‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 189 sur 508 · CAME · texte numérisé non relu

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cola, après avoir mouillé lu cuir pour le rendre plus souple , il l’étend le plus possible , et le cloue par les bords sur une forme en bois disposée convenablement. 11 le uoircit ensuite avec uue solution de couperose , et le laisse sécher dans cet étal.

CAMBRURE. Voy. bosse et lohdose.

CAMBUSE (du hollandais kom-huis, maison à Técuelle, cuisine), endroit fermé dans l’cntre-pout d’un vaisseau, où l’on serre une partie des vivre*, et où se fait la distribution des provisions journalières. La cambuse servait autrefois de cuisine , et au moment du combat, «-Ile pouvait être transformée en un poste pour les blessés.

CAME ou chame, Chôma (du grec ehémi, même signification), genre de Mollusques acéphales de l'ordre des Testacés de Cuvier cl de la famille des Cardiacés, à coquille épaisse, solide, adhérente, inéquivalve, irrégulière, et habitant les mcrsintertropicales. L'espèce la plus curieuse est la Came feuilletée; sa valve supérieure est formée de lames superposées de diverses couleurs : on en fait quelquefois d»?s camées qui imitent parfaitement les camées sur agate-onyx.

came, terme de Mécanique. Voy. gamme.

CAMEE, primitivement Camaïeu (de l'hébreu camehuia, onyx, ou de kamaa, relief), pierre fine gravée en relief, et offrant dans sa contexture plusieurs couches superposées de diverses couleurs, dont l'artiste profite pour obtenir des effets variés. On choisit ordinairement pour faire des camées la sorti onyx ou $ordoinet pierre siliceuse, demi- transparente et à plusieurs couches; les plus belles sardoiues viennent d’Oricnt ; mais comme elles sont très-rares, on emploie aussi, pour graver les catnécs fins, les agates et lessardoines d’Allemagne, dont la p&te est moins belle. La France possède la plus riche collection de camées sur sanloinc qui soit en Europe. On grave aussi des camées sur certaines coquilles [Voy. came); on en fait d’artificiels avec de la faïence , de la porcelaine , des émaux , otc. — Les anciens excellaient dans l’art de graver les camées; c’étaient, chez eux , des objets de luxe et de parure ; ils enrichissaient les meubles, les vases et les vêtements; les dames romaiucs en ornaient leurs coiffures, leurs bracelets, leurs ceintures, leurs agrafes; ou en faisait aussi des cachets eu relief, des bagues, etc. Aujourd’hui , ils servent encore aux mêmes usage*. Les plus beaux se fabriquent ù Rome.

LAMELLE : du grec Chômai léon . nom d'une plante indéterminée), Cneorum, genre de la famille des Connaracécs, est composé de petits arbustes toujours verts, à feuilles sessilcs, à Heurs jaunes, axillaires, formées d’un calice très-petit à 3 dents, d'une corolle a 3 pétales , de 3 étamines , et d’un style à 3 stigmates. On les cultive en orâugerie. Les priucipales espèces sont le C. tricoccos , qui habite les parties pierreuses du midi de la Fmuce, et le C. pulverulentum , qu’on trouve àTénériffe ét dbui l’écorce est employée comme fébrifuge.

CAMELEON , Chamœleo (du grec chômai, à terre, et téôn, lion, c.-à-d. petit lion , à cause de la grosseur de sa tète), reptile quadrupède de l’ordre des Sauriens, assez semblable à un gros lézard : il a la peau chagrinée, le corps comprimé, dentelé sur le dos, la queue prenante et recourbée en dessous, la tête grosse et anguleuse, le cou goitreux, la langue presque aussi longue que le corps, et tenniuée par un tube gluant qui lui permet d’attraper les insectes dont il se nourrit; les pattes égales ; 5 doigts à chaque patte , réunis en deux faisceaux opposés ; il atteint jusqu à 50 ccntim. de long. Le caméléon est un animal timide et inoffensif, qui habite les contrées les plus chaudes de l’Asie, de l'Afrique et de l’Amérique; il est peu agile, et semble concentrer toute son énergie musculaire dans sa langue , qu'il darde avec une extrême rapidité, et dont il se sert pour atteindre les Insectes dont il fait sa proie;

