PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
occupa le siège de Langres en 1834. Il contribua des premiers à la restauration de la liturgie romaine en France et à la conquête de la liberté d'enseignement. Elu, sans sa participation, député du Morbihan, en 1848, il dut accepter ce mandat et continua à. défendre la cause de la liberté d enseignement, sans approuver à tous égards la loi de 1850, qui était la conquête d'une liberté imparfaite. Il fut nommé évêque d'Arras en 1851. Citons de lui, entre beaucoup d'autres écrits : la Vérité sur la loi d'enseignement.
Darboy (Mgr), archevêque de Paris, né àFayl- Billot, dans la Haute-Marne (1813-1871), fut nommé évêque de Nancy en 185(J, puis succéda à Mgr Morlot, devint grand aumônier de l'empereur et sénateur (1804). Il fut l'une des victimes de la Commune. Au concile du Vatican, il fut l'un des chefs delà fraction opposée à la définition du dogme de l'infaillibilité pontificale. Prédicateur et écrivain, il a laissé plusieurs ouvrages : une traduction des Œuvres de .S'. Denys l'Arèopagite, la Vie de S. Thomas Becket, etc. (V. le cardinal Foulon, archevêque de Lyon, Histoire de la ru.1 et des œuvres de Mgr Darboy).
Guibert (le cardinal), archevêque de Paris, né à Aix, en Provence (1802-1880), entra chez les missionnaires Oblats de Marie-Immaculée, fondés par Mgr de Mazenod, évêque de Marseille, devint vicaire général et supérieur du séminaire d'Ajaccio, puis évêque de Viviers (1*41), archevêque de Tours (1857), archevêqne de Paris (1871) et cardinal (1873). Il résista vainement, à la tête du clergé français, aux mesures persécutrices prises par le gouvernement contre l'enseignement congréganiste, etc. Il eut pour successeur son coadjuteur, Mgr Richard. — Sa Vie a été écrite par M. l'abbé Paguellc de Follenay.
Mazenod (Eugène de), né à Aix ( 17s-^- 1 SC> 1 >. ordonné prêtre en 1811, sacré ;< Rome en 1832, succéda sur le siège de Marseille (1837), à son oncle, Charles-Fortune de Mazenod ( 174'.»- 1840), dont il avait été d'abord vicaire général et qui résigna son siège en 1837. Mgr Eugène de Mazenod fonda en 1815, alors qu'il était coadjuteur d'Aix, la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, vouée aux missions et à l'enseignement des séminaires. La maison mère, d'abord à Marseille, est aujourd'hui à Paris. L'un des disciples les plus éminents de Mgr Eugène de Mazenod fut le cardinal Guibert. (V. le P. Baffie, 0. M., Esprit et vertus de Eugène de Mazenod, évêque de Marseille.
fondateur de la Congrèg. des Oblats de M. /., 1805.)
Gerbet, évêque de Perpignan, surnommé le Fénelon du XIXe siècle, naquit à Poligny (170S- 1864), professa à la Sorbonne, fut aumônier du collège Henri IV et se rangea parmi les disciples de Lamennais. Mais, loin de s'égarer à sa suite, il fut l'un des défenseurs les plus constants et les mieux éclairés de l'Eglise. Appelé à Amiens auprès de son ami, Mgr de Salinis, puis nommé à l'évêché de Perpignan (1854), il ne cessa de jouer un des plus beaux rôles dans l'épiscopat français. Citons de lui : Des doctrines philosophiques de la certitude dans leurs rapports arec les fondements de la théologie (1826, 10e éd., 1897); l>n dogme régénérateur île la piété catholique (1829); De la controverse chrétienne depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours (1831); Conférences de philosophie catholique (1832-4) ; Réflexions sur
la chute i/e M. île Lamennais (1838); Esquisse de Rome chrétienne (1844-50, 2 vol.), etc. Ces derniers ouvrages méritent à Gerbet une place parmi les apologistes. — Sa Vie a- été écrite par Mgr de Ladoue.
