PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Pop. : 447,000 h. (en 1870); 530,872 (en 1890) ; 529,446 (en 1896).
Sicile. — Cette île, si célèbre dans l'histoire ancienne, me ure 2,574,000 hectares, avec les petites îles qui en dépendent. Nommée par les Grecs Trinacrie ou Ile au trois caps, à cause de sa l'orme triangulaire, elle fut habitée d*;ibord, paraîtil, par des Pélasges, venus d'Italie (Sicules), et des Siennes, venus d'Espagne. La mythologie y plaçait aussi les Cyclopeset les Lestrygons. De nombreuses colonies grecques s'établirent ensuite, qui devinrent des cités florissantes : Syracuse, Agrigente, Catane, etc. Les Athéniens tentèrent vainement la conquête de l'île, qui tomba plus tard au pouvoir des Carthaginois, puis des Romains. Elle eut à souffrir de toutes les invasions : Vandales, Goths, Sarrasins, qui la disputèrent aux Grecs. Les Normands la conquirent et elle fit partie du royaume des Deux-Siciles. Remarquablement fertile et regardée autrefois comme le grenier du peuple romain, la Sicile est pauvre cependant par suite d'un état économique et social désastreux. Riches mines de soufre. Eaux minérales et thermales. Le climat est sain, quoique très chaud, si ce n'est dans les montagnes. Le point culminant est l'Etna, dont les éruptions sont fameuses (3,313 m.). Sa masse imposante domine la côte S.-E. La Sicile comprend aujourd'hui 7 provinces : Palerme, Messine, Catane, Syracuse, Caltanisetta, Girgenti, Trapani. Pop. : 3,285,000 env.
Palerme — Cette ville, qui porta d'abord le nom de Panorme, était une colonie phénicienne. Elle suivit le sort de la Sicile, dont elle a été longtemps la capitale. On y observe de curieux monuments des diverses dominations qu'elle a subies. Citons la cathédrale, du XIIe siècle, byzantine et gothique. Elle porte le nom de sainte Rosalie, patronne de la ville. Pop. : 267,416 h. (en 1890) ; 283,742 (en 1896).
Grèce. - - Cette contrée fameuse entre toutes, dans l'histoire ancienne, n'est qu'une minime fraction du globe. Mais la situation exceptionnelle qu'elle occupe dans le bassin méditerranéen la prédestinait au rôle extraordinaire qu'elle a rempli. On peut distinguer, dans la Grèce : 1° la Morée (anc. Péloponèse ; 2e la Grèce centrale ou Hellade; 3° la Grèce septentrionale; 4° les îles. Celles-ci, qui forment l'un des plus beaux archipels qui soient au monde, invitaient les Grecs à communiquer fréquemment avec l'Asie et l'Egypte. De plus, le littoral profondément découpé de la Grèce ellemême et l'insuffisance d'un sol resserré et parfois peu fertile, obligeaient les Grecs à devenir un peuple navigateur, commerçant et colonisateur. Leurs colonies se répandirent de bonne heure sur toutes les côtes de la Méditerranée et jusqu'au Pont- Euxin. Leur race fut maîtresse de l'Asie, à partir d'Alexandre le Grand; et si elle fut soumise aux armes romaines, elle domina ensuite ses vainqueurs par les lettres, les sciences et les arts. L'empire de Constantinople fut plutôt grec que romain et survécut longtemps à l'empire d'Occident. Malheureusement la Grèce fut victime de son esprit sophistique, qui engendra tant d'hérésies, de vaines disputes et finalement le schisme. La Grèce tomba sous la domination du croissant et elle n'a pu transformer ces fanatiques vainqueurs comme elle avait métamorphosé les premiers. Le royaume de Grèce, qui ne date que du premier tiers du XIXe siècle, a naguère été écrasé par la Turquie (1X08) et a perdu une partie de son territoire déjà si exigu. La pop. du royaume comptait :2 millions 433,806 h. (en 1896). 37 h. par kil. carré. Villes principales, après Athènes et le Pirée : Patras (37,95K) ; Tricala(21,149) ; Corfou (17,918).
Athènes. — Fondée par Cécrops, qui venait peut-être d'Egypte, cette ville devint le centre de
l'Attique et prit alors le nom de Minerve (Athèné) au lieu de celui de Cécrops (Cecropia). Lorsque sa puissance politique eut été détruite, elle devint la capitale intellectuelle du monde et ne (trouva pendant longtemps de rivale que dans la ville d'Alexandrie. Elle fut possédée par divers maîtres avant la domination musulmane (1456), dont elle ne put s'affranchir qu'en 1821. Dévastée pendant la guerre de l'indépendance (1821-1827), elle s'est relevée de ses ruines. Elle est, depuis 1834, la capitale du royaume de Grèce. La France et l'Allemagne y entretiennent des écoles archéologiques. Des anciens monuments qui faisaient la gloire d'Athènes il ne reste guère que l'emplacement ou des ruines : l'Aréopage, le Prytanée, l'Odéon, le Pœcile, l'Académie, le Lycée, le Parthénon, le temple de Jupiter Olympien, etc. Pop. : 107,846 (en 1886); 111,486 (en 1896). Pop. du Pirée, port d'Athènes : 34,569 (en 1886); 42,169 (en 1896).
