‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 122 sur 122 · WITT · texte numérisé non relu

WITT

bientôt après de la division de landwefar de la ^'arde et de deux divisions de la réserve. A la lôte de ces troupes, il investit Strasbourg, dont, après soiqmation, il commença le bombardement le 24 août. Les ravages furent considérables : la cathédrale fut endommagée, la bibliothèque brûlée , ainsi que l'hôpital militaire , et un grand nombre de maisons particulières détruites. Cependant ces rigueurs n'ayant pu vaincre la courageuse constance des habitants de Strasbourg et du général Ubrich, qui, du haut de la citadelle, avait brûlé la ville de Kehl, M. de Werder commença, le 27 août, un siège en règle contre les ouvrages du nord-ouest et contre la citadelle. Cette double attaque obligea, le 27 septembre, le général Uhrich à arborer le drapeau blanc. Les Allemands avaient alors en batterie 299 pièces de siège, et avaient employé, pour la première fois, le tir indirect avec le plus grand succès. Strasbourg avait reçu environ 300000 projectiles. La capitulation fut conclue le 28 septembre sur les bases de celle de Sedan. Elle livra au général de Werder plus de 1000 bouches à feu. Dès que Strasbourg fut tombé, une colonne mobile fut envoyée dans les Vosges pour détruire les francs-tireurs.

Le 30 septembre, M. de Moltke ordonna la formation d'un 14* corps d'armée# sous les ordres de Werder, promu général d'infanterie, pour disperser les troupes fitinçaises qui se formaient dans TEst. M. de Werder marcha d'abord sur Epinal, puis sur Vesoul, et, partout, réprima sans pitié les moindres tentatives de résistance tout en imposant de lourdes contributions. Renonçant à surprendre Besançon, il se rejeta sur Gray, terrorisa les campagnes environnantes, s'empara de Dijon après un combat acharné, le 31 octonre, et essaya d'investir Belfort, après avoir soumis en partie les petites places de l'Alsace. Le mois de novembre et une partie de celui de décembre se passèrent à lutter sans grands résultats contre les francs-tireurs. Cependant, le mouvement projeté dans l'Est par l'état-major français, et à la tête du- -juel était placé Bourbaki, commençait à se dessiner. Le général de Werder ne disposait que de 47 000 bommes, dont 15 000 éuient absorbés par le siège de Belfort. Les forces françaises qui allaient l'attaquer étaient évaluées à 120000 hommes. Il fit alors un mouvement offensif sur VUlersexel, qui lui donna le temps de se concentrer, puis prit une forte position à Héricourt, sur la Lisaine, et s'^ fortifia avec des ouvrages en terre, garnis de pièces de sié^e. La bataille dura trois jours, les 15, 16 et 17 janvier 1871. Bourbaki fut obligé à la retraite, qui devint une déroute après sa tentative de suicide et Tarrivée des troupes de Manteuffel. La presque u.talité de Vannée française fut obligée de se retirer en Suisse.

Remercié personnellement par l'empereur Guillaume et décoré de la grand'croix de l^igle rouge, le général de Werder fut, après la signature des préliminaires de paix, Tobjet de chaleureuses ovations dans r Allemagne du Sud, où le mouvement de Bourbaki avait un moment fait craindre une invasion.

W1LS0N (Daniel) , représentant français, né k Paris, le 6 mars 1840, propriétaire du château historique de Chenonceau. fut élu en 1869, au second tour, comme canaidat indépendant, par 19052 voix sur 26731 votants, contre 6455 voix obtenues par M. Duval, candidat officiel, substitué à M. Marne, qui avait eu, au premier tour, 12090 voix contre 12 210. Secrétaire de la Chambre, il siégea dans l'opposition modérée.

Après la révolution du 4 septembre 1870, il se rallia au groupe de députés de la gauche à la tète duquel était M. Grévy.

Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant d'Indre-et-Loire à l'Assemblée nationale, le cinquième sur six, par 31 302 voix.