De Salinis. — Né à Morlaas, dans les Basses- Pyrénées (1798-1861 ). Mgr de Salmis étudia ;'i Saint-
Sulpice et se lia de bonne heure avec Lamennais. Nommé aumônier du collège Henri IV, il s'adjoignit son ami Gerbet et transforma l'esprit de cette jeunesse voltairienne. Il organisa le collège de Juilly en 1828, n'hésita pas à se séparer de Lamennais, lors de la condamnation de ses doctrines et fonda, avec Gerbet. l'Université catholique, journal qui mérita bien de l'Eglise. Longtemps les gallicans l'éloignèrent de l'épiscopat, auquel il fut élevé en 1840. On lui a reproché beaucoup son « bonapartisme ». Napoléon, qui ne goûtait plus ses conseils, l'éloigna en lui faisant accepter l'archevêché d'Auch.
Gousset (le cardinal). — Né à Montigny-lez- Cherlieu (1792-1866), dans la Haute-Saône, d'une famille de cultivateurs, le cardinal Gousset ne commença ses études qu'assez tard, mais ne tarda pas néanmoins à se distinguer par ses vastes connaissances, acquises au prix d'un travail persévérant. Comme théologien, il popularisa le probabilisme modéré, avec la doctrine de S. Alphonse de Liguori, alors suspecte dans beaucoup de séminaires français. Après avoir professé au grand séminaire de Besançon, il devint évêque de Périgueux (1835), archevêque de Reims (1840) et cardinal (1850). Citons: sa Théologie morale (1*44), la Théologie dogmatique (1848), les Principes de droit canonique (1859). Il réédita aussi, en 1820, avec des suppléments, le Dictionnaire théologique de Bergier. (V. Mgr Besson, Eloge du cardinal Gousse' ; les Contemporains.)
Landriot. — Né à Couches-les-Mines (1816- 1*74), Saône-et-Loire, Mgr Landriot devint vicairegénéral d'Autun etfutnommé évêque de La Rochelle ( I85()).l)ixans après, il remplaçait Mgr Gousset sur le siège de Heims. 11 prit part à la fameuse controverse sur « le paganisme dans l'éducation », ainsi qu'en témoignent plusieurs de ses ouvrages. Citons de lui : Conférences sur l'étude des bel/esdet t res et des sciences humai nés à l'usage des petits séminaires (1847); Recherches historiques sur les écoles littéraires du christianisme (1851) ; Véritable esprit de l'Eglise en présence des nouveaux systèmes dans l'enseignement [des lettres ; la Prière chrétienne (1862) ; la Femme forte (1803) ; la Femme pieuse (1863); le Christ de la tradition (1805); les Béatitudes évangéliques (1866).
Dupanloup, évêque d'Orléans, né à Saint- Félix, en Savoie (1802-1878), étudia à Paris, fut ordonné prêtre en 1825 et assista à ses derniers moments le fameux diplomate Talleyrand. Supérieur du petit séminaire de Paris en 1835, évêque d'Orléans en 1830, il a illustré ce siège, et, quels que soient les jugements qu'on peut porter sur ses opinions et sur certaines de ses luttes, il rendit d'éminents services à l'Eglise. Déjà placé à la tête des éducateurs chrétiens, il fut le principal auteur de la loi de 1875, en vertu de laquelle furent fondées les Universités catholiques. Ses travaux sont bien antérieurs ;'i la persécution qui a sévi ensuite: de /' Education (1*72, 9e éd.); de la haute Education intellectuelle (180G, 3 vol.) ; la Femme studieuse (1869 ; 1872, 3e éd.) ; le Mariage chrétien (1868 ; 1875, 4e éd.) ; /'Enfant (1869; 1895, 0" éd.); Manuel des catéchismes (1832); Méthode générale de cul h èchis me (1841, 2 vol.). etc. Plusieurs de ses ouvrages lui méritent une place parini les apologistes, par exemple : le Christianisme présenté aux hommes du momie (1844,0 vol.). Mgr Dupanloup fut un polémiste incomparable. Sans parler de ses autres luttes, rappelons la polémique retentissante qu'il soutint contre Mgr Gaume et l'Univers, au sujet des classiques païens. — Sa Vie a été écrite par son ancien vicaire général et son ami, Mgr Lagrange.
