BANC
BALSA3UTE, genre fie Compo&éeü,dôbicIiéda genre Tunaisie, ainvolucre imbriqué , a fleurons tubuleux. Ces plantes iireul leur nom de leur odeur balsamique. La B. odorante , dite aussi Menthe coq, Menthe Notre-Dame et Baume de* jardins , pousse natureliemcut dam le midi de la France, et est cultivée dans les jardins; c'est uu puissant stimulaut; on l’emploie comme correctif de l'opium.
BALSA.MODE.NDR0N (du grec balsamos, baume, et dendron. arbre), genre détaché du genre Amyris, de la famille des Térébinthacées : fleurs dirlines, calice a 4 dents, corolle A 4 pétales, 8 étamines. Ce genre, composé d’arbres et d’arbrisseaux, renferme lo Balsamicr Gile’ad (B. Gileadense) et le Balsa mier de la Mecque ( II. opobulsamum), longtemps confondus avec le genre Balsamier. Voy. ce mot.
B A LS A MIS, taciu-s rondes de poils blancs que certains chevaux ont au-dessus du sabot , et qu’ils apportent en naissant. On les a longtemps regardées comme un signe de qualité.
BALTADJ1, nom que portent à Constantinople de* gardes du palais spécialement chargés du service du sérail ainsi que de la garde des princes et princesses du sang; iis sont au nombre de 400, sous l’autorité du Kizlar-ugasl. chef des eunuques noirs. Leur nom veut dire porte-hache, et vient de ce que, quand iis accompagnent au dehors les dames du harem, ils portent une hallebarde dout le fer a la forme d’une hache.
BALUSTRADE , appui formé d’une rangée de balustres ou petits piliers à hauteur d’appui, et surmonté d’une tablette. Les balustrades serveut a terminer une terrasse, un balcon, à former l’amortissement d’un édifice, la clôture d’un sanctuaire, d’une estrade, la rampe d’uu escalier. Elles peu veut être, ainsi que la tablette qui les surmonte, en pierre, en marbre, en fer, en bronze, en bois. — On distingue dans les balustres dout <*t formée la balustrade, le chapiteau, la tige, le piédouche. On dérive le mot de La lustre, en latin baluwstrium , du grec balaustion . fleur de grenadier sauvage, à laquelle on pré tend que la forme du tialustre ressemble.
BAMBUCHADE , genre de tableaux représentant des scènes grotesques ou burlesques , tire son nom du peintre flamand Van Laar, surnommé le Bamboche (de l’italien bamboccio . contrefait) a cause de sa mauvaise tournure, peintre qui créa ce genre, et y excella. Les bambochades , à peu d'exceptions près, sont le burlesque de la peinture.
BAMBOU, Bambuza, genre de. la famille des Graminées, composée de plantes souvent gigantesques, originaires de l'Inde et des îles de la boude, et remarquables par leur port, qui est relui des Palmiers. Leurs éplllels sont lancéolés, comprimés, à b fleurs renfermant chacune C étamines. Ce genre a pour type VArundo Rambos on Bambou, qui atteint souvent 20 m. de hauteur. 11 tient & la fois du roseau e>t du palmier. Sa tige est droite et présente des nœuds espacés également ; elle fournit un bois flexible, & la fois solide et léger; ses feuilles ressemblent à celles du roseau; ses fleurs sont des espèces d’épis ou de panicules peu colorées. Le bambou sert A uno foule d’usages : les Indiens mangent ses jeunes pousses comme des asperges; de ses nœuds découle une liqueur douce, qui se concrète à l’air et peut remplacer le sucre; avec son bois, on fait aux Indes (les ustensiles, des meubles, des palanquins, des bateaux et même des poutres pour la construction des maisons ; c'est avec les jeunes tiges qu’on fait les cannes si estimées qui portent le nom de bambous, les tiges de parapluies et d'ombrelles ; son écorce, taillée en lanières flexibles, est tressée en naltes et en corbeilles ; macérée et réduite eu pile, elle donne le papier de Chine, etc.
