PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Monts Dore. — Ces monts forment le massif le plus élevé des monts d'Auvergne. Le sommet principal est le Puy de Sancy, point culminant de la France centrale (1,886 m.). Cette région, jadis très volcanique, est remarquable par ses sites sauvages, ses lacs, ses sources minérales (Mont-Dore, la Bourboule, Saint-Nectaire).
Fleuves : Rhône. — Les principaux fleuves de la France sont : le Rhône ; la Gironde, formée par la Garonne et la Dordogne ; la Loire et la Seine. Le Rhône naît d'un glacier du Saint-Gothard, à 24 kil. de l'une des sources du Rhin, arrose Sion, Saint-Maurice, traverse le lac de Genève, d'où il sort avec la rapidité d'une flèche et entre en France. Le gouffre qu'il formait autrefois et qu'on appelait « Perte du Rhône », n'a plus le même caractère, par suite d'installations industrielles. Après avoir traversé Lyon, où il reçoit la Saône, le Rhône descend vers le Midi, arrose Vienne, Tournon et Tain, Valence, Avignon, Tarascon, Beaucaire et se jette dans la Méditerranée par plusieurs bras, dont les deux principaux forment la Camargue. Ce fleuve, le plus rapide de France, déborde souvent, et ses inondations sont à redouter.
Gironde. — La Gironde n'est, pour ainsi dire, qu'un estuaire, formé par la réunion de la Garonne et de la Dordogne : celle-ci, qui descend du plateau central de la France ; et celle-là, des Pyrénées. La navigation est entravée dans la Gironde par des îles et des bancs, qui ne permettent pas aux paquebots de remonter au delà de Pauillac.
Loire. — La Loire naît au Gerbier-des-Joncs, dans le Velay, passe à Nevers, à Orléans à Blois, à Amboise, à Tours et se jette dans l'Atlantique par un estuaire large de plusieurs kil., entre Paimbeuf et Saint-Nazaire. L'un de ses premiers et de ses principaux affluents est Y Allier, qui descend des monts Lozère et coule entre les monts du Velay et du Forez, qui le séparent de la Loire, et la crête des puys d'Auvergne, -qui comprennent les sommets les plus élevés de la France centrale.
Seine. — ■ La Seine naît dans la Côte-d'Or, arrose Chàtillon-sur-Seine, Troyes, Montereau, Melun, Corbeil, Paris, Saint-Denis, Saint-Germain, Poissy, Mantes, Pont-de-1'Arche, Elbeuf, Rouen, Caudebec, et se jette dans la Manche par un large estuaire, entre le Havre et Honfleur. A Paris, la Seine n'est plus qu'à 25 mètres au-dessus de la mer. La marée se fait sentir jusqu'à Pont-de l'Arche.
Canaux. — Outre ses fleuves et ses rivières, la France est sillonnée par tout un système de canaux, qui, même après la création des chemins de fer, rendent de grands services à la navigation intérieure et au commerce. Les principaux sont : le canal de Bourgogne, qui unit l'Yonne à la Saône et par là même la Manche à la Méditerranée; le canal du Languedoc, dit aussi canal du Midi et canal des Deux-Mers, qui fait suite à la Garonne, et fait ainsi communiquer l'Atlantique avec la Méditerranée; le canal du Nivernais, qui fait communiquer la Seine avec la Loire, à travers le Nivernais ; le canal du Centre, qui unit la Loire à la Saône, en passant par Paray-le-Monial ; le canal de Saint-Quentin, qui unit l'Oise à l'Escaut, et met ainsi Paris en communication avec le Nord; le canal du Rhône an Rhin, qui part de la Saône et aboutit à l'ill (349 kil.)
Chemins de fer. — Depuis un demi-siècle, un réseau de chemins de fer, aux mailles de plus en plus serrées, s'est étendu sur toute la France. 11 comprend les lignes de chemin de fer exploitées principalement par les grandes Compagnies : Paris- Lyon-Méditerranée, Nord, Est, Ouest, Orléans, Midi ; en outre le réseau de l'Etat. La longueur totale des lignes exploitées à la fin du XIXe siècle est d'env. 35,000 kilomètres.
