PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
qui furent provoquées par ses témérités de conduite, plus encore que par ses idées elles-mêmes, Galilée fut toujours entouré de grands égards ; il vécut comblé de biens et d'honneurs. Longtemps tenues en échec, les idées coperniciennes s'accréditèrent cependant, à mesure que la science progressait; les malentendus et les préjugés se dissipèrent, on comprit enfin généralement que ces questions étaient étrangères à la foi plus encore qu'à la philosophie elle-même, et, lorsque se produisirent les découvertes de Newton, la victoire du nouveau système fut complète. Galilée prépara les travaux de Newton; il construisit en 1609 le premier télescope, avec lequel il observa la surface de la lune, les nébuleuses, les satellites de Jupiter. Devenu aveugle en 1636, il continua néanmoins ses travaux jusqu'au dernier jour, aidé par Torricelli et ses autres disciples. — Beaucoup d'écrivains ont étudié la question du procès de Galilée, entre autres H. de l'Epinois : Les pièces du procès de Galilée, 1877.
Picard, né à La Flèche (1620-1682), prêtre et membre de l'Académie des sciences dès sa fondation (1666), remplaça Gassendi (v. ce mot) au Collège de France (1655) et contribua à la construction de l'Observatoire. Il mesura avec une parfaite exactitude un degré du méridien.
Newton (1642-1727) était fils d'un fermier du comté de Lincoln. Il montra de bonne heure ses aptitudes scientifiques et fut envoyé à Cambridge, où il surpassa bientôt ses maîtres et fit, à peine âgé de 20 ans, ses plus grandes découvertes en mathématiques. A 24 ans, il eut la première idée de la gravitation universelle. Citons encore sa découverte de la décomposition de la lumière et celle des principales lois de l'optique. On dit qu'en 1692 sa raison fut troublée pendant quelque temps, par , suite d'une trop grande contention d'esprit ou d'un incendie qui consuma une partie de ses manuscrits. Il ne fit plus dès lors aucun travail original. On lui demandait un jour comment il avait découvert la loi de la gravitation universelle. — En y pensant toujours, répondit-il. En philosophie naturelle, la gravitation fut opposée bientôt à l'hypothèse des tourbillons imaginée par Descartes et la supplanta, après de vifs débats entre les savants. Comme métaphysicien, Newtonadopta cette opinion singulière, que l'espace est le sensorium de Dieu, et cette autre, si peu rationnelle, que Dieu doit intervenir pour rétablir ou sauvegarder l'ordre naturel des choses, primitivement établi par lui dans l'univers. Néanmoins, Newton est justement cité parmi les savants chrétiens, car il manifesta hautement ses croyances et son respect absolu pour la divinité. (V. Valson, les Savants illustres du XVIe et du XVII" siècle).
Mariotte, né en Bourgogne, vers 1620, mort en 1684, fut prieur de Saint-Martin-sous-Beaune et membre de l'Académie des sciences, dès sa fondation. Il est l'un des créateurs de la physique expérimentale. Il étudia en particulier les lois du choc des corps, de la lumière, du mouvement des eaux, et formula sur la densité des gaz une loi qui porte son nom, mais qu'on a dû rectifier depuis.
Papin, né à Blois (1647-1714), étudia la médecine à Paris et enseigna les mathématiques à Marbourg, où il se réfugia après la révocation de l'édit de Nantes. Mais il est célèbre surtout par ses découvertes en physique. Il imagina la première machine à vapeur à piston ; il inventa aussi le diesteur ou mur mite de Papin, destiné à extraire a gélatine des os.
(Ingénieur.)
Riquet, né à Béziers (1604-1680), courut le projet de joindre par un canal l'Océan à la Méditerranée. Protégé par Colbert, il exécuta à ses frais
cette grande entreprise, qui fut dirigée par l'ingénieur Andrèossi.
(Industriel.)
