PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
les golfes de Californie, de Panama, la mer de Behring, celle d'Okhotsk, etc.; il renferme l'Océanie. 11 est traversé par le Kouro-Sivo et par les courants équatoriaux. Inconnu des anciens, il fut découvert par Balboa (1513), qui l'aperçut du sommet d'une montagne de l'isthme de Panama et l'appela Mer du Sud. Magellan, qui le traversa le premier (1520) et avec facilité, en allant d'Amérique en Malaisie, lui donna le nom de Pacifique.
Méditerranée. — Cette mer intérieure, qui baigne une partie de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique et mesure 3,750 kil.de longueur, avec une largeur moyenne de 500, est célèbre dans les annales de l'humanité. Elle fut sillonnée de bonne heure par les flottes des Egyptiens, des Phéniciens, des Carthaginois et des Grecs ; l'empire romain l'enveloppa tout entière. Au moyen âge, elle porta les flottes des croisés, celles des Turcs, des Vénitiens, des Génois, etc. Son importance décrut à la découverte de l'Amérique et des Indes orientales. Mais le percement de l'isthme de Suez paraît devoir faire encore de la Méditerranée le centre du monde.
Adriatique. — Cette mer, improprement appe lée golfe de Venise, est la moins profonde de celles que forme la Méditerranée; la sonde atteint rarement 70 mèties dans ses parties centrales. Mais le fond descend jusqu'à 5 ou 600 mètres dans le canal d'Otrante. Les eaux en sont très salées.
Dardanelles. — La largeur de ce détroit, qui sépare l'Europe de l'Asie, varie de 2 à 70 kilomètres ; sa profondeur est de 50 à G0 mètres. Les anciens lui donnaient le nom à'Hellespont. C'est là que furent défaits les Athéniens (405 av. J.-C), à l'embouchure d un petit cours d'eau, VJEgos Potamos (auj. Kara-Ovasou). Malgré ses défenses, le détroit a été forcé par les Russes en 1770, par les Anglais en 1807, par les Grecs en 1823. Aujourd'hui encore, il est plus ou moins fermé aux navires européens.
Mer Noire. — La profondeur moyenne de cette mer intérieure est de 1,830 mètres; elle atteint en certains endroits 2,245 m. De grands fleuves y déversent leurs eaux : le Danube, le Dniester, le Dnieper, le Don ; les eaux sont peu salées et gèlent facilement à de grandes distances. Cette mer est très orageuse. Les anciens l'avaient cependant nommée Mer hospitalière (Pont Euxin). Le nom de Mer Noire lui a été donnée par les Tartares, peut-être à cause des forêts sombres qui couvrent ses côtes. Le traité de Paris (1856), à la suite de la prise de Sébastopol, l'avait déclarée mer neutre ; mais il fut abrogé en 1870.
Caspienne. — Cette mer n'est qu'un immense lac salé, qui mesure 1 ,200 kil. du N. au S. et de
2 à 600 de l'E. à l'O. Sa profondeur atteint 800 et même 1 ,200 mètres ; le niveau està26 m. au-dessous de celui de la Mer Noire. La Caspienne reçoit cependant de très grands fleuves :1a Volga, l'Oural. La navigation y est facile et le poisson y abonde. On pense que cette mer était plus étendue autrefois que de nos lours. Un chemin de fer (le Volga-Don) l'unit à la Mer Noire.
Manche. — Cette mer, qui sépare la France de l'Angleterre, est peu profonde (70 à 80 m.); les bancs de sable abondent sur les côtes. Elle comprend, sur la côte anglaise, l'île de Wight, les îles anglo-normandes de Guernesey, Jersey, Aurigny et de nombreux îlots. Les Anglais lui donnent le nom de canal Britannique (The British Channel). On pense que la France était autrefois réunie à l'Angleterre et que la Manche formait un golfe.
Mer du Nord. — Le fond de cette mer est un vaste plateau, creusé par un abîme. Elle est bordée par quelques-uns des plus grands ports du monde : Londres, Hambourg, Amsterdam, Anvers, Dunkerque. Elle menace sans cesse d'envahir les Pays- Bas, qui ne sont défendus que par des digues.
