PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
4° Sidi- bel -Abbés
Kébir. Misserghin 5» Tlemcen.
Maroc. Fez. Mogador. Tétouan. Méquinez.
Tanger (ane. Tingis). Tafilet — Ceuta. Melilla — Touat.
a) Sahara. Aghadès. Tombouctou — Soudan. Nigritie. Sakatou et Sokoto. Haoussa. Gando — Ouadaï : Abècher — Bornou : Kouka — Kanem — Baghirmi — Darfour : El-Facher — Oubanghi. Bahr-el-Ghazal. — Ouganda. — Ounyoro.
Sénégal. Sénégambie. Saint-Louis. Dakar.
Kayes. Bafoulabé. Bakel. Saloum. Fouta-Djalon — Bathurst.
b) Guinée portug. : Boulam — Guinée franc. : Konakry. Dabou. Grand-Bassam. Assinie — Sierra- Leone : Freetown — Libéria : Monrovia — Côte des Graines, des Palmes — Côte de l'Ivoire : Christiansborg. Cape-Coast-Castle — Côte de l'Or — Côte
des Esclaves — Roy. des Achantis : Coumassie — Togoland : Togo. Porto Seguro. Petit-Popo — Dahomey : Abomey. Grand-Popo. Widah. Kotonou. Porto-Novo — Yorouba : Ibadan. Abéokouta — Lagos — Bénin — Calabar — Cameroun. "Victoria. c) Loango — Congo franc. Gabon : Brazzaville. Libreville — Congo indép. : Borna. Léopoldville. Equateurville, etc. — Congo portug. Angola : S. Paul de Loanda. San Salvador. Benguéla. Mossâmedes — Sud-Ouest africain. Ovampo. Damara ou Damaraland — Le Cap. Cafreric. Natal : Port- Natal. Pietermaritzburg. Zoulouland — Orange : Blcemfontein — Transvaal : Pretoria. Johannesburg — Monomotapa — Sofala. Mozambique (villes et côtes) — Zanguebar: Kiloa. Dar es Salam. Bagamoyo. Mombaz. Mélinde. Vitou. Zanzibar (Afrique orientale allem. et angl.) — Côte d'Ajan, auj. côte et pays des Somalis ou Somalie : Obiat. Zéïla — Adel.
ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES
Afrique. — Ce continent, coupé à peu près vers le milieu par l'équateur, ne tient à l'Asie que par l'isthme de Suez ; mais il est facilement accessible par toute cette partie de son littoral que baigne la Méditerranée. Sa partie septentrionale fut donc visitée de bonne heure et colonisée par les peuples anciens. Mais il était réservé au XIXe siècle de pénétrer dans son intérieur, resté jusque-là mystérieux. Ses îles furent d'abord découvertes ; elles servaient, pour ainsi dire, d'étapes aux navigateurs : les Açores, Madère, les Canaries, les îles du Cap-Vert, etc. Madagascar surtout, la plus grande de toutes, que la France a dû conquérir naguère. Plusieurs de ses montagnes furent célèbres dès l'antiquité : ainsi l'Atlas, qui offre de hauts sommets dans le Maroc et l'Algérie. Mais des massifs importants et des sommets neigeux, comme ceux du Kilima-Ndjaro, n'étaient pas même soupçonnés. Le centre de l'Afrique tout entier était regardé comme un désert brûlant et inhabité. La vérité est que le continent africain offre autant de variété et peutêtre plus de ressources que les autres parties du monde : grands lacs et grands fleuves, forêts encore vierges et couvrant d'immenses espaces, flore (et faune toutes nouvelles, mines d'or et autres richesses, rien ne manque à cette terre qui ne paraît maudite que dans ses habitants, parmi lesquels sévissent si souvent encore l'esclavage et l'anthropophagie. On conçoit donc que les puissances européennes convoitent la possession de ces riches contrées, où l'intérêt les attire, mais où la Providence les pousse pour y répandre les bienfaits de la civilisation chrétienne. Les principales puissances qui ont des possessions africaines sont : la France, l'Angleterre, l'Espagne, le Portugal, la Belgique, l'Allemagne et l'Italie.
