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LIVRE IV : DE LA. VERTU

tisme, pêdantiser, pédanterie, pêdantesque, pëdantesquement (v. savantasse) — Bas-bleu.

N° 47. — Bienséance.

a) Bienséance (v. étiquette, protocole), seoir, séant, bienséant, messeoir, messêant, messéance, malséant — Convenance, convenable, etc., inconvenant, inconvenance.

Honnête, honnêtement, honnêteté, malhonnête, malhonnêtement, malhonnêteté.

Politesse, poli (v. policé), poliment, impoli, impoliment, impolitesse — Civil, civilement, civilité, civiliser (v. civilisé), incivil, incivilement, incivilité — Urbanité (v. atticisme) — Savoirvivre — Sociable. Liant — Traitable, intraitable.

b) Accort, accortise — Affable, affablement, affabilité — Rebuter (v. rebut). Rébarbatif. Rebuffade. Rabrouer — Rudoyer, rudoiement, ruclânier — Galvauder. Gourmande)-. Regouler

— Brusque, brusquement, brusquer, brusquerie

— Se rebiffer.

Courtois (v. courtisan), courtoisement, courtoisie, discourtois, discourtoisement, discourtoisie — Aménité (v. agrément) — Malgracieux (v. bonne grâce), mahjracicusement — Galant, galamment, galanterie, galantin, galantiser.

c) Impertinent (v. insolent), impertinemment, impertinence — Saugrenu — Indélicat, indèlicatement, indélicatesse — Grossier, grossièreté

— Brutal, brutalement, brutaliser, brutalité

— Manant. Pavant. Pâlot. Pitaud — Rustre, rustaud, rusticité — Paltoquet. Malotru. Malappris (v. éducation). Escogriffe.

d) Discrétion (v. prudence, réserve, discernement), discret, indiscret, indiscrétion — Importun (v. opportun), importuner, importunèment, importunitê — Tarabuster — Ecornifler, ècorniflerie, écornifleur — Pique-assiette. Parasite.

Curieux, curiosité — Ecouteur. Enquèrant (v. interroger). Rapporteur — Cachottier, cachotterie.

e) Loquace, loquacité — Jaser, jaserie,jaseur

— Babil, babiller, babillage, babillard, habillement (y. causerie) — Bagou — Caillette, cuilleter, cailletage — Péronnelle — Bavard, bavarder, bavardage, bavarderie — Blaguer, blagueur

— Brise-raison — Commère (v. compère), commérage — Cancan (v. médisance), cancaner, cancanier — Caqueter, caquet, caqueteur, caquetage, caqueterie — Jaboter, jabotage, jaboteur — Jacasse, jacasser, jacusserie — Dègoiser — Clabaudeur, clabauderie (v. clabauder, aboyer) — Brailler, braillement, brailleur, braillard (v. cri, criaillerie).

f) Propreté (v. netteté), propre, proprement, propret, malpropre, malproprement, malpropreté — Malpeigné — Salaud (v. sale), saligaud, salisson — Souillon. Gaupe. Guenipe. Maritorne.

NOTES SUR LES SYNONYMES

Vertu, honnêteté, probité, intégrité. —

Vertu est le nom le plus général qui convienne à l'ensemble et à chacune des qualités morales qui perfectionnent l'homme, soit en lui-même, soit dans ses rapports avec Dieu et avec le prochain : de plus, l'étymologie de vertu (vis, force) attache à ce mot une idée d'effort et d'empire sur ses passions. L'honnêteté (honesrus. honor, honneun, c'est la vertu en tant que belle et honorable. On peut donc avoir plus d'honnêteté que de vraie vertu, c'est-à-dire plus d'honneur que de conscience, et réciproquement. La religion est plus nécessaire à la vertu qu'à l'honnêteté. Selon un mot de La Bruyère, Yhonnête homme ne tient que le mi-

lieu entre l'habile homme et l'homme de bien. La probité (de probus, probare, éprouver) est une vertu éprouvée et reconnue ; elle ne concerne que les rapports avec le prochain et particulièrement ceux de justice stricte; de plus "elle consiste plutôt à s'abstenir du mal qu'à faire le bien. Enfin Yintégritè (de integer, intact) est une vertu sans atteinte ; mais, comme la probité, elle ne se rapporte guère qu'aux intérêts et à la justice. Il faut qu'un magistrat soit intègre, un marchand probe; l'honnêteté doit régner dans les mœurs publiques et la vertu dans la vie privée.

Vicieux, corrompu, pervers, dépravé.