Zuyderzée (le) ou Mer du Sud est un golle formé par la Mer du Nord au détriment des Pays- Bas ; toute sa partie septentrionale fut acquise sur le continent lors des inondations terribles qui se produisirent entre 1170 et 1287. Il est question de reconquérir sur la mer la plus grande partie du Zuyderzée, en le protégeant par des digues et en le desséchant.
Baltique. — Cette mer intérieure du nord de l'Europe, forme les golfes de Riga, de Finlande et de Bothnie, qui pénètrent profondément en Russie; elle communique avec la Mer du Nord par plusieurs détroits : Sund, Grand-Belt et Petit-Belt, le Cattégat et le Skager-Rack. Sa profondeur moyenne n'est guère que de 60 mètres. Aussi subit-elle de grandes variations de température et ses ports sont-ils facilement obstrués par les glaces. Les tempêtes y sont redoutables. On trouve beaucoup d'ambre sur la côte allemande.
Mer Rouge. — Célèbre dans l'histoire du peuple de Dieu et des Egyptiens, oubliée ensuite, cette mer a repris toute son ancienne importance, après le percement de l'isthme de Suez ; elle est redevenue la voie de l'Orient. Elle a une longueur de 2,350 kil., avec une largeur moyenne de 240 kil. ; ses côtes sont semées de bancs de corail qui rendent la navigation difficile. La coloration de ses eaux, d'où elle tire son nom, paraît provenir de la présence d'une infinité d'algues et d'organismes microscopiques. La Mer Rouge aurait communiqué avec la Méditerranée par un détroit resserré, avant les temps historiques.
DEUXIEME SERIE. — Géographie physique de l'Europe
lacs, fleuves.
Ordre logique des Noms.
caps, montagnes,
a) Europe. Caps Nord, Waïgatz, Finistère, Saint-Vincent, Trafalgar. Colonnes d'Hercule : Calpé et Abyla.
Alpes : Mont-Blanc. Grand et Petit-Saint-Bernard. Mont-Rose. Siinplon (Alpes Pennines). Monts Viso, Genèvre, Cenis (Alpes Cottiennes). Saint-Gothard. Mont Adule. Le Righi. La Jungfrau. Jorat. Jura. Alpes Rhétiques, Dinariques, Carniques, Juliennes, etc. Col de Tende (Alpes Maritimes). Monts Pelvoux et Ventoux (Alpes du Dauphiné).
Pyrénées. Monts Albères. Le Néthou. La Maladetta. Pic du Midi. Le Vignemale. Le Canigou. Val d'Aran. Monts Corbières. Monts Cantabres. Sierra de Guadarrama. Sierra Morena. Sierra de Guadalupe. Sierra Nevada.
Apennins. Vésuve. Etna ou Gibel.
LeBrenner. L'Erzgebirge. Walpurgis. Forêt Hercynienne. Forêt-Noire. Harz. Taunus. Sudôtes. Carpathes. Balkans ou Hémus. Ourals. Caucase — Dofrines — Grampians — Hécla.
b) Lacs ■ Ladoga, Onega, Péipous, Balaton, Léman ou de Genève, de Neufchâtel, de Zug, de Lucerne ou des Quatre-Cantons, de Zurich, de Constance, Morat, de Wallenstadt, Majeur, de Garda.
