PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
partie de l'ancienne Lusitanie, dont les indigènes résistèrent longtemps aux Romains. A leur tête se distingua Viriathe, qui ne tomba que sous les coups d'un assassin (140 av. J.-C). Un peu plus tard (80 av. J.-C), Sertorius s'y rendit indépendant jusqu'à sa mort. Le Portugal actuel tire son origine du comté de Porto ou l'or tus Culle (entre le Douro et le Minho), qui se torma à l'époque où les chrétiens commencèrent à chasser les musulmans (IXe et Xe siècle). En 1139, Alphonse I fut déclaré roi et se rendit indépendant. A partir du XV1' siècle, les Portugais se distinguèrent par leurs expéditions maritimes et leurs grandes découvertes : ils étendirent beaucoup leurs possessions coloniales (Afrique, Brésil et Indes), et devinrent une puissance navale de premier ordre. Mais cette puissance n'a pu se soutenir. Le Portugal est un pays peu étendu, constitué en grande partie par des montagnes qui dépendent du plateau de Galice, au N., et du plateau de Castille, à l'E. Au centre et sur les côtes s'étendent des plaines fertiles, mais imparfaitement cultivées. La température y est plus élevée et plus égale qu'en Espagne. L'industrie est peu développée; le commerce se fait surtout avec l'Angleterre, qui importe du vin, de l'huile, des fruits secs, etc. Le Portugal est divisé en 6 provinces : Minho (chef-lieu Porto), Tras-os-Montes (Bragance), Beira (Coïmbre), Estramadure (Lisbonne), Alemtejo (Evora), Algarves (Faro). Ces provinces forment 21 districts, en comptant les 4 districts des îles. Villes principales, après Lisbonne: Porto (138,860); Braga (23,089) ; Funchal (18,778), dans l'île de Madère. Pop. du royaume : 4,708,178 h. (en 1881); 5,049,729 (en 1890). 55 par kil. carré.
Lisbonne. — Fondée probablement par les Phéniciens (par Ulysse, au dire de la fable), cette ville devint importante sous les Maures, qui en firent la capitale d'un petit royaume. Alphonse I l'enleva au croissant en 1147. Elle fut éprouvée par plusieurs tremblements de terre, et surtout celui de 1755, qui la détruisit presque entièrement. Bâtie en amphithéâtre, Lisbonne présente un aspect pittoresque et imposant. On distingue la vieille ville et la nouvelle, qui est plus régulière et plus considérable. La rade de Lisbonne est excellente. Industrie active. La plupart des grandes fabriques sont au compte du gouvernement. Pop. : 242,297 h. (en 1878); 301,206 (en 1»90).
(Italie ancienne et moderne.)
Italie. — Cette péninsule, qui partage la Méditerranée en deux parties et touche presque à l'Afrique, comprend trois régions bien différentes : la Haute- Italie ou Italie continentale, avec les hautes montagnes qui la dominent et les plaines arrosées parle Pô; Y Italie péninsulaire; Yltalie insulaire, avec la Sicile, la Sardaigne et autres îles moins importantes. La Haute-Italie est mise en communication avec le bassin du Danube et le cours supérieur de l'Inn, par deux vallées, l'Engadine et le Tyrol. Elle est arrosée par de nombreux cours d'eau et serrée de beaux lacs. L'Italie péninsulaire est couverte par les Apennins, qui se développent en Toscane, dans les Etats romains et dans les Etats napolitains. Au sud, les Abruzzes offrent les montagnes les plus élevées de la péninsule : elles déliassent parfois 2,700 m. L'Italie jouit d'un climat assez varié ; mais la température y est généralement douce etégale. Certaines régions basses sont exposées auxfiôvres paludéennes (Marais Pontins,Maremmes) Le sol est des plus fertiles et les mines sont abondantes; mais la houille fait défaut. Aucune contrée, après la Grèce, ne tient une aussi grande place dans l'histoire ancienne. On distingua d'abord : la Gaule cisalpine au Nord (devenue le Piémont, etc.); l'Italie centrale ou proprement dite; la Grande- Grèce au S. L'Italie centrale comprenait l'Etrurie, l'Ombrie, le Picenum, lcLatium, la Campanie et le