A la France appartiennent l'Algérie et la Tunisie, le Sénégal, une partie du Soudan et du Sahara, une partie du Congo, des établissements de la Côted'or et du Bénin, Madagascar, la Réunion, les Comores, Obok et Djibouti.
L'Afrique anglaise n'est guère moins considérable et s'étend tous les jours davantage; elle comprend : le Cap, la Cafrerie, Natal, le Zoulouland, la Gambie et Sierra-Leone, le Soudan central et le Bas-Niger, l'Ascension et Sainte-Hélène, Maurice, Zanzibar (protectorat), etc. Les Anglais occupent, en outre, l'Egypte et ils viennent d'écraser les Derviches près de Khartoum, où avait succombé Gordon. Bien que le capitaine Marchand ait planté avant eux le drapeau français sur le haut Nil, à Fachoda, il paraît bien qu'ils prétendent s'emparer de toute la vallée du Nil et relier ces possessions avec celles du Cap.
L'Afrique espagnole comprend les présides des côtes du Maroc : Ceuta, Melilla, etc., les Canaries
et une partie de la côte du Sahara, Fernando-Po, etc. — Le Portugal possède les Açores. Madère, les îles du Cap Vert, une partie de la Guinée et du Congo, la province d'Angola et de Mozambique, etc. — La Belgique a l'Etat indépendant du Congo, qui comprend un territoire six fois plus grand que la France, avec 27 millions d'habitants — L'Allemagne possède le Cameroun, une grande partie du sudouest africain et de l'Afrique orientale, soit un territoire cinq fois plus grand que la France, avec 12 millions d'habitants — L'Italie possède la colonie Erythrée, sur la mer Rouge, avec Massouah, une partie des Somalis, etc., soit un territoire deux ou trois fois plus grand que l'Italie, avec 3 millions d'habitants.
L'Afrique compte, en outre, un certain nombre d'Etats indépendants : le Maroc, la république de Libéria, le Transvaal ou république Sud-Africaine, l'Etat libre d'Orange, le Bornou, l'Ouadai et quelques territoires inoccupés. L'Afrique tout entière mesure près de 30 millions de kilomètres carrés, soit soixante fois l'étendue de la France (v. les récits des voyageurs et des missionnaires ; par ex. Mgr Leroy, Au Kilima-Ndjaro, 1895; sur l'Afrique ancienne, v. les études archéologiques, par ex. Gaston Boissier, l'Afrique romaine, promenades en Algérie et en Tunisie, 1895).
Libye. — Hérodote donnait le nom de Libye à toute l'Afrique septentrionale, sauf l'Egypte. Il y plaçait plusieuis peuples, entre autres, les Lotophages et les Troglodytes. — Le désert de Libye est un immense plateau qui s'étend à l'Ouest de l'Egypte : il est sablonneux et couvert de dunes. Sa superficie peut être évaluée à deux fois celle de la France. Quelques oasis, situées dans les dépressions du sol, sont semées à travers ces affreuses solitudes. — La mer de Libye, des anciens, s'étend sur les côtes de Libye et comprend des deux Syrtes.
Suez (Isthme et canal de). — L'Isthme de Suez, qui relie l'Afrique à l'Asie, a 116 kil. de largeur et sépare la Méditerranée de la mer Rouge. ,Dès l'antiquité, les Egyptiens comprirent l'importance d'un canal qui relierait les deux mers. On pense que du temps de Séti I et de Ramsès il existait déjà un canal du Nil aux lacs Amers, qui communiquaient naturellement avec la mer Rouge. Obstrué par les sables, il fut creusé de nouveau au temps de Néchao II et de ses successeurs. Il ne fut terminé que sous les Lagides. Il partait du Nil (branche orientale) et arrivait à la pointe du golfe Arabique : il mesurait 200 kil. ; deux trirèmes pouvaient y passer de front. Plusieurs fois obstrué encore et rétabli ou modifié dans son parcours, le canal de Suez a été creusé de .nouveau de 1862 à 1869, sous la direction de F. de Lesseps, avec l'appui du vice-roi et
GEOGRAPHIE
malgré les difficultés soulevées par la Turquie et l'Angleterre. Le canal, qui permet le passage aux plus grands navires, part de Port-Saïd et va directement à Suez, en traversant le lac Timsah, devenu un grand port intérieur. Le canal a 160 kil. de long et 75 m. de large. Il livre aujourd'hui passage annuellement à plus de 3,000 navires jaugeant environ 8 millions de tonnes, dont le transit rapporte près de 80 millions ; les dépenses atteignent facilement la moitié de cette somme. L'Angleterre, a elle seule, entre pour les trois quarts dans cet immense commerce.
