‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 680 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Vuillier, La Tunisie, 1896; Toutain, Les Cités romaines de la Tunisie, 1890; Gaston Boissier, etc.)

Algérie. — Commencée en 1830, la [conquête de l'Algérie a duré près de 30 ans. Ouverte par la prise d'Alger, l'occupation de Bône etd'Oran (1830), elle continua, malgré la longue résistance d'Abdel Kader (1833-1847) : Mascara et ïlemcem furent pris en 1835; Constantine, en 1837; les Portesde-Fer furent forcées en 1839 ; la smalah d'Abdel-Kader fut surprise, en 1843, par le duc d'Aumale ; la victoire de l'Isly fut remportée par Bugeaud l'année suivante. La Kabylie fut soumise à son tour. Puis vinrent des insurrections qu'il fallut réprimer, en particulier celle de 1871, provoquée par la naturalisation des Juifs. Aujourd'hui l'Algérie peut être considérée comme pacifiée et française, bien que la population d'origine française représente seulement le tiers de la population européenne de la colonie et environ le quinzième de la population totale. Celle-ci était de 3,855,700 (en 1886); 4,479,000 (en 1896). L'Algérie comprend 3 départements : Alger, Oran, Constantine, plus certains territoires de commandement (v. Gaffarel, L'Algérie, histoire, conquête, colonisation).

Alger, ville et département. — La ville d'Alger paraît s'élever sur l'emplacement de l'ancienne Icosium. Détruite par les Vandales, elle fut rebâtie au Xe siècle sous le nom à'al-Djezaïr. Les deys d'Alger prirent plus tard de l'importance, et les Algériens s'adonnèrent impunément à la piraterie. Ils résistèrent à Charles-Quint, à Louis XIV, aux Espagnols, aux Anglais. Provoqué par leurs insultes, le gouvernement de Charles X envoya une expédition commandée par le général de Bourmont, qui s'empara de ce nid de pirates (juillet 1830). La pop. qui était d'environ 50,000 h. avant la conquête, diminua de moitié ; mais elle a augmenté beaucoup par la suite, en même temps que la ville s'étendait et s'embellissait, à l'exemple de celles de la métropole. Elle est bâtie en amphithéâtre; son port est formé d'un côté par une île, qui a donné son nom à la ville et qui est jointe à la terre ferme par un môle, de l'autre côté par une jetée. La pop. était de 82,585 h. (en 1891); 96,784 (en 1896), dont 42,004 Français d'origine ou naturalisés, 4,485 israélites naturalisés en| 1870. Alger est le siège d'un archevêché, qui a pour suffragants Oran et Constantine. — Le département d'Alger comprend 5 arrondissements : Alger (544,903 avec 71 communes) ; Médéa (89,967, avec 8 communes) ; Miliana (144,950, avec 17 communes) ; Orlêansvifle (151,017, avec 9 communes); Ti~i- Ouzou (213,461, avec 19 communes). Le dép. comprend, en outre, un territoire de commandement : 8 communes, avec 213,461 h. Pop. totale du dép. : 1,526,667 h.

Constantine, ville et département. — La ville de Constantine est très ancienne et fut très importante. Elle portait le nom de Cirta, au temps des Numides. Elle prit le nom de Constantine en l'honneur de l'empereur Constantin, qui la rebâtit. Elle ne fut prise par les Français qu'en 1837, après un siège tort meurtrier. La ville occupe, en effet, une position très forte, à 644 m. d'altitude, sur un roc escarpé; elle est à 85 kil. du port de Philippeville. Evêché et préfecture. Pop. : 46,581 h. (en 1891) ; 51,997 (en 1896), dont 18,387 Français d'origine ou naturalisés, 1628 israélites naturalisés en 1870. — Le dép. de Constantine comprend 7 arrondissements : Batna (171, 129h., avec8 communes) ; Bône (122,852, avec 16 communes); Bougie (406,002, avec 14 communes); Constantine (457,748, avec 30 communes) ; Guelma (129, S:.".), avec 12 communes ; Philippeville (127,040, avec 13 communes); Sétif (256,206, avec 13 communes). Le dép. comprend, en outre, un territoire de com-

mandement : 5 communes, avec 202,611 h. Pop. totale du dép. : 1,874,506 h.