Samnium. Au moyen âge, l'Italie fut morcelée en une foule de petits Etats et de républiques, dont les limites variaient sans cesse. Avant que l'unité actuelle, qui ne date que de la seconde moitié du XIXe siècle, eût été imposée par la force, l'Italie ne comprenait plus que quelques Etats, qu'il eût été facile de constituer en fédération ; c'étaient : le royaume de Piémont; les duchés de Toscane, de Parme et de Modène ; les Etats de l'Eglise et le royaume de Naples. Le royaume actuel d'Italie est divisé en un grand nombre de provinces. Les villes principales sont : Naples (529,446), Rome (474,018), Milan (456,698), Turin (348,001 ),Palerme (283,742), Gênes (225,135), Florence (207,070), Venise (153,764), Bologne (151,206), Messine (150,805), Catane (127,117), Livourne (104.269). Pop. calculée en 1896. L'Italie fournit beaucoup à l'émigration, qui va s'accroissant et se dirige surtout vers les deux Amériques. Le nombre des émigrés a dépassé 300,000 en 1896. Pop. 30,158,408 h. (en 1890); 31,290,490 (en 1896). 109 h. par kil. carré. Le nombre des protestants est évalué à 62,000 seulement. dont^2, 000 vaudois; celui des Juifs, à 38,000.
Piémont. — Cette région de la Haute-Italie est comprise entre les Alpes au N. et àl'O., leTessin, à l'E., les Apennins et les Alpes maritimes au S. Avec la Savoie et la Sardaigne, il formait, avant 1859, le royaume de Piémont, ayant pour capitale Turin. 11 comprend aujourd'hui les provinces de Turin, Coni, Alexandrie et Novare. Climat varié, suivant l'altitude. Sol fertile dans les plaines ; belles forêts dans les montagnes.
Turin. — Cette ville, fort ancienne, fut d'abord la capitale des Taurini, peuple gaulois qui refusa de s'allier avec Annibal contre les Romains et fut écrasé. César en fit une colonie (Colonia Julia) ; Auguste la protégea et l'embellit. Elle fut ensuite la capitale de l'un des 32 duchés lombards. A la fin du XIIIe siècle, les ducs de Savoie en firent la capitale de leurs Etats. Elle fit partie de l'empire français jusqu'en 1814, comme chef-lieu du département du Pô. Bâtie très régulièrement, Turin est une des plus belles villes de l'Europe. Mais son importance a diminué depuis que la maison de Savoie s'est transportée à Florence d'abord (1862), à Rome ensuite. Pop. : 320,808 h. (en 1890); 348,001 (en 1896).
Lombardie. — Ce nom fut donné d'abord atout le pays occupé par les Lombards, qui furent maîtres de la plus grande partie de l'Italie. Mais depuis lors, la Lombardie a été à peu près restreinte à l'ancien duché de Milan, situé à l'E. du Piémont et borné au N. par les cantons suisses du Tessin et des Grisons, au S. par le Pô, à l'E. par la Vénétie, dont elle est séparée par le Mincio. Longtemps possédée par l'Autriche, qui l'avait réunie à la Vénétie sous le nom de royaume lombard-vénitien, la Lombardie fut donnée au Piémont, à la suite de la guerre de 1859, soutenue parla France unie au Piémont contre l'Autriche. La Lombardie est un des pays les plus fertiles et des mieux cultivés. Arrosée par de nombreux cours d'eau et semée de lacs, elle jouit d'un climat favorable à toutes les cultures, si ce n'est dans les parties montagneuses : oliviers, mûriers et vers à soie, riches pâturages, etc.
