naphach), d'où s’est formé
22 (nophech), une sorte de pierre précieuse. Les Septante le rendent par ἄνθραξ, carbunculus Er. xxvI1, 16.
ὅπ. (naphal), tomber. Ce verbe est l'homogène de tous les verbes dans lesquels entre d’une manière ou
d'une autre le monosyllabe ba, D. A l'article 52ÿ, on verra un certain nombre de mots tirés des langues indo-germaniques, qui attestent que cet élément primitif s’est conservé dans toutes ; qu'il nous suffise ieï de citer quelques-uns de ceux qui ont avec la racine présente une plus grande analogie de son, tels que : allem. fallen; a1gl. to fall; gr. σφάλ)ω; lat. fallo ; franç. faillir ; all. fehlen, fuulen, etc.—Outre le sens générique de tomber, 59] signifie encore s’alfaisser, s'abattre, se briser, se rompre, se froisser, suite naturelle d’une chute; au figuré, dégénérer, c'est-àdire, tomber d'une haute maison, la dé-honorer; par synecdoche, être étendu par terre, et y demeurer, Dent. xx1, 1. Les différentes conjugaisons s’approprisnt les divers sens du Καί, en y ajoutant seulement l'idé+ accessoire qui les distingue,
Las (nephel et naphel), proprement, ce qui tombe avant le temps ; ensuite un accouchement prématuré, soit parce que le fœtus tumbe et s'échappe violemment du sein de sa mère; soit parce que, naissant avant l'heure marquée par la nature, il est destiné à tomber, c’est-à-dire à mourir, Job πὶ, 46.
022 (napha:). Voyez ἘΞῚ ΘῚΞΣ (n’phousim).
VE3 (naphats), briser, rompre, casser, par exemple un vase de terre, et ensuite en disperser les morceaux; par extension, disperser, diviser; et intransitivement, se disperser, se diviser. C’est de ce verbe que l'écrivain sacré fait usage quaud il parle de la dispersion fircée des enfants de Noé après que leur langage eut été miraculeusement confondu : il semble qu'il ait voulu nous faire entendre combien celte séparatior. dut être jéuible ; car YE3, même en ce sens, entraine plus ou moins l’idée de violence, d'effort; il y eut done à ce moment rupture et des liens de famille et d'amitié, et des habitudes prises, et du genre de vie qui devait changer tout à coup par cette émigration solenuelle, par ce grand pèlerinage qui était comme une pénitence céleste, infligée par Dieu à l'orgueil de l'humanité naissante, Gen. 1x, 19.
VE: (nephets), inondation, c’est-à-dire division extraordinaire des eaux; par métaphore, la pluie, qui tombe en se divisant, Is. xxx, 30.
ἘΞ: (iphak), chaldéen, sortir; il se dit de la promulgation d’un édit, d’une loi, etc., Dan. v, 5. Cette façon de parler se trouve dans saint Luc : ἐξῆλθε δόγμα, 1, 1; et dans les auteurs latins, exiit ediclum.
NPD) (niphka), les frais, les dépenses, les tribüts qu'exige le prince du peuple qu'il gouverne, par conséquent pour lesquels un édit est promulgué, exit edictum, Esdr. vi, 4.
WD3 (naphasch), souffler, respirer, [prendre, reprendre haleine.
22 (nephesch), proprement, le souffle, l'haleine, ja respiration; puis la vie, parce qu’elle se manifeste par ces mêmes phénomènes; enfin l'âme, qui est le principe et la source de la vie; et par extension les sentiments dont le siége est dans l'âme. — Le mot wo est fort équivoque dans le style des Hébreux.
ΤΠ se prend pour l'âme qui anime l’homme, pour le principe qui anime les bêtes; pour une personne vivante; pour la vie, ainsi que nous l’avons dit plus haut; pour la mort, comme en ce passage : Celui gui se sera souillé sur l'âme d'un homme, etc., Nomb. x, 6; enfin pour signifier le désir, l’amour, l'inclipalion, et généralement tous les sentiments par lesquels se manifestent l'âme et la vie des êtres animés. Mais, quoique les Hébreux appliquassent indistinctement ce terme aux hommes et aux bêtes, il n’est pas moins incontestable que le principe de vie des uns et des autres élait dans leur croyance esseriellement différent. Ÿ22, en parlant des bêtes, signifie bien l’âme, l'esprit, la respiration et la vie; mais ce n’est qu'en parlant des hommes qu'il signifie l'intelligence, la connaissance de Dieu, la sagesse, l'amour, et tous les sentiments qui supposent un principe raisonnable. Cependant il faut avouer qu’à ce mot les Hébreux n’attachaient pas les idées de spiritualité que nous attachons au mot âme. Pour eux, l'âme était une substance corporelle très-déliée, distincte néanmoins du corps, lui survivant, mais n’syant avec l’Etre suprême aucune ressemblance : telle fut du moins la croyance primitive. Plus tard, pour expliquer et concilier la réunion de qualités purement intellectuelles avec la corporéité de cette âme, les Juifs se persuadèrent qu’elle était composée de deux parties : l’une, purement spirituelle, qui est la substance pensante et tenant de la nature de Dieu, et l’autre, subtile, pénétrante et tenant de la nature d’un air délié. Cette croyance chez les Juifs s’est conservée ; et les rabbins la professent encore, puisqu'ils donnent à l'âme après sa séparation du corps un autre corps plus subtil, qu'ils appellent Le vase ou le fourreau de l'âme. Du reste cette doctrine est celle de la plus haute antiquité. Homère raconte que Patrocle apparut à Achille, et lui dit, Il, w, 70 :
᾿Αλλ αὕτως ἀλάλημαι" ἀν᾽ εὐρυπυλὲς "Aïdos δῶ. C'est-à-dire : Hâte-toi de m’ensevelir ; qne je pénètre enfin les portes de l'enfer; car les âmes, ces fantômes des morts, m'en éloignent et ne me permettent pas de passer le fleuve : je suis done errant autour des portes du vaste palais du dieu des enfers, Virgile dit à peu près la même chose ; or ces fantômes des morts, ces êlres transparents qui peuplent les enfers dans les théogonies païennes, que sont-ils autre chose que celte substance déiée dont nous avons parlé plus haut?
