PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
(1685). Ses rigueurs contre les jansénistes sont plus faciles à justifier; Port-Royal l'ut détruit (1709). Louis XIV avait épousé Marie- Thérèse d'Autriche, qui mourut en 1C>83, laissant un fils, Louis, le Grand Dauphin, qui mourut en 1711, père du duc île Bourgogne, de Philippe, duc d'Anjou, et de Charles, duc de Berry. Louis XIV épousa alors secrètement M'"e de Maintenu», qui était digne d'ailleurs de cette haute fortune. Les liaisons qu'il eut dans sa jeunesse avec la duchesse de La Vallière et la marquise de Montespan ont diminué sa gloire. Il eut la douleur de survivre au duc de Bourgogne et de ne laisser pour héritier qu'un enfant. Sa mort fut admirable de résignation et de majesté (V. Emile Bourgeois, le Grand Siècle, Louis XIV, les arts, les idées, 1800; Ch. Gérin, Louis XIV et le Saint-Siège, L894, 2 vol.).
Mme de Maintenon. — L'influence de cette femme de grand mérite fut considérable pendant la seconde moitié du règne de Louis XIV. Née à Niort (1G35) et emmenée à la Martinique (1639), elle perdit son père de bonne heure, revint en France, fut confiée à Mme de Villette, sa tante, calviniste austère, puis aux Ursulines de Paris. Elles la convertirent, mais non sans peine ; et il semble que la piété sévère, mais froide, de Mme de Maintenon se soit toujours ressentie de sa première éducation. Elle épousa le poète Scarron, qui mourut en L660. Chargée par Louis XIV de l'éducation des enfants de Mme de Montespan (duc du Maine, comte de Toulouse), elle vint habiter la cour, 'lorsque ceux-ci eurent été reconnus (1673), et reçut la terre de Maintenon, érigée en marquisat. Elle rapprocha le roi de Marie-Thérèse et, après la mort de la reine (1683), fut épousée secrètement par le roi et traitée avec les mêmes égards, pour ainsi dire, que si elle avait été reine reconnue. On lui doit la fondation de la maison de Saint-Cyr, pour l'éducation de 250 demoiselles nobles et pauvres (1684). C'est pour cette maison, où elle aimait à se reposer des ennuis et des tracas de la cour, que Racine composa Atha/ie et Esther. Elle y mourut en 1719, laissant de nombreux écrits, dont plusieurs intéressent l'éducation. Ses Lettres sont pleines de sens et d'esprit.
La Chaise (le Père), jésuite, né au château d'Aix, en Forez ( 1624-170'.)), était neveu, par sa mère, du P. Cotton. 11 professa à Lyon et succéda au P. Ferrier, comme confesseur de Louis XIY (1675). Influent et discret, il fit faire de bons choix pour l'épiscopat. Il s'occupa beaucoup de la maison de Saint-Cyr. Numismate distingué, il décida Louis XIV à réorganiser l'Académie des Inscriptions (1701). On l'attaqua souvent dans des pamphlets. Il est l'auteur d'un cours de philosophie en latin (1661). Son nom est resté attaché au principal cimetière de Paris, créé sur l'emplacement d'une maison de campagne des jésuites.
Letellier (le Père), jésuite (1643-1719), fut le dernier confesseur de Louis XIV (1709-1715). Il contribua à la destruction de Port-Royal et à la ruine du jansénisme. Il avait été l'un des principaux rédacteurs du Journal de Trévoux. Il fut exilé à la mort de Louis XIV.
Hugues de Lionne, né à Grenoble (161 1-1671), neveu de Servien, s'attacha à Mazarin, fut ambassadeur à Rome (1655), à Madrid (1658), à Francfort, lors de l'élection de Léopold I. Il eut une grande part au traité des Pyrénées, fut chargé des affaires étrangères, à partir de 1661, et réussit dans toutes ses entreprises. Il a laissé des Mémoires très instructifs, mais diffus.
