pendant ce temps, le pouvoir fut abandonné aux Cuises, contre lesquels se fit la conjuration d'Amboise (1560), tramée par les chefs protestants : Antoine de Bourbon, roi de Navarre, le prince de Condé, l'amiral de Coligny, La Renaudie, qui en était le chef ostensible et qui fut tué ; elle échoua. François II avait épousé Marie Stuart, reine d'Ecosse.

Charles IX, 2e fils de Henri II, né en 1550, succéda à son frère François II et régna de 1560 à 1574. Catherine de Médicis s'empara de la régence et s'efforça vainement, au colloque de Poissy (1561), de réconcilier les partis catholique et protestant. Le massacre de Vassy commis par les gens du duc de Guise fut le signal des guerres de religion (1562),

qui désolèrent la France et qui ne devaient cesser qu'à la promulgation de l'édit de Nantes (1598).

Guerres de religion. — On compte jusqu'à 8 guerres de religion, sans parler de celles qui éclatèrent sous Louis XIII et des troubles qui suivirent la révocation de l'édit de Nantes, sous Louis XIV. Dans la lre (1562-1563), Coligny livre le Havre aux Anglais, François de Guise est assassiné au siège d'Orléans par Poltrot de Mère. La paix d'Amboise la termine. — La 2e est amenée par la rupture de Catherine de Médicis avec les Condé et se termine à la paix de Longjumeau (1567-1568). — Après la 39 (1568-1570), terminée à la paix de Saint-Germain (1570), les protestants obtiennent l'exercice de leur culte dans deux villes par bailliage, l'admission à toutes les charges et 4 places de sûreté : La Rochelle, Montauban, Cognac, La Charité. Ils forment ainsi une sorte d'Etat indépendant. — La 4e guerre, qui éclate à la Saint-Barthèlemy, se termine par la paix de La Rochelle (1572-1574). Alors se forme le parti des l olitiques ou des Malcontents {Montmorency, duc d'Alençon), qui soutient les protestants. — Ceux-ci obtiennent, après la 5e guerre (1576), par le traité de Beaulieu, dit aussi paix de Monsieur, 8 places de sûreté et des chambres mi-parties, comme garanties judiciaires. Alors se forma, par opposition au parti protestant, la Ligne catholique. — La 6e et la 7e guerre n'offrent rien de bien remarquable : le traité de Foix les termina (1580). — Enfin la 8e guerre, dite des Trois Henri (Henri III, Henri de Guise et Henri de Navarre), éclata en 1585, lorsque la Ligue, qui faisait opposition à la royauté, eut traité avec Henri III. Leur alliance dura peu : Henri III s'enfuit de Paris à la suite de la Journée des barricades (1588) ; Henri de Guise, chef des Ligueurs, fut assassiné ;ï Blois ; Henri III et Henri de Navarre s'unirent alors pour attaquer Paris. La guerre fut terminée moins par les victoires de Henri IV, souvent douteuses, que par sa conversion, qui amena la reddition de Paris (1594).

Henri III, 3e fils de Henri II, né en 1551, porta d'abord le titre de duc d'Anjou. Sous la direction de Tavannes et de Biron, il avait battu les protestants à Jarnac et à Moncontour(1569).Elu roi de Pologne en 1573, il se hâta de revenir en France, à la mort de son frère Charles IX (1574). Trois partis se partageaient alors la France : les catholiques, les protestants et les Malcontents ou Politiques. Les deux derniers s'unirent contre les catholiques, s'appuyèrent sur les Allemands et eurent pour chef le duc d'Alençon, qui devint le duc d'Anjou, François, frère du roi. Mais le duc de Guise remporta la victoire de Dormans (1575), et la reine mère, Catherine de Médicis, craignant l'influence des Guises, fit conclure la paix de Beaulieu (1576), qui indigna les catholiques et provoqua la formation de la Ligue, créée pour la défense de l'Eglise catholique et des droits du roi. Henri III, déjà méprisé de tous, convoqua les Etats de Blois (1576), où les ligueurs l'emportèrent, et Henri III se déclara leur chef, mais pour les abandonner bientôt en signant la paix de Bergerac (1577), puis celle de Fleix (1580). Henri III tenta alors une guerre sourde contre Philippe II ; son frère le duc d'Anjou fut même appelé par les insurgés des Pays-Bas ; mais il voulut violer leurs libertés, fut chassé et en mourut de chagrin (1584). Cette mort, qui faisait de Henri de Navarre, prince protestant, l'héritier du trône, ralluma la guerre religieuse. Le roi tenta de reprendre la direction de la Ligue. Mais il était éclipsé de plus en plus par Henri de Guise. Celui-ci, qui avait traité, en 1584, avec Philippe II et fut maître de Paris après la Journée des barricades*! 1588), se fit reconnaître lieutenant-général du royaume et obtint pour les ligueurs des places de sûreté. Les Etats généraux de Blois se prononçaient en même temps

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