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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Telle circonscription. Les anciens titulaires qui vivaient encore furent priés de donner leur démission ; et ceux qui la refusèrent n'en virent pas moins, à quelques exceptions près, leurs sièges occupés par d'autres. Il y eut des protestataires, trop imbus des idées gallicanes. De là naquit un schisme connu sous le nom de Petite-Eglise, qui a conservé quelques adeptes jusqu'à la fin duXIX siècle. Le Concordat n'était que trop bien justifié par les événements qui avaient failli détruire l'église de France. Malheureusement l'empereur le fit suivre bientôt de la publication des Articles organiques, qui n'avaient point été concertés avec le légat du pape, le cardinal Caprara. Ces articles, dont se sont prévalus tous les gouvernements persécuteurs, replaçait l'église de France sous le joug du pouvoir civil. (V. Boulay de la Meurthe, Docu.inents sur la négociation du Concordat et sur les autres rapports de la France avec le Saint-Siège en 1800 et 1801, 3 vol.; le P. Drochon, Essai sur la Petite-Eglise, 1894).

Caprara (le cardinal), né à Bologne ( 1733— 1810), fut nommé par Pie VII légat a latere auprès du gouvernement français et conclut le Concordat en cette qualité. 11 devint ensuite archevêque de Milan et sacra dans cette ville Napoléon comme roi d'Italie en 1805. Il mourut à Paris.

Consalvi (le cardinal), né à Rome (1757-1824), ministre de Pie VII, vint à Paris en 1801 et prit part aux négociations du Concordat. Napoléon le fit éloigner des affaires et le retint même en France. Mais le cardinal retourna à Rome, en 1814, et figura comme nonce au congrès de Vienne (V. les Contemporains).

Pacca (le cardinal), né à Bénévent (1756-1844), était évoque et légat de Velletri, quand il reçut la pourpre (1801). Pie Vil le fit son premier ministre en 1808 II fit signer au pape la bulle d'excommunication contre Napoléon (1800), fut enlevé de Rome et enfermé au fort de Fénestrelle. Il rejoignit ensuite le pape à Fontainebleau et le détermina à retirer les concessions qu'il avait faites. 11 a laissé des Mémoires (V. Geoffroy de Grandmaison, iVa^olêon et les cardinaux noirs, 1810-1814).

Léon XII. — Lecardinal Annib al delta Genga, né à Spolète en 1700, succéda àPie VII (1823-1829), dont il avait été le vicaire. Il embellit Rome et enrichit la bibliothèque du Vatican. Sa vie fut très austère. (V. Artaud, Histoire de Léon XII, Paris, 1843).

Pie VIII. — Le cardinal Xavier Castiglione, né à Cingoli, dans la marche d'Ancône, en 1761, succéda à Léon XII sous le nom de Pie VIII et ne régna qu'un an et huit mois (1829-1830). Il avait été précédemment évêque de Frascati. Par un bref, en 1830, il régla les conditions des mariages mixtes. (V. Artaud, Histoire île Pie VIII, Paris, 1843).

Grégoire XVI. — Le cardinal Maur Capellari, né en Vénétie, à Bellune, en 1765, succéda à Pie VIII sous le nom de Grégoire XVI (1831-1846). Entré fort jeune chez les Camaldules, il était devenu abbé du monastère de Murano et wicaire général delà congrégation. Léon XII l'avait nommé visiteur apostolique des universités, cardinal (1825) et préfet de la Propagande. Il conserva sur le trône les habitudes de la vie la plus simple. Dès le début de son règne, des insurrections, provoquées par les sectes, éclatèrent dans ses Etats, surtout dans les Romagnes ; et il dut invoquer le secours de l'Autriche : alors les Français occupèrent Ancône (1832). Grégoire XVI favorisa de tout son pouvoir les travaux des missionnaires, créa de nouveaux évêchés, condamna les doctrines de Lamennais (1832 et 1835). Il réforma l'Ordre de VEperon d'or, auquel il donna le nom de Saint-Sylvestre, et créa l'Ordre de Saint-Grègoire-le-Grand.