B AN (du latin barbare bannum , tiré lui-même du tudesque bann, bannière). Ce mot signifia d'abord étendard , puis proclamation publique , parce
que sans doute ce genre de proclamation se faisait en déployant un étendard. Il désigne encore aujourd’hui : 1° la publication à l’église de la promesse de mariage faite entre deux personnes, ou l’alliche placée A la porte de la mairie pour le même objet; 2° la résidence assignée A un condamné libéré , mais soumis à la surveillance de la police ; il a, dans ce dernier cas , la valeur de baonissemeut : c'est dans ce sens qu’on dit garder son ban, rompre son ban.
Tour les acceptions purement historiques de ce mot , Voy. le Dict. uni». cTlhst. et de Géogr.
BANALITE (DROIT de), droit qu’avait autrefois un seigneur d'assujettir ses vassaux a se servir de son moulin, de son four, de son pressoir, de sa forge, etc., lors même qu’ils auraient pu s’eu passer. Ce droit inique a été aboli , et sans indemnité, par la loi du 1D mars 1790
BANANIER, Musa, genre type de la famille des Musacées, renferme une douzaine d’espèces de plantes herbacées qui toutes croissent en Afrique et dans les deux Indes. I jc H. commun Musa jmradisiaca ) a une tige de 4 A 5 m., surmontée d’un long et largo feuillage, et de trois ou quatre régimes renfermant chacun une cinquantaine de baies succulentes. Ces baies, apiH-liVs bananes, ressemblent assez a de petits concombres, et la pulpe qu'elles renferment est un aliment sain et agréable dout on fait usage dans toutes les régions intertropirales ; quaud on les pressure, elles rendent une liqueur qu’on nomme fia de bananes. Les feuilles du Bananier, longues de 2 A 3 m., sont assez larges et assez flexibles pour servir de vêlement ; elles se prêtent en outre à une foui* d’u<ages domestiques. — Le Figuier-bananier ( Musa sapientium) a des fruits plus petits, mais plus nombreux, plus sucrés, et dont la saveur se rapproche de Ci lle de nos figues, comme son nom l’indique.
BANC du latin barbare bancus). Outre l'acception que tout le monde connaît, ce mot exprime : 1° des amas do sable, de vase, de rochers, de coquilles ou de coraux qui se trouvent au fond de la mer, des lacs et des rivière* : on connaît surtout le grand banc de Terre-Neuve , h os-fond situé A 100 kil. de l'ile de ce nom, et chef-lieu de pêcheries célèbres; 2° d’immenses associations de poissons qui vivent ensemble et voyagent par troupes, tels que les morues, les maquereaux, les harengs, etc. ; 3j les assises des couches pierreuses qui composent l’écorce du globe.
En Chirurgie, on appelle Banc d’Hippocrate une machine inventée, dit-ou, par Hippocrate, et qui servait A réduire les luxations et les fractures de la cuisse.
En Angleterre, le Banc du roi , eu anglais Ktng's bench, est une cour souveraine, qui connaît des crimes de haute trahison, des attentats contre le gouvernement et la sûreté publique, et, par extension, des causes civiles entre particuliers; c’est une des trois cours de haute justice de Westminster. Autrefois le roi la présidait en personne, assis sur un banc placé au-dessus du siège des autres juges.
Dans les églises, on appelle banc d'œuvre , banc de l’œuvre un siège affecté au maire et A ses adjoints, aux marguilliers et aux membre* de la fabrique. U est placé en face de la chaire et se composa ordinairement d’un banc A dos avec un prie-Dieu, le tout enfermé daos une petite clôture A hauteur d’apuui,et le plussouveut travaillé avec soin. Le nom de banc (V œuvre est une abréviation de banc des maîtres de tCBUVre, magistri dell’ Opéra, dénomination donnée originairement en Italie aux personnes chargées de veiller A la réparation et A l’eutreUeu des églises, et que nous nommons fabriciens.