Pie (le cardinal), évêque de Poitiers, né en 1815,
histoire : xix1' siècle
évêque depuis 1849 et mort en 1880, représenta en France, au milieu du XIX"' siècle, les idées les plus favorables à l'autorité du pape. Contrairement à l'évêque d*Orléans, il soutenait l'opportunité de la définition de l'infaillibilité pontificale. Il se distingua par son zèle pour la doctrine et fonda, après le concile du Vatican, la faculté de théologie de Poitiers, dont l'existence fut malheureusement éphémère. Attentif au mouvement philosophique, il avait dénoncé de bonne heure le naturalisme comme le grand mal du siècle. — Sa Vie a été écrite par Mgr Raunard.
Pitra (le cardinal). — Né à Chamforgueil(1812- 1889), au diocèse d'Autun, le cardinal Pitra étudia le latin d'abord sous un ancien bénédictin, Dom Teissier, qui éveilla chez lui les premiers attraits de sa vocation. Après avoir étudié au petit et au grand séminaire, l'abbé Pitra professa l'histoire, puis, par obéissance, la rhétorique; mais il se livra dès lors avec de grands succès à ses goûts pour l'archéologie. En 1840, il frappa à la porte de Solesmes, où le recevait Dom Guéranger. Nommé quelques années après prieur du couvent de Paris, il subit de cruelles épreuves financières. Il n'en continua pas moins le cours de ses travaux, fit de nombreux voyages scientifiques (en Angleterre, en Russie, etc.), et fut appelé à Rome par Pie IX, qui le créa cardinal (1862), puis bibliothécaire de la Vaticane (1869). En 1879, il fut nommé et sacré évêque de Frascati. Ses dernières années furent attristées par les manifestations de ceux qui le représentèrent comme hostile aux directions pontificales, à la suite de sa lettre à un journal hollandais, VAmstelbode. Mais sa soumission fut celle d'un saint. Son ouvrage capital est le Spicilegium Solesmense (1852-60, 5 vol.). Citons aussi : Histoire de S. Léger (1846) ; Vie du H. P. Liber- )i> finit (1859) : Hymnographie de l' Eglise grecque (1867). (V. Mgr Rattandier, Le cardinal Pitra, 1895 ; Dom Cabrol, Histoire du cardinal Pitra, 1893.)
Guéranger (Dom). —Né à Sablé (1805-1875), Dom Prosper Guéranger essaya ses premiers pas sur la route qui conduit de Sablé à Solesmes, où il devait ramener l'ordre bénédictin. Mais sa gloire principale, c'est d'avoir été le grand promoteur du rétablissement de la liturgie romaine en France. Citons de lui : Institutions liturgiques (.1840-42); l'Année liturgique (1842-59, 6 vol.); Histoire tic sainte Cécile (180:!): Sainte Cécile et la société fontaine aux deux premiers siècles (1873). (V. Dom Piolin, dans la collection les Contemporains, i
Lavigerie (le cardinal). — Né à Rayonne (1825-92), Mgr Lavigerie enseigna d'abord l'histoire ecclésiastique à la Sorbonne (1854-61) et organisa l'œuvre des écoles d'Orient. Evêque de Nancy en 1803, archevêque d'Alger en 1807, cardinal en 1882, archevêque de Cartilage (Tunis) et primat d'Afrique en 1884, il fut l'un des grands promoteurs de l'évangélisation de l'Afrique et de l'abolition de l'esclavage. Il envoya des missionnaires au Sahara et dans la région des grands lacs, organisa des conférences en France, en Angleterre, en Relgique, etc., contre la traite, qui sévissait d'une manière effroyable dans les contrées nouvellement ouvertes aux Européens. Il se rallia solennellement au régime de la république en 1890, obéissant en cela à Léon XIII. — Son panégyrique a été prononcé par le card. Perraud (Y. Mgr Baunard, le Cardinal Lavigerie, 1896. V. aussi Mgr Lesur, l'abbé Klein).
