PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES
Asie. — C'est la plus grande des cinq parties du monde ; sa superficie est de 44 millions de kilomètres carrés et elle compte de 8 à 900 millions d'habitants. Ses principales montagnes sont : le massif central du Pamir, surnommé le Toit du monde, dont les pics dépassent 7,000 m.; l'Himalaya, qui renferme les plus hautes cimes du globe (jusqu'à 8,840 m.) ; Karakorum, entre l'Himalaya et le Pamir, avec un sommet principal de 8,615 m. ; l'énorme massif de l'Altaï, sur les limites de la Sibérie et de la Mongolie, de l'empire russe et de l'empire chinois, mais dont les sommets ne dépassent pas 3,500 m. Les principaux fleuves, dont quelques-uns atteignent jusqu'à 4,000 kil.de cours, sont : l'Euphrate et le Tigre, qui tombent dans le golfe Persique ; l'Indus ou Sindh, qui tombe dans la mer d'Oman ; le Gange, le Brahmapoutre, l'Iraouaddy, qui tombent dans le gole du Bengale ; le Mé-kong ou Cambodge ; le Fleuve bleu, le Fleuve jaune, le Pey-Ho et l'Amour, dans le grand Océan; la Lena, le Iénisséi et l'Obi, dans l'océan Glacial ; le Syr-Daria et l'Amou-Daria, dans la mer d'Aral. L'Asie renferme beaucoup de hauts plateaux, de steppes et de déserts. Citons : le désert de Gobi, très élevé, et parcouru par des nomades mongols ; le désert d'Arabie, parcouru par les caravanes. L'Asie offre tous les climats et toutes les cultures. C'est de l'Asie que sont venus plusieurs de nos arbres à fruit (cerisier, pêcher, oranger) et de nos animaux domestiques (cheval). L'Asie est aussi le berceau du genre humain. Longtemps inconnue en grande partie, elle n'a été explorée complètement que dans ce dernier siècle.
Asie Mineure. — Les Romains donnèrent ce nom à cette partie de l'Asie occidentale qui s'avance en presqu'île entre la Méditerranée et la mer Noire, et qui forme aujourd'hui l'Anatolie. On y distinguait : la Mysie, la Lydie, la Carie, la Lycie, à l'O. ; la Bithynie, la Paphlagonie, le Pont, au N. ; la Pampliylie, la Pisidie et la Cilicie, au S. ; la Plirygie et la Cappadoce, au centre. Les rivages occidentaux étaient occupés par des colonies grecques : Eoliennes, au N. ; Ioniennes, au centre ; Doriennes, au S. On y voyait des villes florissantes : Ephèse, Phocée, Milet, Smyrne, Halicarnasse, Lampsaque, etc. D'autres villes de l'Asie Mineure furent plus ou moins célèbres en leur temps : Troie, Pergame, Cyzique, Sinope, Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, etc. Plusieurs villes d'Asie Mineure eurent des églises célèbres dès le 1er siècle : Ephèse, Smyrne, etc. (V. Le Camus, Voyaye aux sept églises de l'Apocalypse, 1896).
Syrie. — C'est une contrée célèbre dans l'histoire de l'Orient. Soumise tour à tour aux Egyptiens, aux Assyriens, et même pendant quelque temps aux Hébreux (sous David et Salomon), puis aux rois de Damas, aux Perses, aux Grecs, aux Romains, la Syrie fut l'une des premières contrées évangélisées par les apôtres. S. Pierre transporta son siège à Antioche, avant de l'établir à Rome. Ce fut à Antioche que les disciples de Jésus reçurent d'abord le nom de chrétiens. Lorsque parurent les conquérants arabes, au VIIe siècle, la Syrie fut leur proie, et les croisés ne parvinrent à la délivrer que momentanément. Depuis lors, le croissant n'a cessé de dominer cette contrée. Les Français, qui essayèrent de la conquérir en 1799, échouèrent devant Saint-Jean-d'Acre. Sous la domination grecque, le royaume de Syrie, qui fut très florissant à certaines époques, s'étendait bien au delà de la Syrie proprement dite. Au temps des Romains, la Syrie comprenait encore la Phénicie et la Palestine, avec la Syrie proprement dite. Celle-ci est dominée
par les deux chaînes du Liban, entre lesquelles s'étend la Syrie creuse ou Cèlésyrie. Le climat est chaud dans les plaines, tempéré dans les montagnes. Très fertiles et très peuplées autrefois, ces contrées ont changé d'aspect depuis la conquête musulmane. Les fameux cèdres du Liban ont, pour ainsi dire, disparu et fait place à d'autres forêts.