BANCO, mot italien qui veut dire banque, et qui, ajouté au nom d’une monnaie soit réelle , soit de compte, signifie que sa valeur diffère de la valeur de la monnaie courante et doit être prise sur le pied des valeurs de banque, tels sont le marc banco de Hambourg, les florins banco de Gènes, le rouble pc -
BÀHD
BANN
p(er ou assignat /tanro de Russie. La monnaie banco est invariable, tondis que la monnaie courante varie sans cesse, l.es nouvelles banques n’ont pas conservé cette distinction , qui cause de grands embarras , et n’est bonne qu'à fournir matière a l'agiotage. La banque d’Amsterdam l’avait adoptée, à l’exemple des anciennes banques de l'Italie : celle de Hambourg s’en sert encore ; mais cet UMgS a été exclu des banques de l’Angleterre, des Etats-Unis et de la France.
SANDALE (du mot français tonde, tiré lui-même de l’allemand bond , lien ) , appareil plus ou moins compliqué, qui sert au pansement des maladies chirurgicales; il se compose ordinairement de pièces de linge, telles que serviettes, bandes, bandelettes, compresses, charpie, etc., auxquelles se joignent quelquefois des corps solide* , par exemple, des attelles, ou planchettes de bois ou de carton, du petits faisceaux de paille, des sacs ou coussins de balle d’avoine, etc. On éteud aussi le nom de bandage à de véritable machines, comme le garrot, le tourniquet, les bandages herniaires ou brayers ( Voy. ces mots ). — Ou nomme fl. simples ceux qui ne servent qu’à maintenir en place les pièces d'un pansement; B. contentifs, ceux qui maintiennent une hernie ou une luxation réduite; B. incarnutifs ou unissants , ceux qui rapprochent des surfaces divisées; B. divisifs , ceux qui empêchent une réunion anormale; B. expulsifs, ceux qui expriment le pus tendant à séjourner dans une plaie; B. compressifs , ceux qui arrêtent uno hémorragie, ou qui exercent une compression méthodique sur un membro engorgé. — L’art d'appliquer les bandages est une. brandie importante de la chirurgie, et l’uue de celles qui laissent le plus au talent de l’opérateur ; en effet, la forme du bandage varie nécessairement suivant remplacement do la maladie, la disposition des parties malades, (e but qu'on se propose d’atteindre; il existe toutefois un certain nombre du bandages en quelque sorte consacrés ; on leur a donné des uoms particuliers, dérivés ou de la partie sur laquelle ils sont appliqués, ou de la forme qu’ils présentent , ou du nom do leur inventeur : tels sont le B. des pauvres ou de Galien , celui de Scultet ou à 18 chefs , la fi'onde, le B. en T, le fl. inguinal, le 8 déchiffré, etc.
BANDE (du bas latin bandum , drapeau, bannière). En termes de Blason, la bande est une des pièces dites honorables , elle traverse l’écu diagonale ment, de droite à tranche : c’est le contraire de la barre. — En Architecture , on appelle bandes les priuripaux membres des architraves , chambranles, impostes, archivoltes, qui ont peu de hauteur et de saillie sur une grande longueur. — Eu termes d’imprimerie, les bondes sont les pièce* de fer sur lesquelles roule le train de la presse. — En Astronomie, on appelle bandes de Saturne et de Jupiter de* espèces de xones obscures qui entourent le disque de ces deux planètes (Voy. satuiike, jupiter). — En termes de Marine, on nomme bandes de ris de* pièces de toile cousues sur les huniers et les perroquets pour renforcer les voiles àl’endroit où passeutles gonettes.
Le mot bande signifie aussi une troupe d’hommes réunis sou* un même drapeau ou dans un même but. Voy. au Üict. univ. d'Hist. et de Géogr. les mots
BANDES MILITAIRES et BARDE NOIRE.
BANDEAU. Ou nomme ainsi , en Architecture, une bande plate et unie , en saillie sur le nu du mur autour d’une baie de porte ou de fenêtre, destinée à tenir lieu de chambranle.—* L'est aussi une planche étroite dont on surmonte les lambris de menuiserie, immédiatement au-dessous du plafond, lorsque celui-ci n'a point de corniche.
BANDIÈRE (de bande), espèce de bannière qu'on place au sommet des mâts d'un navire, et sur laquelle sont brodées les armes du souverain. — Dans l'Art militaire, on dit qu’une armée est rangée en
front de bandière quand elle *c trouve en ligne, avec les diai>cau\ et les étendard» en tête des corps.