Membre des réunions du Jeu de Paume, Feray, et Saint-Marc Girardin, il a pris place au centre gauche, et a voté pK>ur les préliminaires de pair, l'abrogation des lois d'exil, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières) et le retour de r.\ssemblee à Paris; pour le gouvemoment dans la question du pouvoir temporel; contre le maintien des traités de commerce.

WIMPFFEN * (Emmanuel-Félix db).— L'insurrection qui éclata sur la frontière marocaine, au mois de mars 1870, lui donna l'occasion de fidre

Ereuve d'une remarquable activité et de mener à onne fin, dans le sud-ouest de la province qu'il commandait, une expédition difficile. Après les premières délaites de l'armée française dans la guerre franco-prussienne et la chute du ministère OUivier, il fut rappelé par dépêche du général de Palikao et mis à la tète du 12' corps, puis envoyé à l'armée de Mao-Mahon pour remplacer le général de Failly à la tète du 5* corps* Il arriva le 28 août àPÎtris, reçut un ordre de commandement en chef, dans le cas où le maréchal de Mac-Mahon serait mis hors de combat, et, après avoir adressé à ses compatriotes du départemmt de l'Aisne une énergiaue protestation pour les engager à la résistance à outrance contre les envahisseurs, il repartit immédiatement pour le Nord. 11 était à Sedan le 61, au moment où la bataille venait de s'engager. Le 1*** septembre, dès qu'il eut appris la blessure de Mac-Mahon, il produisit son ordre de commandement en chef, et, suspendant les mouvements déjà ordonnés par le général Ducrot, fit reprendre aux troupes les positions de la veille, espérant encore la victoire, vers quatre heures, les Français reçurent l'ordre de se retirer sur Sedan. Cet ordre, ne venait pas du général de WimpfTen, mais du quartier général de l'empereur Napoléon. Au même moment, le général de Wimpffen proposait à l'empereur dé le sauver en cherchant à se faire jour sur Carignan. L'empereur refusa. Le général ofi'rit sa démission, que rempereur refusa aussi. Il ne lui restait plus qu'à conclure et signer la capitulation inouïe, qui livrait 110000 hommes, dont 4000 officiers, 550 pièces de campagne ou de siège, et 10 000 chevaux. L'armée avait perdu en deux jours de bataille 14000 tués ou blessés.

M. de Wimpfien fut interné à Stuttgard. En adressant son rapport au ministre de la guerre, il l'accompagnait de cette phrase caractéristique : > En vérité, nous connaissions bien peu l'état de l'armée du maréchal de Mac-Mahon et le grave inconvénient d'y avoir un souverain, moi pour tenir à m'y rendre et vous pour m'y envoyer. ■ Après les préliminaires de paix , U rentra en France, publia sur la bataille de Sedan un mémoire qui suscita de la part de plusieurs officiers généraux de vives réclamations, comparut devant le conseil d'enquête sur les capitulations, et, placé dans le cadre de réserve, par application de la loi sur la limite d'ftge, se rendit en Algérie pour y vivre en simple particulier (mai 1871).

WITT (Comélis-Henry de) , publiciste franpûs, né à Paris, le 20 novembre 1828, a été administrateur de la Compagnie des mines de la Grand'- Combe, de la Société générale algérienne, et de la Compagnie du chemin de fer du Sud de TAutriche et de la haute Italie. Lors des élections pour le Corps législatif en 1863 et 1869, il se présenta comme candidat indépendant dans le

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Calyados, et, le 8 février 1871, fut élu représentant de ce département, le sixième sur la liste, par 58000 Toix.

des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet et le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; contre la proposition Ravinel et la proposition Feray (matières premières).