c) Fleures et riricres : Kara. Oural. Volga. Oka. Moskowa. Don ou Tanaïs. Dnieper ou Borysthène. Bérésina. Dniester. Danube ou Ister, danubien. Portes-de-Fcr. Inn. Drave. Morava. Theiss. Pruth — Tagliamento. Piave. Brenta. Adige. Pô ou Eridan. Tessin. Adda. Mincio. Tanaro. Trébie. Ru-
GKOGRAPHIE
bicon. Métaure. Vulturne. Garigliano. Tibre. Allia. Anio. Arno — Ebre. Guadalquivir ou Bétis. Mançanarès. Guadiana. Tage. Douro. Minho. Bidassoa (lie des Faisans) — Escaut. Sensée. Searpe Lys. Dyle. Senne. Nèthe. Meuse (v. fleuves et riv. de
France, 3e série). Sambre. Rhin, rhénan, transrhénan. Aar. Reuss.Ill. Lauter. Moselle. Sarre. Neckar. Mein. Lippe. Amstel. Ems. Weser. Elbe. Moldau. Saale. Elster. Sprée. Eider. Oder. Neisse. Vistule. Niémen. Dwina. Neva. Angerman. Onega. Petchora.
ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES
Europe. — C'est la plus petite et la plus importante des cinq parties du monde, celle qui est habitée principalement par les peuples chrétiens, qui marchent à la tête de la civilisation Dans ces derniers siècles, elle a colonisé l'Amérique, qui lui doit presque toute sa population, et étendu sa puissance presque sur tout le reste du monde. Profondément découpée par des mers intérieures et des golfes, l'Europe ott're un grand développement de côtes ; ce qui est favorable à la navigation et à toutes les entreprises maritimes Elle jouit, pour la plus grande partie, d'un climat tempéré et sain. Ses principales îles sont la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Islande, la Nouvelle-Zemble et le Spitzberg, dans l'Atlantique ou l'océan Glacial ; la Corse, la Sardaigne, la Sicile, Malte, Candie, Chypre, l'archipel grec, dans la Méditerranée. Ses principaux caps sont : le cap Nord, en Norvège, l'un des points les plus septentrionaux (71° 10), le cap Waïgatz, au N.-E. de la Russie : le cap Finistère, au N.-O. de l'Espagne; le cap Saint-Vincent en Portugal. Ses principales montagnes sont : les Alpes, les Pyrénées, les Apennins, les Carpathes, les Balkans. Ses principaux lacs sont : les lacs Ladoga, Onega, en Russie; Balaton, en Hongrie; Léman, en Suisse. Ses principaux fleuves sont : la Volga, le Don, le Dnieper, le Danube, le Pô, l'Ebre, le TVge, le Douro, le Rhin, la Vistule. L'Europe forme aujourd'hui un assez grand nombre d'Etats, dont la population totale atteint 380 millions d'hab. (39 par kil. carré). Les Européens sont pour la plupart de race blanche ; ils descendent de ces divers peuples qui émigrèrent, à différentes époques, de l'Asie centrale : Hellènes, Latins, Celtes, Germains, etc. (V. les traités de géographie : Vivien de Saint-Martin ; Elisée Reclus, etc.).
Alpes. — Le système des Alpes, avec ses nombreuses ramifications, paraît former l'ossature de l'Europe centrale et méridionale. Car on peut rattacher aux Alpes le Jura, les monts Hercyniens (anc. forêt hercynienne), le plateau de Bohême, le système des Carpathes, celui des Balkans et des Apennins. Les Alpes proprement dites forment un large demi-cercle entre l'Italie, la France, la Suisse et l'Autriche et comprennent les plus hautes montagnes de l'Europe. De leurs glaciers éternels descendent trois grands fleuves, qui prennent les directions les plus opposées : le Rhône, le Danube et le Rhin.
Mont-Blanc. — C'est la plus haute montagne des Alpes Pennines et de toute l'Europe (4,810 m.). Le Mont-Blanc est situé dans la Haute-Savoie, sur les confins de l'Italie et de la Suisse. Il se présente sous là forme d'une masse arrondie et porte d'immenses glaciers, tributaires de la vallée du Rhône. Saussure est l'un des premiers qui* en fit l'ascension (1787).