il peut rester des mois entiers sans mancor, et supporter une chaleur excessive. — On a fait sur In caméléon les contes les plus merveilleux : on a dit qu’il changeait de couleur À volonté , et qu’il pouvait emprunter celle des objets qui l'environnaient, etc. La vérité est qu’il a une couleur qui lui est propre, mais dont la nuance change sous l’effet de causes acci’deutelles : sa couleur ordinaire est jaune-puilte; sur un arbre vert , U devient . p ir l’effet du reflet , d'un vert tendre; si on le prend dans la main, sa couleur se fonce et se tigre de taches d'un brun rosdtre; si on l’irrite, il se rambruoil encore, et devient presque noir; de temps à autre, suivant ses impressions, il prend une foule de nuances intermédiaires. On a donné pour causes à ces phénomènes tantôt le gonflement des poiimons.de l’animal par l’air, qui fait refluer plus ou moins lu sang vers la peau, tantôt l'infiltration de cet air entre la peau , qui est treslùrhe,ct les muscles. Enfin la crainte, la maladie, -etc.. Semblent influer sur la couleur du’ caméléon. — On saitquc cette singulière propriété du < uin-K on l’a fait prendre pour emblème de 1 homme versatile qui, par ambition , prend successivement toutes les couleurs.

Eu Astronomie, on a donné le nom de Caméléon à une constellation australe, qui est située sur le colore des équinoxes, eu dedans du cercle polaire antarctique : elle renferme 9 étoiles.

En Chimie, on nomme Caméléon minéral uno une combinaison d'acide mauganique et de potasse ( M//OVKO ), de couleur verte, et quia la propriété do se décomposer et de passer peu à peu par toutes les nuances de violet et de roqge quand on l’étend du l>caucoup d’eau : ce sont ces transformations qui Fout fait appeler caméléon. On l'obtient en chauffant au rouge parties égales de potasse et de peroxyde de manganèse. Les chimistes l’emploient comme oxydant.

CAMELEOI’ARD. Voy. anurc.

CAMELIA. VotJ. CAMELL1A.

CA.MEL1ENS , famille d’animaux Ruminants, qui a pour type le genre Chameau , se partage en deux groupes, les Chameaux proprement dits et les Lamas. Voy. chameau.

CAMÊLINE (du grec chumai, à terre, et linon, lin ; petit lin), Camelina , genre de plantes de la famille •les Crucifères, renferme des plantes herbacées, annuelles ou pérennes, qu’on trouve en Europe et dans l’Asie centrale, et dont une espèce, la C. cultivée, dite vulg. Camomille de Picardie , Sésame /xl/mt/.èstcultivéc eu grand pourscs graines, qui fournissent une huile siccative, bonne pour la peinture.

CAMELLIA (qu’on écrit vulgairement Camélia, du P. Carnet U , jésuite), genre de la famille des Ternstnrmiacées, qui forme, conjointement avec les Thés , la tribu des Camelliées , croît naturellement au Japon et en Chine, et renferme un graud nombre d'especes, dont la plus intéressante et la plus connue est le Camellia proprement dit (C. Jajxmica), dit aussi Rose du Japon et Rose de Chine : c'est un arbrisseau toujours vert, à feuilles ovales, dentées, coriaces, luisantes, et à fleurs inodores; d’une beUe couleur rouge, en forme de rose, terminant des rameaux au nombre de deux A six. Introduit eu Europe dès 1739, le camellia n’est devenu 4 la mode qu'au commencement de ce Siècle; mais, depuis cette époque , les horticulteurs en ont tant multiplié les variétés , qu'on en compte aujourd'hui plus do 1,500 : une des plus jolies est le camellia double à fleurs rouges . panachées de blanc ; il y a aussi des variétés fort belles à fleurs blanches et jaunes. Ou cultive ordinairement le camellia dans de la terri? de bruyère ; on le multiplie de graines , de boutures, de marcottes et surtout de greffes. Aujourd'hui, il se fait en Europe et en Amérique une telle cousommation de ces belles fleurs pour le* serres, les appartements et les bouquets du bal, qu’on en veud tous les ans pour des sommes considérables. — Quel-

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que* espèces de comelliai se cultivent en Chine et au Japon comme plantes oléagineuses, et fournissent une huile grasse qui sert aux usages alimentaires. Quelques espèces exhalent une odeur suave : ainsi les Chinois mêlent souvent au thé, afin du le parfumer, les pétales du Cameitia sasanqua, dit aussi C. thé, parce que scs fleurs ont de ia roftemblauce avec cellcsdu thé.