BANDIT (de l'ital. band Ho), désignait d'abord un banni, puis un meurtrier à gages, et maintenant s’applique à tous les assassins et aux voleurs de grands chemins. Les bandits infestent plus particuliérement le royaume de Naples et la Sicile , où Us forment une espère d'association.
BANDOLINE (de bandeau) , solution visqueuse et aromatisée, préparée par les parfumeurs avec le mucilage des potins de coiugsou de graines de psyllium. Les dame* s'en servent pour lisser les cheveux.
BANIANS (arbre des), arbre de l’Inde et de la Perse, espèce de figuier, dont les branches, pendant jusqu'à terre, y prennent racine et donnent naiss&ice à de nouveaux troncs qui produisent d'autres branches et d’autres troncs, etc., de manière à finir par former une petite forêt. Cet arbre porte un fruit de la grosseur d'une noix. Son noui lui vient de ce que les Banians, idolâtres de l’Inde, se retirent sous cet arbre et y bâtissent des pagodes et des caravansérails. Les Persans l’appellent lut ; nous l'appelons aussi figuier des Banians, figuier de Bengale.
BANLIEUE (des deux mots franç. ban et lieue). Dans l’ancienne jurisprudence, ce mot signifiait l'étendue d'une lieue à l’entour d'une ville, espace dans lequel se faisait la proclamation des bans ou ordonnances de l'autorité. Aujourd’hui, oii u’cntend plus sous ce nom que l’ensemble des bourgs et des communes qui sont dans 1<- voisinage d'une grande ville, et qui en dépendent administrativement, bien qu'ayant leur juridiction particulière.
BANNERET (de bannière), nom qu'on donnait, au moyen âge, à tout chevalier qui avait droit du porter bannière. Ce droit appartenait à celui qm pouvait armer 50 lances et un nombre proportionné do gens de pied. 11 y avait des fiefs auxquels était attaché le droit de porter bannière. Il existait une sorte de hiérarchie parmi les bannerets ; on distinguait les barons -bannerets ou grands bannerets , les cheval iers-bannerets et les écuyers- bannerets.
BANNIÈRE (de bande). C'était, dan» l'origine, l'étendard de tout grand feudataire ou chevalierbauueret. La bannière était de forme carrée, et 6e portait au bout d'une lance, fixée au-dessous du fer au moyen d'un bâton transversal. La bannière de France était ou bleue et parsemée de fleurs de lis d’or sans nombre, ou entièrement blanche : il ne faut pas la confondre avec l 'oriflamme ou bannière de l'abbaye de SLDcnis. Quant aux autres bannières, elles différaient suivant les armoiries ou le caprice du possesseur. — Aujourd'hui, il n’y a plus de bauuières que dans le» églises. Ou nomme aiusi l’étendard placé dans le chœur et que l'on porte dans les processions solennelles à la «uile de la croix: on y voit figurée l’image de la sainte Vierge ou celle d'un saint, patron de la paroisse. — En ternies de Marine, bannière est synonyme de pavillon. Voy. ce mot.
BANNISSEMENT (de ban), peine Infamante qui consiste dans l’expulsion du territoire d'uu pays î U il ne fait pas la confondre avec la déportation ( Voy. ce mot). — Cette peiue existait chex les anciens : {'ostracisme , le pétalisme étaient, chex les Grecs, des bannissements temporaires, mais sans jugement : c'étaient des mesures purement politiques, qui n'emportaient aucune idée de déshonneur. — • Autrefois, en France, le bannissement était perpétuel ou temporaire; dans le premier cas. il entraînait la confiscation des biens et là mort civile. Aujourd'hui, il entraîne toujours 1a dégradation civique; il ne peut être prononcé que pour 5 ans au moins et 10 ans au plus ; toutefois le banni qui rentre sur le territoire de la France avant l'expiration de sa peine, encourt la déportation perpétuelle (Code péDal , art. 8, 28 , 32, etc.). — Le bannissement ne frappe guère que les délit* politiques; et, bi-n qu'il soit au nombre des
BÀNQ
(veines applicables par les tribunaui ordinaires, il est rarement appliqué. C'est, le plus mutent, uue mesure de circonstance A laquelle les gouvernements ont recours dans l’intérêt de leur propre sûreté: ainsi ,<»n & vu successivement l'ordonnance du 24 juillet 1815 et la loi du 12 janvier 1816 bannir de France les membres de la famille de Napoléon ; la loi du 10 avril 1832 bannir Charles X et sa famille ; et le décret du Gouvernement provisoire du 24 février 1848 bannir la maison d'Orléans.