Pie IX. — Le cardinal Jean-Marie Mastaï Ferretti, né à Sinigaglia en 1792, succéda à Grégoire XVI et fournit le règne le plus long qu'ait enregistré l'histoire des papes (1846-1878). Il avait d'abord suivi la carrière des armes. Ordonné prêtre en 1823, il devint archevêque de Spolète en ÎS^T, fut transféré au siège d'imola et créé cardinal en 1840. Il inaugura son règne par des mesures libérales, qui tranchaient sur l'administration précédente, rigoureusement conservatrice; il créa une réprésentation nationale sous le nom de Consulte d' Etat et appela auprès de lui comme ministre le fameux Rossi. Mais celui-ci fut assassiné, la Révolution éclata dans Rome et la république fut proclamée (1848). Pie IX se réfugia dans le royaume de Naples et séjourna près d'un an à Gaëte (1848 nov. - 1840 sept.). Une armée envoyée par la république française et commandée par Oudinot, le ramena dans Rome. Il ne cessa dès lors de combattre le faux libéralisme. Laissant au cardinal Antonelli, son secrétaire d'Etat, ce qui regardait plutôt la diplomatie et la politique, il s'occupa activement des questions religieuses, créa beaucoup de sièges épiscopaux, organisa la hiérarchie ecclésiastique dans les diverses parties du monde, notamment en Angleterre, développa les missions. En 1854, il convoqua un concile et définit le dogme de l'Immaculée Conception (déc. 1854). En 1864, il publia l'encyclique Quanta cura et bientôt après le fameux Syllabus, où le libéralisme était condamné sous toutes ses formes. En 1869, il ouvrit au Vatican un grand concile œcumérique, le premier que voyait l'Eglise depuis le concile de Trente et où fut définie l'infaillibilité pontificale (1870, 18 juillet). Pendant que Pie IX poursuivait ses grands desseins, la Révolution avait réduit ses Etats à la ville de Rome et à quelques lambeaux de territoire. En 1860, le roi de Piémont s'était emparé des duchés de Toscane, de Parme et de Modène. Le général Lamoricière, mis à la tête des troupes pontificales, avait été écrasé à Castelfidardo par les forces trop supérieures en nombre de Cialdini. Les garnisons françaises ayant été retirées en 1866,1e pape chargea le général Kanzler et Mgr de Mérode d'organiser une petite armée. Celle-ci, aidée des Français, repoussa les révolutionnaires garibaldiens à Mentana (1K07). Mais lorsque les troupes françaises qui occupaient toujours Rome eurent été retirées, lors de la guerre franco-allemande (1870), l'armée du roi de Piémont s'empara de la ville pontificale (20 sept. 1870), qui devint la capitale du nouveau royaume d'Italie. Pie IX, odieusement dépouillé, refusa la dotation annuelle qu'on lui offrait (3,200,000 fr.) et déclara illusoire la loi des garanties, concernant l'indépendance du Saint-Siège et le libre exercice de son autorité spirituelle. Il ne cessa de protester contre la violence, sans quitter cependant le Vatican, où il se considérait comme prisonnier. Il mourut le 10 février 1878. Il avait créé, le 17 juin 1847, YOrdre de Pie IX. (V. Villefranche, Pie IX, son histoire et son siècle).

Rossi (Pellegrino), né à Carrare (1787-1848), étudia à Bologne, fut exilé d'Italie et se réfugia à Genève, où il écrivit dans les Annales de législation et d'économie politique, qu'il avait fondées. Il publia en France son Traité de droit pénal (1828, 3 vol.), fut appelé à Paris par Guizot, professa l'économie politique au Collège de France, devint pair de France, membre du conseil royal de l'instruction publique, etc. En 1845, il fut envoyé comme ministre plénipotentiaire à Rome, devint conseiller de Pie IX, qui le chargea de former un nouveau cabinet (14 sept. 1848). Mais Rossi fut assassiné par un sectaire le 15 nov. en montant les degrés du palais.

