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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Paris (le diacre), né à Paris (1690-1727), était fils d'un conseiller au parlement. Ardent janséniste, il mourut jeune, consumé par les macérations, et fut regardé comme un saint par les sectaires, qui allaient en pèlerinage à son tombeau (cimetière de Saint-Médard), où ils prophétisaient et commettaient mille extravagances; ce qui leur valut le nom de convulsionnaires . Le cardinal Fleury fit fermer le cimetière (1732).

Molincs, théologien mystique espagnol (1627- 1696), né près de Saragosse, publia en 1675 la Guide spirituelle, où il professait le quiètisme (v. ce mol). Il plaçait la perfection dans une fausse quiétude, qui allait jusqu'au désintéressement de son propre salut. Il dut abjurer son erreur (1687).

Guyon (Mmc), née à Montargis (1648-1717), veuve de Jacques Guyon, se crut appelée à convertir les hérétiques et se rendit, dans cette intention, à Annecy (1681), puis se retira chez les Ursulines de Thonon, renouvela l'erreur du quiètisme, qu'elle proposa dans beaucoup d'ouvrages d'une ardente piété Elle vint à Versailles et à Saint-Cyr et se lia avec beaucoup de dames de qualité. Une commission, dont firent partie Hossuet, Tronson, Fénelon, fut nommée pour examiner sa doctrine. De là les Conférences, d'issy, après lesquelles on signa 34 articles. Fénelon essaya de justifier M'"e Guyon dans les Maximes dos saints (1697), mais fut condamné (1699) et se soumit humblement. Mme Guyon finit sa vie à Blois, dans la retraite et la piété Ses œuvres remplissent 39 vol.

Quesnel (le Père), de l'Oratoire, né à Paris (1634-1719), adhéra au jansénisme et publia en 1671 : Réflexions morales sur le Nouveau Testa ni ont. 11 dut s'exiler à Bruxelles, où était déjà le célèbre Arnau/d, son ami, dont il écrivit la Vie. Emprisonné à Malines en 1696, il s'évada en 1703 et mourut à Amsterdam. Clément XI, dans la bulle Unigenitus, censura 101 propositions tirées de son ouvrage.

Poiret, né à Metz (1646-1719) de pauvres artisans calvinistes, devint pasteur à Anweil et à Hambourg, où il fut initié au mysticisme par Antoinette Bourignon. Ses Principes de religion, qu'il publia en 1688, lui attirèrent des vexations. Retiré près de Leyde, il s'adonna à l'étude des mystiques île son temps, s'occupa de Bœhm et de Mme Guyon, traduisit Y Imitât ion de J.-C. etc. Il édita aussi en une vingtaine de volumes les œuvres d'Antoinette Bourignon. — Cette mystique, née à Lille (1616-1680), s'était imaginée avoir reçu la mission de rétablir l'esprit évangélique. Elle fut chassée de la Flandre, de la Hollande, etc. et mourut dans la Frise.

(France.)

Louis XIII, le Juste, roi de France, fils aîné de Henri IV et de Marie de Médicis, naquit à Fontainebleau, en 1601, régna de 1610 à 1643, d'abord sous la tutelle de sa mère, jusqu'à 1617. Cpncini (le maréchal d'Ancre), dont la femme, Galigaï, exerçait un grand empire sur l'esprit de Marie de Médicis, fut alors le véritable souverain. Il mécontenta les seigneurs, qui se soulevèrent et imposèrent leurs conditions ; les ressources amassées par Sully, sous le règne précédent, furent dissipées. Appuyé sur le duc de Luynes, son fauconnier, Louis XIII se défit de Concini, dont la femme fut brûlée comme sorcière. Mais la France ne fut bien gouvernée que lorsque Richelieu fut arrivé au pouvoir (1624). Louis XIII eut du moins le mérite de reconnaître la valeur de ce grand ministre, que d'ailleurs il n'aimait pas, et de lui sacrifier jusqu'à sa mère, son frère Gaston d'Orléans, sa femme et ses amis. Il avait épousé Anne d'Autriche (1615), dont il eut Louis XIV et Philippe d'Orléans.

