‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 121 sur 508 · HA UR · texte numérisé non relu

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dont on recentre les larges ouvertures qui livrent passage des ponts supérieurs a la raie ou à l’intérieur du navire ; — barres de hune, barres de perroquety barres de carat ois, de petites pièces de bois placée* en travers, à distantes ditléreotes, sur l'élévation de l'ensemble d'un mât, et qui supportent la ba«e de chacun des mâts particuliers, dont rharun forme, par sa superposition, le niât proprement dit.

En termes de Blason , la barre est uue des pièces honorables de Féru , qui va du haut de la partie gauche au bas de la partie droite : c'est le contraire de la bande. Un appelle barre de bdtnrdise une barre un pieu plus étroite que la barre simple, et qui sert à barrer les armes des bâtards.

En Métallurgie, on donne le nom de barre au produit de la fonte des mines des métaux précieux, purifié, affiné et façonné en lingots ; sur chaque barre on indique par quatre marques le poids, le titre, le millésime et 1a douane où les droits ont été acquittés.

Dans un Tribunal, on appelle la barre l’enceinte particulière réservée aux juges, parce qu'elle est ordinairement fermée par une barre ou barrière à hauteur d’appui : les avocats et les avoués se placent derrière la barre. On a étendu ce nom à l’enceinte des chambres législatives.

En Métrologie, on nomme banr une mesure pour les étoffes dont on se sert en Espagne. On distingue la barre de Valence qui contieut 90 centimètres, et celle de Castille qui en a 85. Voy. vahï.

BARBEAU. Ce mot désigné et le lieu où les avocats se tiennent à l'audience pour plaider, et lo corps même des avocats ; il vient de la barre ou balustrade qui sépare le tribunal du lieu où siègent les avocats. — l.e barreau a produit, à toutes les époques, des hommes célèbres, et a joué un rôle important. Chex les Crées et les Romains, il fut la Pépinière des orateurs et des hommes d’Etat : Aristide, rénclès, Hjpénde,Lvsias,Démosthène,Escliine dans Athènes; Cicéron, llortensius, Marc-Antoine, Crassus à Rome, furent l'honueur du barreau en même temps que de la tribune. — Sous les empereurs romains, sans jouer do rôle politique, U compte encore dans ses rangs les hommes les plus distingués, Pline, Papinicu , Ulpien , etc. Anéanti par l’invasion des barbares, le barreau se relève au moyeu Age. Longtemps la défense est confiée aux clercs de l'Église; mais un concile leur interdit le barreau (11*0). Ce n'est que sous Louis IX uu’on voit paraître en France le nom d’arocaf ; l'ordre, déjà réglementé par une ordonnance de 1274, est constitué par l’ordonnance de 1344. Tout en partageant depuis le sort des parlements, il conserve son organisation jusqu’en 1790. il est alors supprimé, comme toutes les institutions de l’ancien régime. Pendant plusieurs années, l’exercice de la profession d'avocat fut ouvert à tout le monde : ceux qui s’y livraient prenaient le titre de défenseurs officieux. L’ordre des avocats ne fut rétabli qu’en 1804 (loi du 22 ventôse an xn\ Un décret du 14 déc. 1810 soumit le barreau k un réglement sévère : le décret du 2 juillet 1S02, les ordonnances du 20 mars 1822 et 27 août 1830 complétèrent son organisation.

Le barreau français a subi de grandes vicissitudes. Dès le xiv* siècle, il comptait des hommes d’un grand savoir et d’une rare vertu » tels que Yves Hélori, qui fut canonisé, J. Faber, Pierre de Belleperche, Raoul de Presles, Régnault d’Acy, Guillaume de Dormans, Jean Desm&rets, J. J u vénal des Ursins, Jean de la Rivière, Jean de Yailly, Raulin. Cousinot, etc. ; mais l’éloquence de cette époque, déclamatoire, verbeuse, surchargée de digressions inutiles et de citations déplacées, était fort discréditée. Avec le xvi« siècle commence pour le barreau français une ère nouvelle : c’est alors que brilleut Dumoulin, G. Coquille, Poy et, Chopin, Brisson, Bodin, Ayrault, Loyseau , Pithou, Loiscl, Pasquicr, Lemaistre, Ant.