Puginier. — Né à Saix (1835-1892), dans le Tarn, Mgr Puginier alla de bonne heure en Cochinchine ( 1858), alors (pie les missionnaires de ces contrées pouvaient redouter chaque jour les persécutions sanglantes et les tortures. Il succéda
comme vicaire apostolique à Mgr Theurel, dont il avait (Hé le coadjuteur (1S0S). Il fonda le séminaire de Ké-So et vit doubler le nombre des chrétiens, qui (Hait de 140.000 à son arrivée. 11 rendit aussi (l'éminents services à la France (v. les Contemporains).
Mermillod (le cardinal). — Né à Carouge (1824-92), Mgr Mermillod étudia chez les jésuites de Fribourg, fut ordonné prêtre en 1S47 et brilla bientôt à Genève comme prédicateur. Il fonda un journal politique, l'Observateur catholique (1864), devint vicaire général de Genève (1864) et évêque in partibus d'Hébron avec attributions épiseopales à Genève. Mais il eut à lutter contre l'intolérance protestante et fut exilé (1873). L'animosité parut s'apaiser quand Léon X11I l'eut nommé évêque de Lausanne et de Genève, résidant à Fribourg (1883), le vicariat général de Genève (''tant supprimé. 11 fut créé cardinal en 1890. Mgr Merinillod a souvent fait entendre en France sa parole éloquente et apostolique. 11 fut l'un des promoteurs des réunions de Fribourg et du mouvement social qui a préludé à l'Encyclique Rerum Novarum. — Sa Vie aété écrite par G. Félix, 1893.
Manning (le cardinal), fils d'un membre du parlement anglais (1808-1892), appartenait au clergé anglican, lorsqu'il se convertit à la foi catholique, en 1851. Ordonné prêtre par le cardinal Wiseman, il alla étudier la théologie à Rome. De retour en Angleterre (1854), il parvint à se concilier, par son zèle aussi éclairé qu'ardent, l'estime et. la vénération universelles. 11 a contribué beaucoup à christianiser le mouvement social chrétien. Grâce à l'autorité dont il jouissait auprès de tous les partis, il mit fin à une grève de cent mille ouvriers des docks, qui avait éclaté en 1889. — Sa Vie a été écrite par Purcell (1895, 2 forts vol.) ; mais cet ouvrage a été vivement critiqué pour ses indiscrétions et ses erreurs (Y. abbé Lemire, le Cardinal Manning et. son œuvre sociale; abbé Hemmer, Vie du cardinal Manning, 1898).
Wiseman (le cardinal). — Né d'une famille irlandaise (1802-65), Nicolas Wiseman se fit remarquer en Angleterre par son zèle et son éloquence apostoliques; il fut créé cardinal en 1850. On a de lui : Discours sur les rapports entre la science et la religion recelée (1835); Fabiola (1854), roman chrétien, qui s'est répandu beaucoup en France.
Ketteler. — Né à Munster (181 1-77), Guillaume- Emmanuel de Ketteler étudia chez les jésuites de Rrieg, dans le Yalais, entra dans l'administration civile et fut d'abord sous-préfet allemand. Indigné des vexations exercées contre l'archevêque de Cologne (18:58), qui fut interné dans une forteresse, il donna bientôt sa démission et entra dans l'état ecclésiastique. 11 exerça le saint ministère comme vicaire et comme curé avec une admirable charité. Nommé évêque de Mayence par Pic IX (1850), il continua à exercer le magnifique rôle social qu'il avait déjà inauguré et prit place au premier rang parmi les maîtres de la sociologie chrétienne et les précurseurs de l'Encyclique Sur la condition des ouvriers. Il réformait en même temps l'enseignement de son séminaire, infecté par le kantisme, et ramenait à l'orthodoxie les études théologiques et philosophiques (V. Kannengieser, Ketteler et l'organisation sociale en Allemagne, 1894. — Les Œuvres choisies de Ketteler ont été publiées par Decurtins).
Vianney (curé d'Ars). — Né à Dardilly ( 1786- 1850), Rhône, d'une humble famille de cultivateurs, Jean-Marie-Baptiste Vianney aspira de bonne heure au sacerdoce et, dans la petite paroisse d'Ars, fut l'un des grands apôtres de son siècle. On accourait de toutes parts se confesser au saint curé, écouter ses instructions, demander ses conseils; et ses ré-