Gobelins. — Le chef de cette famille était Jehan Gobelin, teinturier célèbre, qui vint s'établir à Paris sur les bords de la Bièvre (1450) et acquit une grande fortune. En 1662, Colbert acheta à ses descendants l'Hôtel des Gobelins et y établit la célèbre manufacture royale de tapis, connue depuis lors sous le nom des Gobelins.
(Agronome.)
La Quintinie, né à Chabanais, dans l'Angoumois (1626-1688), d'abord avocat à Paris, étudia l'agriculture et se fit une réputation méritée. Appelé par Louis XIV pour créer à Versailles un vaste potager, il réussit (1678-1683), et fut nommé, en 1687, directeur général des jardins fruitiers et potagers des maisons royales. Il a écrit : Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ; Traité des orangers.
(Histoire.)
Duchesne (André), né à l'Isle-Bouchard (1584- 1640), géographe et historiographe de Louis XIII, a laissé beaucoup d'ouvrages qui intéressent notre histoire nationale et a mérité d'être surnommé le Père de l'Histoire île France — Son fils François (1616-1693) a publié l'Histoire des chanceliers de France (oeuvre de son père).
Bollandus, bollandistes . — Le jésuite Bollandus, né à Tirlemont (1596-1665), a laissé son nom à tous les savants de son ordre de la maison professe d'Anvers qui, après lui, ont travaillé à la grande collection des Vies des saints (Acta Sanctorum) pour tous les jours de l'année. Plusieurs fois interrompue, cette œuvre, qui formait déjà 53vol. in-folio en 1794, a été continuée parles jésuites sous les auspices du gouvernement belge. Le directeur actuel du collège des Bollandistes, est le R. P. de Smedt.
Labbe (le Père), jésuite, né à Bourges (1607- 1667), se livra à d'immenses travaux d'érudition. On cite surtout sa Collection des Conciles (37 vol.).
Daniel (le Père), jésuite, né à Rouen (1649- 1728), est connu surtout par son Histoire de France (17 vol. in-4, 1713), qui lui valut le titre d'historiographe du roi et une pension de 2.000 livres. Mais il écrivit aussi des ouvrages de philosophie et combattit Descartes et Pascal.
Mézeray, né près d'Argentan (1610-1683), commissaire des guerres en Flandre, publia une Histoire de France (1643-1651, 3 vol. in-folio), qui eut beaucoup de succès. Le roi le nomma son historiographe. S'étant exprimé avec trop de sévérité sur l'origine de l'impôt, il fut rayé par Colbert de la liste des pensionnés. Mézeray succéda à Conrart comme secrétaire perpétuel de l'Académie.
Mabillon, né près de Reims (1632-1707), bénédictin de Saint-Germain-des-Prés, publia les Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti (1668-1701, 9 vol in-folio). Il s'acquittait en même temps de diverses missions bibliographiques, en France, en Suisse, en Allemagne, en Italie. On lui doit encore ; De re diplomatica ; Traité des études monastiques, etc. Il travaillait aux Annales de son ordre, quand il mourut. Sa Vie a été écrite de nouveau par le P. Baeumer (Augsbourg 1892). Voir aussi la thèse de l'abbé Didio sur la querelle de Mabillon avec l'abbé de Rancé.
Tillemont, né à Paris (1637-1698), fut élevé à Port-Royal et ordonné prêtre en 1676. Ses travaux historiques portent surtout sur les six premiers siècles de l'Eglise. Citons aussi une Vie de S. Louis (recueil de matériaux).
Godefroy (Théodore), fils de Denis Godefroy (v. le siècle précédent), né à Genève (1580-1640), abjura le calvinisme et devint historiographe de France (1617). Il est l'auteur de nombreux travaux.
HISTOIRE : XVIIIe SIECLE
— Son fils Denis, né à Paris (1615-1681), fut historiographe de France dès 1640 et laissa également des œuvres remarquables.