France ancienne. Gaule. — La Gaule
Transalpine ou Gaule proprement dite comprenait à peu près la France actuelle, c'est-à-dire les pays situés entre les Pyrénées, les Alpes, le Rhin et l'Océan. Avant la conquête romaine, ses habitants étaient : les Gacls et Celtes, qui formaient la plus grande partie de la population : des Germains, des Ibères ou Aquitains; des Grecs établis à Marseille ou dans d'autres colonies. Les Romains distinguaient \a.Ga/lia braccata (Provence) et la G allia comata. Celle-ci comprenait la Belgique, l'Aquitaine, la Gaule propre ou Celtique. La Gaule était occupée par un grand nombre de peuples confédérés (400, dit-on, avec 800 villes). Auguste partagea la Gaule en 4 provinces : Narbonnaise, Aquitaine, Lyonnaise, Belgique. Après les invasions des barbares et lorsque la France eut été constituée, le pays fut divisé en provinces, dont les principales étaient, en commençant par le Nord, mais sans suivre aucun ordre rigoureux : la Flandre, l'Artois, la Picardie, la Normandie, l'Ile-de-France, la Champagne, la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, la Bourgogne, le Lyonnais et le Forez, l'Orléanais, la Touraine, le Berry, le Bourbonnais, le Limousin, l'Auvergne, la Bretagne, le Maine, l'Anjou, le Poitou, la Guyenne, la Gascogne, le Languedoc, le Dauphiné, la Provence. — A la Révolution, la division par provinces fut abolie et on lui substitua la division par départements.
(France par départements.)
Ain. — Formé d'une partie de la Bourgogne, ce département comprend la plaine de la Bresse, avec la région des Dombes, le Bugey, le pays de Gex et du Valromey. Partie en montagne et partie en plaine, il est situé sur les frontières de la Suisse. Les points culminants sont le Crêt de la Neige (1,723 m.), et le Reculet (1,720 m.), dans le Jura; le point le plus bas est le Rhône (166 m.). Le climat est frais et pluvieux ; la rivière de l'Ain, qui traverse le département, et toutes les eaux appartiennent au bassin du Rhône. L'Ain est riche en produits agricoles (volailles, céréales), en forêts, en plantes texiiles. On exploite des asphaltes à Seyssel, des pierres lithographiques à Belley. L'évêché est à Belley; le chef-lieu à Bourg. La pop., agricole surtout, était de 364,408 h. (en 1886) ; 356,907 (en 1891) ; 351,569 (en 1896), 60 h. par kil. carré.
Aisne. — Formé d'une partie de l'Ile-de-France et d'une partie de la Picardie, ce département, situé sur la frontière de la Belgique, comprend des plaines ondulées et quelques collines qui n'atteignent pas 300 m. Le climat est frais et humide. Les eaux, en grande partie, appartiennent au bassin de la Seine ; mais l'Escaut et la Sambre naissent dans le département. L'Aisne est riche en forêts, en céréales, en betteraves à sucre, en bestiaux. Saint- Quentin est un centre important de l'industrie du coton et de la laine. Fabrique de glaces à Saint- Gobain. L'évêché est à Soissons, ville à laquelle se rattachent de grands souvenirs historiques. Le chef-lieu est à Laon. La pop. était de 555,925 h. (en 1886) ; 545,493 (en 1891); 541,613 (en 1896). 73 h. par kil. carré.
Allier. — Formé du Bourbonnais, ce département comprend des plaines ondulées et des montagnes au S.-E., avec des landes et des étangs au N.-E. Le point culminant est le puy de Montoncel (1,292 m.) ; le point le plus bas, le Cher (162 m.). Le climat est doux au bord des rivières, rude dans les montagnes. Le pays est arrosé par la Loire, l'Allier et le Cher. Riche en mines (fer, manganèse, antimoine), en houille, en produits agricoles et industriels, l'Allier possède aussi des eaux thermales et minérales (Vichy, Néris, Bourbon-l'Archainbault). Forges importantes à Commentry et verreries à Montluçon. Ce pays fut occupé autrefois par les Arvernes, les Eduens et les Bituriges. La po-
GEOGRAPHIE
lation était de 424,582 h. (en 1886) ; 424,382 (en 1891) ; 424,278 (en 1896) 58 h. par kil. carré.