Antonelli (le cardinal Giacomo), homme d'Etat, né à Sonnino (1806-1876), eut toute la con-

HISTOIRE : XIXe SIECLE

fiance de Pie IX, dès les premières années du règne, et la garda jusqu'à sa mort. Sous le ministère libéral de Rossi, il étaitministredes finances; il devint ensuite ministre des affaires étrangères et jouit delà plus grande influence. Il ne fut ordonné prêtre que dans les dernières années de sa vie, et, bien qu'il fût doué d'éminentes qualités, il ne paraît point qu'il ait mérité toute l'estime et toute la confiance de son souverain.

Lamoricière. — Ce vaillant français, né à Nantes (1806-1865), étudia à l'Ecole polytechnique et se distingua souvent en Algérie par ses talents militaires et sa bravoure. Il entra aux zouaves, à la création de ce corps. Colonel en 1837, au siège de Constantine, où il lut gravement blessé, il devint général de brigade, en 1810, et général de division en 1843. Nommé député de la Sarthe en 1840, il fit partie de l'opposition au roi ; représentant du peuple en 1848, il combattit l'insurrection et s'opposa de même au président. Arrêté et exilé au coup d'Etat du 2 déc, il ne rentra en France qu'en 1857. Il mit généreusement son épéeau service de Pie IX, mais ne put organiser des forces suffisantes pour résister à l'armée piémontaise. Une poignée de braves succombèrent glorieusement à Castelfidardo. Assiégé dans Ancône, il dut capituler (1800). Son tombeau est à Nantes. Mgr Dupanloup et Mgr Freppel ont prononcé son oraison funèbre. (Y. abbé Pougeois, Le ijènèral de Lamoricière, 1894, nouv. éd. ; les Contemporain*).

Pimodan. — Né à Paris (1822-60), Georges de Pimodan fut élevé chez les jésuites, à Fribourg. Admis, après un brillant examen, à l'école de Saint- Cyr, il refusa de prêter le serment exigé alors des officiers français par le régime établi et prit du service en Autriche. Il fit la campagne d'Italie (1848), où il se distingua, puis celle de Hongrie où, après des actes de bravoure, il fut fait prisonnier et faillit être fusillé (1849). Renonçant alors aux honneurs et aux grades supérieurs qui lui étaient offerts, il rentra en France. 11 quitta sa famille, en 1860, pour répondre à l'appel de Pie IX, avec Lamoricière, et tomba héroïquement à Castelfidardo, tout près de Lorette, où il avait communié le matin. Il a écrit des Souvenirs (v. les Contemporains).

Léon XIII. — Joachim Pecci, né à Carpineto le 2 mars 1810, fut élu pape le 20 février 1878 et prit le nom de Léon XIII. Dans sa jeunesse, il étudia au collège des jésuites de Viterbe, puis au Collège Romain. Ordonné prêtre le 23 déc. 1837, préconisé archevêque de Damiette, in partibus, le 27 janv. 1X43, il fut envoyé comme nonce à Bruxelles. Archevêque de Pérouse le 19 janvier 1846, créé cardinal de l'ordre des prêtres le 19 déc. 1850, il resta éloigné de Rome pendant le pontificat de Pie IX. Mais il fut créé camerlingue, dans le consistoire du 21 sept. 1877, et dut, en cette qualité, préparer le conclave de février 1878. Il fut élu, au 3e scrutin, après 36 heures seulement de conclave. Pendant son pontificat, Léon XIII n'a cessé d'offrir son concours si indispensable à tous les gouvernements contre les erreurs et les passions subversives. Ami de la civilisation et de tous les progrès véritables, dont il avait déjà montré l'harmonie avec la foi, il a encouragé par ses belles encycliques et par tous ses actes les hautes études et les plus nobles entreprises. Ami de l'ordre et de la paix sociale, il a prescrit aux catholiques de toutes les contrées, de respecter les autorités établies et de s'attacher à améliorer les lois et non à changer violemment les régimes. Dans son Encyclique Sur la condition des ouvriers (1891), il a posé les bases de l'économie politique chrétienne et a montré que l'Eglise est toujours la meilleure amie du peuple. Non moins ferme que Pie IX, il n'a cessé de protester contre l'usurpation des Etats de l'Eglise et de revendiquer la liberté' nécessaire au Saint-Siège. — Les Actes

