PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
die, et un Abrège de l'histoire de Port-Royal (1693). Il rédigea aussi, à la demande de Mmc de Maintenon, un Mémoire sur lu m itère du peuple ; mais cet écrit déplut à Louis XIV, et Racine ne survécut pas à cette disgrâce. Son Discours de réception à l'Académie est un modèle du genre (1673). Ses Lettres familières plaisent par le sentiment et le naturel. (V. Larroumet, Racine.)
(Poètes étrangers.)
Gongora, né Cordoue (1561-1627), se fit connaître de bonne heure par ses poésies, ses ballades, etc. Il reçut les ordres à 45 ans et obtint le titre d'aumônier de Philippe III. Ses comédies furent à la mode. Il avait adopté le genre précieux et il fit école en Espagne et en France (v. gongorisme.)
Lope de Vega, né à Madrid (1562-1635), mena la vie la plus agitée, servit dans l'Invincible Armada, courut les aventures, se maria deux l'ois, puis entra dans les ordres (1609) et lut chapelain de Saint-François. C'est alors surtout qu'il multiplia ses œuvres poétiques et littéraires qui lui valurent son immense renommée. Son théâtre ne compterait pas moins de 1.800 pièces. Il faut y ajouter de longs ]ioèmes. tels que la Jérusalem conquise, les Triomphes divins, des romans, etc,
Milton, né à Londres (1608-1674), fils d'un notaire, composa d'abord de petits poèmes en latin et en anglais, voyagea en France et en Italie et devint secrétaire de Cromwell. Après la mort du Protecteur, il combattit la restauration des Stuarts. Devenu aveugle (1652), il écrivit le l 'a radis perdu, puis le Paradis retrouvé. C'est le premier de ces poèmes qui lui a valu sa gloire. On lui doit encore : un Dictionnaire latin, un Abrégé de l'Histoire d'Angleterre, la tragédie de Samson, un traité de Logique, etc.
( Acteurs, etc.,)
Champmeslé (la), de son vrai nom Marie Desmares, née à Rouen (1641-1698), était la petite-fille d'un président au parlement. Elle brilla comme actrice ; elle s'était laissée former par les leçons de Racine. — Son mari, Charles Chevillet, sieur de Champmeslé, réussit comme acteur comique et composa, seul ou avec La Fontaine, plusieurs pièces amusantes.
(Artistes.)
Callot, peintre et graveur, né à Nancy (1592- 1635), était fils d'un gentilhomme lorrain. 11 s'enfuit en Italie, pour y aller étudier les arts, fut protégé par le duc de Florence, et rentra ensuite dans sa patrie. Il fut grand peintre de mœurs ; il doit surtout sa célébrité à ses gravures à l'eau-forte : paires, Supplices, Misères de la i/uerre.
Vouet, né à Paris (1590-1649),' était fils d'un peintre médiocre. Mais il passa 15 ans en Italie (1612-1627). Louis XIII le fit rentrer en France, le nomma son premier peintre et lui donna un logement au Louvre. Vouet devint comme le surintendant des beaux-arts et prodigua ses œuvres dans les églises, les hôtels et les châteaux. Il a fondé la grande école de peinture du XVIIe siècle : Le Sueur, Le Brun, Mignard furent ses élèves. On lui a reproché sa jalousie à l'égard de Poussin.
Poussin, né aux Andelys (1594-1665) et mort à Rome, est regardé, après Vouet, comme le chef de l'ancienne école française de peinture, bien qu'il n'ait pas formé d'élèves. Quoique très pauvre, il put se rendre à Home, où il porta son art à la perfection. Louis XIII le rappela en France (1640), où il reçut, avec le titre de premier peintre du roi, une pension de 3,000 livres, un logement aux Tuileries, etc. Découlé par les tracasseries de ses rivaux, il retourna à Rome, en 1042. 11 a laissé plus de 3U0 ouvrages. Citons : le Déluge, les Bergers
d'Arcadie, Moïse sauve des eaux, les Sept Sacrements. On a de lui aussi des Lettres intéressantes.