CAMELOT (du grec cameloté, peau de chameau). Ce nom désignait d'abord une étoffa non croisée , mais forte et solide, qu’on fabriquait dans Je Levant avec le poil du chameau, ou celui des chèvres du pays. Maintenant il se dit do certaines étoffes pure laine, ou mêlées de laine ou de poil de chèvre et d'un pou de soie qu'on fabrique à Amiens , à Roubaix, à fteuville près Lyou et à Bruxelles. En Italie, notamment à Vérone ,. Milan, Florence. Naples, on fabrique beaucoup de camelots de soie. Le bouracan (Foy. ce mot) est une espece de camelot commun. — Dans le Commerce, ou appelle camelotte (de camelot) les objets de pacotille qn'on fabrique en masse, et qui ont plus d'apparcurc que de valeur réelle.

CAMERA , mot Italien qui veut dire chambre, est employé dans les expression* caméra lucida , captera oscura, etc. Voy. cuambre

En Italie , on appelle Musicu da caméra, ou Musique de chambre, des compositions familières et fugitives, destinées à être exécutées /non en public, mais en petit comité, dans la chanthre ou l'appartement ; on l'oppose à Musique d'église , Musique de théâtre. Palostrina. Montovenie , Haydn, Beethoven, etc ont fait d Excellente musique de chambre.

CAMÊRALIST1QUK (de camerarius, camérier, fonctionnaire préposé h ia chambre flsc&lc). En Allemagne , on appelle Sciences camérales ou Caméralistique l'ensemble des connaissances nécessaires pour gouverner les finances d'un Etat; elles embrassent aussi l'exploitation du domaine d’un prince cl de ses droits régaliens. Il y a eu à Heidelberg une école célèbre où Ion enseignait le droit caméral.

(IAMEHIEH (du latin camerarius , chatnbricr), nom d’une dignité ecclésiastique et d'une dignité séculière. Les Camériers ecclésiastiques sont des prélats de la cour de Borne attachés a la personne du pape et chargés de ses aumônes, du soin do l’argenterie, des joyaux, des reliquaires, etc. Ils portent une soutane violette , avec des manches pendautes Jusqu’à terre.

Pour les Camériers séculiers , Voy. cuamérier.

Ou appelait autrefois Archicamerier ou Archichumbellàn un des grands dignitaires de l’Empire d'AHcmague. L’électeur de Brandebourg était archicamérier-né de l'Empire ; il portait le sceptre dans les marches impériales. L'office d'àTchicamérier n’était qu'un titre honorifique. Voy. chambellan.

CAMEK1S1EH ou caxéceiusikr (c.-à-d. petit cerisier), Xylosteum, genre d'arbustes de la famille des Capri foliacées /voisins des Chèvrefeuilles, avec lesquels plusieurs botanistes les confondent encore, mais dont les nuueaiu ne sont pas sarmenteux; ils ont des feuilles opposées, d'un vert bleuâtre clair et d'une forme ovale ; des fleurs blanches et roses, réunies deux à deux, qui dounent naissauce à de petites baies accouplées, tantôt blanches, avec l'aspect de la cire, tantôt d'un rouge vif comme la groseille, ou d’un assez beau violet. Ces différentes variétés se trouvent sur les Alpes ou les Pyrénées: on cultive surtout dans les jardins le Camérisierae Tartane ou Cerisier nain , à fleurs roses; cet arbuste fait, dans les massifs, un assez joli effat.

CAMERISTE (decantera, chambre), nom qu’on donne aux femmes de chambre des dames de qualité en Italie , en Espagne et en Portugal. — A Madrid et à Lisl>onne , la catnareira mayor , ou première camériste, a la première charge du palais ; c'est la surintendantQ de la maison royale ; elle est chargée d’accompagner la reine.

CAMERLINGUE, nom douué, dans l'ancien Empire d Allemagne, et encore aujourd'hui à Borne, au dignitaire chargé de l’administration des finances.

CAMION. On nomme aiusi : 1° une voiture de roulage à quatre roues très-basses et très-solides, et qui sert à transporter dans les villes les marchandises d’un grand poids ou d'un volume considérable ; — 2° uu petit chariot sur lequel, dans les chantiers de construction, les ouvriers traînent les pierres de taille à l'aide do bretelles; on appelle camionneur celui qui tralue ou conduit le camion ; — 3° des épingles de la plus petite dimensiou ; —4° un vase do terre dans lequel les peintres en bitiincuU délayent lo badigeon.