— L'homme vicieux est gâté par de mauvaises qualités, naturelles ou acquises. L'adjectif corrompu marque, au contraire, des vices acquis et, en particulier, ceux qui offensent les bonnes mœurs. On peut naître vicieux, à certains égards, mais on ne naît pas corrompu. Quant à la perversité, elle diffère de la corruption en ce qu'elle est plutôt dans l'esprit, les idées et les intentions, tandis que la corruption est dans les mœurs. Les pervers sont très nuisibles à la société ; et ils se corrigent difficilement, ajoute l'Ecriture. L'homme dépravé est moins mauvais; il a dévié par faiblesse, mais il peut conserver des sentiments meilleurs que sa conduite et déplorer bientôt ses égarements.

Mauvais, méchant, malin, malicieux.

— L'homme mauvais aime le mal et le commet sans détour ; le méchant cherche à nuire ; le malin ajoute l'esprit de ruse à la méchanceté. Ce dernier est à la fois méchant et malicieux. Le malicieux abuse donc lui aussi de son esprit pour mal faire ; mais son défaut est moindre d'ordinaire. Il y a des malices pardonnables (épigrammes et autres traits d'esprit) et, bien que la malice soit toujours coupable, elle le cède pourtant à la malignité.

Malhonnête, déshonnête. — Ce qui est malhonnête est contraire à la politesse ou même, ce qui est bien plus grave, à la probité et à l'honneur; on qualifie de malhonnêtes les procédés, les actions, les paroles et les personnes. Au contraire, on ne peut qualifier de déshonnêtes que les choses, et cette épithète marque qu'elles sont opposées aux bonnes mœurs.

Péché, faute, délit, manquement, crime, forfait. — Le péché est une désobéissance à Dieu, une transgression de sa loi ; partant il comprend toutes les fautes morales, extérieures ou intérieures, tous les actes accomplis malgré la conscience. On distingue le péché mortel et le péché véniel. La faute est un acte répréhensible : elle suppose d'ordinaire moins de malice que de faiblesse, d'oubli ou d'inexpérience. La faute suppose qu'on s'est trompé. C'est ce qui faisait dire à un diplomate, en parlant d'une fausse démarche : « C'est plus qu'un crime, c'est une faute. » Le manquement est une faute d'omission ; il a moins de gravité que la faute. » Le délit n'est qu'une infraction aux lois humaines : il se dit proprement des infractions légères qui rassortissent au tribunal correctionnel. On peut commettre un délit sans commettre un péché. Le crime, au contraire, offense gravement la loi morale et, s'il est énorme, il prend le nom de forfait.

Coquin, bélître, maraud, maroufle. — Le coquin est sans scrupule et ne mérite aucune confiance. On prend quelquefois ce mot dans un sens plaisant et sans intention d'injure. H y a une grande variété de coquins : les uns sont pédants (le bélître) ; les autres, insolents, hardis, impudents (le mu ru u d) ; d'autres excellent par la brutalité (le maroufle), etc.

Polisson, gamin, galopin. — Le polisson est vicieux : il est déjà grand et s'est exercé à tous les méfaits de son âge. Le gamin fait peut-être l'apprentissage de polisson ; mais il n'a pas l'expo-

l'ARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

rience du mal ; il aime à jouer dans la rue et ne se préoccupe pas d'autre chose ; son esprit et sa belle humeur lui attirent plus d'une sympathie. Le galopin c'est le gamin curieux et vagabond, qui aime à courir de tous Tes côtés, toujours prêt à faire l'école buissonnière.

Personnel, égoïste. — L'homme personnel ne voit que sa propre personne : il ne sait point pratiquer l'oubli de soi-même, le désintéressement. L'égoïste est bien pire : il ne cherche que son propre bien et trop souvent dans le mal d'autrui. Son vice implique l'orgueil et exclut la charité.

Paisible, pacifique. — L'homme paisible aime la paix, le calme ; il les goûte au dedans de lui-même et les conserve; si c'est un héros, il ne les perdra point parmi les plus grands dangers. L'homme pacifique aime la paix lui aussi ; il la recherche et s'attache à la rétablir au dehors. Paisible et pacifique appliqués aux choses diffèrent de la même manière : paisible marque plutôt une paix intérieure ; pacifique, une paix extérieure. Un règne peut donc être paisible sans être pacifique, et réciproquement.

Accorder, concilier, réconcilier, raccommoder. — Accorder, c'est établir l'harmonie, au propre et au figuré : on accorde des plaideurs ; on accorde des opinions qui paraissent contradictoires, mais qui sont identiques en réalité. Concilier c'est faire cesser l'incompatibilité qui existait entre des personnes ou des choses. Concilier dit donc moins qu'accorder. Deux témoignages s'accordent, dont l'un contient l'autre; ils se concilient quand l'un n'exclut pas l'autre. Réconcilier se dit des personnes et non des choses. On réconcilie ceux qui étaient divisés par l'inimitié ; on raccommode ceux qui n'étaient qu'en mésintelligence.