Richelieu, né à Paris (1585-1042), d'une famille du Poitou, se destina d'abord à la carrière

des armes. Evêque de Luçon en 1607, député aux Etats généraux de 1614, remarqué de Marie de Médicis, qui le choisit pour aumônier et le fit nommer secrétaire d'Etat (1616), il obtint le chapeau de cardinal en 1622, et entra au ministère en 1624. Trois grandes entreprises, qu'il mena à bonne fin, signalent son administration : la répression des protestants, qui étaient devenus un parti menaçant et factieux; l'abaissement des grands, qui s'affranchissaient des lois et ne menaçaient pas moins que les protestants peut-être l'unité de la France; l'affaiblissement de la maison d'Autriche. La prise de La Rochelle (1628) et la pacification d'Alais (1629) soumit les protestants aux lois communes. Les condamnations sévères qui frappèrent le comte de Chalais, le maréchal de Marillac, le duc de Montmorency, Cinq-Mars, etc. obligèrent les grands à s'incliner devant le droit. Des négociations habiles et des guerres plus ou moins heureuses donnèrent à la France la suprématie sur l'Autriche. Richelieu prit part à la guerre de Trente ans, s'empara de l'Alsace, du Roussillon, de l'Artois, mit de l'ordre dans les finances, créa une marine puissante et étendit les possessions coloniales. Il protégea en même temps les lettres et les arts, fonda l'Académie (1635), bâtit le Palais- Royal, la Sorbonne, etc. On lui a reproché bien des actes despotiques, et son absolutisme prépara celui de Louis XlV. Il a laissé des écrits théologiques, appréciés en leur temps : Les principaux points de la foi catholique (1617) ; Instruction des chrétiens (1621); la Perfection du chrétien, etc. Ses Mémoires sont très curieux (V. Hanotaux, Tableau de la France en 1614, et la suite de ses études sur Richelieu; abbé Lacroix, Richelieu à Luçon; sa jeunesse, son episcopat, 1898.)

Journée des dupes. — Ce fut le 1 1 nov. 1630. Louis XIII malade et obsédé par les plaintes de Marie de Médicis et de Gaston d'Orléans, avait promis de destituer son ministre et il allait exécuter sa promesse, lorsque Richelieu prévenu accourut à Versailles et changea complètement les dispositions du roi.

Joseph (le Père), surnommé Y Eminence grise, religieux de Saint-François, fut le confesseur, le confident et l'auxiliaire de Richelieu. Né à Paris en 1577 et fils d'un président au parlement, il servit avec distinction dans l'armée, puis tout à coup se fit capucin (1600). En 1619, il eut l'occasion de réconcilier avec Louis XIII Richelieu, alors en disgrâce à Avignon. Dès 1630, il habita au Palais- Cardinal, donnant des audiences et traitant les affaires les plus importantes, sans laisser de pratiquer strictement sa règle. Il venait d'être nommé cardinal, quand il mourut en 1638. Il fut le fondateur des Filles du Calvaire. (V. Fagniez, Le Père Joseph, et Richelieu 1894 2 vol.)

Traité de Westphalie. — Il mit fin à la guerre de Trente ans (1018-1648). guerre politique et religieuse, d'abord allemande, puis européenne, entre les Etats catholiques et les Etats protestants. Elle se termina par l'abaissement de la maison d'Autriche, but de la politique extérieure de Richelieu. La France y gagnait l'Alsace, Strasbourg excepté ; la Suisse et les Pays-Bas étaient reconnus indépendants ; beaucoup d'évêchés sécularisés étaient attribués aux électeurs protestants.

Fabert, maréchal de France, né à Metz (1599- 1662), d'une famille obscure, s'éleva par son seul mérite aux plus hautes dignités. Il se signala à la retraite de Mayence (.1635), aux sièges de Suse, d'Arras (1040), à la bataille de Marfée (1041), au siège de Perpignan (1042), etc. Il fut créé maréchal seulement en 1058 et montra partout un grand désintéressement.