Sainte-Marthe . — C'est le nom d'une autre famille d'érudits. L'un d'eux, Albert-Louis de Sainte-Marthe, né à Paris (1620-1697), orato rien, acheva, revit et publia la Gallia christiana — Un autre, Denis de Sainte-Marthe, né à Paris (1650-1725), bénédictin, se distingua par ses ouvrages d'érudition et de controverse : Traité de la confession contre les calvinistes ; Vie de Cassiodore ; Histoire de S. Grégoire le Grand, etc.
Hozier (Pierre d'),nê à Marseille (1592-1660), nommé conseiller d'Etat en 1654, est regardé comme le créateur de la science généalogique. Il fut juge d'armes sous Louis XIV. On a de lui : Généalogie des principales familles de France, etc. — Son fils, Charles-René (1640-1732), fat généalogiste de la maison du roi — Le neveu et le petit-neveu du précédent laissèrent, sur les mêmes matières, des ouvrages estimés.
Ménestrier (le Père), jésuite, né à Lyon (1631- 1705), écrivit, dit-on, plus de 150 ouvrages, qui intéressent l'histoire : la Nouvelle Méthode raisonnée du blason, souvent réimprimée ; Histoire consulaire de la ville de Lyon ; Histoire de Louis le Grand par les médailles, emblèmes, devises, jetons, etc.
Fleury (l'abbé), né à Paris (1640-1723), fut adjoint à Fénelon dans l'éducation des petits-fils de Louis XIV (1689) et fut confesseur du jeune Louis XV. 11 entra à l'Académie en 1696. Il est connu surtout par son Histoire ecclésiastique, qui s'arrête à l'année 1414 : elle est entachée de gal-
licanisme. On lui doit aussi : Histoire du droit français ; Mœurs des Israélites ; Grand Catéchisme historique, etc.
( Voyageurs, m ission n a ires. )
Tavernier, né à Paris (1605-1689), parcourut l'Europe, alla en Perse et en rapporta des pierres fines et des tissus qu'il vendit avec de grands bénéfices. Il fit cinq autres voyages en Asie, toujours fructueux, mais se ruina ensuite. Il se préparait à un nouveau voyage, quand il mourut à Copenhague. Ses Voyages ont été rédigés par la Chapelle et Chappuzeau (1679, 3 vol. in-4).
Chardin, né à Paris (1643-1713), fils d'un riche joailler protestant, fit plusieurs voyages en Perse et aux Indes, séjourna 4 ans en Perse, réalisa une grande fortune, revint en Europe par le Cap et se retira en Angleterre. 11 publia le Journal de ses voyages (1711, 3 vol. in-4 avec figures).
Hennepin, missionnaire récollet, natif du Hainaut (1640-1700), partit pour le Canada (1675) et accompagna Lasale, avec lequel il découvrit le Mississipi. Il a laissé : Description de la Louisiane (1683), etc.
Lasale, né à Rouen (vers 1640-1687), se rendit au Canada, dès 1668, pour faire le commerce des fourrures. Encouragé par les découvertes du P. Marquette, il obtint une commission pour explorer les contrées voisines du Mississipi (1678) et descendit le grand fleuve jusqu'à la mer. Il prit possession, au nom de la France, des pays découverts, qu'il appela Louisiane. Il regagna le Canada en remontant le fleuve. Dans un second voyage, il fut abandonné par une partie de ses compagnons et assassiné.
QUINZIEME SERIE. — XVIIIe siècle.
Ordre logique des Noms.
a) Eglise : Innocent XIII. Benoît XIII. Clément XII. Benoît XIV. Clément XIII. Clément XIV. Pie VI — Alphonse de Liguori. Christophe de Beaumont. Belsunce. Cochin. Benoit- Joseph Labre.
b) France : Louis XV. Louis, dauphin. Marie- Leczinska (v. Stanislas Leczinski). Montausier. Philippe II d'Orléans ou le Régent. La Régence. Les Roués. Cellamare. Quadruple alliance. Pacte de famille. Pacte de famine. Cardinaux Dubois, de Polignac, de Fleury, de Tencin, de Bernis. D'Argenson. Ducs de Choiseul, d'Aiguillon. De Maurepas. D'Aguesseau. Lamoignon. Maupeou. La Chalotais. Law. De Silhouette. Trudaine.Terray. Paris-Duverney. De Sartine. Lenoir. De Pompadour. Du Barry. Latude. — Damions. Cartouche. Mandrin — Calas.