Séguier. — C'est le nom d'une célèbre famille de parlementaires, à laquelle appartenait Pierre Séguier (1588-1672), né à Paris, qui fut garde des sceaux en 1633, chancelier en 1635. Toujours fidèle à Mazarin, il dut céder les sceaux à Châteauncuf (1650), puis à Mole (1651-56); mais il les reprit
ensuite et les garda jusqu'à sa mort. Il présida la commission qui jugea Fouquet (1661-64). Il participa à la fondation del'Académie française, de l'Académie des inscriptions (1663) et de l'Académie de peinture (1664).
Lamoignon. — Cette famille, qui s'illustra dans la magistrature, était originaire du Nivernais. Guillaume de Lamoignon, né à Paris (1617- 1677), fut conseiller au parlement, maître des requêtes (1644), suivit la Vieille Fronde (1648), puis se rallia à la cour. A la mort de Bellièvre, il fut nommé premier président du parlement (1658). Il travailla, avec Colbert, etc., à réunir en un seul code toutes les lois françaises, mais sans y parvenir (V. Vian, les Lamoiqnon, une vieille famille de robe, 1897).
Letellier (Michel), né en 1603, mort en 1685, devint secrétaire d'Etat au département de la guerre, en 1643, et resta toujours dévoué à Mazarin. Il s'associa son fils Lourois et résigna ses fonctions en sa faveur (1666). Il devint chancelier en 1677, prit une grande part à la révocation de l'édit de Nantes (2 oct. 1685).
Louvois. — Le marquis de Louvois, né à Paris (1641-1691), succéda à son père Letellier, organisa l'armée royale, fonda des écoles, soumit les officiers kl'ordre du tableau, etc., et eut ainsi une grande part aux victoires de cette époque. On l'a accusé d'avoir jalousé Colbert et Turenne. On lui a reproché le bombardement de Gênes (1684), l'incendie du Palatinat (1689) et les Dragonnades. Il était sur le point d'être disgracié, quand il mourut d'une attaque d'apoplexie. Son fils, le comte de Barbejicux, lui succéda.
Colbert, marquis de Seignelay, né à Reims ( 1619-1683), était le neveu d'un négociant de Troyes. Il devint intendant de Mazarin, succéda à Fouquet comme contrôleur des finances, fut ministre de la marine, etc. Son ardeur infatigable et son génie administratif s'étendirent à tout : il rétablit l'ordre dans les finances, protégea l'agriculture et le commerce, développa merveilleusement l'industrie, organisa le commerce maritime, créa la marine militaire. En même temps il protégeait les lettres et les arts, élevait de nombreux monuments à Paris, fondait l'Ecole de Rome, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, celle des sciences, l'Observatoire, etc. Son influence fut prépondérante jusqu'en 1671, où prévalut celle de Louvois. Il fut impopulaire et on ne lui rendit justice qu'après sa mort.
Turenne, né à Sedan (1611-1675), était le 2e fils du duc de Bouillon et d'Elisabeth, fille de Guillaume I, prince d'Orange. Il fut élevé dans la religion protestante, mais revint plus tard, après de mûres réflexions, à la foi catholique (1668). Nommé colonel par Richelieu (1630), Turenne devint maréchal de camp en 1635, lieutenant-général en 1642, puis "maréchal. Il prit part à toutes les guerres de son temps et fut presque toujours victorieux. Pendant la Fronde, il combattit quelque temps du côté des Espagnols, fut battu à Réthel (1650), mais rentra bientôt dans le devoir. Pendant la Jeune Fronde, il sauva la cour à Jargeau, battit les princes près d'Etampes, vainquit Condé au combat du faubourg Saint-Antoine (1652) et ramena Louis XIV à Paris. Citons ensuite : ses belles campagnes dans le Nord (victoire des Dunes, en 1658, prise de Dunkerque) ; la guerre de Hollande, dont il eut la direction et pendant laquelle il poursuivit l'électeur de Brandebourg jusqu'à l'Elbe et le força à traiter (16)72-73) ; surtout la belle campagne d'Alsace (1674). En 1675, il avait tout préparé pour battre Montecuculli, quand il fut tué à Salzbach par un boulet de canon égaré (1675). Louis XIV le fit enterrer à Saint-Denis. Turenne fut regardé comme le plus habile capitaine de son temps et l'on ne peut dire qu'il ait été surpassé. Turenne a eu beaucoup
HISTOIRE : XVIIP SIIiCLK
d'historiens. L'un des plus récents est Georges Duruy.