Oran, ville et département. — La ville d'Oran fut fondée par des Maures, chassés d'Espagne. Les Espagnols la prirent en 1505, la fortifièrent et l'embellirent. Mais elle retomba plus tard sous la domination musulmane. Les Français l'occupèrent en 1831. L'évêché d'Oran a été créé en 1867. Pop. : 74,510 h. (en 1891); 85,081 (en 1896), dont 24,088 Français d'origine ou naturalisés, 8,308 israélites naturalisés en 1870. — Le dép. d'Oran comprend 5 arrondissements : Mascara (154,910 h., avec 9 communes) ; Mostaganem (270,674, avec 26 communes) ; Oran (248,760, avec 41 communes) ; Sidibel-Abbcs (80,997, avec 14 communes); Tlemcem (132,836, avec 10 communes). Le dép. comprend, en outre, un territoire de commandement : 5 communes, avec 140,071 h. Pop. totale du dép. 1,028,248 h.

Maroc. — L'empire ou sultanat du Maroc est un Etat indépendant de l'Afrique septentrionale, borné àl'E. par l'Algérie, au N.jpar la {Méditerranée, à l'O. par l'Atlantique, au S. par le Sahara. La superficie est à peu près celle de la France, si l'on ne comprend pas le Touat, ni le désert. La pop. est d'environ 8 millions d'habitants : Maures, Berbères, Arabes, Juifs, etc. La ville sainte est Fez. Maroc et Martinez sont capitales. L'Espagne possède sur le littoral plusieurs points conquis dès le XVIe siècle et qui lui servent de lieu de déportation (présides) : Ceuta, Melilla, etc. La chaîne de l'Atlas atteint, dans le Maroc, sa plus grande hauteur : 4,500 m. Le sol est fertile ; mais la sécheresse sévit pendant l'été. Ces contrées, qui pourraient être riches et peuplées, sont condamnées à languir sous la domination musulmane.

Sahara. — Cette immense région occupe le centre de l'Afrique, à l'E. de la vallée du Nil et au S. du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, de la Tripolitaine et du désert de Libye. Sa superficie peut être évaluée à 12 fois celle de la France ; la population, souvent nomade, est d'env. 500.000 hab. : Touaregs, Arabes, Maures, etc. Une grande partie du Sahara est couverte de sable ; on y rencontre aussi de grands plateaux dénudés et pierreux, des dunes, des chotts ou lagunes intérieures et des oasis. Le Sahara est dépourvu, pour ainsi dire, de montagnes et n'a que des cours d'eau desséchés à la surface, mais qui forment des nappes d'eau souterraines : on les utilise au moyen de puits artésiens. Le sol, n'était la sécheresse, serait souvent d'une merveilleuse fécondité. On a proposé de relier l'Algérie au Sénégal par un chemin de fer qui traverserait le Sahara ; et il n'est pas douteux que l'établissement de cette voie de communication offrirait des avantages immenses. Le capitaine Roudaire avait projeté de créer une mer intérieure dans une partie du Sahara, en reliant les chotts algériens et tunisiens à la Méditerranée. (V. Schirner, le Sahara). — Citons, parmi les villes ou centres de population du Sahara : Ag((dhès et Tombouctou. Aghadès, dans l'oasis d'Asben ou Air, au cœur du Sahara, était jadis une ville très florissante. On peut évaluer la pop. actuelle à 15,000 h. Elle est possédée par les Touaregs et trafique avec la Tripolitaine et Tombouctou. Cette dernière ville, située à l'O. du Sahara et à 4 kil. du Niger, a été prise par les Français en 1894. Elle était précédemment au pouvoir des Touaregs. Bien qu'elle occupe près de 3 kil. de superficie, elle ne compte guère que 20,000 h. On lui en attribuait autrefois jusqu'à 200,000. Les environs sont stériles, mais elle est un entrepôt commercial important (v. Félix Dubois, Tombouctou lu mystérieuse, 1897).