Arnanld, Patru. Au xvui® siècle, Cochin, Gerbicr, Linguet, Rergassc, Delamallc , Trouchet, Dt-sere, Cliauveati-Lagarde , soutiennent l'honneur du barreau ; ils trouvent dans les Berryer, les Lteunequiu, les Dupin , de dignes successeurs.

U a été publié, sous le titre de Barreau français, un riche recueil des chefs-d’œuvre de l'éloquence judiciaire en France (1821-25, 16 vol. in-8). — Outre une Histoire abrégée de l'ordre des avocats , par Boucher d Argis(l753),ona Y Histoire des avocats ou Parlement et au Barr eau de Paris , par M. Fournel (1813), histoire que complètent les Souvenirs de Bcrryer père (1839). On doit a M. Grellet-Dumaxeau des Recherches et Etudes sur le Barreau de Il'tme, depuis son origine jusqu’à Justinien (Paris, 1851).

BARREAU AIMANTÉ. 1 ’oÿ. AIMANT.

BARRES, nom donné a l’intervalle qui, dans la mâchoire du cheval , existe entre les canines et les molaires, et sur lequel porte le mors. Cbcs les ruminants et les rongeurs, c’est la place vide existant entre les incisives et les molaires.

Autrefois , on désignait sous le nom de barres un exercice d’hommes armés et combattant ensemble, avec de courtes épées, dans un espace fermé de barrières. Par suite, on a donné ce nom à un jeu qui consiste a se former en deux camps, séparés par une barre tracée sur le sol , puis à venir se provoquer réciproquement et à courir les uns contre les autres, pour faire des prisonniers ou pour délivrer les prisonniers faits par le camp opposé.

BARRETTE (ae rilaliea oanetta), bonnet carré de couleur noire et à trois cornes que portent le» ecclésiastiques, surtout en Italie; ordinairement il sc plie en s’aplatissant. — On donne plus spécialement ce nom a uu petit bonnet carré de couleur rouge qui est un des insignes des cardinaux, et qu’il ne faut pas confondre avec le bei'Cltino ou calotte rouge. La barrette est remise aux cardinaux par un envoyé de pape, qui prend le titre d’aldégat. C’est Grégoire XIV qui introduisit l’usage de la barrette, afin de distinguer les cardinaux. — Le bonnet de docteur se nomme aussi barrette : il se distingue de la barrette ordinaire en ce qu’il a quatre cornes.

BARRICADE (de barre), espece de retranchement fait à la hâte avec des tonneaux, des fascines, des paniers pleins de terre, des arbres, des pieux, des pavés ou tout autre obstacle, pour défendre un passage, une avenue, une porte, une brèche. On a également donné ce nom a des chaînes teudues a travers une rue pour empêcher le passage. — Ce genre de défense a joué un graud rôle à Paris dans plusieurs insurrections. Outre l’emploi qu’ou en fit dans la célèbre journée du 12 mai 1588, appelée spécialement la Journée des barricades ( Voy. le Dict. univ. d’Hist. et de Géogr.), on y recourut encore le 29 août 1618, pour forcer Anne d’Autriche a renvoyer Mazarin; le 27 juillet 1830, pour repousser les troupes de Charles X . à la suite de la promulgation des ordonnances du 25 juillet ; dans les journées des 23 et 24 février 1818, pour arrêter la marche des troupes du roi Louis-Philippe; enfin, dans les fatales journées de juin 1848.

BARRIERES (du mot français barre), nom sous lequel on désigne, outre les grilles et les barrières proprement dites, les bureaux établis à l’entrée dune ville, sur un pont, sur une route, k la frontière d’un pays oti d’une province, pour la perception d’un droit de douane, d’entrée ou d’octroi, d’un péage, d’une taxe, etc. — Paris a 56 barrières, dont les principales sont : au N., celles de l'Etoile, du Roule, de Clichy. Saint-Denis, de La YiUette. de Bellevillo et du Trône ; au S., celles de Fontainebleau ou d’Italie, Saint- Jacques , d’Enfcr, du Maine, etc. — En Angleterre et en Allemagne il existe sur les routes acs barrières où l’on perçoit sur les voitures, les chevaux et les bêtes de somme, des taxes desti-

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