M. de Yfiit a publié : Histoire de Wiuhingtùn et de la fondation de la répubHque des htais- Unis (1855, in-8«; 3« édit., 1859, in-18) ; Thomas Jefferson (l86l, 2» édit, in-8*); la Société française et la société anglaise au dix-huitième siècle (1864, in-18) ; une traduction de VHistoire constitutionnelle de VAnçleterre , de M. May (1865, in-8*), et divers articles insérés dans la Revue des DetuD-Mondes,

WOLOWSKI * (Louis-François-Michel-Raymond). — Pendant Pempire, il se consacra à l'étude des questions économiques et à la défense delà liberté commerciale, dans la presse et dans la chaire d'économie politique et de législation industrielle qu'il occupait au Conservatoire des Ârts-et-Métiers.

Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fut nommé représentant de la Seine à l'Assemblée nationale par 147042 voix sur 290823 votants. Il a pris une part très-active à la discussion des questions financières et économiques, particulièrementà l'occasion de la dénonciation aes traités de commerce (1*' février 1872), et a déposé diverses propositions de lois. Un décret du 30 décembre 1871 l'a nommé membre de la commission des expositions internationales, et, un autre décret du 13 Imars 1872 la fait entrer au conseil supérieur du commerce de l'agriculture et de nndustrie.

Il a pris place à gauche et a voté pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; pour la dissolution des gardes nationales, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris; contre le pouvoir constituant et la proposition Ravinel.

M. Wolowski a collaboré au Journal des Économistes, à la Revue des Deux-Mondes et au Siècle.

Il a publié récemment en brochures les discours qu'il a prononcés devant l'Assemblée nationale, en y joignant de nombreux renseignements statistiques relatifs aux sujets traités (1872, in-8«).i^

ZASTROW (Henri-Adolphe ns) , général prussien, né le II août 1801, sortit du corps des cadets, dans l'infanterie, en 1819, et commença dès 1828 à écrire sur la fortification. Ses ouvrages savants, mais obscurs, ont été diversement jugés. En 1848, il fut attaché à l'armée schleswig-holsteinoise , où il commanda successivement une brigade et une division. Rentré dans l'armée prussienne en 1850, il redevint simple chef dehataillon dans le 2* régiment d'infanterie. Un avancement exceptionnel lui valait cependant, huit ans plus tard, le grade de général-major. Nommé lieutenant-général en 1863 et commandant de la 11' division, il fit avec elle, d'une manière glorieuse, la campagne de 1866. A la fin de l'année, il fut nommé commandant du 7* corps d'armée et promu général d'infanterie en 1868. Au moment où éclata la guerre francoprussienne, le 7* corps forma l'aile droite de la première armée allemande commandée par le général de Steinmetz, et battit, peu de temps après, le général Frossard à Sarrebruck (6 août 1870). Il prit aussi une part glorieuse à la bataille

de Graveiotte, livrée au maréchal Bazaine (18 août). Apres la formation de la 4* armée, dont les éléments furent empruntés à la 1'* et a la 2* armée, laissées devant Metz, le général de Zastrow continua à faire partie, avec le 7' corps, des troupes d'investissement, combattit à NoisseviUe les 31 août et 1** septembre, et, après la capitulation du maréchal Bazaine, opéra dans le Nord avec la l'* armée, passée, à la suite de la retraite du général Steinmetz , sous le commandement du général Manteufiel. On lui dut la prise de Thionville, de Montmédy, de Mézières, de Rocroy et de Longwy. Cette dernière place tomba le 25 janvier 1871, un jour avant la capitulation de Paris. Après la signature de la paix, une partie du corps du général de Zastrow fournit les troupes d'occupation du département des Ardennes, qui n'était point encore évacué au mois d'août 1872. M. de Zastrow a publié : Aide-mémoire de fortification (1828); HMtotre de Vart de fortifier (1838); Camdt et la nouvelle manière de fortifier (1841) ; et une traduction de l'ouvrage du marécnal de Vauban sur V Attaque et la défense des places.

FIN DU SUPPLÉMENT A LA QUATBIftMB ÉDITION DD mCTIONNAlRE DBS CONTEMPORAINS,

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