Avec celte sorte de spiritualité, les Juifs admettaient l’immortalité de l'âme, qui en est la conséquence. On ἃ osé prétendre qu'en aucun passage de l'Ecriture il n’en était question , et que par conséquent leur croyance à cet égard n'était pas arrêtée ; mais d'abord, en supposant le fait vrai, il est absurde er ridicule d'en tirer une pareille conséquence. Dirait-on en effet que le peuple français, par exem-
(mg 858 ple, est matérialiste et athée, parce que dans le code qui le régit il n'est jamais question ni de Dieu ni de l'âme? Or que sont les livres saints, ceux de Moïse en particulier, qu'un code que les Hébreux appellent ΠῚ, la loi par excellence? Ce silence même du législateur sur cette croyance ne la suppose-t-il pas, bien loin d'en affaiblir la certitude ? car qui s'inquiète de démontrer un fait, un dogme admis de tous et que personne ne conteste? L'Eglise n’a professé hautement et authentiquement sa croyance à la double nature de Jésus-Christ que lorsque l’impie Arius eut osé soutenir le contraire ; s’ensuit-il qu’elle ne l’admeitait point auparavant? Moïse, si soucieux d'inculquer à son peuple les saines doctrines, de le ramener aux voies de la vérité et de la religion, aurait-il manqué de s'appesantir sur un point qui en est la base et le fondement le plus solide, s’il avait rencontré quelques doutes à cet égard? Car Moïse avait été élevé dans toute la sagesse des Egyptiens; il ne pouvait méconnaître celle doctrine constante, écrite encore après quarante siècles en caractères ineffaçables sur tous les tombeaux de la vieille Egypte. Mais il est faux que l'Ecriture sainte ne renferme point explicitement le dogme de l’immortalité de l’âme ; depuis le second chapitre de la Genèse, où il est dit que Dieu inspira sur le visage d'Adam un souffle de vie, qu'il le créa ainsi à son image et à sa ressemblance, jusqu’au dernier de l'Apocalypse, tout est plein de cette doctrine ; {out Ia respire et la suppose, et rien ne peut s'expliquer sans elle. C'est dans la persuasion de cette vérité que les patriarches vivent et meurent, et vont se réunir à leurs pères, Gen. xxv, 8; que le devin Balaam demande à Dieu une mort semblable à celle des justes ou des Jsraélites, Nomb. xxm, 10; que Saül vient consulter la pythonisse d’Endar, et évoquer avec elle l'âme de Samuel, L Sam. xxvit, 13, 14, 15; que Judas Machabée voit apparaître Jérémie, pour lui remettre en main le glaive des batailles, l'assurance de la victoire, IE Mach. xv, 44; que les apôtres, vayant leur divin maître s'avancer vers eux sur les flots de la mer, le prennent aussitôt pour un fantôme d'au delà du tombeau, Mauth. xiv, 26; qu'enfin, car il faut se borner, Jésus-Christ, après sa résiwrection, dit à ses disciples assemblés : Touchezmoi, et voyez si un esprit a de la chair et des 05, comme vous voyez que j'en ai, Luc xx1v, 31.
ΓΞ. (nepheth), de AN; pays élevé, Jos. xvn, 11; c’est le seul passage où il se rencontre.
ΤΞῚ (nopheth), de la même racine, distillation, suintement, Ps. χιχ, 11.
in: (naphtoulim), luttes, combats, Gen. xxx, 8.
ΤΙΓΞΣ (nephtoahh), ouverture; fontaine dans la tribu de Benjamin, proche de la maison de Zacharie, père de Jean-Baptiste. Elle existe encore aujourd'hui, et les pèlerins qui la visitent ne manquent pas de boire de ses eaux, qu'ils croient avoir servi aux besoins de cette sainte famille; Jos. xv, 9.
ONE) (naphiuhhim), n. pr. d’un peuple originaire
d'Egypte, qui habitait, selon Je plus grand nombre, cette partie de l'Ethiopie qui est située entre Siène et Méroé, et dont Napta était la capitale, Get. x, 15. Ce nom en égyptien signifie, selou Plutarque, l'extrémité de la lerre, parce que ce pays s'étend sur les bords de la mer.
ὌΓΙΞΣ (naphtali), ma lutte ; 1° Nephtali, sixième fils de Jacob, Gen. xxx, 8. — 2° La tribu composée dés familles issues des enfants de ee patriarché. Au sortir de la terre d'Egypte elle comptait 53,400 hommes capables de porter les armes. Son partage fut dans Ja basse et la haute Galilée, dans un pays fertile, et qui fut honoré plus tard de la présence et des prédications de Jésus-Christ.
V2 (nets), de YS1; évervier, ou selon d’autres, un faucon, Job xxxix, 26. Quelques-uns même veulent que cé soit un nom générique pour désigner les oiseaux de proie; ce qui est certain, c’est que, d’après l'étymologie, ce doit être un oiseau d’un vol prompt et rapide.
KY3 (natsa), voler, prendre son vol, Jer. xLvIn, 1.
22 (natsab), poser, établir, placer, 1 Sam. xxx, 9.
2% (nitsab)}, le manche d'une épée, d’un coutean, etc., Jug. in, 22. Les Septante le traduisent par 1x6», qui signifie La prise, parce que c'est par le manche que l’on saisit les instruments tranchants.
N2Y2 (nitsba), chald., dureté, fermeté; il se dit du fer, et par métaphore, d’un caractère rigide et inflexible comme ee métal, Dan. 11, A. Cette figure n'appartient pas exclusivement à la langue sainte ; nous disons très-bien d’un homme inébranlable qu'i a un caractère de fer, qu'il est dur comme le fer, etc.
3Y2 (natsag),racine inusitée, qui signifie, comme la précédente et 865 homogènes 31393, YY1, elc., poser, établir, se tenir debout.
ΤΙΝ (natsah), 1° proprement, voler, comme KY3, ΜῊ; V323, qui ont tous pour élément commun la monosyllabique V3, onomatopoétique du frémissement que produisent les ailes de l’oiseau qui vole, Jer. ΧΕΥ͂ΠΙ, 9, — 20 Voler sur, contre quelqu'un, se précipiter sur lui, combattre ; parce que c’est de la rapidité des mouvements que dépend souvent la victoire. Nous disons également voler au combat. Nomb. xxvi, 9. — 3° Enfin ruiner, dévaster, saccager, arracher, soit parce que c’est ordinairement la suite de la victoire, soit parce que les oiseaux en combattant cherchent à s’arracher les plumes, Jer. 1v, 7
ΓΝ (notsah), plume. Voyez x".
nX2 (nitstsah), de V2; une fleur, Job xv, 33.
ἮΝ (n’tsourah), une garnison. C’est en effet le sens qu’il faut donner au passage difficile d’Isaïe, 1, ὃ: ΠΥ y, une ville, ou mieux, une tour de garnison ; c’est-à-dire, un de ces châteaux forts qu’on élevait sur les frontières ou dans le désert, et qu'on remplissait de soldats, soit pour défendre les royaumes contre les invasions des ennemis, soit pour soutenir les caravanes contre les brigandages des nomades.
nY2 (natsahh), proprement briller, notion que l’on a appliquée ensuite aux faits éclatants, aux triomphes,
86€ après la victoire, ἃ la force, au courage, qui en sou les causes, ἃ la majesté, à la gloire qui en résultent; aussi nY2 Signifie-t-il en syriaque vaincre, en hébreu être puissant, commander, De cette idée première de la racine qui nous occupe, on ἃ passé encore à celle de pureté, d'intégrité, de foi, toutes choses qui, dans l'estime des hommes, brillent entre toutes les autres, voy. r%3 (netsahh); et enfin à celle de fer: meté, de constance, de perpétuité, conséquence sinou Ὁ ordinaire, du moins naturelle d’un éclat véritable ΤῚΣ a donc trois significations : 4° être puissant, être le premier, commander, IL Par. xxxiv, 42, et dans la plupart des psaumes où se rencontre 16 participe piel ΤΊΣ) (lamnatseahh), chef, préfet, ete. —2° Etre pur, intègre, fidèle, qui se retrouve dans les dérivés. — 5° Etre éternel, Jer. vin, 5.