Alpes (Basses-). — Formé d'une partie de la Provence, ce département, situé sur la frontière de l'Italie, offre des montagnes déboisées et de maigres champs de céréales au Nord, avec une végétation méditerranéenne au Sud, où croissent l'amandier, le figuier, l'olivier, l'oranger. Le point culminant est l'aiguille de Chambeyron (3,400 m.); le plus bas est la Durance (250 m.), Bien que le pays soit riche en mines, l'industrie y est à peu près nulle. La pop. était de 129,494 h. (en 1886) ; 124,285 (en
Alpes (Hautes-). — Formé d'une partie du Dauphiné et d'une partie de la Provence, ce départent, situé sur la frontière d'Italie et bizarrement découpé, offre de hautes montagnes, de vastes forêts, de beaux pâturages, mais aussi des régions stériles et dévastées (le Dévoluy). Le point culminant est le Pelvoux (4,103 m.) ; le point le plus bas, le Buech (455 m ), une des rivières qui, avec la Durance et le Guil, arrosent la contrée. La pop. était de 122,924 h. (en 1886); 115,522 (en 1891) ; 113,229 (en 1896). 20 h. par kil. carré.
Alpes-Maritimes. — Formé principalement du comté de Nice, ce département présente un sol montagneux coupé de vallées, étroites et encaissées, dont les cours d'eaux vont directement à la mer. Le climat, rude dans les montagnes, est très doux au bord de la mer. Le point culminant dépasse 3,000 m. Le sapin croît sur les hauteurs; mais l'olivier, l'oranger, le citronnier prospèrent dans les lieux bas. On y cultive les fleurs en grand, pour les essences et la parfumerie. Les principaux cours d'eau sont le Var, le Paillon, la Vésubie. Ce département, qui est revenu à la France en 1860, encadre la principauté de Monaco. La douceur du climat et les charmes de la côte d'azur attirent beaucoup d'étrangers pendant l'hiver à Nice, à Menton, à Cannes et sur tout le littoral. La pop. était de 238,057 h. (en 1886) ; 258,571 (en 1891) ; 265,155 (en 1896). 70 h. par kil. carré.
Ardèche. — Formé du Vivarais (ancien Languedoc), ce département est très montagneux et offre divers climats suivant l'altitude et l'exposition. Le point culminant est le Mézenc (1,754 m.) ; le plus bas est le Rhône (40 m.). La plupart des cours d'eau, entre autres le Doux et l' Ardèche, d'où le département tire son nom, tombent dans le Rhône; les autres vont à la Loire. Papeteries à Annonay. Eaux minérales à Vais. Pèlerinage à La Louvesc. L'évêché est à Viviers. La pop. était de 375,472 h. (en 1886) ; 371,269 (en 1891) ; 363,501 (en 1896). 66 h. par kil. carré.
Ardennes. — Formé de parties de la Champagne, de la Picardie et du Hainaut, ce département, situé sur la frontière belge, offre un sol moutagneux au N. et au centre, des plaines crayeuses au S. Le point culminant ne dépasse guère 500 m.; le plus bas, est l'Aisne (59 m.). Le climat est inégal. Les eaux vont en partie à la Seine, en partie à la Meuse. L'agriculture et l'industrie sont également florissantes (élevage du mouton, filatures de laine, drap de Sedan ; usines pour fer et cuivre). La célèbre forêt des Arderines n'occupe guère aujourd'hui que 150,000 hectares. Les Ardennes font partie de l'archevêché de Reims. La pop. était de 332,759 h. (en 1886) ; 324,923 (en 1891); 318,865 (en 1896). 61 h. par kil. carré.
Ariège. — Formé du comté de Foix et d'un morceau de la Gascogne, ce département, situé sur la frontière d'Espagne et d'Andorre, offre des montagnes très élevées, boisées ou incultes, et des vallées cultivées, fertiles en vins, grains, fruits. Climat rude. Le point culminant dépasse 3,,140 m.; le plus bas est à 195 m. Les eaux vont à la Garonne ou à l'Aude. Agriculture et industrie : fer, mar-
bres, ardoises ; forges ; draps ; papeteries ; eaux minérales, L'évêché est à Pamiers. La pop. était de 237,619 h. (en 1886) ; 227,491 (en 1891); 219,641 (en 1896). 45 h. par kil. carré.