Guerre de sept ans. Maréchal de Saxe. Belle-Isle. Richelieu. Broglie.Clermont-Tonnerre. Lowendahl. Coigny. Chevert. Marbeuf. Contades. Soubise. D'Assas — Paoli. Neuhof. Maillebois.
Marine et colonies : Vauquelin. La Motte- Piquet. La (iallissonnière. Dupleix. Suflren — Lally- Tollendal. La Bourdonnais.
Canada et Louisiane : Bienville. Vaudreuil. Montcalm. Lévis. Vauquelin. Pontiac.
c) Louis XVI, XVII. Marie- Antoinette. Mme Elisabeth. Mme Adélaïde. Edgeworth de Firmont. Cléry. Drouet (v. Tronchet). Malesherbes. De Sèze. Chauveau-Lagarde. Tronson du Coudray. Card. deRohan. Vergennes. Turgot. Necker. Calonne. Loménie de Brienne. Saint-Germain. Bertrand de Molleville. Dreux-Brézé. Bouille — Philippe-Egalité.
De Ségur. D'Estaing. Rochambeau. La Fayette.
d) La Révolution. Assemblée Constituante. Législative. lre République. Convention. Commune. Tribunal révolutionnaire. Comité de Salut public. La Terreur. Loi des suspects. Conseil des Cinq-
Cents. Conseil des Anciens. Directoire. Les Incroyables.
Journée du 14 juillet 1789. Launay. Flesselles — Fêtes de la Fédération — Journées de septembre. De Lamballe. De Sombreuil — Journée du 9 thermidor. Compagnies de Jéhu — Journée du 1er prairial. Féraud — Journée du 13 vendémiaire — Dixhuit fructidor — Dix-huit brumaire.
Mirabeau. Bailly. Thouret. Lameth. Barnave. Abbés Grégoire, Sieyès (v. Talleyrand). Maury. Cazalès. Duport. Guillotin. Lamourette. Mounier.
e) Clubs des Jacobins, des Cordeliers, des Feuillants. La Montagne. Marat — Charlotte Corday.
Girondins : Brissot. Buzot. Ducos. Fonfrède. Guadet. Gensonné. Rabaut-Saint-Etienne. Valazé. Vergniaud. Isnard. Roland (v. Condorcet). Barbaroux. Pétion. Fauchet. Manuel.
Santerre. Lepelletier. Paris. Danton. Fabre d'Eglantine. Camille Desmoulins. Hérault de Séchelles. Robespierre. Couthon. Saint-.Iust. Hébert. Chaumette. Henriot. Jourdan Coupe-Tête. Fouquier-Tinville. Carrier (v. Fouché). Lebon. Billaud- Varennes. Collot d'IIerbois.
f) Boissy d'Anglas. Lanjuinais. Amar. Barère Cambon (v. Daunou.Dupuis. Lakanal. Garât). Merlin de Douai. Merlin de Thionville. Pache. Prieur de la Côte-d'Or. Prieur delà Marne. Tallien. Rewbel. Barras. Ducos. Gohier. La Revellière-Lepeaux. Carnot. Letourneur. Dubois de Crancé. Shérer — Babeuf.
Généraux, etc. : Beaurepairc. Dampierre. Luckner. Custinc. Westermann. Dumouricz. Dugommier. Marceau. Hoche. Renaudin.
La Chouannerie. Guerres de la Vendée .'Bonchamp. Cathelineau. Lescure. La Rochejacquelin. Charette. Stofflet. Frotté — Morand. Jordan. — Emigrés : prince de Condé. Duc d'Enghien.