ΤῚΣ (natsahh), en arabe, répandre, spargere; il s'applique surtout aux liquides que l’on verse, étc. Quoique cette racine soit donnée séparément par les lexicographes modernes, je crois qu'on pourrait trouver entre elle et celle qui précède une liaison intime cachée. Car briller n’est autre chose que répandre des rayons lumineux, diffundere radios; nous disons sans cesse du soleil qu’il verse. des flots de lumière, et cette figure est de toutes les langues. ny2, briller, est donc la même chose que ΓΝ, répandre, puisque tous deux expriment [ἃ diffusion d’un fluide : le premier, d’un fluide lumineux, le second d’un fluide liquide.
ΤᾺΣ (n'tsahh), en chaldéen, vaincre, Dan. 1v, 4.
ΤΣ (netsahh), 4° splendeur, 1 Par. xxix, 11. — 20 Sincérité, intégrité, foi, Hab. 1, 4. — 5e Perpétuité, éternité, durée indéfinie, Ps. xtix, 20, etc. — Δ" Adverbialement enfin, entièrement, complétement. Ainsi, au psaume ΧΠῚ, 4, le Messie, par la bouche du roi-prophête, s'écrie vers Dieu : Jusqu'à quand, Seigneur, m'abandonnerez vous, ΤΊΜΣ, entièrement ?
nX2 (netsuah), suc, jus qui découle du raisin dans le pressoir, Is. zxu, 3, 6. D'autres traduisent : force, énergie, etl’expression me semble bien plus poétique.
ΔῚΣ (n’{sib), de ΝΣ (natsab); proprement, posé, établi; de là une statue qui est stable sur son piédestal. Ce mot se trouve en ce sens dans la Genèse, x1x, 26, où il est question du changement de la femme de Loth en une statue de sel. Ce fait,-tout extraordinaire qu’il paraît, est néanmoins incontestable. Josèphe (Antiq. 1, ΧΗ) assure qu’il l’a vue. Plusieurs voyageurs attestent la même chose, et c'est un fait hors de doute qu'aux environs de la mer Noire, où l’on place cette statue, il y a encore de nos jours des rochers entiers de sel qui affectent plus ou moins la forme hnmaine. (Voyez Legh in Macmichael Journey, et Gesenius, Thes. 905.) — 233, signifie encore ure station militaire, un poste, I Sam. vin, 6. — Enfin c'est le nom propre d’une ville de la tribu de Juda, Jos. xv, 43.
MX (n'tsiahh), fort, puissant, robuste; n. pr. m., Esdr. 11, 54.
Lys (natsal), arracher, enlever, ravir, emporter,
dépouiller, Moïse l'emploie en ce sens quand il parle des vases précieux que les Hébreux emportèrent à leur sortie d'Egypte, Ex. χη, 36; bys signifie encore délivrer, sauver, arracher de la captivité, I Rois xx, 11, Le chaldéen n’a dans l'Ecriture que cetie dernière signification, Dan. vi, 28.
732 (nilstsan), de Y33; une petite fleur; le noun, en hébreu comme en plusieurs autres langues , sert à former quelques diminutifs, Gant. n, 12.
ΝΣ (natsa), comme Yy? (iatsa), étendre, auquel il faut rapporter les différentes formes que l’on rencontre.
V2 (natsats), briller, resplendir, scintiller, Ex. 1, 7. De là fleurir, par une figure commune à presque toutes les langues, et enfin voler, s'envoler, soit parce que les ailes dé oiseau qui vole scintillent au soleil, soit parce que ses plumes sont comme les fleurs qui l’ornent et l’embellissent.
P32 (natsak), comme Du (iatsak).
"32 (natsar), 1° garder, surveiller, deux idées qui 86 confondent en hébreu dans la même expression, comme en latin tueri et intueri, en français garder et regarder, etc.; en ce sens il s'applique en particulier à la divine providence qui nous surveille et nous protége, Deut. xxxtr, 10; à l’homme qui se surveille pour he point enfreindre la loi, qui garde les commandements de Dieu, Prov. ΧΙ, 5. Ce verbe se prend aussi en mauvaise part, et signifie alors dresser des embâches, épier, Job vir, 20; assiéger, parce qu’assiéger unie ville c’est la garder, la surveiller tout autour, Jer. 1v, 46. — 2° Mettre en réserve, parce qu’on caehe avec soin ce que l’on veut conserver. Compar, en latin protego et tego, etc., Is. xLvI, 6.
“Y2(natsar), racine inusitée ; en arabe briller, verdir. Ce verbe et le précédent paraissent avoir une commune erigive. Nous disons : le feu du regard , le regard brillant, etc. ; les Grecs φάος δέδορχε ; l’allem. Blick s'applique à la fois à la splendeur et au regard ; l'anglais cast, coup d'œil, exprime proprement un jet, et nous disons très-bien un jet de lumière, etc. Ces deux idées sympathisent donc ensemble, et voilà pourquoi la langue sainte les reud par la même racine. La netion de verdir dérive de celle de priller. Ne disons-nous pas tous les jours, l'éclat de la verdure, un vert brillant, éte. ?
22 (ueiser), rejetou, surculus; par métaphore, il se dit des enfants, qui sont les rejetons du père, Is. u, 1.
Nÿà (natsath). Voyez ΤῊΝ (iatsath.)
NP2 (naka), comme PE (naak) , crier, Ex. 1, 24.
Npà (n'ka), chald., pur, Dan. vn, 9,
292 (nakab), proprement, creuser, faire une excavation, perforer. Cette signification est inhérente à la monosyllabique 2p, que nous avons déjà eu occa-
Sion de rapprocher de quelques mots de nos langues indo-germaniques. Voyez 30,5, MD, ADD, 22p, ele. De l’idée de percer, pénétrér en perçant, I Rois xu, 10, on a passé à celle de séparer, parce qu'on sépare ce que Fun perce; puis distinguer ; enfin distin-
ΡΣ 863 guér en parlant, distinguer en appelant, nommer ; Js. zxu, 2. Le participe, qui signifie proprement ceux qui sont distingués par leur nom, se dit par métaphore des chefs, des grands, des princes, Pourraiton conjecturer de Ἰὰ que dans l'antiquité les grands seuls, les nobles, avaient un nom particulier? On connaît ce trait rapporté dass l'histoire des Lithuaniens. Quand ils se furent convertis à la foi chrétienne et eurent consenti à recevoir le baptême , on sépara les chefs d'avec le commun du peuple; on baptisa les premiers les uns après les autres, en leur imposant à chacun un nom particulier; mais pour le peuple, on se conténta de [6 diviser en plusieurs troupes ou bandes qu’on baptisa tour à tour, etauxquelles on donna le même nom commun à tous les individus qui le composaient. — 251 signifie encore maudire, parce que la malédiction attire du ciel la foudre qui perce et consume, Lev. xxiv, 14.