Madagascar. — Cette île africaine, plus grande que la France et la Belgique réunies, est séparée du continent par le canal de Mozambique |; elle s'étend entre le 11e et le 26e degrés de latit. S. Traversée du N. au S. par plusieurs chaînes de montagnes, elle présente des plateaux plus ou moins élevés, avec des côtes basses et malsaines. Le pays est assez fertile et riche en mines de toutes sortes ; la flore et la faune se distinguent de celles de l'Afrique. L'île a été placée sous le protectorat français en 1885, à la suite de la guerre motivée par les provocations du gouvernement hova. Les indigènes de l'île ou Malgaches comprennent des races diverses : Hovas (race dominante), Sakalaves, etc. La capitale Tananarive est située dans l'intérieur : env. 150,000 h. Les ports principaux sont : Tamatave, sur la côte orientale, et Majunya, sur la côte N.-O. A la pointe se trouve la baie de Diego-Suares, qui appartient en toute propriété à la France, avec le territoire environnant. Pop. de l'île : env. 4,000,000 h. — L'île de Madagascar a été partagée récemment en deux vicariats apostoliques. Elle a été déclarée colonie franc, le 6 août 1896.
La Réunion. — L'île Bourbon ou de la Réunion, située dans l'océan Indien, à 780 kil. E de Madagascar, vers le 21e degré de lat. ne mesure guère que 200.000 hectares. De formation volcanique, l'île est dominée par un sommet qui dépasse 3,000 m. (le Piton des Neiges). Le climat est sain, bien que les chaleurs soient fortes. Les principales productions sont, sans parler de la vigne : le sucre, le café, qui est très renommé, le cacao, les dattes, les patates, le girofle, la cannelle, la vanille, le quinquina, le tabac. Les Français occupèrent l'île en 1646; les Anglais s'en emparèrent en 1810 et la restituèrent en 1815. Elle est exposée à des ouragans dévastateurs. Chef-lieu : Saint-Denis, résidence du gouverneur et évêché. L'île envoie au parlement un sénateur et deux députés. Pop. : 166,000 h. 89 h. par kil. carré.
Egypte. — Cette contrée, dont l'histoire est si ancienne et si glorieuse, a perdu depuis longtemps son indépendance. Ses limites et ses divisions politiques ont souvent varié. Elle se compose essentiellement de la vallée du Nil, depuis la lre cataracte jusqu'à la mer. D'abord resserré entre la chaîne arabique et la chaîne libyque, le grand fleuve auquel l'Egypte doit sa richesse et son existence même se répand ensuite dans le delta. Les divisions naturelles du pays répondent donc aux divisions mêmes du Nil, qui coule successivement à travers la Haute-Egypte ou Saïd (Thébaïde), la Moyenne- Egypte et la Basse-Egypte {Delta des anciens). Le climat de l'Egypte est chaud et sec : la pluie y est très rare. Aussi les monuments de l'ancienne Egypte nous sont-ils parvenus sans trop d'altération : ils eussent été anéantis sous d'autres latitudes. L'année ne comprend, en Egypte, que trois saisons : 4 mois de semailles et décroissance (nov.févr.) ; 4 mois de récolte (mars-juin) ; 4 mois d'inondation (juillet-oct.) La fertilité du pays, qui est merveilleuse, dépend de l'inondation. Aussi a-t-on essayé de tout temps de l'étendre et de la régulariser. Riche en productions agricoles, l'Egypte est pauvre au point de vue industriel. Elle est sous la
domination étrangère au double point de vue économique et politique. Officiellement elle relève toujours de la Turquie et forme une monarchie absolue et héréditaire sous un prince qui porte le titre de khédive (ou vice-roi). Mais, en réalité, ce prince est sous la direction des puissances étrangères et en particulier de l'Angleterre. La superficie actuelle de l'Egypte est d'environ le double de celle de la France, sans comprendre les possessions du Soudan, abandonnées q lelque temps aux derviches ou mahdistes, mais reconquises naguère par les Egyptiens unis aux Anglais. La capitale est le Caire : 374,838 h. avec plus de 20,000 étrangers. V. pr. : Alexandrie (227,064), Damiette (34,044). Pop. de l'Egypte : env. 7 millions.