Luxembourg (le maréchal de), né à Paris (1628-1695), fut l'un des grands hommes de guerre de son temps. Elève de Condé, dont il avait le coup d'œil et les inspirations sur le champ de bataille, il ne lui fut que trop fidèle jusqu'à la paix des Pyrénées. Il se distingua dans la guerre de Hollande ; puis Louvois l'impliqua dans des procès d'empoisonnement et le fit enfermer quelque temps à la Bastille. Mais Luxembourg lut au comble de la gloire lors de la guerre contre la ligue d'Augsbourg, après les victoires de Fleurus ( 1690), Steinkerque (1692), Neerwinden (1093). On le surnomma le Tapissier de Notre-Dame.
Vauban, né en 1633, mort en 1707, servit d'abord, à l'âge de 17 ans, dans l'armée de Condé, révolté contre l'autorité royale. Mazarin, discernant son mérite, le gagna à sa cause et le fit lieutenant. Vauban se distingua bientôt comme ingénieur et dirigea beaucoup de sièges dans la guerre d'Espagne, puis dans la guerre de Flandre, etc. Louvois se déclara son protecteur. Vauban obtint la création du corps des ingénieurs (1675) et entoura la France d'une admirable ceinture de forteresses ; il songea aussi à fortifier les côtes. Il travailla à 300 places fortes et en édifia 33 nouvelles. Il donna l'idée de créer V Ordre de Saint-Louis, dont il fut grand-croix (1693). Vauban ne fut pas seulement un ingénieur militaire incomparable. Il écrivit des mémoires pour demander le rétablissement de l'édit de Nantes. En économie politique, il proposait de remplacer la multitude des taxes par une contribution unique, celle du dixième au maximum du revenu en nature de toutes les terres et du revenu en argent (1707). Mais son idée fut mal accueillie de Louis XIV et son livre, Projet d'une dîme royale, fut confisqué par arrêt du parlement. Il a laissé de nombreux ouvrages.
(Marins français.)
Duquesne, né à Dieppe (1610-1088), était fils d'un capitaine de vaisseau. En 1635, il commandait une galère et contribuait à reprendre aux Espagnols les îles Lérins (1(537). A la mort de Richelieu, il servit la Suède et vainquit les Danois, commandés par Christian IV. Rappelé en France (1646), il battit les Anglais et les Espagnols, qui portaient secours aux Bordelais révoltés. Il aida Colbert dans la réorganisation de la marine, battit la flotte espagnole sur les côtes de Sicile, et Ruyter près de Messine (1076), purgea des pirates la Méditerranée, battit la flotte de Tripoli (1681), bombard&deux fois Alger et obligea le dey à rendre tous les esclaves chrétiens (1682-83). Sur l'ordre du roi, il dut aussi bombarder Gènes (1684). Etant protestant, il no put obtenir le titre d'amiral. Mais on ne l'inquiéta point, après la révocation de l'édit de Nantes, et il fut môme créé marquis.
Tourville (le comte de), né à Paris (1642-1701), entra à 12 ans dans l'ordre de Malte. Créé capitaine de vaisseau (1667) par Louis XIV, il se distingua sous Duquesne et lui succéda à la tête des flottes françaises. Il perdit, en 1692, la bataille de la Hougue, qu'il dut livrer par ordre de Louis XIV, contre un ennemi bien supérieur en nombre; mais il fit l'année suivante une belle campagne navale, détruisit en partie la flotte marchande de Smyrne dans la baie de Lagos, et fit perdre à l'Angleterre plus de 80 bâtiments et de 36 millions.
Jean Bart, né à Dunkerque (1651-1702), était fils d'un pêcheur. Il servit quelque temps sous Ruyter dans la marine hollandaise, puis se distingua si bien comme corsaire que Louis XIV le créa capitaine de vaisseau. Sa vie n'est qu'un tissu d'actions héroïques. Il parvint au grade de chef d'escadre et reçut des lettres de noblesse.