28 (nekeb), 4° la belle, parce qu’elle est creuse, cava, Ez. xxv, 15. —2° Caverne, pays rempli de cavernes ; ἢ. pr. d’une ville de la tribu de Neplhtali, Jos. xix, 25.
api (x'kebah), la femelle, la femme, ὦ genitalium figura dicta, Gen. 1, xxvi1; τἀν, 18.
722 (nukad), inusité; piquer, pointer, noter, et par métaphore séparer, mettre à part, distinguer.
7p3 (aakod), qui se fait distinguer par des points, par des taches qui ressemblent à des points. I se dit des brebis et des chèvres, Gen. xxx, 32.
p2 (noked), le maître d’un troupeau de brebis re. marquables par la variété et la symétrie de leurs 1aches, Le Talmud de Jérusalem compare 065 maîtres aux émirs des Arabes, riches en troupeaux de toutes espèces, dont ils donnent à des esclaves la garde et la conduite. Il Rois nr, 4.
ΠΊΡΣ (x’kuddah), des points, des petits globes d’or ou d'argent qui servaient à l’ornement des femmes, Cant. 1, 12.
e27p2 (nikkudim) , 1° mies de pain, Jos. 1x, ὃ, — 2° sorte de petits gâteaux assez semblables à ce que nous appelons en français des croquiguoles, 1 Rois XIV, 9.
ΠΣ (nakah), être pur, rendre pur, purifier, répandre l’eau lustrale, enfin faire des sacrifices, parce qu'on les commençaittoujours par des purifications. — Niphal, 1. être pur, sans tache ; par métaphore, être innocent, exempt des fautes qui entraînaient d’après la loi l'obligation de se purifier, Nomb. v, δὲ. — Il. Etre vide; quelques auteurs anciens croient que c’est la signification propre du verbe qui nous occupe ; selon eux, cette viduilé, appliquée à différents objets, produit différents sens ; ainsi : 4° Etre vide de crime, veut dire être innocent. 2° Etre vide de peine, c’est n'être pas coupable. 3° Etre vide de dommage, c’est οἶδ éprouver aucun. 4° Etre vide d'obligation, c’est être libre. 5° Etre vide de souillure, c'est être pur et net. 6° Etre vide de milice, veut dire être exempt de la nécessité d'aller à la guerre. 7° Etre vide de travail, c'est-à-dire, n'avoir rien à faire. 8° Etre
vide d'hommes, d'habitants, de richesses, de vie, c'est avoir perdu tous ces biens. C’est ainsi que Louis de Dieu explique ce mot; nous croyons avec Gesenius que la notion de pureté est la première qui, considérée de différentes manières, a formé les divers sens que nous venons d'énumérer.
ΝῊ (nakoda), remarquable, insigne; n. pr. m., Esdr. 11, 48.
ἸΔῺΣ (nukat), comme ses homogènes 0"), V'P,avoir à dégoût. 11 ne se rencontre qu'une seule fois dans Job x, 1.
ΡΣ (naki), pur, sans tache, Ps. χχιν, 4; et par métaphore, exempt, soit de crime, c'est-à-dire , innocent, Jer. 11, 34; soit de peine, c’est-à-dire, impuni, Gen. xLiv, 10.
ΝΣ (naki), id., Joel 1v, 19.
ΤΣ (nikkaion) pureté, propreté. Joint avec certains mots, il concourt à former une figure remarquable. Ainsi la propreté des dents exprime dans le langage de l’Ecriture une horrible famine, parce que les dents qui cessent de fonctionner acquièrent une blancheur éclatante, Amos 1v, 6. La propreté des mains représente l'innocence de la vie, expression qui est commune à quelques langues, Gen. xx, ὃ.
ΡΣ (εἰ ΚΙΚ), un trou, une grotte, une caverne, Jer. ΧΠΙ, 4. ἡ
ΠΞΣ (nakam), venger, se venger, tirer vengeance , punir, Nomb. xxx1, 2.
ἘΞΡΣ (nakam), vengeance, Deut, xxx, 35.
273 (n'kamak), vengeance, soit en désir, comme Lam. 11, 60, soit en acte, comme Jer. xLvr, 10.
ΣῊ (naka), comme JP, auquel nous renvoyons.
are (nakaph), frapper, d'où χόπτω, couper, etc. Ce verbe exprime toujours un coup violent comme est celui, par exemple, par lequel on renverse le bœuf pour l'étourdir et l'égorger. Il s'applique ensuite au clou que l’on enfonce, et de là il signifie joindre au moyen de clous, réunir, assembler ; puis tourner en rond, c’est-à-dire, tourner sans interruption, sans laisser d'intervalle. Ainsi Is. xxix, 1: Les fêtes tournent en rond, veut dire que les fêtes se suivent, s’enchaîneut dans le cours de l’année.
922 (nokeph}, l'action par laquelle on abat les dernières olives. Il y avait et il y ἃ encore deux manières Je cueillir ce fruit : l’une à la main, l’autre avec de longues perches, qu'on appelle gaules, d'où gauler. Or les Juifs faisaient la récolte de la première manière; les pauvres venaient ensuite et employaient la seconde. Appliquée aux moissons, cette action s’appellerait glanage.
n2p2 (nikpah), la corde qui sert de ceinture à l’esclave; peut-être ainsi nommée parce qu'elle servait aussi à le frapper quand il avait mérité quelque chàtiment, Is. in, 24.