Mazarin, né en 1602, aPescina (Abruzze), était fils d'un intendant de Colonna. Il fut capitaine des

HISTOIRE : XVIIe SIECLE

troupes papales en Valteline et employé comme diplomate. Il fut distingué par Richelieu, dont il devait continuer la politique, et devint nonce du pape en France, de 1034 à 1636. A partir de 1639, il ne servit plus que Louis XIII, qui le fit nommer cardinal (1041). A la mort du roi, Mazarin prit un grand ascendant sur la régente Anne d'Autriche ; il se débarrassa de la cabale des Importants, termina la guerre de Trente ans par le Traité de Westphalie (1648), mais vit commencer aussitôt les troubles de la Fronde, qui dégénérèrent bientôt en guerre civile. Obligé de se retirer à Cologne (1651), il continuait néanmoins de là à gouverner. Il revint en 1652, avec une petite armée, et opposa Turenne à Condé , qui avait abandonné le parti du roi, puis se retira de nouveau pour faciliter l'apaisement. A son retour, il fut tout-puissant, poussa vivement la guerre contre l'Espagne, ne dédaigna pas de s'alliera Cromwell et conclut avec l'Espagne le traité des Pyrénées (1659), qui réunissait à la France l'Artois, le Roussillon, etc.; l'infante Marie- Thérèse épousait Louis XIV. Mazarin avait aussi organisé la ligue du Rhin, qui assurait à la France un rôle prépondérant en Allemagne (1658). Il mourut en 1661.

Mancini. — Laurent Mancini, baron romain, beau-frère du cardinal Mazarin, eut 5 filles, toutes remarquables par leur esprit et leur beauté; elles firent de brillantes alliances. La 2e, Olympe, épousa le comte de Soissons, fils de Thomas de Savoie, et fut la mère du fameux prince Eugène. La 5e Marie-Anne, épousa le duc de Bouillon et protégea La Fontaine.

La Fronde. — Cette guerre civile commença par l'opposition du parlement aux édits bursaux de la cour (1648). Les parlementaires ne craignirent pas de résister aux troupes royales : ce fut la Vieille Fronde. La Jeune Fronde fut formée par les seigneurs, qui, après l'arrestation des princes (Condé, Conti, Longueville), entreprirent une nouvelle guerre. Elle dura jusqu'en 1653 et se termina par le triomphe de la royauté : le parlement et la noblesse furent réduits au silence; et le peuple, qui avait tant souffert de ces luttes intestines, accepta le régime autoritaire qui lui accordait enfin la paix.

Condé leGrand,nê à Paris (1621-1686J, connu d'abord sous le titre de duc d'Enyhien, prit rang parmi les grands capitaines de son siècle par ses victoires de Rocroy (1C>43), de Fribourg, de Nordlingen (1645), de Lens (1648). Lorsque la Fronde éclata, il se déclara d'abord pour la cour contre le parlement; puis se mit à la tète de la faction des Petits-Maîtres et fut arrêté par ordre de Mazarin (1650). Ce fut le signal de la guerre civile. Bien que délivré par Mazarin lui-même, Condé tenta de soulever le midi et chercha des alliances à l'étranger. Il fut vainqueur à Bléneau, mais arrêté par Turenne à Gien et écrasé au combat du faubourg Saint-Antoine (2 juillet 1052). Obligé de quitter Paris, après le massacre odieux commis à l'Hôtel de ville, il combattit contre la France dans les rangs des Espagnols, mais fut de nouveau arrêté par Turenne, à Arras et aux Dunes. On l'avait condamné à mort par contumace. Le traité des Pyrénées lui rendit ses biens et ses honneurs. En 1668, il fut chargé par Louis XIV d'occuper la Franche-Comté. En 107^, il prit part à la guerre de Hollande; il fut vainqueur à Seneffe (1074) et défendit l'Alsace après la mort de Turenne (1(575). Il finit ses jours dans la magnifique résidence de Chantilly, protégeant les lettres et les écrivains. Bossuet prononça son oraison funèbre (1087) (V. le P. Chérot, Trois éducations princières auXVII* siècle: legrand Condé, son /ils et son petit-fils 1890).