BANQUE (de (‘italien banco, banc, parce que jadis ceux qui faisaient le commerce d'argent avaient leur banc particulier dans 1< s marchés publics), commerce qui a principalement pour but de suppléer à i’iu&uflisance et A l'incommodité de la monnaie métallique, et qui consiste a négocier des effets, à les escompter avec des espèces, a ouvrir des crédits, à faciliter le change d’uuc place A l’autre au moyen de traites et de lettres de change, le tout en prélevant un droit de commission. Ceux qui font ce commerce s’appellent banquiers. Ce genre d'industrie est tout moderne; il parait être né au xiv* siècle de l’invention de la lettrede change. Voy. banquier et cambiste.
banques publiques, etablissements de crédit fondés avec l’appui et sous la survcillauce des gouvernements, pour faciliter la circulation des valeurs. On en trouve aujourd'hui dans toutes les capitales.
La banque de frange, siégeant à Paris, escompte, à un taux qui varie, les effets priant trois signatures de commerçants solvables. Elle fait des avances sur dépôt de fonds publics, d’actions et obligations de chemins de fer et autres, de lingots et de monnaies étrangères. Elle tient une caisse de dépôts volontaires pour toute sorte de titres, et pour lingots d’or et d’argent, monnaies, diamants, moyennant un droit do garde calculé sur la valeur estimative, à raison d’un demi -quart pour ceut pour chaque six mois. Elle se charge du recouvrement des effets qui lui sont remis; elle reçoit en compte courant les sommes versées par les négociants ou établissements publics. Elle a le privilège d émettre des billets au porteur payables a vue; ces billets, qui pendant longtemps ont été de 1,000 fr. et de 500 fr., admettent depuis 1848 des coupures de 200 et de 100 fr. Elle peut établir des comptoirs ou succursales dans les départements : ces succursales , dont plusieurs formaient avant 1848 des banques distinctes, étaient le l*r janvier 1852 au nombre de 28 : Angers , Anuoulémc, Besançon, Bordeaux, Caeu, ChAteauroux, Clermont, Grenoble, Le Havre, Ulle, Limoges. Lyon, Le Hans, Marseille , MeU, Montpellier, Mulhouse, Nantes , Nîmes, Orléans, Reoues, Reims, Rouen, Saint-Etienne, Saint-Quentin, Strasbourg, Toulouse, Valenciennes. Le uombre s'en est encore accru depuis.
Les fonds de la Banque soûl déposés dans des caves où l’on ne pénètre que par un seul escalier en spirale, et dont la porte en fer est fermée A trois clefs ; ces caves peuvent être inondées au premier ordre. Les espèces, contenue* dans îles barils, n en sont extraites qu’avec des formalité» qui rendent les soustractions impossibles.
La Banque de France fui instituée par les lois du 24 germinal an XI (14 avril 1803) et du 22 avril 1S06. Ses statuts ont été approuvés par décret du 16 janvier 1808. Son privilège, plusieurs fois prorogé, s'étend eu ce moment jusqu’en 1867. Sou capital, qui originairement était de 45 millions, partagés en 45 mille actions de mille francs, fut élevé par la loi du 22 avril 1806 A 90 millions, puis réduit à 67,900,000 fr.; il a été porté en 1848 A 91, 250,000 fr., par suite de la réunion des banques départementales. Elle possédé eu outre une réserve de 16,980,750 fr. La Banque , d’après ses statuts primitifs, ne pouvait émettre de billets que pour une valeur triple de son capital; mais depuis 1848, elle a été autorisée a m faire des émissions beaucoup plus considérables, qui
BANQ
ont été portées par une loi du 24 décembre 1849 jusqu'à 525 millious; eu outre, uu decret du liitiar» 1848 a donné temporairement cours forcé A ses billets , mais ce décret n’a pas tardé à être rapporté.