Ressentiment, rancune. — Le ressentiment peut être noble ; il est souvent vif et violent. La rancune, au contraire, est un sentiment bas, persistant, qui souvent cherche à se satisfaire d'une manière hypocrite.

Charité, bienfaisance, philanthropie, humanité, etc. — La charité est une vertu toute chrétienne et surnaturelle, qui fait aimer Dieu dans le prochain et le prochain en Dieu. C'est elle qui a élevé tant d'hôtels-Dieu et de crèches ; c'est elle qui a institué tant d ordres hospitaliers. Faire la charité veut dire seulement faire l'aumône ; mais la charité elle-même s'étend à tous les actes inspirés par l'amour de Dieu. La bienfaisance est une vertu naturelle qui nous porte à faire du bien à nos semblables : elle n'a point par elle-même de caractère surnaturel ni même de caractère religieux. La philanthropie c'est l'amour de l'humanité ou de l'homme en général, considéré dans sa destinée naturelle. C'est une vertu philosophique, pour ainsi dire ; mais elle est vaine, si elle ne se rattache à la charité, ou tout au moins à la bienfaisance, L'humanité relève de la bienfaisance et prépare, avec elle, la charité ; car elle éveille les meilleures sympathies. L'humanité s'inspire de la sensibilité, comme de sa source la plus naturelle. La sensibilité est aussi le principe de la pitié, de la commisération, etc.

Bienfait, faveur, grâce, bon office, service. — Le bienfait est gratuit; on peut cependant le mériter en quelque manière ; il peut être onéreux au bienfaiteur, mais suppose toujours en lui une certaine supériorité vis-à-vis de celui qu'il oblige. La faveur et la grâce sont également gratuites, mais ne sont pas onéreuses ; elles supposent une supériorité de pouvoir et non de fortune dans celui qui les accorde : de plus la faveur suppose une prédilection pour celui qui en est l'objet. Le bon office consiste à s'employer soi-même en faveur d'autrui, à lui servir de médiateur, à s'entremettre pour lui être utile. Le service ne sup-

pose aucune inégalité entre celui qui le rend et celui qui le reçoit, bien que le premier se fasse, par complaisance et dans un cas donné, le serviteur de l'autre. On peut rendre des services à plus grand et à plus petit que soi.

Officieux, obligeant, serviable. — L'homme officieux va au-devant de ceux qu'il pense obliger ; il y met du zèle, de l'attention, mais parfois aussi de l'indiscrétion ou de l'affectation. Certains officieux sont des importuns. L'homme obl-igeant est disposé à obliger, c'est-à-dire à faire plaisir en rendant de vrais services ; sans aller au-devant des demandes, il les accueille et y satisfait, souvent avec une grâce parfaite : aussi dira-t-on de l'accueil, des manières, des paroles, aussi bien que de la personne, qu'elles sont obligeantes. L'homme serviable aime à rendre des services, surtout de petits services et qui sentent même la servilité. Toutefois le mot serviable peut n'avoir qu'un sens élogieux. Les gens obséquieux sont serviables. On peut servir tout le monde sans savoir obliger personne.

Prudent, circonspect, avisé. — L'homme prudent examine avec soin les voies et moyens de réussir dans une affaire et il sait les employer en temps et lieu, sans trop attendre et sans rien précipiter. Pour être prudent, il ne suffit donc pas d'être circonspect, c'est-à-dire de bien considérer les circonstances : on peut être circonspect jusqu'à la minutie et à la timidité. Il ne suffit pas non plus d'être avisé, c'est-à-dire de connaître les obstacles et les moyens. Les esprits avisés sont fins et inventifs, ils réussissent dans les petites affaires; mais les prudents seuls réussissent dans les grandes.

Discret, secret, cachottier. — L'homme discret et l'homme secret ne disent rien de ce qu'ils doivent taire ; mais la qualité dominante du premier est la prudence ; celle du second, la fidélité au secret promis. La discrétion de l'un et la fidélité de l'autre sont exemptes d'affectation et ils ne font point secret de toutes choses. Il n'en est pas de même du cachottier.

Prévoyance, précaution, mesure. — La prévoyance c'est la prudence en tant qu'elle fait prévoir l'avenir. La, précaution ajoute à cette première idée, d'ordre théorique, l'idée pratique de parer aux inconvénients et de prendre tout moyen nécessaire. La pyrévoijance s'explique par la clairvoyance ; mais la précaution s'explique surtout par la sollicitude. Précaution est synonyme de mesure ; mais les mesures sont plutôt des moyens positifs, tandis que les précautions sont plutôt des moyens préventifs.