pp2 (nakak), racine inusitée qui paraît avoir le sens de creuser, percer, fouir,
Σ (nakar), proprement et primitivement, creuser. Nous ayous déjà vu la même signification affectée aux racines #1p (kour), 02 (bakar), 557 (dakar), nn
(hhakar), et autres du même genre, c'est que la monosyllabique 5, kra, est véritablement la forme onomatopoétique qui représente à l'œil aussi bien qu'à l'ureille le bruit et l'espèce de grincement que l’on fait en creusant. Toutes les langues ont emprunté plus ou moins, soit à la nature elle-même , soit à la langue sainte, par différents internéliaires, cette syllabe imitative et féconde. Tous les mots en effet | qui chez elles signifient creuser, percer, fouir, traverser, pénétrer, approfondir, forer, trouer, arrondir, ex= terminer, perdre, présentent plus où moins ce monosyllabe expressif. Nons avons dé à donné, quand l’occasion s’en est présentée, quelques preuves de celle assertion; en voici quelques antres : pers. co=" rab, fosse, trou; goth. grobu, id. ; cell. groh, yoarem, antre; scarra, piége; griped, fosse; scriva, creuser ; trouc’ha, traverser; greiz, à travers; crenna, rogner, ronger ; digueri, ouvrir ; cren, cran, carab, creux, cave, losse; gwaran, tanière ; croff, barque; crignal, gruger, rogner; creizen, Cicatrice; cravat, gratter ; grem, grog, trou, creux, grolte; gall. cran, fosse ( faire un cran); crange, cancer, gyangrène qui creuse; grafn, racler; crafange, serres, griffes; cerin, crin, instrument, outil, grwan, sillon; allem. g'aben, creuser ; ergründen, sonder; krallen, égratigner; Gram, chagrin qui creuse; Grab, tombeau ; schreiben, écrire; Gruft, fosse; Acker (ackre), champ qu’on silloune; Kralle, griffe ; ergreifen, saisir, etc. ; grec, γράφω, écrire; χόρις, κρίς, punaise qui darde ; χρίνω, juger en creusant l'affaire; χωρίς, séparément,
xaprtvos, Chancre, Cancer; χείρω, londre; χαράσσω, marquer (avec la craie); χοιλάς ( pOur χοιράς), Creux ; χοιλία (pour χοιρία), ventre; χρήνη, χρουνός, Source qui jaillit d'une grotte; χούπτω, cacher, enfouir; σγάριφος, Stylet, poinçon, etc.; lat. scrobs, fosse; caries, gramen, scrutor, Scribo, etc.; franç. gratter, grotte, creux, carrière, crever, griffe, gangrène, craquer, agrafer, crier comme l'instrument qui creuse, elc., etc.
ΠῚ: (n'karah et nikrah), caverne, Ex. xxx, 22.
ΔῸΣ (nakasch), tomber dans une embuscade , être pris dans des filets : L'impie, dit le ri-prophête, Ps. 1x, 17, tombe dans les embüches qu'il a dressées lui-même. En chaldéen ce verbe sigaific frapper, pousser, enfoncer, Dan. v, 6.
372 (narag), inusité. L'élément essentiel, x i. 4. bi. 4. δλ, doit donner ἃ ce verbe le sens σόπόνρη] de rouler; la présence de la gutturale = exprime un mouvement de rotation rapide, tel que produit la langue qui cherche à rouler l’r dans le gosier. Nous pouvons done croire avec raison que 32 signifie rouler rapidement, intransitivement se rouler avec vitesse, d’où parler avec volubilité, et, comme il est presque impossible de dire beaucoup de paroles sans parler mal du prochain, de cette signification ou ἃ passé ἃ celle de médire, calomnier.
Le (nergal), vulg. Neregel, Nergel, idole des Samaritains. Ce que l'on avance communément que cette idole était représentée sous la figure d'un cog,
θ6ὅ NU
et qu’elle était le symbole du feu, n'est qu’une fable inventée par les rabbins talmudistes, rapportée par dom Calmet, et que M. l’abhé James, en actualisant le dictionnaire du savant bénédictin, aurait bien dû relever. J'avoue que bien des opinions ont été émises tant sur le nom de celle idole que sur le culte qu'on lui rendait; cependant l’on peut dire que le sentiment le plus généralement adopté aujourd’hui est celui de Boblen, qui paraît avoir décidé la question. Selon ce savant, 5x2 se rapporte au sanscrit Nrigal, qui signifie proprement mangeur d'hommes, et doit s'entendre du dieu Mars ou de la planète qui porte ce nom, appelée aussi Tr, qui ἃ la même signification. On peut donc conclure de là que le culte de celte divinité sanguinaire consistait en grande partie eu sacrifices humains : on sait qu’en effet les Cuthéens faisaient brûler leurs enfants en l'honneur de leurs dieux.
ἜΝ ἢ Ὁ (ner’gal scharetser ), n. pr. d'un capitaine des gardes de Nabucadnetsar (Nabuchodonosor), Jer. xxxix, 3. C’est aussi le nom du chef des mages, sous le même prince, ibid., 15.
ER? (nirgan), de 373 (narag); bavard, babillard, médisant, calomniateur, Prov. xvi, 28.
72 (nerd), le nard, plante qui croît dans les Indes, et dont ja racine est fort petite. Elle pousse une tige longue et mince, et a plusieurs épis à fleur de terre, ce qui la fait appeler spicu nardi, épi-nard. On faisait avec celle plante odoriférante un parfum très-estimé des anciens, et dont il est souvent parlé dans l’Ecriture, Cant. 1, 41 ; 1v, 15, 14. Le nom du nard, en indien nardu, signifie proprement la tige d’une plante graminée : serait-ce un nom générique ?
ΝῺΣ (nasça). Ce verbe, dit Pagnin, a une foule de significations, mais elles peuvent se réduire à celles de lever, élever, qui est la principale et la primitive. En effet l’on va voir qu’on peut en faire sortir toutes les autre:. Remarquons d’abord que dans toutes les langues il est de ces mots à large signification qui ont besoin de quelque antre pour être déterminés à telle ou telle en particulier. Notre verbe faire, par exemple, que de variations ne subit-il pas, selon les termes qui le comp'êtent et en déterminent l’idée fondamentale? Faire un bâiment, c’est le fabriquer ; {Are de l'argent, c’est en amusser, en gagner ; faire des recrues, C’est lever, mettre sur pied, etc., etc. Il en est de même du verbe qui nous occupe. Ainsi, 19 Ὁ ΝΣ (nasça iad ), lever la main, c’est-à dire jurer, prendre Dieu à témoin. Celle expression a sa source, d'une part dans le sentiment de la faiblesse humaine, d'une autre dans la conscience irrésistible de l'existence d’un être supérieur, qui veille sur l'homme ei ἃ l’œil sur nos moindres actions. L’enfaut qui se trouble, qui a peur, qu'un danger quel-
| conque menace, lève la main, parce qu'il sait instinctivement que celle de sa mère est là pour défendre et protéger sa faibiesse. L'homme fait quelque chose de semblable : ce grand enfant lève aussi la muin, parce que son cœur, en face d’un besoin, d'un péril,