I ue assemblée d’actionnaires, représentée par 200 d’entre eux, nomme 15 régents et 3 censeurs, qui forment 6 comités dits des Comptoirs , des Billets, des Comptes , des Caisses , des Relations avec le Trésor et les receveurs généraux , des Livres et portefeuilles. La direction supérieure est attribuée A un gouverneur et A deux sous-gnuverneurs nommes par le chef de l'Etat; mais ils n exercent qu’un pouvoir négatif, au mojcn d’un droit de veto ; la direction effective Appartient au Conseil général de la Banque. La Banque de France distribue a nnurllemeul d'importants dividendes à ses actionnaires. Elle publie A des époques périodiques son état de situation.
II existe en outre des banques coloniales , créées par une loi du 11 juillet 1851 , et une banque de l’Algérie, créée par une loi du 4 août 1851, sur le modèle de la Banque de France.
Les principales banques de l'Europe, avec 1a Banque de France, sont : la B. de Londres , fondée en 1694, dont Im bank-notes ont cours en tout lieu; les bénéfices réalisé» pendant l’année 1836 par cette banque se sont élevés A 25,000 liv. st., toutes dépenses payées; on peut attribuer ce bênélire au taux modère do l’intérêt qu’elle prend, qui n’est que de 2 1/2 p. 100; — la B. d' Amsterdam , qui fut établie di s 1609, et qui, un moment suspendue A l’époque de la réunion de la Hollaude a l'Empire français, a repris depuis ses opérations ; — la B. de Hambourg, foudre en 1619, qui ne prête que sur lingots; — la B. de Berlin, reconstituée eu 1816; elle est tout A Tait dépendante du gouvernement ; — la B. de S api es, fondée en 1808, qui jouit d’uu crédit assex solide et afcsex étendu; — la B. d'Autriche ou de Vienne, fondée en 1816, qui prête sur dépût d’obligations d'Etat, A un taux tr cs-modique ; — la B. de Russie, fondée par Catherine 11, en 1786. — La plus ancienne des banques de l'Europe était la B. de Fenise, fondée au xn* siècle, supprimée en 1797.
En Amérique, on connaît surtout la B. de Philadelphie ou des États-Unis, fondée en 1791 avec privilège do l'Union pour 20 années, et qui retira do la circulation tous ses billots en 181a;— la B. de C Amérique du Nord, fondée on 1816. On compte, en outre, une inimité de banques dans les divers Etats de l'Union :il n’y eu avait pas moins de 588 en 1836, plus I 46 succursales. La plupart de ces établissements s’éLaut livrés A des spéculations aventureuses qui compromettaient la fortune publique, lo président Jackson se déclara leur adversaire; U les lit supprimer en 1833 ; mais elles ne tardèrent pas a se reconstituer.
BANQUE DU PEUPLE OU RECHANGE. Vûy. ECHANGE.
BANQUEROUTE (de l'italien banco rolto , banc rompu , parce que, dans l'origine, on brisait le ban c où se tenait dan» le marché le banquier insolvable). La banqueroute, qu'il ne faut pas confondre avec la simple faillite {Voy. ce mot), est un crime ou un délit selon les circonstances t loin d'être, comme la faillite, excusable et digne de l’indulgence des créancier», elle mérite toute la sévérité des lois. Le livre lit du Gode de commerce est tout entier consacré aux faillites et aux banqueroutes. Décrété le 12 septembre 1807, ce livre a été remplacé depuis par la loi du 28 mai 183$ , dont voici les principales dispositions en ce qui concerne la banqueroute.
La banqueroute est simple ou frauduleuse.