Palestine. — Cette contrée, comprise dans la Syrie, correspond à l'ancienne Terre de Chanaan ou Terre promise et Terre Sainte. Il n'en est pas de plus célèbre dans l'histoire religieuse. Elle s'étendait des sources du Jourdain et de la Phénicie, au N., jusqu'au delà de la mer Morte et à l'Arabie Pétrée, au S., et du désert de Syrie, à l'E., à la Méditerranée, à l'O. Elle était traversée du N. au S. par le Jourdain, qui forme le lac de Génésareth, et se jette dans la mer Morte. Elle était arrosée encore par les quelques affluents du Jourdain, par l'Arnon et le Cédron, qui tombent dans la mer Morte, par quelques torrents ou cours d'eau tributaires de la Méditerranée. Ses principales montagnes étaient celles de Galaad, les monts Abarim etNébo, à l'orient du Jourdain ; le Liban, avec les monts Thabor, Gelboé, le Carmel, à l'O. — Parmi les nombreux ouvrages publiés sur la Terre Sainte, citons celui de Victor Guérin et celui du Frère Liévin, si utile aux pèlerins. Un abrégé de l'ouvrage de Guérin a paru sous ce titre : La Terre Sainte, Jérusalem et le nord de la Judée, 1897).
Jérusalem. — Cette ville sanctifiée par la Passion du Sauveur s'élève au sud de la Palestine par 31° 46' latitude N. et 32°52' longitude E. D'abord occupée par les Jébuséens, peuple chananéen, elle tomba au pouvoir de David, qui en fit la capitale de son royaume. Salomon l'embellit ; il construisit le Temple avec une magnificence inouïe. Détruite par Nabuchodonosor, elle fut rebâtie après la captivité. Redevenue une capitale très importante au temps de J.-C, elle fut prise par Titus, après un siège horrible (79), et détruite de nouveau. Le nom même de Jérusalem fut changé par Adrien en celui d\Elia Capitolina, à la suite d'une nouvelle révolte des Juifs. Mais Constantin rendit à la ville le nom de Jérusalem ; elle fut embellie par sainte Hélène, qui découvrit la vraie croix et éleva l'église de la Résurrection. Jérusalem est nommée la Ville sainte même par les musulmans ; et Mahomet aurait songé à en faire la capitale de l'empire religieux qu'il méditait. Elle fut, pendant quelque temps, la capitale du royaume de Jérusalem fondé par les croisés (1099-1187) ; mais elle retomba ensuite au pouvoir des musulmans. Toujours visitée par de nombreux pèlerins, Jérusalem compte aujourd'hui de 40 à 50,000 hab. Elle s'élève sur plusieurs collines disposées en amphithéâtre : au S., la colline de Sion, où étaient le palais et la citadelle de David; au N.-O., la colline d'Acra, se prolongeant par le Calvaire; au N.-E., le mont Moriah, où était le temple de Salomon. La vallée de Josaphat, formée par le Cédron, séparait la ville de la montagne des Oliviers. On distingue plusieurs quartiers : celui des Juifs, à l'O. de la colline de Sion ; celui des Arméniens, à l'E. ; celui des chrétiens, autour du Saint-Sépulcre, sur la colline d'Acra ; celui des musulmans sur le mont Moriah, autour de la mosquée d'Omar. L'église du Saint-Sépulcre occupe l'emplacement de l'église de la Résurrection : elle a été reconstruite après l'incendie de 1811. Tous les cultes chrétiens ont à Jérusalem leurs églises, leurs couvents ou du moins leurs représentants, patriarches ou autres dignitaires. Ainsi se réalise la parole du prophète Isaïc, qui
GÉOGRAPHIE
avait dit du Messie : « Les nations le prieront et son sépulcre sera glorieux » (Isaïe, xi, 10).