Soudan. — Cette vaste région de l'Afrique est assez mal délimitée. Elle s'étend généralement au-dessous du Sahara et va de la vallée du Nil à

GEOGRAPHIE

l'océan Atlantique. Le lac Tchad en occupe à peu près le centre. On peut distinguer : le Soudan égyptien ou oriental, avec la Nubie, le Kordofan, le Darfour, les régions du Haut-Nil ; le Soudan central, région basse et fertile, habitée par les nègres de Baghirmi, Bornou, etc ; le Soudan français ou occidental, avec le bassin du Niger, l'Etat de Sokoto, la Sénégambie, etc. On donnait autrefois à une bonne partie du Soudan le nom de Nigritie, désignation non moins vague que celle de Soudan. Un Etat considérable s'était formé dans le Soudan central et occidental vers 1800 : c'était l'empire des Fellatahs ou Foulahs, qui s'étendait du lac Tchad à Tombouctou. Cet empire eut pour capitale Sakatou, aujourd'hui Sokoto. Il s'est démembré ensuite, pour former le Haoussa, les Etats de Gando, etc.

Ouadaï. — Cet Etat du Soudan central s'étend à l'E. du lac Tchad, entre le Baghirmi et le Darfour. Sa superficie égalerait presque celle de la France ; la pop., musulmane et fanatique, est d'environ 2,600,000 h Le pays est riche en productions agricoles : blé, maïs, coton, etc. Commerce de l'ivoire et des plumes d'autruche. L'esclavage y sévit. L'Ouadaï est gouverné par un sultan ottoman. La capitale est Abècher ou Abechr. Le D1' Nachtigal visita, en 1873-4, cette contrée inhospitalière, où plusieurs de ses devanciers avaient trouvé la mort.

Bornou. — Cet état du Soudan central est situé au S.-O. du lac Tchad; sa superficie est d'environ le quart de celle de la France, et sa pop. peut être de 5 millions d'h., la plupart musulmans. La capitale est Kouka, près du lac Tchad. Cet Etat daterait du XIVe siècle. Soumis aux Fellatahs (XIXe siècle), qui détruisirent (1809) l'ancienne capitale Ghambarou, ville de 200,000 h. dit-on, il a reconquis son indépendance et s'est môme assujetti le Kanem, situé au N. du lac Tchad.

Darfour. — Cet Etat musulman est situé entre l'Ouadaï et le Kordofan ; sa superficie est presque de la moitié de celle de la France ; sa pop. est évaluée à 4 millions d'h. : Berbères, Nègres, Arabes. Le pays est formé par un plateau, qui s 'Incline vers le Nil et vers le Tchad; la chaîne de montagnes (monts Marra) qui le domine peut atteindre 1,400 m. Le climat comporte seulement deux saisons : l'une sèche et l'autre humide. Conquis par les Egyptiens en 1874, le Darfour s'est soulevé ensuite avec tout le Soudan oriental. La pop. de la capitale, El-Facher, s'était abaissée à 2 ou 3,000 h. lors de la conquête égyptienne.

Oubanghi. — On donne le nom d'Oubanghi à des contrées arrosées par la rivière de même nom, qui est un affluent du Congo. L'Oubanghi s'étend au N. de l'Etat libre du Congo. Il est peuplé par des tribus belliqueuses et souvent anthropophages. (V. les lettres de Mgr Augouard, etc.)

Ouganda. — Ce pays de l'Afrique équatoriale, dans la région des lacs, est fort peuplé. Il a été évangélisé naguère avec succès par les PP. Blancs du cardinal Lavigerie. Offert à la France, qui l'a refusé, le protectorat de cette contrée a été acceptée par l'Angleterre (1890). (V. les lettres des missionnaires dans les Missions cath. et les Annales de la Propagation de la foi).

Sénégal. — La colonie française du Sénégal fut fondée, au XIVe siècle, par des marins de Dieppe. Mais une compagnie de commerce pour l'exploitation de cette colonie ne fut formée qu'en 156?, à Rouen. Elle fut protégée par Richelieu, et la ville de Saint-Louis fut créée. Occupée plusieurs fois par les Anglais, la colonie fut rendue à la France en 1817 seulement. Le général Faidherbe a contribué beaucoup à son développement (1854-65). Dakar est devenu un grand port et a été relié à Saint-Louis par un chemin de 1er. Un autre chemin de fer va de Kayes à Bafoulabé. Le territoire soumis à la France

est évalué à 258.000 kil. carrés (environ la moitié de la France), avec une pop. de 200.000 h., dont 3,000 Européens. Le Sénégal (la côte surtout) est malheureusement ravagé par des épidémies fréquentes. Le Sénégal envoie un député au parlement.