Les fait* qui constituent le commerçant en état banqueroute simple sont : des dépenses jugées excessives ; la perte de sommés notables, soit & ms des opérations de hasard, soit dans des opérations lictives de bourse; des achat* de marchandises faits par le failli pour le* revendre au-dessous du cours; des circulations d'effets établies ou des emprunts
BAOB
ruineux contractés dans l'intention d'ajourner sa faillite; le payement (l’une créance au préjudice de (amasse. l.a banqueroute simple est un délit de la compétence des tribunaux correctionnels ; elle est punie d'un emprisonnement d’un mois au moins et de deux ans au plus (Code pénal, art. 402) . Le banqueroutier simple peut être admis à la réhabilitation quand il a subi sa peine. — Le banqueroutier frauduleux est le commerçant failli qui soustrait ses livres, détourne ou dissimule une partie de son actif, et se reconnaît frauduleusement débiteur de sommes qu'il ne doit pas. Les banqueroutiers frauduleux sont punis de la peine des travaux forcés a temps (Code péual, art. 402) ; Us sont à jamais flétris. — En matière de banqueroute frauduleuse, la tentative est assimilée au fait lui-mème, et les complices sont punis comme l’auteur principal.
BANQUIER, négociant qui, moyennant un courtage, aide et facilite les échanges d'argent ou fait des avances sur garantie ( Voy . banque). Les Etais, comme les particuliers, ont eu de tout temps besoin des services des banquiers : l’histoire conserve les noms de plusieurs de ceux qui sont venus au secours des gouvernements dont les finances étaient obérées, de Jacques Cœur, de Samuel Bernard, de Pàris, de ISecker. De nos jours surtout, les banquiers ont acquis une importance extrême : les Rothschild, les Baring, les H ope, les LalUtte, etc., ont, par la masse descapitauxdont ils disjwsaieut, exercé la pins grande Influence sur le crédit public. — On doit à MM. Peuchet et Trémery le Manuel du Ranauier, à M. Courcelle-Seneuil un Traité des altérations de Banque, eta.M. Paignon la Théorie des opérations de Banque,
Daus certains jeux de hasard, ou appelle banquier celui qui garde et fournit l'argent du jeu.
Le banquier expéditionnaire en cour de Rome est un officier de cette cour chargé de faire venir de la pénitenceric ou de la chancellerie du pape les bulles, les dispenses, les expéditions, etc.
BANQUISE (do banc), bancs flottants de glace qu'on rencontre dans les mers voisines du pôle , et qui fermait le passage aux vaisseaux , et les retiennent quelquefois captifs pendant des mois entiers.
BA.NV1N, droit féodal par lequel un seigneur pouvait vendre tout Jo vin de son cru, avant qu'aucun de ses vassaux pût mettre le sien en vente. Ce nom viont de ban à vin , publication du jour où il était permis aux particuliers de vendre leurs vins.
BAOBAB (nom indigène), Adatisonia digitata, arbre du Sénégal, de la f.imilio des Bombacées, subdivision des Malvacées de Jussieu, est le plus gros des végétaux connus, et le plus remarquable par sa longévité. Son tronc , dont la hauteur dépasse rarement 4 ou 5 m., acquiert quelquefois JO m. de circonférence; il est surmonté par un énorme faisceau de brauchts, atteignant chacune jusqu'à 20 et 25 m. de longueur ; les branches inférieures retombent souvent jusqu'à terre, entraînées par leur propre poids. Ses feuilles sont digitées , d'où lui vient sou épithète caractéristique ; ses fleurs, formées d’un calice coriace oyathiforme , quinquélide, et d'une corolle à 5 péta les ovales, renferment des étanii nés nombreuses, monadelphes, eL un ovaire à très-long style. Son fruit, que les Européens appellent Pain de singe et Calebasse, est une grosse capsule ligneuse, ovale, lougue de 30 rentim. : il contient tino pulpe aigrelette, sucrée et rafralchissautc. C'est la substance charnue et friable de ce fruit que l’on apportait autrefois en Europe sous le nom de Terre de Lemuos . substance végétale qu'il ne faut pas confondre avec la terre sigillée bolaire qui porte le même nom. Cet arbre réussit très-bien en Amérique. Ses feuilles passent pour très-émollientes. On a signalé récemment son écorce comme possédant des propriétés fébrifuges capables de rivaliser avec le quinquina. — Adanson est un des premiers qui aient décrit ce eu-
BAQU
rieux végétal; d’où le nom latin ù% Adansonia. Il observa au Scuégal un baobab qui, suivant ses calculs, déduits du nombre des couches qu'il attribuait au tronc, devait avoir plus de 6000 ans d'exislence ; mais, depuis, ces calculs ont paru exagérés.