Aube. — Formé d'une partie de la Champagne et d'un morceau de la Bourgogne, ce département offre des plaines crayeuses au N., de grandes forêts au S. Le climat y est humide et doux. Le point culminant n'atteint que 366 m.; le plus bas est sur la Seine, à laquelle vont toutes les eaux du pays. Le pays produit des vins (vins ordinaires et vins de Champagne), des céréales, du bétail; on y trouve du fer, des pierres de taille, etc. L'industrie est assez développée : tissus de laine et de coton, papeteries, tanneries, etc. La pop. était de 257,374 h. (en 1886); 255,548 (en 1891); 251,435 (en 1896). 42 h. par kil. carré.
Aude. — Formé d'une partie du Languedoc, ce département est couvert en grande partie par des ramifications des Pyrénées, les Corbières. Le point culminant, dans les Pyrénées, atteint 2,471 m.; le point le plus bas est la Méditerranée. Le pays est assez riche en mines, en bétail, en vins, etc. Il est traversé par le canal du Midi. La pop. était de 332,080 h. (en 1886); 317,372 (en 1891); 310,513 (en 1896). 49 h. par kil. carré.
Aveyron. — Formé d'une partie de la Guyenne, le Rouergue, ce département, situé au S. du massif central, offre un sol montueux (les Causses). Le climat y est rude et inégal. Le point culminant, dans les monts d'Aubrac, atteint 1,451 m.; le plus bas est sur l'Aveyron (125 m.) Toutes les eaux vont à la Garonne. Le pays est riche en mines, céréales, pâturages (fromages de Roquefort), etc. La pop. était de 415,826 h. (en 1886); 400,407 (en 1891); 389,464 (en 1896). 44 h. par kil. carré.
Bouches-du-Rhône. — Formé d'une partie de la Provence, ce département maritime, offre des collines et des montagnes, appartenant à diverses chaînes, avec des plaines arides (la Crau), des étangs (étang de Berre), et beaucoup d'endroits fertiles en toutes sortes de productions. Le point culminant atteint 1,043 m. Les eaux vont au Rhône ou à la mer. Le climat est doux et agréable; mais le mistral, qui d'ailleurs assainit le pays, souffle souvent avec violence. L'industrie y est très active. La pop. était de 604,857 h. (en 1886) ; 630,622 (en 1891); 673,820 (en 1896). 128 h. par kil. carré.
Marseille. — C'est la principale ville maritime de France Fondée par les Phocéens ou peut-être par les Phéniciens, qui profitèrent de son excellent port, elle rivalisa bientôt avec Cartilage. Menacée par les Ligures et autres peuples voisins, elle s'entoura de murailles, s'allia avec les Romains et leur ouvrit les Gaules. Elle resta ville libre, même après la défaite de Pompée, dont elle avait pris le parti. Sous l'empire, elle eut des écoles fameuses et fut surnommée la. Nouvelle Athènes. D'après une tradition, elle aurait été évangélisée par Lazare et ses soeurs ; mais d'autres regardent comme son premier apôtre S Victor. Ruinée par les barbares, elle se releva au XIIe siècle, recouvra son indépendance, mais fut soumise ensuite aux comtes de Provence. Une peste terrible la ravagea en 1720-21, dans laquelle se montra le dévouement de son évêque, Belsunce. Sa pop. a augmenté rapidement au XIXe siècle : 286,000 (en 1869) ; 403,749 (en 1891); 442,239 (en 1896). Commerce considérable. Grande industrie : savonneries, huileries, produits chimiques, bougies, raffineries de soufre et de sucre, pâtes alimentaires et conserves, sparterie, cordages, chapeaux, etc. Le port comprend l'ancien bassin ou Vieux-Port et le port de la Juliette, bordé par les docks. La rade est signalée par 14 phares. Nouvelle et très grande cathédrale, style byzantin, au bord de la mer. Célèbre sanctuaire de N.-D. de la Garde, sur la colline dominant le port. L'évêché de Mar-