Mignard. — C'est le nom de 2 frères peintres. Pierre, le plus célèbre, né à Troyes (1610-1695), passa 22 ans en Italie. Il fonda sa réputation par un portrait de Louis XIV et fut chargé de décorer la coupole du Val-de-Grâce (1658-1664). Rival de Le Brun, il dirigea après lui l'Académie de peinture (1690). On a reproché à ses portraits l'affectation, appelée de son nom mignardise.
Le Sueur, né à Paris (1617-1655), mérita le titre de Raphaël français. Un duel le força à se réfugier au couvent des Chartreux du Luxembourg. 11 y peignit la Vie de S. Bruno en 22 tableaux. Ayant perdu sa femme, il s'y retira, y mourut et fut enterré à Saint-Etienne-du-Mont.
Le Brun, né à Paris (1619-1090), élève de Vouet, se perfectionna à Rome, sous la direction de Poussin. Louis XIV le nomma son premier peintre (1064), directeur des Gobelins et de l'Académie de peinture. Le Brun exerça bientôt une sorte de dictature, qui parut souvent dure et orgueilleuse. On lui doit la décoration de Versailles, à laquelle il consacra 14 ans. Il s'exerça aussi dans la gravure à l'eau-forte. Ses piincipales œuvres sont, avec la galerie du palais de Versailles, représentant les événements du règne, les Victoires d Alexandre et la Clémence d' Alexandre envers la famille de Darius (Louvre). Ses compositions sont riches, mais on lui a reproché un dessin lourd et un coloris faible. Le Brun abuse aussi de l'allégorie et de la mythologie. Il a écrit : Conférences sur l'expression des différents caractères des passions (1667); Traité de la physionomie.
Girardon, né â Troyes (1628-1715), laissa l'étude de procureur où son père l'avait placé et, grâce au chancelier Séguier, alla étudier à Rome. De retour en France (1652), il fut protégé par Colbert. A la mort de Le Brun, il devint inspecteur général des ouvrages de sculpture. On lui doit la Fontaine des Pyramides, les sculptures du bassin de Neptune, â Versailles, etc.
Coysevox, sculpteur, né à Lyon (1040- 1 720), mais originaire d'Espagne, travailla aux embellissements de Versailles, des Tuileries, des Invalides, etc. Il décora de ses statues Marly, Chantilly, les tombeaux de personnages illustres. Il fit les bustes des célébrités de son temps. On loue la puissance de son génie et sa facilité d'exécution.
Perrault (Claude), né à Paris (1013-1688), architecte, mathématicien, physicien, physiologiste et philosophe, s'est distingué surtout en élevant la fameuse colonnade du Louvre (1666-1670) et en construisant l'Observatoire ; il travailla aussi au château et au parc de Versailles. On lui doit une traduction de Vitruve, qui lui donna le goût de l'architecture. En philosophie, il combattit le mécanisme de Descartes et professa un animisme analogue à celui de Stahl.
Mansard (François), architecte, né à Paris (1598-1066), construisit le château de Maisons. On lui attribue l'invention des toits brisés et des mansardes qu'ils recouvrent. — Son petit-neveu et élève Jules Hardouin, né à Paris (1040-1708), devint surintendant des bâtiments et architecte de Louis XIV. Sans parler des châteaux de Marly, de Dampierre, de Lunéville, on lui doit le palais de Versailles, dont la chapelle est un chef-d'œuvre, le dôme et la chapelle des Invalides, le grand Trianon et les orangeries, la maison de Saint-Cyr, etc.
Le Nôtre, né à Paris (1613-1700), étudia la peinture et succéda à son père, qui était intendant des jardins des Tuileries. Louis XIV lui confia la direction de tous ses parcs et jardins. Il dessina les parcs de Versailles, de Trianon, de Saint-Cloud, le jardin des Tuileries, etc.