ÜAP1IÔMET , nom donné a des signes mystiques ou idolàtriqucs auxquels on accusait les Templiers de rendre un culte secret, analogue à celui des Gnostique* ou des Manichéens. Les uns dérivent ce mot du grec baphè, immersion, baptême, et métis, sagesse : baptême de sagesse, à cause des révélations qu'on faisait aux initiés; les autres n’y voient qu'une corruption du nom de Mahomet. Le Uaphomet, qu’on a retrouvé sur quelques mouuments, était représenté sous une figure humaine ayant les attributs des deux sexes , tenant à la main la clef de la vie (en forme do croix ansée) , et entourée de signes astronomiques, tels que lu soleil , la lune, les étoiles , et do signes maçonniques , tels que le tablier, la cliaine , lu cliaudelier sept, a branches.
BAPTÊME (du grec baptizô , laver) , le premier des sept sacrements de l’Eglise, donne à i homme le caractère de chrétien , et efface en lui la souillure du |>éché originel. 11 consiste ordinairement, dans l’Eglise catholique . à verser de l’eau sur la tête do celui qui reçoit le baptême , en prononçant ces paroles sacramentelles : Je te baptise au nam du Père , du Fils et du Saint-Esprit. — Outre celte manière de baptiser, qu’on nomme R. par infusion , on distingue : le R. par immersion, qui consiste à plonger daus l’eau tout le corps de la personne qu ou baptise, et le B. par asj)ersion , qui consistait à jeter de l’eau sur une assemblée , comme on le fait encore daus la cérémonie de l'aspersion, au commencement de la messe ; ces deux deruiers modes , usités en Orient et dans les premiers tempe du christianisme , ne sont plus pratiqués aujourd'hui. Autrefois le baptême n'était conféré que dans un âge avancé et après de longues épreuves, connues sous le nom do catéchuménat [Voy. catéchumène) ; aujourd’hui , au contraire , on baptise presque toujours les enfants peu de jours après leur naissance. — Le baptême était ddà pratiqué comme symbole de purification par S. Jean, qui, comme on sait, baptisa Jésus-Christ sur les bords uu Jourdain; mais c’est le Sauveur qui donna à celle cérémonie la force d’etfacer le péché : il institua le vrai baptême chrétien en disant à ses apôtres : « Allez enseigner toutes les nations , et baplisez-lcs au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » (S. Malth., ch. xxvm, v. 19).
Outre le B. de Venu, les premiers chrétiens reconnaissaient : le B. de la pénitence ou B. de désir, qui consiste dans la contrition parfaite, jointe au désir du baptême , que lu Sauveur fonda au Calvaire en pardonnant au bon larron ; elle B. de sang, baptême résultant du seul fait du martyre ,et que Jésus- Christ institua eu mouraut sur la croix.
LesAnabaptistesuienU'elficacitédubaptémedonné aux enfants, et rebaptisent ceux qui ontété baptisés avant l'àgc de raison :c’cst de là que vient leur nom.
Un appelle Fonts baptismaux le réservoir qui contient l’eau du baptême , et Baptistère un édifice, ordinairement séparé des églises , où l'on confère le sacrement du baptême : il n'y a guère de baptistères séparés qu'en Italie.
On connaltsous le nom de Baptême des tropiques, une cérémonie burlesque qui a lieu au passage d’uu navire sous l’un des tropiques ou sous l'équateur, et qui consiste à inonder d'eau de mer ceux qui passent ces lignes pour la première lois. Les officias et les passagers se rachètent du baptême eu donnant de l’argent aux matelots.
BAQUET magnétique, appareil magnétique qui consistait en une espèce de cuve fermée d’uu couvercle, autour de laquelle se rangeaient les malades, ut d'où s’élevaient des branches de fur poli,