Bethléem. — Cette petite ville, située à lOkil. S. de Jérusalem, sur la routed'Hébron,a été rendue à jamais célèbre et vénérable par la naissance de N.-S. et les mystères qui l'accompagnèrent : apparition de l'étoile et des anges, adoration des bergers et des rois mages. Miellée avait prédit que le Messie naîtrait à Bethléem, qui est aussi la patrie de David. Ce roi prophète y fut enseveli. Entre Jérusalem et Bethléem ou Ephrata fut ensevelie Rachel.
Galilée. — Ce nom fut donné à une partie de la Palestine après la captivité de Babylone. Elle comprenait les anciens territoires d'Aser, de Nephtali, de Zabulon et d'Issachar, avec les monts Thabor et Gelboé. On distingua la Galilée inférieure ou méridionale et la Galilée supérieure, ou des Gentils, qui comptait beaucoup de païens. Parmi les villes les plus célèbres citons : Nazareth, Cana, Capharnaum, Naïm, Tibérias, Endor, Béthulie. Cette petite contrée a été illustrée par les prédications et les miracles de Jésus, qui fut surnommé le Galilèen. Tous les apôtres étaient de Galilée.
Arabie. — Cette vaste presqu'île de l'Asie méridionale, ressemble beaucoup à l'Afrique, dont elle n'est séparée que par le golfe Arabique ; sa superficie est de 2,800,000 kil. carrés; sa pop., de 10 millions d'h. env. Les anciens distinguaient :
Y Arabie Pètrèe, avec le massif du Sinaï, auN.-O., contrée stérile ; V Arabie Heureuse, au S.-O. ;
Y Arabie déserte. On distingue aujourd'hui, avec
Y Arabie- Pétrée : YHcdjaz, région montueuse, le long de la mer Rouge; YYémen, au S.-O., région boisée et fertile, etc. Quoique stérilisée le plus souvent par la sécheresse, l'Arabie présente, en effet, quelques régions fertiles et bien habitées. Le centre de la péninsule est formé par un plateau de 1,000 à 1,300 mètres, coupé de chaînes transversales avec de profondes et riches vallées.
La Mecque. — Cette ville, qui est la patrie de Mahomet et la capitale religieuse de l'islamisme, est visitée tous les ans par des pèlerins innombrables. Elle est située dans î'Hedjaz, à 90 kil. E. de la mer Rouge et du port de Djeddah. Elle compte aujourd'hui environ 60,000 h. : elle en a eu autrefois plus de 100.000. On y voit une grande mosquée, construite au IXe siècle et contenant la Kaaba, avec la fameuse pierre noire, aujourd'hui brisée en une douzaine de morceaux. Longtemps avant Mahomet, la Kaaba ou le temple de la Mecque passait pour avoir été fondé par Adam, Abraham et Ismaël. L'archange Gabriel lui-même aurait fixé les rites à accomplir par les pèlerins. Tous les musulmans se tournent, pour faire leurs prières, dans la direction de la Mecque.
Ninive. — Cette fameuse capitale de l'Assyrie, était située sur la rive gauche du Tigre, en face de la ville moderne de Mossoul. Aujourd'hui on n'y voit que des collines formées de débris. Fondée peut-être 2,000 ans av. J.-C, sinon davantage, Ninive devint la capitale du puissant empire d'Assyrie et partagea la même gloire : elle fut pendant longtemps la ville la plus riche et la plus forte de toute cette partie de l'Asie. Elle tomba avec l'empire assyrien et son nom disparut même de l'histoire. Ses ruines furent découvertes en 1820; elles furent explorées par Layard (1845-1851), etc. On découvrit le palais royal des princes de la famille de Sargon et les restes de la bibliothèque (en briques) d'Assourbanipal. A ce même ordre de recherches se rapportent les découvertes faites à Khorsabad par le consul de France, Botta, en 1843. (V. Vigouroux, la Bible et les découverte^ modernes).