ΝΟΣ 800 d’une nécessité extrême, lui dit qu’il y ἃ une Providence qui défend l’innocent et punit le coupable, — 2° WN NI (nasça rosch), lever La tête, c'est-à-dire se réjouir, réjouir, Car la gaielé est comme la séve qui donne à l'âme et au corps une vigueur, une expan sion toule particulière. La plante, que le souffle brûlant du midi abat et dessèche, se relève à la rosée du ciel et semble s’élancer dans les airs; l'homme, lui aussi, après avoir baissé la têle sous le vent de l’adversité ou du chagrin, la relève dès que le ciel a fait luire en son âme un rayon de joie et de bonheur, —3° DD NÛ3 (παρα panim), lever La face, c’est-à-dire être fort de sa conscience. On l’a dit, et il faut le redire : la face est le miroir de l’àme ; l'homme porte sur sa figure les secrets que cache son cœur ; et cette asserlion est si vraie, que nous en avons nous-mêmes conscience. L'homme criminel se cache; il cherche les ténèbres et craint qu'on ne lise sur sa face Ja faute qu'il ἃ commise. D'ailleurs il est sombre, réveur, mélancolique; son âme coupable semble avoir reflété sur sa figure sa téuébreuse horreur. L'homme juste au contraire ne craint point les regards; il cherche, il aime la lumière, dit Jésus-Christ, parce que ses œuvres sont lumière, el qu’on ne peut lire sur sa face qu'innocence et purelé. La langue sainte a consacré celte double vérité, et toutes les langues l'ont reproduite (marcher La tête haute, regarder en face).— 4° Day ΝΣ (nasca enaim), lever les yeux, c'est-à-dire regarder : expression tellement commune qu’on ne fait plus attention à la poésie qu’elle renferme. En arabe il y a quelque chose de plus fort encore : on dit étendre l'œil, soit comme pour saisir l’objet qu’on veut regarder, soit parce que, pour mieux voir, on tend l'œil, on l'ouvre aussi grand que possible, comme on ferait d’une tente qui devrait recevoir une grande quantité de monde. — δ᾽ TP ΝΙῸΣ (nasça kol), lever la voix, c'està-dire parler : c'est encore une figure très-belle que la nature ἃ inspirée. On remarquera, en effet, que celui qui chante baisse ou lève la tête proportionnellement à la gravité des sons qu'il produit ; de là lever la tête pour dire produire des sons aigus; et enfin lever la voix pour parler haut. Maïs la pa< role peut être ou supplianie ou menaçante. Le verbe NY s'applique encore à ces nuanees et signifie tantôt prier, Is. xxxvn, ὦ ; tantôt menacer, blasphémer, Ps. exxxix, 20. — 6° SN WD23 N22(nasca nephesch el), Jever, porter son àme vers quelque chose, c’est-àdire, la désirer. Rien en effet n’est plus naturel que de se porter vers l’objet qu'on souhaite, et s’il est placé hors de notre portée, de s’y élever: ce qui exprime la translation physique s’est appliqué à ce qui en est la cause et l’origine, et l'on a dit que l'àma s'élève vers un objet, parce qu'elle excite le corps à s'y porter. On peut encore élever son àme comme une offrande qu'on présente au Créateur; 5005 68 point de vue l'expression hébraïque signifie invoquer, supplier, appeler la grâce et les faveurs célestes :
le pauvre qui supplie le riche lui montre ses iufirs
mités, les lui présente comie s’il voulait émouvoir plus efficacement sa compassion; l’homme pieux qui a conscience de sa misère en fait autant vis-à-vis de Dieu, la source véritable de toute richesse. C'est à l'hébreu que nos langues ont emprunté ces façons de parler : élever son âme à Dieu, ete. — 7° Enfin le verbe ΝῺ exprime toutes les nuances du verbe lever, et de ses composés élever, enlever, c’est-à-dire, emporter, emmener, prendre; et ce dernier sens se modifie encore, car, À. on prendle péché, on l’enlève on l’expie; 2. on prend une femme, on l'épouse ; 3. on prend la place de quelqu'un, on le représente.
NN (nisçeth), don, présent, I Sam. xix, 43.
A2 (nasçag), poursuivre, faire poursuivre, et par conséquent approcher, faire approcher, Gen. xxx, 25; 1 Sam. χιν, 26.
ΓΙΝῚΣΣ (n’scouah}), fardeau, charge, Is. xLvI, 1.
NDS (nasci), proprement qui S’élève, élever. Ce mot s'applique, 1° à tous ceux que le rang, l’âge, ou la dignité élèvent au-dessus des autres hommes; ainsi aux rois, 1 Rois x1, 34; aux chefs de tribus, Nomb. vi, 40; aux pères de famille, Nomb. ΠῚ, 24. — 20 Il s'applique à ces vapeurs qui s'élèvent incessanment de la terre, vont se réunir en nuages et retombent ensuite sous la forme de pluie, Jer. x, 13.
po2 (nasçak), allumer, Îs. xzrv, 45.
“C3 (nasçar), racine onomatopoétique qui signifie comme le chaldéen 22, scier : le monosyllabe y (sgar) fait entendre en effet à l'oreille le grincement de la scie. Ce verbe ἃ formé serra, serrure.
ΝΣ (nascha), proprement déranger de sa place ; de là en hiphil séduire, tromper, pervertir; car la séduction consiste surtout à déplacer l'esprit et le cœur de l’état de pureté et d’innocence où ils étaient auparavant. C’est de ce verbe que se sert Adam abusé par sa femme pour s’excuser à Dieu de sa faute impardonnable : La femme que vous m'avez donnée m'a tromipé, Gen. 11, 43, parole étrange dans celui qui se sent coupable et qui ose bien rejeter sur son Créateur le crime de sa propre imprudence.
ΝῺ (nascha), prêter à intérêt, à usure, et de Ἰὰ oppresser, opprimer, pressurer, parcé que l’usurier est l’opprésseur par excellence qui épuise Je pauvre, et lui fait épronver par son avarice impitoyable la plus dure des persécutions, Ps. Lxxx1x, 23.
223 (naschab)}, souffler, mais d’uu souffle doux et léger, ce qu'indique la lettre douce qui términe la racine, tandis que dans ἜΣ, où elle devient aspirée, elle Comnrmique au radical une signification intensitive : ἜΣ signifie souffler avec violence ; 15. x1, 7 ; Gen. xv, 11.
ΤῊΣ (naschah), proprement se dessécher ; en arabe il se dit de Peau qni tarit et s’évapore, du pain qui durcit et se dessèche. En hébreu il n’est point usité dans sa signification propre; mais il se dit par métaphore, 4° de la torpeur des membres qui se raidissent, Se Scorifent, et deviennent semblables à un Loïs sec et mort, — 2° De l'oubli, parce que le cer-
veau, organe de la mémoire, paraît s'être endurci, desséché, et avoir ainsi perdu ou laissé effacer les traces des choses qui lui avaient été conservées, Läment.ut, 17; Jer. ΧΧΠΙ, 39,
nw2 (naschah), comme (nascha), prêter ou recevoir à intérêt, deux significations de la même raciné, comme en latin fenero, feneror ; gr. δανείζω, δανείζεσθαι, Jer. xv, 10. Gesenius pense dans son Thesaurus que la notion première représentée par ce verbe est celle de tarder, différer ; d’où Pon ἃ passé à celle de prêter parce que tout prêt suppose nécessairement un certain délai pour restituer l'emprunt,
NU3 (nascheh), le nerf de la cuisse, et par métony : mie la cuisse elle-même. Ce mot se rencontre plu sieurs fois dans le chapitre xxx1t de là Genèse, où il est question du combat mystérieux de Jacob avec Dieu. 26 : Quand le guerrier s'aperçut qu'il wélait pas aussi fort que Jacob, il lui toucha le nerf de la cuisse qui se dessécha tout à coup. Et voilà pourquoi, termine l'écrivain sacré (33), Les Israéliles Ss’abstiennent de manger du nerf de la cuisse des animaux. Le sens que nous avons donné au mot ΓῺ e$l incontestable; c’est ainsi que lont entendu tous les interprètes et toutes les versions ; c’est ainsi que l’entendent encore aujourd’hui les Arabes. Mais c’est l’explication de ce combat étrange qui embarrasse ; de ce combat qu’il est cependant impossible de nier, qu’alteste toute une tradition, et dont nous retrouvons les traces dans un usage persislant encore aujourd’hui. 11 est probable que ce passage peut admettre deux interprétations : Dieu, disent les Pères, voulait faire comprendre à Jacob qu'il lemporterait sur son frère Esaü, lui qui avait cru le vaincre lui— même, mais il voulait en même temps, ce semble, préparer déjà la prédication de cette rédemption merveilleuse par laquelle Jésus-Christ, dont Jacob était la figure, devait triompher enfin de Ja justice céleste, tout eu étant touché pat elle.