Retz (Paid de Gomli, cardinal de est le membre le plus connu de l'illustre famille des

Gondi. Né à Montmirail (1614-1679), il devint coadjuteur de l'archevêque de Paris, son oncle, en 1643, et se rendit populaire par ses aumônes. Pendant la Fronde, il se déclara contre Mazarin et joua un rôle important, fut enfermé en 1052, parvint à s'évader, mais ne rentra en France qu'après la mort de Mazarin. Il dut alors se démettre de l'archevêché de Paris, pour accepter en échange l'abbaye de Saint-Denis. Retiré à Saint-Mihiel (Lorraine), il écrivit ses Mémoires.

Louis XIV, le Grand, né à Saint-Germain (1638), mort à Versailles (1715), fils aîné de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, n'avait que 5 ans à la mort de son père (1643). Anne d'Autriche prit le pouvoir comme régente, mais donna toute l'autorité à Mazarin, qui tint les rênes de l'Etat jusqu'à sa mort (1661). Louis XIV dirigea alors lui-même le gouvernement pendant toute sa longue vie et réalisa la parole qu'on lui a prêtée : « L'Etat, c'est moi. » Les 25 premières années furent glorieuses au dedans et au dehors. Pendant qu'il admettait à ses conseils les Séyuier, les Letellier, les Louvois et surtout Colbert, il repoussait les prétentions de l'Angleterre, achetait à Charles II Dunkerque et Mardyck, secourait l'Autriche contre les Turcs, et les Portugais contre l'Espagne, envoyait ses vaisseaux contre les pirates d'Alger et de Tunis ou au secours de Candie. A la mort de Philippe IV (1665), il réclama une partie des Pays-Bas, et l'Espagne ne put lui résister ; mais la Triple alliance conclue à La Haye par la Hollande, l'Angleterre et la Suède proposa la paix, qui fut signée à Aix-la- Chapelle (1608). Louis XIV conserva la Flandre, mais rendit la Franche-Comté. En 1672, il se vengea des Hollandais et envahit leur pays. Vainement ceux-ci sollicitèrent une paix honorable. Alors ils mirent à leur tête Guillaume d'Orange, percèrent leurs digues et livrèrent leur pays à la mer plutôt qu'au roi ; ils excitèrent contre lui une puissante coalition. Grâce à des généraux tels que Condé, Turenne , Luxembourg, et à des marins tel que Duquesne, Louis XIV fut vainqueur partout et obtint, par le traité de Nimègue, la Franche-Comté et les places qu'il réclamait sur les frontières du Nord. Ce fut l'apogée de sa gloire, et la ville de Paris lui décerna le titre de Grand (1680). Louis XIV obtint encore, à prix d'argent, Strasbourg ( 1681). Mais il fit bombarder Gênes aussi bien qu'Alger ; il attaqua les droits spirituels du Saint-Siège par la célèbre Déclaration du. clergé (1082). Bientôt se forma contre lui la ligue d'Augsbourg, à laquelle Guillaume d'Orange, devenu roi d'Angleterre, donna une puissance redoutable. Dans cette nouvelle guerre, Louis XIV fut encore victorieux ; mais il dut signer la paix de Ryswick (1697), par laquelle il abandonnait ses conquêtes depuis Nimègue et reconnaissait le nouveau roi d'Angleterre. La succession du roi d'Espagne, Charles II, qui avait choisi pour son héritier universel le second des petits-fils de Louis XIV, Philippe, duc il' An jou, amena une nouvelle coalition et une nouvelle guerre (1700). La France, épuisée, subit alors de grands revers, expliqués aussi par l'habileté des généraux ennemis : le prince Eugène, Marlborough, etc., qui battirent les Chamillard, les Villeroy. Mais la bataille sanglante de Malplaquet (170'.)), la victoire de Denain (1712), remportée par Villars, à la tête de la dernière armée qui restait à la France, sans parler des événements accomplis en Angleterre et en Allemagne, amenèrent les traites d'Utrccht (1713) et de Rastadt (1714). La France conservait ses acquisitions, et Philippe V l'Espagne et ses colonies ; mais l'empire espagnol était démembré au profit de l'Autriche, de l'Angleterre et de la Savoie. Louis KIV mourut l'année suivante, après avoir exercé le pouvoir le plus absolu et le mieux accepté. On lui a reproché surtout la révocation de Vèdit de Santés

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