Milan. — On attribue la fondation de Milan au Gaulois Bellovèse (587 av. J.-C), qui en fit la capitale des Insubres. Eclipsée par ses rivales (Modène, Mantoue), pendant les premiers siècles de la conquête romaine, elle prit ensuite le premier rang. Maximien en fit sa capitale, au IIIe siècle. C'est là que Constantin rendit le célèbre édit de liberté religieuse qui terminait les grandes persécutions (312). Sous les Lombards, la capitale fut transférée à Pavic ; mais la destruction de la puissance lombarde par Charlemagne lui rendit son importance. Au XII" siècle, elle devint à peu près indépendante et
GEOGRAPHIE
fut, pour ainsi dire, la capitale de la ligue des Guelfes, opposée au parti gibelin. Elle partagea plus tard la fortune du duché de Milan et fut plusieurs lois possédée par les Français. Déjà illustrée par S. Ambroise, elle a eu la gloire de compter encore, parmi ses archevêques, un S. Charles Borromée. Englobée aujourd'hui dans le royaume d'Italie, elle a été le siège, en 1898, d'une prétendue insurrection, qui a été durement réprimée. Milan est une des plus belles villes d Europe. On y remarque la cathédrale gothique de S. Charles (il Duomo) et autres belles églises Nommons aussi la bibliothèque A)nbroisienne, qui possède 15,000 manuscrits. Industries diverses et très actives. Pop. 414,551 h. (en 1890) ; 456,698 (en 1896).
Vénétie. — Cette région de l'Italie septentrionale doit son nom aux Wendès ou Venètes, qui l'occupèrent anciennement. D'autres Venètes ont occupé les bords de la Baltique et la Bretagne (Vannes), et ils paraissent avoir même origine que les premiers. Quoi qu'il en soit, les Venètes de l'Adriatique étaient eux aussi d'intrépides navigateurs et ils trouvèrent des successeurs dignes d'eux dans les Vénitiens. Sous les Romains, la Vénétie et l'Istrie formèrent une province. La Vénétie partagea ensuite la fortune de Venise. Longtemps république indépendante, elle passa sous la domination autrichienne, puis fut réunie au royaume d'Italie, à la suite de la guerre de 1866, soutenue par la Prusse et l'Italie agissant de concert contre l'Autriche.
Venise. — Cette ville, qui a joué un si grand rôle pendant le moyen âge et surtout pendant les croisades, fut fondée par les Venètes d'Aquilée et de Padoue qui, pour échapper à Attila, se réfugièrent dans les îles des lagunes (452). Le premier duc ou doge fut élu vers 697 par les confédérés. Au Xe siècle, Venise s'affranchit de l'empire d'Orient et devint bientôt une puissance. Ses flottes rivalisèrent avec celles de Gênes et de Pise et elle put revendiquer, en particulier, l'empire sur l'Adriatique. Lors de la conquête de Constantinople par les Latins, elle obtint, pour rémunération de ses services, la plupart des îles de l'Archipel et même un quart de Constantinople. Malgré des alternatives de succès et de revers, la rivalité de Gênes et l'hostilité habituelle des Turcs, elle était, à la fin du XVe siècle, la première puissance commerçante de l'Europe. Mais la découverte des Indes et de l'Amérique lui porta un coup mortel. Avant 1797, la république de Venise possédait un territoire assez étendu, avec 4 millions d'habitants. Bâtie sur pilotis et composée de 70 petites îles reliées par 329 ponts, Venise rappelle Amsterdam ; mais, au lieu d'un ciel brumeux, elle jouit du ciel d'Italie. Citons : la place et la basilique de S. Marc, avec ses coupoles et ses 500 colonnes de marbre ; le pont des Soupirs, célèbre par les légendes dont il est l'objet ; la bibliothèque de S. Marc, précieuse surtout par ses manuscrits. Pop. : 158,019 h. (en 1890) ; 153,764 (en 1896),
Toscane. — C'est l'ancien pays des Etrusques (en latin Tusci). Ce pays devint, au IVe siècle, sous le nom de Tuscie, une province du diocèse d'Italie, puis du diocèse de Rome. Sous les Lombards, la Toscane forma plusieurs duchés, entre autres celui de Spolète. Les marquis de Tuscie ou Toscane furent ensuite indépendants et exercèrent une grande influence à Rome. La grande comtesse Mathilde (v. ce nom) fut leur héritière, en dernier lieu. Au moyen âge, les principales villes de Toscane furent de puissantes républiques : Pise d'abord (au XIe et au XIIe s.), puis Florence, qui parvint à dominer cette rivale et où brillèrent les Médicis, qui s'allièrent aux rois de France. Citons aussi Lucques et Sienne. La Toscane fit partie quelque temps de l'empire français (1807 et suiv.). Elle fut
reprise par l'Autriche, en 1814, et elle devint un grand-duché. Le roi de Piémont, aidé par la Révolution, s'en empara en 1859.