CAMISADE, nom donné, en général, à toute ruse de guerre qui a pour objet de surprendre l'ennemi pendant la nuit. Les uns veulent dériver cette cipression de ce que l'ennemi est alors surpris en chemise; les autres l'expliquent en disant qu'autrefois, pour amortir l’éclat des armures, les soldats revêtaient leur chemise par-dessus leurs armes. L'histoire cite plusieurs ramisades importantes : la prise de Pontoise en 1419 fut une catnisadc ; la bataille de Pavie , en tf»24 . commença par une camisade.

CAMISOLE (alminuUf de tamisa, chemise). Outre le vêtement du matin que tout le monde connaît, on appelle camisole ou gilet de force un vêtement qui ressemble a uo gilet à manches , excepté qu'il se ferme par derrière, et que les manches, prolongées au delà des mains, sont réunies et saus ouvertures. On s’en sert pour contenir les aliénés et les malades en délire. On inet aussi la camisole de force à certains condamnés pour les empêcher d’attenter a leurs jours, ou de commettre îles actes de violence.

CAMME, nom que l'on donue, dans les grosses forges et dans plusieurs autres usines, è des saillies ou dents très-solides, pratiquées li la surface d’un arbre qui, tournant turlui-méme parle moyen d'une grande roue et d'uue chute d'ean , fait lever des pilons ou des soufflets, auxquels sont adaptées d'autres dents que les cammes rencontrent. On le donno également a des lames de bois ou de fer saillautes, fixées aux axes tournants d'une machine à pilon. La ranime agit momentanément sur un objet qu'elle entraîne ou repousse pendant une partie de sa révolution , et qu'elle abandonne ensuite, différant en cela du leugrenage, dont 1 Vtio* est continue.

CAMOMILLE (autrefois Chamarmelum . d’où son nom frauçaigt, Anthémis , genre de plantes de la famille des Composes, section des Corymbifères de Jussieu , et de la tribu des Sénécionidées des nouveaux botanistes , est caractérisé par son involucrc hémisphérique, ses fleurs radiées à demi-fleurons femelles et fertile a, .et son réceptacle convexe et garni de paillettes. Toutes les espèces de ce genre sont des plantes herbacées renfermant une huile volatile d’odeur agréable et de couleur azurée. L’espèce appelée C. Humaine (Anthémis nohifis) est une plante vivace à fleurs jaunes au centre, blaurhcs à la circonférence et d’un usage populaire comme stomachique, sudorifique, antispasmodique , fébrifuge et emménagogue. Cette plante croit dans toutes les contrées sablonneuses de la France ; mais les pharmaciens u'emploient guère que celles qui sont cultivées et dont les capitules sont plus gros, plus pleins et sont devenus tout blancs paria transformation dos fleurons en demi-fleurons. On a encore la C. Puante ou Maroute <A. colula,, succédanée de ia précédente, la C. des Teinturiers (A. tinctoria ), vulgairement (Mil de bœuf, qui donne aux laines une l>elle teinte jaune aurore, et lo Pyrèthre (A. Purethrum). V. pyrètiip.k. — On donne à tort le uom de C. ordinaire a une espccedeMatriraire (Mat ricana Camomille) qui s’emploie comme laCamomille,etcoluide C.dc Picardie a une Crucifère, la Caméline cultivée, Voy. CAUtuKK.

CAMOUFLET (par contraction du latin calamo flatus , souillé par un chalumeau). En termes de

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Ftirliflr.itlon, donner un camouflet, c’cst touiller do la Aimée Tort épaisse* contre l'ennetiïi, dans les ouvngM sou terra iih, pour l’étouffer, le suffoquer ou le forcer à se retirer. Pour cela, on fait passer par un trou percé dans la terre un canon de fusil ouvert par les deux bouts, et dans l'intérieur duquel on met une composition de poudre et de soufre qu'on enflamme, et dont on souffle la fumée vers IVnuemi. De U l’expression métaphorique ‘.donner un camouflet.