Babylone. — L'origine de cette ville, dont la fondation est attribuée à Nemrod, se perd dans la nuit des temps; mais Babylone ne devint la ville
immense et opulente dont l'histoire a gardé le souvenir que vers le temps de Nabuchodonosor. Sa décadence fut non moins rapide que son élévation et, vers le IIe siècle de notre ère, elle n'était plus qu'un monceau de ruines, où l'on venait de tous les côtés chercher des matériaux. Bâtie sur la rive gauche de l'Euphrate, dans la plaine de Sennaar, Babylone était moins une ville qu'un pays. L'enceinte extérieure formait une espèce de rectangle, renfermant plus de 500 kil. carrés. L'enceinte intérieure comprenait 69 kil. : c'est trois fois la superficie de Paris. La ville proprement dite, sur l'emplacement actuel de la petite ville de Hillah, était traversée par l'Euphrate. On y admirait nombre de monuments : les quais et le pont de l'Euphrate, les jardins suspendus, etc. On voit encore dans l'enceinte de Babylone les ruines d'une tour, hautes de 50 mètres, où l'on croit reconnaître la fameuse tour de Babel.
Perse. — La Perse est un des Etats les plus anciens et dont les frontières ont le plus varié suivant les époques. Avec Cyrus et ses successeurs, la Perse s'étendit depuis l'Inde jusqu'à la Méditerranée. Mais le pays auquel on donne proprement le nom de Perse est un vaste plateau dominé au N. par l'Elbourz, à l'O. par des chaînes de montagnes reliées à l'Ararat. Le climat est chaud sur le plateau, tempéré dans les montagnes; le sol est plus ou moins fertile selon l'abondance des eaux. De ces pays riches en pâturages et en bétail sont descendus souvent des peuples conquérants Le souverain de la Perse actuelle est un monarque absolu, qui prend le titre de chah. La superficie du royaume est d'environ 1,645,000 kil. carrés. La pop., presque toute musulmane, est d'env. 9 millions, dont près de 2,500,000 nomades. La cap. moderne est Téhéran (230,0000 h.); villes pr. : Tauris (180,000), Ispahan (80,000), Meched (70,000). La Perse est partagée entre l'influence de l'Angleterre et celle de la Russie.
Inde. — Cette immense presqu'île de l'Asie méridionale a sa base aux monts Himalaya, les plus élevés du globe : elle s'étend depuis les limites du Thibet jusqu'au cap Comorin. Sa superficie est d'environ 3,850,000 kil. carrés. Les principaux fleuves qui l'arrosent sont le Gange, fleuve sacré pour les Hindous, et le Brahmapoutre. Très varié, selon l'altitude, le climat est très chaud dans le Sud et dans les plaines qui avoisinent la mer. Ces plaines sont souvent ravagées par les épidémies et par la famine. L'année n'y comporte que deux saisons, pour ainsi dire : l'une pluvieuse et l'autre sèche, qui correspondent aux moussons du S.-O. (avril-septembre) et du N.-E. (octobre-avril). La pop., qui s'élève à environ 250 millions d'habitants, est partagée entre des races et des religions fort diverses. Parmi celles-ci, le brahmanisme, .le bouddhisme, le mahométisme, le culte de Zoroastre. Le christianisme n'est la religion que d'une minorité relativement faible. L'Inde anglaise forme un empire placé sous la souveraineté de la Reine de la Grande-Bretagne. Cet empire comprend 9 provinces et env. 250 districts. Il faut y ajouter plus de 600 Etats feudataires sujets au contrôle du gouverneur général.
Pondichéry. — Ce chef-lieu des possessions françaises dans l'Inde, n'était d'abord qu'une bourgade. Le Français Martin l'acheta et la colonisa en 1683. Elle fut prise et possédée par les Hollandais, de 1693 à 1697. Sous le gouvernement de Dupleix, elle fut la capitale d'un vaste territoire, qui fut arraché à la France par les Anglais, pendant la guerre de Sept ans. La ville elle-même fut prise en 1778 et 1793. Elle a été rendue à la France en 1815, avec un petit territoire de 291 kil. carrés et moins de 200,000 hab. Pop. de Pondichéry : 50,000 h. (V. Launay, des Missions étrangères,