2 (n’schi), dette, IT Rois 1v, 7.
82 (n'schiiah), oubli, Ps. Lxxxvinr, 23.
np (n’schikah), baiser, Cant. x, 2.
722 (aaschach), mordre; il se dit du serpent, dont ce verbe paraît imiter le sifflement sec el aigu, Nomb. xx1, 9. Par métaphore, ronger, gâler, corrompre ; etenfin prêter à usure, parce que, dit Junius, l’usure mange, ronge et consume peu à peu l’homme et son bien; parce qu’encore, dit Rivet, l'usure est comme la morsure du serpent. Celle-ci d’abord est inappréciable ; c’est un point. Mais ce point est envenimé, il grandit, et bientôt il envahit tout, portant avec lui le ravage et la mort. L’usure, elle aussi, apparaît à peine, mais laissez faire; elle s'accroît bientôt et finit par tout engloutir.
22 (neschech), prêt, usure, intérêt, gage, Ex. ΧΙ, 24; Lev. xxv, ΟἿ.
202 (nischcah). Voy. ΠΣ (lischeah).
ss (naschal), extraire, eulever, ôter; sens général qui se modifie selon les mois auxquels s'unii le verbe. Ainsi déchausser, quand il est question de
ap
chaussure ; déshabiller, quand il s’agit de vêtements; ex pulser, quand c’est d’un peuple que l’on parle, Ex. m, à; Deut. vu, 1, Dans un sens intransitif, S'extraire signifie sortir de la place que l'on occupait; par exemple, Deut. xx, 5 : Si le fer S'est extrait, =, de son manche, C'est-à-dire s’en est détaché. Ce verbe s'applique encore aux fruits qui tombent et qui semblent se soustraire à l'arbre qui les produisit, Deut. XXII, 40.
ἘΞῚΣ (xascham), aspirer. Ce verbe est inusité, mais il nous offre un nouvel exemple de la sagesse qui a présidé à la formation de la langue sainte. En ouvrant la bouche pour aspirer, on produit naturellement une espèce de sifflement par le passage plus ou moins rapide de l'air à travers les dents; mais dès que l’acte de la respiration est accompli, les lèvres se ferment comme pour retenir l’air dans Ja poitrine, et produisent involontairement une articulation; cette articulation est nécessairement une labiale; ce doit donc être tantôt un ὁ, tantôt un p, ph, tantôt, quand le mouvement est très-doux, une m1, la plus douce de toutes; et en effet nous trouvons dans Ja langue sacrée la preuve de tous ces faits : 1, 221, 103 et #22 sont autant de racines qui expriment à des degrés différents Je grand acte de la respiration.
NEW (nischma), chaldéen, le souffle qui anime l'homme ou la bête, Dan. v, 23.
mOv2 (n’schamah), l'esprit, le souffle. Ce mot s’applique par métaphore au souffle brâlant de la colère céleste, 15. xxx, 35; à cet esprit de Dieu que doit aspirer l’àme qui veut avoir en elle la vie et la sagesse, Job xxxu, 8; il s'applique enfin au souffle, symbole de la vie animale dans l’homme et dans la bête. Quand il s’agit de l’homme, il devient même synonyme de Ÿ2] et signifie comme elle l'âme spirituelle et raisonnable. Car sans doute on ne peut entendre autrement le passage célèbre de la Genèse où Dieu, après avoir façonné de ses mains divines le corps matériel de l’homme, nous apparaît inspirant dans ses narines un souffle de vie. Quand il s’agit de créer les bêtes, dit à peu près le grand Bossuet, Dieu ne fait que parler, et elles sont. Est-il question de leur &onner un roi, il se recueille , s’'exhorte à ce sublime travail de sa loute-puissance, divise son opération comme si sa grandeur l’effrayait, et nous montre par celte succession d’actes dans la création d’un même être la différence essentielle des natures qui le composent. D'ailleurs, comme le remarque un savant auteur, Paul Fagius, celui qui souffle sur quelqu'un semble lui donner quelque chose du sien; c’est ainsi que Jésus-Christ, notre Sauveur, voutant communiquer à ses disciples le Saint-Esprit dont 1 avait la plénitude, souffle sur eux en leur disant : Recevez le Saint-Esprit! Dieu soufflant sur Adam ne pouvait donc lui inspirer qu'un esprit de même nature, qu’une âme dont les propriétés sublimes attestent d'ailleurs l1 céleste origine. Les paiens, qui p'ignoraient pas celte histoire de la formation de Vhomme, l'avaient défigurée, il est vrai, mais n’aväient
pu s'empêcher de lui conserver son cachet tout divin, et de nous présenter leur Prométhée dérobunt le feu du ciel pour animer l'œuvre de ses mains.
ΞΣ (naschaph), souffler, aspirer, respirer, Ex. XV, 10. Voyez les observations que nous avons faites sur DŸ2 (nascham).
723 (nescheph), proprement, un souffle; par métaphore, le temps du matin ou du soir, parce que ce sont les deux moments dans la journée où s'élève en Palestine et dans les pays chauds un souffle léger ct frais qui tempère la chaleur et allége le poids du jour, Job nt, 9.
ΡΣ (naschak), proprement baiser; mais parce que chez les anciens le baiser était le symbole soit de politesse, soit de vénération, soit même d’adoration, le mot ΠῺΣ ἃ signifié ensuite saluer, véuérer, respecler, adorer. Ce verbe se modifie encore selon les choses auxquelles il s'applique. Ainsi quand le prophète, Ps. Lxxxv, 11, annonce qu'aux jours du Messie {a justice et La paix se donneront un saint baiser, cela veut dire qu'après avoir été désuuis si longtemps, et parce que la justice de Dieu, irritée du crime des homes, appelait la vengeance, et parce que la paix ou la miséricorde ne pouvait s’abaisser sur la terre coupable , ces deux attributs de la Divinité venaient enfin de se trouver satisfaits par l'oblation volontaire du Fils de Dieu, qui satisfaisait la justice, et rendait à la postérité d’Adam la paix et le bonheur depuis si longtemps perdus. Quant à l'étymologie du verbe qui nous occupe, nous admettons volontiers le sentiment de Gesenius, Ce verbe est onomatopoétique; l'élément essentiel 5, qui paraît exprimer à l'oreille l'espèce de bruit que produit la bouche qui donne un baiser ou qui suce (SuG, SC), se retrouve dans plusieurs langues, par une autre cause sans doute qne le hasard. Ainsi grec, χύω, χύσσω, κύσσα, Chez Homère; allemand, küssen, Schmack ; anglais, to kiss, to smack, smick-smack ; sué+ dois, puss; latin, basium; italien, bacio, baiser.