Soin, souci, sollicitude. — Prendre soin d'une chose ou d'une personne, c'est s'en occuper activement, c'est la garder, la cultiver, la protéger, en prenant à cet effet tous les moyens nécessaires. Au contraire, avoir souci d'une chose ou d'une personne, marque bien qu'on s'en préoccupe, mais non pas qu'on s'en occupe effectivement. L'idée de souci, comme aussi celle de sollicitude, implique l'idée d'inquiétude et de tourment. La sollicitude marque, en outre, de l'affection, du dévouement. Rien n'égale la sollicitude maternelle. Une bonne mère prend soin de ses enfants, quand elle les possède, et se soucie d'eux constamment en leur absence.

Religion, piété, dévotion. — La reli>/i<>,i s'étend à tous les devoirs de l'homme envers Dieu ; elle s'étend même à d'autres devoirs de justice en tant qu'ils se rattachent ou ressemblent aux devoirs religieux et doivent être remplis avec une scrupuleuse exactitude. La piété ajoute au sentiment de justice envers Dieu, celui d'un amour filial ; la dévotion ajoute celui d'un dévouement total. La dévotion s'exprime par des pratiepues fort diverses, qui demandent de la discrétion. Le mot dévot s'est pris souvent en mauvaise part pour faux dévot-

Attrition, contrition, componction. —

L'attrition ou contrition imparfaite est un repentir qui nait principalement de l'aversion pour la laideur du péché, ou de la crainte des jugements de Dieu, ou de l'espoir des récompenses éternelles. La contrition parfaite, au contraire, est un repentir qui naît de l'amour de Dieu, source de vérité, de justice et de sainteté, et du souvenir de tous ses bienfaits. La componction ajoute à ces sentiments une émotion profonde, qui s'exprime souvent par des gémissements et des larmes. C'est ce qui explique que ce mot soit pris facilement en mauvaise part.

Patriotisme, civisme. — Le patriotisme est l'amour et comme le culte de la patrie. Le civisme est plutôt l'attachement à ses devoirs particuliers de citoyen. Tel est animé d'un ardent patriotisme, qui néglige de participer à un vote important ou d'accepter à propos une candidature, manquant ainsi de civisme. Tel autre, au contraire, fait montre de civisme, et manque en réalité de patriotisme. Celui-ci ne subordonne pas ses propres intérêts à ceux de son pays, et celui-là ne sait pas tirer les conséquences de son patriotisme.

Reconnaissance, gratitude. — Par la gratitude on garde bon souvenir des bienfaits reçus ; ce souvenir est agréable, il n'est pas humiliant et importun, comme celui que l'ingrat garde souvent malgré lui. Parla reconnaissance, on tâche, en outre, de reconnaître, à l'occasion, un bienfait reçu, en y répondant par des actes ou d'autres témoignages affectifs. Tous ceux qui ont des sentiments de gratitude ne peuvent pas toujours donner des témoignages de reconnaissance.

Voler, dérober, soustraire, etc. — Voler c'est s'approprier le bien d'autrui. On vole de mille manières : on dérobe en cachette, en prenant à la dérobée, furtivement, ordinairement de menues choses; on soustrait, en se cachant encore, mais en y mettant plus de calcul et de malice ; les détrousseurs de grand chemin, les brigands, les pirates, etc. y ajoutent la violence. Mais c est par la fourberie et la ruse que s'accomplissent les plus grands vols: les malversations des deniers publics, les accaparements, les coups de bourse, etc. qui sont la corruption et le châtiment des sociétés contemporaines.

Cœur, courage, intrépidité, bravoure, valeur, vaillance. — Le cœur est le principe du courage, du caractère, de l'honneur. Avoir du cœur, c'est donc être susceptible des plus belles vertus. Le courage est dans le cœur et aussi dans les actes : c'est une résolution ferme, que n'ébranlent ni les dangers futurs ni les maux présents. Il est nécessaire à la guerre et plus encore peut-être dans les épreuves quotidiennes et obscures de la vie. L' 'intrépidité donne au courage d'être maître des plus fortes émotions et d'affronter, sans trembler, les plus grande périls : les martyrs marchaient au supplice avec intrépidité. La bravoure, la valeur et la vaillance se disent du courage guerrier. La valeur et la vaillance ajoutent à l'idée de bravoure celle de gloire militaire et aussi de prudence: tout soldat doit être brave, mais les chefs doivent, de plus, être raillants. La valeur marque, par sa terminaison (eur), une qualité plus générale que la vaillance (ance, du participe présent vaillant ■

Générosité, libéralité. — Le généreux a une âme noble, qui s'oublie elle-même : aussi donne-t-il sans compter et sa vie elle-même. La libéralité n'est qu'une générosité particulière, qui consiste à faire de riches dons ; elle n'implique pas le dévouement, ni surtout le don de la personne. Pour être libéral, il faut être riche ; mais le plus

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