HISTOIRE : XVIIe SIÈCLE
(Artistes étrangers : hollandais.)
Rubens, né peut-être à Anvers (1577-1640), céda bientôt à sa vocation pour la peinture et visita l'Italie (1000), où il acquit une grande réputation. De retour en Flandre (1610), il fut appelé à Bruxelles par l'archiduc Albert, qui le combla d'honneurs, puis à Paris par Marie de Médicis. Il habitait ordinairement Anvers, dont il enrichit les églises de chefs-d'œuvre. Il orna de ses peintures le palais du Luxembourg (1020). Sa facilité était prodigieuse : plus de 1300 de ses œuvres ont été reproduites par la gravure. Citons : la Descente de croix (cathédrale d'Anvers); les Quatre Evangclistes (Jacobins d'Anvers) ; le Crucifiement de S. Pierre (Cologne) ; le Christ foudroyant l'hérésie; le Prophète Elie ; Y Adorât ion des Mages ; la Fuite en Egypte. Ces 3 derniers tableaux sont à Paris. On admire, chez Rubens, l'«nthousiasme de la composition, la magie de la couleur et le grandiose de l'effet. Il forma un grand nombre d'élèves : Van Dych, Jordaens, Téniers, etc.
Rembrandt né à Leyde (1608-1669), travailla à Amsterdam et à Harlem. Il s'appliqua surtout à peindre les effets de lumière, à exprimer le contraste du jour et de l'obscurité. Ses chefs-d'œuvre le placent au premier rang des peintres hollandais. Citons : Tobie et sa famille, le Samaritain, les Pèlerins d'Emmaûs, la Ronde, de nuit, les Deux Philosophes (Louvre). Comme graveur à l'eau-forte, Rembrandt est incomparable.
Téniers le Vieux, né à Anvers (1582-1649), étudia sous Rubens. Il a peint de petites scènes pleines de gaieté, des groupes villageois, des buveurs, etc. — Son fils, dit le Jeune, né à Anvers (1010-1685), devint directeur de l'Académie d'Anvers (10)44). Il peignait avec une extrême facilité et acquit une grande fortune. On lui doit des kermesses, des intérieurs de cabarets, des scènes villageoises, où il excelle par l'art de la composition et la finesse de l'exécution.
(Italiens.)
Le Guide, peintre de l'école bolonaise, né près de Bologne (1575-1042), eut pour maîtres les Carrache. Ses œuvres se distinguent par l'élégance de la composition, la correction du dessin, la grâce de la touche. Ses succès et la protection de Paul V excitèrent contre lui de vives jalousies. La passion du jeu le perdit et il mourut dans la misère.
Bernini. dit le cavalier Bernin, né à Naples (1598-1000), se livra à la peinture, à la sculpture et à l'architecture. Il excella surtout en celle-ci ; ses autres œuvres annoncent plutôt la décadence de l'art. Les papes et Louis XIV le comblèrent d'honneurs. On lui doit la colonnade de la place Saint- Pierre à Rome.
(Espagnol.)
Murillo. né à Séville (10)17-1082). étudia sous Vèlasquez, qui lui fournit les moyens d'aller dans les Pays-Bas étudier les maîtres de l'école hollandaise. De retour à Séville, en 1045, il produisit bientôt des chefs-d'œuvre, qui le placent à la tête des peintres de sa nation. Citons son Assomption (Louvre), la Conception immaculée de la Vierge. Il peignait à Cadix les Fiançailles de sainte Caiherine, quand l'échafaudage sur lequel il travaillait s'écroula. Il mourut des suites de cette chute.
(Musique.)
Lulli, né à Florence (1633-1687), fut employé d'abord dans les cuisines de Mlk' de Mohtpensier, puis admis au nombre de ses musiciens. Il composa des airs qui plurent à Louis XIV, réussit dans les ballets ou mascarades, devint surintendant de la musique du roi (1661) et épousa la fille unique de Michel Lambert. Lié avec Molière, il composa la musique de la Princesse d'Elide, de Pourceaugnac, du Bourgeois gentilhomme etc. et créa
l'opéra français. Il composa une vingtaine de tragédies lyriques.