Sparte. — L'ancienne Sparte ou Lacèdèmone, fondée parles Doriens en 1180 av. J.-C, placée au centre de la Laconie, dans une région âpre et montueuse, sur le petit fleuve Eurotas et non loin du Taygète, ne devait guère compter plus de 30,000 habitants, mais tous guerriers éprouvés et dominant les populations voisines, qui étaient leurs esclaves ou leurs alliées. La ville était pauvre et sans fortifications, presque sans monuments. Aux portes de la ville était le Plataniste, sorte de promenade, le cirque appelé Dromos, et le gouffre où l'on jetait les enfants qui naissaient contrefaits ou infirmes (Barathre). La Sparte moderne n'est qu'une petite ville de 4.000 h., ch.-l. delà prov. de Laconie.
Constantinople. — Connue d'abord sous le nom de Byzance, cette ville fut transformée par Constantin, qui lui donna son nom et en fit la capitale de l'empire d'Orient. Bientôt elle surpassa Rome elle-même par la magnificence de ses palais, ses richesses, son commerce et sa population. Sous Justinien, un tremblement de terre la détruisit (557), mais elle fut rebâtie aussitôt. Elle devint la capitale de l'empire ottoman en 1453 ; mais ses nouveaux maîtres laissèrent dégrader ses monuments. D'abord simple évêché, l'église de Constantinople devint patriarcale et finit par vouloir s'affranchir de Rome : de là le schisme grec. Bâtie en amphithéâtre, Constantinople offre de la mer le plus bel aspect. Le port est très vaste et formé par le golfe appelé Corue-d'Or. On y distingue le quartier des des négociants (Galata), celui des Européens (Pèra), le quartier des Grecs (Phanar). Le monument le plus remarquable est l'église Sainte- Sophie, changée en mosquée. Pop. : 873,565 h. environ.
Bulgarie. — Cette ancienne province de la Turquie a été organisée en monarchie héréditaire et constitutionnelle sous la souveraineté de la Porte, par le traité de Berlin (1878). Elle s'est accrue delà Roumélie orientale en 1885. Le pays est montueux, le climat salubre. Forêts et céréales. Cap. : Sofia (47,000). Villes pr. : Philippopoli (36.033), Varna (28,174), Roustchouk (28,121), Choumla (23,517), Slivno (23,210). Pop. : 3 millions 309,810 h. (en 1893). 33 h. par kil. carré. Sur ce nombre les Bulgares comptent pour 2,504,336; les Turcs, pour 569,728; les Grecs, pour 60,018; les Tsiganes, pour 51,574; les .luifs, pour 27.531. Les Bulgares sont généralement chrétiens schismatiques.
Roumanie. — Ce royaume, pris sur la Turquie, a remplacé dès 1881 les Principautés unies de Moldavie et de Valachie. La Roumanie comprend des montagnes et des plaines qui s'étendent sur le Danube et la mer Noire. Chaud et humide en été, le climat est sec et rigoureux en hiver. Le pays est fertile, mais imparfaitement cultivé. Cap- Buca-
GEOGRAPHIE
rest : 232,009 h. (en 1894). Villes pr. : Jassy (66,224), Galatz (57,459), B rail a (51,116), Craïova (38,690). Pop. : 5,417,249 h. 41 h. par kil. carré. Serbie. — Ce pays a pris son nom des Serbes, slaves qui habitaient près des monts Carpathes et auxquels l'empereur Héraclius permit d'occuper la Serbie actuelle, dépeuplée par les Avares (638). La Serbie a été déclarée indépendante de la Turquie par le traité de Berlin (1878). Elle a été érigée en royaume (monarchie constitutionnelle héréditaire), le 6 mars 1882. La Serbie est couverte de montagnes qui se rattachent aux Balkans et aux Alpes helléniques. Le climat est très varié. Belles forêts. Elevage du bétail (race porcine surtout). Il est à remarquer que les Serbes possèdent leurs terres en communautés familiales. Cet usage date d'un temps immémorial. Mais ces communautés (zadrougas) tendent à disparaître. Le régime de l'égalité con-
tinue de prévaloir chez les Serbes : ils n'ont pas de noblesse. Cap. Belgrade : 59,237 h. (en 1897). Pop. du royaume : 2,345,837h. (1897). 49 h. par kil. carré. Monténégro. — Cette petite principauté est enclavée entre la Turquie d'Europe, l'Herzégovine et la Dalmatie. Le pays est montagneux, le sol peu fertile et cultivé par les femmes. Vastes forêts. Sa pop. n'est guère que de 227,841 h. ; 25 h. par kil. carré; mais plus de 20,000 portent les armes. Le Monténégro n'a cessé, jusque dans ces derniers temps, de résister aux Turcs et de maintenir son indépendance. Les Monténégrins rouvrirent les hostilités en 1876, quelque temps avant la guerre de la Russie contre la Turquie; par le traité de Berlin (1878), ils obtinrent le port d'Antivari, mais sans le droit d'entretenir des bâtiments de guerre. Cap. Cettigné : 2,920 h. Villes pr. : Podgoritza (0,534), Dulcigno (5,005), Antivari (2,114).