de Léon XIII (Encycliques, etc.) ont été publiés par la Maison de la Bonne Presse, la librairie Desclée, etc. (V. Mgr de T Serclaës, Le pape Léon XIII, sa rie, son action religieuse, politique et sociale, Paris 1894,2 vol. ; Boyer d'Agen, La jeunesse de Léon XIII, 1896; Lefebvre de Béhaine, Léon XIII et le prince de Bismarck, 1898; Egremoat, L'année de l'Eglise, 1898). (Autres personnages ecclés. du XIXe siècle.) Emery (l'abbé), né à Gex (1732-1811), supérieur général de la Congrégation de Saint-Sulpice, en 1782, montra une grande sagesse et une grande fermeté lors des attaques insidieuses et des persécutions soutenues par l'Eglise de la part de Napoléon. Il a laissé quelques ouvrages : l Esprit de Leibniz, le Christianisme de Bacon, les Pensées de Descartes. (V. Mgr Méric, Hist. de M. Emery et <le I Eglise de France pendant la Révolution. 1895, 5e éd. ; abbé Delarc, l'Eijlise de Paris pendant la Révolution).

Fesch (le cardinal), oncle de Napoléon I, né à Ajaccio (1703-1839), archidiacre d'Ajaccio en 1791. entra dans l'administration des armées (1793), pendant la Révolution. Il reprit l'habit ecclésiastique après le 18 brumaire, devint archevêque de Lyon (1802), présida le concile national (1811) et se retira à Rome après la chute de son neveu. (V. Mgr Ricard, le Card. Fesch ; Le concile national, de 1811, d'après les papiers inédits du cardinal). La Luzerne (le cardinal de), né à Paris (1738- 1821), évêque de Langres dès 1770, fut membre de l'Assemblée des notables et de la Constituante, émigra en 1791, rentra à Paris en 1814 et fut fait cardinal en 1817. Citons de lui : Dissertations sur la vérité de la religion (1802). Ses œuvres ont été publiées en L842 (10 vol.) et en 1856(6 vol.).

De Quélen, né à Paris (1778-1839), d'une famille noble de Bretagne, fut secrétaire du cardinal Fesch, puis coadjuteur de Talleyrand de Périgord (oncle du fameux Talleyrand), archevêque de Paris, auquel il succéda. Après 1830, il fut soupçonné d'avoir favorisé les légitimistes et vit son archevêché saccagé de fond en comble (1831, févr.). Il créa l'établissement des Orphelins ducholèra. Sous son pontificat, Lacordaire inaugura les conférences de Notre-Dame (v. les Contemporains).

Affre, archevêque de Paris, né à Saint-Rome de Tarn (1793-1848), professa à Nantes, à Saint-Sulpice et succéda à Mgr de Quélen (1840). L'école des Carmes fut ouverte sous son pontificat. Il mourut héroïquement aux journées de juin, en voulant arrêter la guerre civile : son sang fut le dernier versé. Il a laissé divers écrits.

Sibour, archevêque de Paris, né à Saint-Paul- Trois-Chàteaux (1792-1857), se distingua dans la prédication, fut nommé évêque de Digne (lx:!'.l), puis archevêque de Paris (1848). Il encouragea les études religieuses et fut assassiné par un prêtre interdit, dans l'église Saint-Etienne-du-Mont.

Morlot (le cardinal), archevêque de Paris, né à Langres (1795-1862), évêque d'Orléans en 1839, archevêque de Tours en \H\->, cardinal en 18."):;, succéda à Mgr Sibour sur le siège de Paris.

Parisis (Mgr), mort évêque d'Arras, né à Orléans (1795-1866), étudia au lycée d'Orléans, puis au petit séminaire de la même ville, lorsqu'il fut rouvert, et fut chargé, à 17 ans, d'enseigner la troisième. C'est pendant ses années de professorat qu'il conçut la première idée d'une réforme destinée à faire, dans les programmes des maisons libres, une plus grande place aux auteurs catholiques. On remarquera que ce fut plus tard l 'évêque de cette même ville d'Orléans et do ce petit séminaire qui se montra peu favorable à cette réforme, dans la fameuse querelle des classiques -païens et des classiques chrétiens. Ordonné prêtre en 1819, nommé curé de (lien un peu [.lus tard, Mgr Parisis

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