Saint-Bernard, nom de deux montagnes ou cols des Alpes. Le grand Saint— Bernard, situé entre le Valais et la vallée d'Aoste, dans les Alpes Pennines, atteint 2,472 m. Non loin du sommet est un hospice célèbre, fondé en 962 par Bernard de Menthon, où des religieux se dévouent au service des voyageurs, surpris par le froid ou égarés dans les neiges. Ils se font aider, pour ce sauvetage, par des chiens d'un merveilleux instinct. Le col du grand Saint-Bernard a été franchi par les armées romaines, sous Auguste; par les Lombards, en 547;
par Charlemagne, en 773; par Napoléon, en 1800. — Le petit Saint- Bernard (2,186-2,206 m.), dans les Alpes Graies, fait communiquer la haute vallée de l'Isère avec la vallée d'Aoste. On y rencontre aussi un hospice fondé par Bernard de Menthon et desservi aujourd'hui par l'ordre des Saints- Maurice et Lazare.
Mont-Rose. — Situé dans les Alpes Pennines, sur les frontières du Valais et de la Haute-Italie, le Mont-Rose est, après le Mont-Blanc, le plus haut sommet des Alpes (4,638 m.|.
Simplon. C'est le nom d'un mont (3,518 m.) et d'un col (2.020 m.), situés dans les Alpes Pennines, en Suisse, sur les limites du Valais et du Piémont, à 105 kil. N.-E. du Mont-Blanc, à 53 kil. S.-O. du Saint-Gothard. Le Simplon est traversé par une superbe route militaire, ouverte par Napoléon (1800-1807). Elle compte 7 galeries taillées dans la roc et plus de 20 ponts jetés sur des précipices.
Mont-Cenis. — Ce col (2,091 m.) sépare les Alpes Cottiennes des Alpes Graies ; les monts avoisinants atteignent 3,500 m. Situé à 18 kil. de Suse, à 50 kil. de Saint-Jean-de-Maurienne, il est un des passages les plus fréquentés. Napoléon y fit construire une superbe route et agrandit l'hospice, dont la fondation remonte à Louis le Débonnaire. Le tunnel dit du Mont-Cenis est percé à 22 kil. de là et mesure un peu plus de 13 kil. Il date de 1858-1871.
Saint-Gothard. — Ce massif de montagnes forme le centre de tout le système des Alpes suisses, bien que sa hauteur n'atteigne pas 3,000 mètres. Le col du Saint-Gothard (2,114 m.) est traversé par une belle route entre le lac de Lucerne et le lac Majeur ; il est percé par un tunnel de près de 15 kil., qui date de 1873-1880. Du Saint-Gothard descendent le Rhône, le Rhin et le Tessin, principal affluent du Pô.
Pyrénées. — Ce système de montagnes, qui sépare la France de l'Espagne, mesure près de 900 kil. de longueur sur une largeur moyenne de 120. Les Pyrénées centrales comprennent les plus hauts sommets : la Maladetta, avec le pic Néthou (3,404 m.), le mont Perdu (3,352 m.) Aux Pyrénées centrales se rattache le pic du Midi de Bigarre (2,877 m.). Les Pyrénées occidentales comprennent le Vignemale (3,298 m.), le pic du Midi d'Ossau (2,885 m.). Les Pyrénées orientales, qui paraissent former un système à part, projettent en France le Canigou (2,785 m.). Des Pyrénées descendent, avec un grand nombre de gaves, les principaux affluents de l'Ebre, en Espagne ; la Garonne, l'Ariège, l'Adour, en France.
Apennins. Vésuve. — La chaîne des Apennins, qui forme comme l'épine dorsale de l'Italie, mesure plus de 1,500 kil. de longueur. Elle se rattache aux Alpes, non loin de Gênes, et court jusqu'à l'extrémité de la Calabrc, en face de la Sicile. A YApennin méridional se rattache le Vésuve, fameux volcan, qui n'est qu'à 8 kil. de Naples. Sa hauteur est de 1,190 m. ; le cratère, aux formes variables, a plus de 100 m. de profondeur. On y accède, depuis 1880, par un chemin de fer funiculaire. Les pentes du Vésuve sont très fertiles. On y récolte le Lacryma—Christi. L'éruption du Vésuve la plus célèbre est celle qui détruisit Herculanum et Pompéi (79 ap. J.-C). C'est aussi la pre-