(Savants : médecins, etc.)
La Brosse (Guy de), médecin de Louis XIII, conseilla la création du .Jardin des plantes, dont il fut le premier intendant. 11 mourut en 1041. On a de lui : De la nature, vertu et utilité des plantes, etc.
Fagon, né à Paris (1038-1718), fut médecin de Marie-Thérèse et de Louis XIV. Il devint surintendant du Jardin royal (1698) et entra à l'Académie des sciences (1099). On a de lui : les Qualités du quinquina.
Van Helmont. — Chez les deux Van Helmont, continuateurs des Paracelse et des Cardan, la science s'allie à la superstition. J.-B. Van Helmont (1577-1044), médecin et chimiste, mourut dans le sein de l'Eglise, après avoir mené une vie remplie de vicissitudes et rétracté quelques erreurs incompatibles avec la foi. Il était né à Bruxelles, de deux anciennes familles, les Mérode et les Stassart. Il professa d'abord la chirurgie à Louvain, puis s'adonna à la science hermétique et prétendit être instruit par Dieu même, dans l'extase. Il arriva à se persuader que toute la nature est intelligente et animée; mais, au lieu de ne voir partout qu'une seule âme, ce qui entraîne le panthéisme, il multipliait les agents spirituels et admettait un Dieu créateur, distinct de l'univers. — Son fils François- Mercure (1618-1699), étudia la médecine comme son père et enrichit son esprit d'une foule d'autres connaissances, théoriques et pratiques. 11 voyagea beaucoup, à la suite d'une troupe de bohémiens, dont il voulait apprendre la langue, et fut même arrêté à Rome (1002), pour quelques propos tenus sur la métempsycose. L'année suivante, de retour en Allemagne, il prit part à la publication de la Cabale dévoilée; il visita ensuite la Hollande et l'Angleterre, où le retint quelques années la comtesse de Cannoway; il revint en Allemagne et mourut à Berlin. F. -M. Van Helmont se flattait d'avoir trouvé la pierre philosophale et l'élixir de longue vie. Son mysticisme est plus extravagant que celui de son père ; il contient un illuminisme et un panthéisme beaucoup plus prononcés.
Harvey, né à Folkstone (15781057), médecin du roi d'Angleterre Jacques I, découvrit la circulation du sang et exposa sa découverte clans un ouvrage intitulé : Exercitatio anatomica de nm/ii cordis et sanguinis (1628).
Tournefort, né à. Aix en Provence (1656-1708), étudia la médecine à Montpellier; mais il est célèbre surtout comme botaniste. Fagon le fit nommer professeur de botanique au Jardin royal (1083). Il entra à l'Académie des sciences, en 1002, et publia, en 1694, son premier et principal ouvrage : Eléments de botanique on Méthode pour connaître /es plantes (3 vol. in-8). Louis XIV l'envoya en mission dans le Levant et l'Afrique (1700) et il en rapporta 1350 plantes, la plupart nouvelles. Il enseigna ensuite la médecine au Collège royal. Tournefort a formé Linné. Sa classification des plantes est fondée sur la forme de la corolle. (Mathématiciens, physiciens, etc.)
Galilée naquit à Pise (1501-1012), continua les travaux de Copernic et découvrit par hasard, en observant les oscillations d'une lampe dans la cathédrale (1583), Visochronisme du pendule et les lois de la pesanteur. Dès 1004, il se fit le défenseur du système de Copernic, qui malheureusement ne trouvait pas de partisans dans les écoles, où régnaient les préjugés aristotéliciens de l'immobilité de la terre et de l'incorruptibilité des eieux. Dénoncé à Rome, Galilée fut condamné en 1616. Loin de renoncera ses idées, il publia, en 1631, ses fameux Dialogues. Condamné de nouveau, en 1033, il dut abjurer. Mais, malgré ces condamnations,