(Canada français.)
Champlain! Samuel ae), né àBrouage, petit port de la Charente (1570 ou 1507-1035), fit un premier voyage au Canada et en publia un récit curieux. Dans un 2e voyage, il visita l'Acadie (1604-1607). Dans un 3e, il fonda Québec (1608), découvrit le lac Champlain et une partie des grands lacs, explora l'Ontario, s'allia avec les Hurons, qui étaient en guerre avec les Iroquois. Il fut nommé gouverneur de la colonie (1633) et mérita, par sa foi et son patriotisme éclairés, le titre de l'ère de la Nouvelle-France. Les Anglais l'obligèrent à capituler dans Québec, en 1029. Mais Richelieu obtint la restitution du Canada à la France par le traité de Saint-Germain (1032). (V. Eug. Guérin, Histoire de la colonisation française. La Nouvelle- France, 1890: Dionne, Samuel Champlain, fondateur de Québec et père delà Nouvel le- France, Québec, 1891 et suiv. ; le même, la Nouvelle- France, de Cartier à Champlain).
Nicolet (Jean), intrépide voyageur, né vers 1598, mort en 1042, vint au Canada en 1 C> 1 <S , vécut dans l'Ouest et pénétra jusqu'au Wisconsin,fit connaître vaguement le Mississipi (1034) et découvrit le lac Michigan. Il fut interprète aux Trois-Rivières et commissaire des Cent-Associès à Québec. Cette compagnie, formée par Richelieu en 1027, avec de grands privilèges, fit peu de chose pour la colonie et abdiqua en 1033.
Jogues (le Père), jésuite, fut l'un des nombreux missionnaires qui contribuèrent si puissamment à la création du Canada français, il arriva dans la colonie en 1630 et fut affreusement mutilé par les Iroquois, qui l'avaient fait prisonnier en 1042. Le commandant du fort Orange obtint sa liberté et le fit passer en France ; mais l'ardent missionnaire revint la même année et visita les Iroquois, où il fut massacré (1646). Son zèle pour la conversion des sauvages et son héroïsme excitèrent l'admiration universelle. Il avait découvert le lac George, qu'il nomma lac du Saint-Sacrement.
Brébeuf (le Père), jésuite, né en 1593, arriva au Canada en 1625, fut missionnaire chez les Hurons, dont il apprit parfaitement la langue, et convertit 7,000 d'entre eux pendant 15 années de missions. Il fut pris par les Iroquois et martyrisé au milieu des plus horribles tourments, à la bourgade Saint-Louis, 1049. (V. le P. Rouvier, Au berceau de Vautre France, le Canada 1895.)
Marquette Ile Père), jésuite, né en 1037, missionnaire au Canada en 1000, évangélisa les Outaouais (1668), puis les Hurons (1669). Avec Jolliet, il découvrit le Mississipi, dont il prépara une carte (1073), et mourut deux ans après, tout occupé à son ministère sur les bords de la rivière qui porte son nom (Michigan).
Laval-Montmorency (François de), né en 1022, vicaire apostolique de la Nouvelle-France (1658), arriva à Québec en 1059, fondale séminaire de Québec (1003), fut nommé évêque de cette ville (1074) et se retira en 1088. Il mourut au séminaire de Québec en 1708; il a été dèclarèVénérable en 1891 . Il s'était opposé de toutes ses forces à la traite de l'eau-de-vie, si funeste pour les Indiens.
De Queylus. — Gabriel de Queylus, prêtre de Saint-Sulpice, fut envoyé au Canada par M. Olier et fut le premier supérieur du séminaire de Montréal (1057). A la suite de quelques démêlés avec Mgr de Laval, il fut rappelé en France (1661). 11 revint au Canada en 1008. (V. l'abbé Casgrain, les Sulpiciens et les prêtres des missions étrangères en Acadie, 1070-1702, Québec, 1897.) (Gouvernement, armée.)
Tracy (le marquis de), lieutenant-général pour le roi de toutes les possessions françaises en Amérique (1003), n'arriva au Canada qu'en 1605. Il fit élever les forts de Sorel, de Chambly, de Sainte-