Florence. — C'est une des plus belles villes d'Europe, depuis le XVe siècle, où les Médicis l'ont embellie par des palais et enrichie par toutes sortes d'œuvres d'art. D'abord simple ville étrusque, puis colonie romaine, elle devint capitale de l'Etrurie. Au moyen âge, elle s'érigea en république et, après bien des vicissitudes, finit par devenir le patrimoine des Médicis (1421). A Florence se tint le 17e concile œcumérique (1439), suite de celui de Ferrare, qui avait succédé à celui de Bâle. Citons, parmi les monuments : le palais Pitti, le Vieux- Palais ou degli Uffizi, contenant la galerie de Médicis, la cathédrale (Duomo). Florence est la patrie de Dante, de Machiavel, d'un grand nombre d'artistes, en particulier des peintres qui ont formé l'école Florentine. Parmi ses institutions scientifiques et littéraires, citons Y Académie dalla Crusca. C'est à Florence qu'on parle le dialecte italien le plus pur. Florence fut la capitale du royaume d'Italie, de 1865 à 1870. Pop. : 191,453 h. (en 1890) ; 207,070 (en 1896).
Rome. — Cette ville fameuse, que la papauté devait rendre immortelle, fut fondée en 753 av.J.-C. et ne fut guère d'abord qu'un refuge d'aventuriers. Son histoire est celle de la puissance romaine ellemême, qui parvint en 5 ou 600 ans à soumettre l'univers. Enrichie par les dépouilles de toutes les nations, décorée de superbes monuments par ses consuls et ses empereurs, mais coupable d'avoir versé à flots le : ang des martyrs, elle fut plusieurs fois pillée et ravagée par les barbares. Avec les papes, elle devint le centre moral du monde, et toutes les nation-; continuèrent à graviterautourd'elle. Usurpée par le roi d'Italie, en 1870, elle tient toujours sa grandeur principale non pas de ses souvenirs païens mais des martyrs et des papes qui l'ont illustrée. Elle fournit une matière inépuisable à toutes les sciences historiques et religieuses. Citons, pour la Rome du paganisme : Dezobry, Rome au siècle d'Auguste; pour la Rome des premiers siècles chrétiens, de Rossi et Kraus, Roma sotterranea ; pour la Rome du XIXe siècle, des ouvrages tels que ceux de Veuillot (les Parfums de Rome), de Mgr Gerbet (Esquisse de Rome chrétienne). Très peuplée sous les premiers empereurs, Rome vit sa population dispersée ou détruite en grande partie à l'invasion des barbares. Elle comptait 215,000 hab. avant 1870; 423,217 (en 1890); 474,018 (en 1896).
Naples. — Cette ville porta d'abord le nom de Parthènope. De nouveaux colons étant venus s'établir non loin de la première agglomération, on donna le nom de Neapolis ou ville nouvelle à leur cité, qui se confondit bientôt avec l'ancienne. Les Romains furent les maîtres de Naples dès 327 av. J.-C. ; mais la ville resta grecque. Les patriciens y avaient des maisons de plaisance, et les délices de Naples remplacèrent celles de Capoue. Après l'invasion des barbares, dont elle eut beaucoup à souffrir, Naples fit partie de l'empire grec, puis devint la capitale d'un duché indépendant et même d'une république, jusqu'à la conquête normande. Elle subit ensuite les vicissitudes du royaume de Naples et appartint plus d'une fois à la France. Elle a été absorbée en 1860 dans le nouveau royaume d'Italie. Les environs de Naples, qui sont délicieux, attirent tous les ans beaucoup d'étrangers. Non loin se trouvent les fameuses ruines d'Herculanum et Pompéi. Parmi les monuments religieux il faut citer la belle cathédrale gothique, où repose le corps de S. Janvier, patron de la ville. Dans la chapelle du Trésor, peinte par le Dominiquin, on conserve deux fioles de s^ng du célèbre martyr ; chaque année ce sang se liquéfie le jour de la fête du saint.