Guinée. — On désignait sous ce nom, autrefois, toute la côte occidentale d'Afrique au S. du Cap Vert. Aujourd'hui la Guinée portugaise, faible partie do l'ancienne Guinée, est enclavée dans les possessions françaises du Sénégal. Le territoire a une superficie de 42 000 kil. carrés, avec 150,000 h. La cap. est Boula m. — La Guinée française s'étend au N. de Sierra-Leone et de la république de Libéria et vient rejoindre le littoral jusqu'à Dabou, Grand-Bassam, Assinie. A l'intérieur se trouvent les anciens Etats de Samory, ce vieil ennemi de la France, fait prisonnier récemment.

Sierra-Leone. — On donne ce nom à cette partie de la côte de l'ancienne Guinée qui s'étend entre les possessions françaises du Sénégal et la République de Libéria. Le nom de Sierra Leone s'applique d'abord à la chaîne de montagnes qui longe la côte et qui n'a pas moins de 600 kil. de longueur. — La colonie anglaise de Sierra-Leone a une superficie de 70,000 kil. carrés, avec une pop. de 80,000 h. Cap. : Freetown. Le climat est très chaud et malsain.

Libéria. — La république nègre de Libéria, qui s'étend à la suite de la colonie anglaise de Sierra-Leone, est formée par des côtes basses et malsaines pour des Européens; l'intérieur est fertile. Cet Etat a été fondé en 1822 par des nègres affranchis et des indigènes, sous le patronage d'une Société philanthropique américaine. Sa constitution date de 1847. Le territoire a une superficie de 85,350 kil. carrés, et une pop. qu'on évalue parfois à près de 2 millions, mais qui peut-être ne dépasse pas 800,000. La capitale est Monrovia.

Côte de l'Or. — La colonie anglaise de la Côte de l'Or, placée entre la Côte de l'Ivoire et la Côte des Esclaves, a pour cap. officielle Christiansborg, qui a remplacé Cape-Coast-Castle. Elle a une superficie de 50.000 kil. carrés env. et une pop de 650,000 h.

Royaume des Achantis. — Les Achantis, peuple fétichiste, féroce et guerrier, ont formé longtemps un Etat puissant de la Guinée, qui exerçait sa tyrannie sur les pays voisins. Les Anglais les écrasèrent en 1873-4, et ouvrirent au commerce leur capitale Coumassie.

Togo. — Le Togo ou Togoland est situé sur la Côte des Esclaves, entre la colonie anglaise de la Côte de l'Or et le Dahomey. 11 est soumis au protectorat de l'Allemagne depuis 1884. Le Togo n'a que 35 kil. de côtes, mais le territoire de l'intérieur ou hinterland s'est étendu beaucoup. La capitale est Togo, située sur la grande lagune. Porto- Seguro et Petit-Popo, qui font aujourd'hui partie du Togoland, ont été naguère cédés par la France à l'Allemagne.

Dahomey. — Cet Etat nègre fondé, au XVIIe siècle, par un conquérant barbare, qui extermina les anciennes populations et institua d'abominables sacrifices humains, a subsisté jusqu'en 1892. Le dernier souverain a été Béhanzin, dont l'armée, aussi valeureuse que féroce, comptait 10,000 hommes et 1,500 amazones. Conquis par une petite armée française sous les ordres du général Dodds, le Dahomey a été partagé en trois régions : 1<> Région maritime, avec les cercles de Grand-Popo, de Widah (ou Ouida), de Kotonou, de Porto-Novo, déjà en partie à la France; 2" Région de l'intérieur, comprenant les royaumes d'Abomey (anc.cap.), Allada, etc.; 3° Région montagneuse.

Yorouba. — (V royaume nègre de la Haute- Guinée, situé à 100 kil. des côtes, est voisin du

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