PÈ2 (naschak), proprement tendre Vare, armer Son are, s’armer, se préparer au combat. Donnant à ce verbe la signification primitive d'appliquer, quel ques auteurs anciens ont cherché à le réunir au verbe précédent; mais tout ingénieuse que paraît cette idée, nous croyons que l’étymologie émise plus haut doit l'emporter, comme basée sur un fondement plus solide, ia nature et l’analogie.
Δ (neschek), un trait, une flèche, l'endroit où on renferme les flèches, un arsenal, Neh. mr, 49; Job xx, 24.
2 (naschar), inusite; en arabe enlever, ravir, en parlant de l'oiseau qui emporte et déchire sa proie.
“Ÿ2 (zescher), l'aigle, le vautour, et généralement tous les oiseaux de proie, Job ΧΧΧΙΧ, 27.
3 (n’schar), chald., id., Dan. 1v, 30.
N22 (naschath), se dessécher, soit en parlant de l'eau qui se tarit aux feux brâlants du soleil, soit de la langue qu’une soif ardente dessèche δὲ alère, 18, XLI, 47
ΓΙῸΣ (nischlvan), une lettre, une épitre, une missive quelconque, Esdr. 1v, 18. Ce mot est étranger à la langue sainte. Il vient du persan nowischlen, nowWis'en, qui signifie écrire,
272 (aathab), inusité. La présence du monosyllibe an fait présumer avec raison que ce verbe dut signilier primitivement fouler aux pieds : sanscr. patha, route; path, aller, marcher; pad, pod, pied; mures, πατέω, lappen, treppen, elc. Voy. les verbes 227, FEU.
ΤΙ (natahh), couper en morceaux. Ce verbe se dit des victimes qu'on partageait après les sacrifices, Lev. vur, 20. Les Septante le traduisent par geli£e , διχοτομέω.
ΤΣ (aahahh), un morceau de la victime immolée, un morceau de viande, Ex. xxix, 17,
772 (aathach), se répandre. Il se dit proprement de l'eau de la pluie, Job ni, 24; puis par extension du méial fondu qu’on fait couler dans les moules; enfin par métaphore de la coière, ou de toute autre passion violente qui s'échappe comme un torrent fougueux, et se répand au dehors, IF Par. xm, 7. Cette figure est de toutes les langues. Ne disonsnous pas aussi qu’ox verse les flots de sa colère, qu’on se répand en imprécations, etc.?
ΠΣ (nuihal ), inusité; en syriaque donner. On voit que pour la forme ce n’est qu'une variante de l’hébreu a (nathan ) que nous allons expliquer.
ΠΣ (nathan). Ce verbe, qui est d’un usage fréquent dans la langue sainte, paraîl signifier proprement étendre la main, et dans la langue hiéroglyphique de la vieille Egypte il est représenté par ume main qui s’avance ; par conséquent, donner; mais ici, comme ailleurs ( Voy. 22), le verbe et sa signification se modifient selon les mots qui accompagnent, En français donner n’a pas toujours ls même sens : il signifie tantôt accorder ( donner La permission), tantôt jouer (donner du cor), tantôt vendre (donner presque pour rien), ele. Il en est de même dans la langue sainte,comme nous allons le faire voir, 1771702 (nathan iad), proprement donner les mains, a deux significations : on peut en effet donner la main en signe d’amitié; l'expression hébraïque signifiera donc dans ce cas consentir, être de même avis : nous disons la même chose en français. On peut encore donner les maius, mais pour se les voir ench:îuer : c’est une marque de soumission, d’obé:s<ance, de servitude; l'héureu veut donc dire alors se soumettre, accepter la loi du vainqueur. — 2° *3 a mu (nathan büad), donner dans les mains de quelqu'un, signifie remettre en Sa puissance, livrer. En français la même expression ἃ une nuance d'idée qui ne se trouve point dans l’hébreu.— 3° -y2y22 a (nathan b'mischmar ), proprement denner en prison, signilie incarcérer ; en latin on dit également in carcerem dare aliquem, pour exprimer la même idee. — 4° τ m2 (nathan p'ri), donner du fruit, c'est en produire. Cette expression est commune à notre langue. — ὃ“ ΓΝ ἸΠΣ (nathan ereph), proprement donner le dos, terga dare, signi-
fie fuir, parce qu'en fuyant on présente le dos à l'en nemi, de la même manière qu'en donnant on présente la main. D: na (nathan pauim), donner sa face, est une expression qui veut dire se porter vers une chose : nous disons équivalemment donner de "οἷ, pour dire regarder attentivement. — 6° ra 7) 77 (nathan hhen), donner sa faveur à quelqu'un signilie, comme en notre langue, accorder ses bonnes grâces, Ps. LxxxIv, 12. --- 7° ἸΠΣ ἃ encore en hébreu le même sens que chez nous dans les locutiuns telles que donner des louanges, donner de l'amour, donner, c'est-à-dire faire un vœu, etc. — 8° jn2 ἃ aussi le sens d’un impersonnel, ec il équivaut alors parfaitement à l'allemand es gibt, es qab ; ainsi Gen. xxxvui, 28: Quand Thamar eut enfanté 7 τ, voici que la main du Seigneur apparut, etc., Prov. xt, 10. 539 JD PS2, proprement de l’orgueil se donne la dispute, 1 dispute naît de l'orgueil ; en aïlem. on traduirait bien bey Uebermuth gibt es Streit. — 9° va 1) (mi iltan), est une expression que nous devons expliquer ici, parce qu’elle se rencontre fort souvent dans FEcriture, et particulièrement dans les psaumes, C'est une formule de souhait qu’on trouve même dans les auteurs profanes, et dont nons nous servons même dans notre langue. Qui me donnera veut dire tantôt Qui me montrera? Plut à Dieu que l’on me montre ! comme Job xxx1, 3; tantôt Pit à Dieu que je sois, que je fusse, etc. Virgile ἃ dit dans le même sens : Quis me sistat, pour Utinam sisterer ! Géorg. 11, 488. --- 10° Enfin ΠΣ ἃ généralement dans l'hébreu toutes les significations différentes de notre verbe donner. Comme lui il signifie accorder, permettre, Gen. xx, 6 (comp. l'expression d’Iorace, Sat. 111,