Ethiopie. — Ce nom fut donné anciennement à toute la région placée au S. de l'Egypte; il désigna ensuite tout le bassin supérieur du Nil et les contrées avoisinantes : Nubie, Kordofan, Darfour, Abyssinie, etc. Les Egyptiens donnaient au pays limitrophe de leur empire, vers le S., le nom de Koushou ou Kashou, dans lequel on reconnaît facilement le nom de Chus. Ils le dominèrent longtemps et le colonisèrent. Cette province s'affranchit ensuite vers le IXe siècle av. J.-C. ; et les Pharaons éthiopiens qui la gouvernèrent conquirent plus d'une fois l'Egypte (v. Sabacon). Les souverains éthiopiens tournèrent ensuite leur activité, semble-t-il, du côté de l'intérieur de l'Afrique. Le christianisme pénétra de bonne heure dans ces contrées, comme on le voit par l'histoire de l'eunuque de la reine de Candace; et il a résisté jusqu'à nos jours à tous les efforts des musulmans.
Abyssinie. — Cette partie de l'ancienne Ethiopie est formée de diverses régions plus ou moins montagneuses et semées de lacs. Le climat ret les productions varient selon l'attitude. Celle-ci, qui n'est que de 1,000 à 1,600 m. dans les Basses- Terres, dépasse quelquefois 4,000 m. L'Abyssinie forme une partie importante du royaume actuel d'Ethiopie, gouvern é par le négus Ménélik depuis 1889, et qui comprend, outre l'Abyssinie, le Choa, le pays de Harrar, le Tigré, etc.. La capitale est Addis-Ababa, dont la pop. permanente est de 50,000 h. ; la pop. flottante, 30,000. La ville sainte est Axoum. Pop. du royaume : env. 4 millions. La religion nationale est le christianisme copte (monophysitisme), altéré, en outre, par des superstitions. Le pays compte aussi un bon nombre de mahométans et de païens.
Barbarie. — Les Etats barbaresqves ou Barbarie (plus exactement Berbèrie, pays des Berbères), comprenaient autrefois les Etats de l'Afrique septentrionale : Tripoli, Tunis, Algérie et Maroc. Ces régions correspondaient à l'ancienne Mauritanie, à la Gétulie, à la Numidie, à une portion de la Cyrénaïque. Longtemps sous la dépendance des sultans de Constantinople et repaires de la piraterie, ils ont passé pour la plupart sous la domination libératrice française.
Tunisie. — Ce pays correspond à l'ancien territoire de Carthage; il devint province romaine, puis tomba, au VIIe siècle, sous la domination musulmane. En 1705, le fondateur de la dynastie actuelle des beys s'empara du pouvoir, après une longue période de troubles et de désordres. En 1881, la France imposa son protectorat, à la suite de pillages exercés sur la frontière de l'Algérie. Un résident français dirige les affaires extérieures de la Tunisie ; mais le bey, assisté de ministres, reste le chef du gouvernement. Cap. : Tunis (170,000 h., dont 50.000 Européens). Tunis a été érigé en siège primatial d'Afrique, héritier de la grande Eglise de Carthage. Le premier titulaire fut le cardinal Lavigorie (1884), précédemment évêque d'Alger. Pop. de la Tunisie : 1 à 2 millions de diverses races : Maures, Berbères, Arabes, Juifs, etc. (V. Gaston