CAMP (du latin rompus , rtamp), lieu où se place une armée pour y séjourner plus ou moins longtemps. Lafortne des camps varie m'-essairementsuivantla nature des lieux et la disposition du terrain. Cependant, chaque peut de a tou ion rs affecté une disposition particulière. I) après i i Ilible, les camps hébreux étaient Grecs eï la i ipl i de POi lent, comme encore aujourd’hui les Arabes, préféraient la forme circulaire; les Romains, la forme carrée. Les Grecs, et surtout les Romains, «ont les premiers qui oient adopté un ordre régulier dans leurs camps.

camps romaijcs. On distinguait les C. de marche ou de mssage , que l’on construisait pour les besoins du moment, et les C. à demeure (castra stativa), oui se divisaient en C. d'été ( castra œstiva) et C. d'hiver ( castra hiberna). Ce* derniers, véritables forteresses, renfermaient tous les établissements d'uno ville ; plusieurs villes moderne* leur doivent même leur origine, et les ruines nombreuses qu'on voit encore dans plusieurs endroits de la France, et qu'on appelle communément Camps de César , se rattachent à ce genre de camps. Les Romains entouraient leurs camps d’un fossé (l'a/lum), revêtu intérieurement d'un parapet (agger) fortifié d’une palissade: quatre portes répondaient aux quatre côtés du camp : la Prétorienne, du côté du général; la Décurnanc, du côte opposé ; la Dextre, à droite, et la Sinistre h gauche. Un grand chemin de ceinture séparait les tentes de l'enceinte du camp, et deux larges voies correspondant aux quatre issues le coupaient, l’une en long et l’autre en large. Dans la partie supérieure du camp sc trouvait une vaste place quadrangulaire, au centre de laquelle *ï levait le prétoire ou tente du général ; à droite de cette tente, et dans l’enceinte même du prétoire, était Y Augurât t où se prenaient les auspices; la moitié septentrionale servait de marché (Forum), on y voyait la tente du légat (lieutenant) ; dans l'antre moitié se trouvait celle du questeur (trésorier) de l’armée; derrière cette place, et perpendiculairement 4 la porte prétorienne . les tentes formaient de longues lignes (striga) ; chaque tente contenait dix soldats ( contubernales ) sous le commandement d’un decanus. Los goujats (calones) et les vivandiers (tixœ) étaient placés en dehors du camp, aux abords extérieurs (procestria). Les Romains doivent aux Grecs, et surtout a Pyrrhus, la belle ordonnance de leurs camps; ils ont emprunté aux Étrusques les accessoires religieux.

camps Moncn.vcs. On distingue : le C. de rasscm btement, lieu où l’on réunit tous les corps qui doivent former une armée au commencement d’une guerre ou à l’ouverture d'une compAgnc : — le C. ae passage , que l’on n’occupe qu’en passant; — le C. stable ou permanent, que l’on doit occuper pendant un temps asset long; — le C. retranche , qui est entouré de retranchements et de fortifications; — le C. volant , petite armée qui se compose surtout do cavalerie, et qui tient la campagne pour inquiéter l'ennemi, l’observer, courir sur ses ailes, lettr des contributions, etc.; — le C. de manceurres, que l’on établit en temps de paix dans des localités propret 4 cct usage, pour l’instruction des troupes, et où 11 se fait constamment des exercices, des revuvt. des simulacres de bataille. V. castmamêtatio*.

CAMPAGNE. Dans l’Art militaire, on comprend ordinairement sous ce nom l’ensemble des opérations

(sièges, campements, marches, combats, batailles, etc.) qui ont lieu dans le cours d’une année sous b* commandement général d’un même chef, en présence de l'ennemi. — On se sert de ce ipot pour exprimer les services de guerre, soit sur terre, soit sur mer. Les lois militaires qui fixent les droits des officiers ou soldat* 4 la retraite (lois des 11 avril 1831 et 3 mai 1832) évaluent chaque campagne 4 un an en sus du temps do service ordinaire, en sorte que chaque année de service qui comprend une rampatrne compte pour deux ans. Un décret du 5 décembre 1851 compte comme campagnes les constats livrés à l’intérieur pour rétablir Tordre. — Dans la Marine, le mot «impaane s’applique 4 l'ensemble des opérations qu’exécute une escadre ou un bâtiment entre la sortie du port d’armement et la rentrée. On dlstinsue le*

' impair ne* d’instruction ou d'évolution, d’observation , aé croisière . de découvertes, etc.

CAMPAGNOL (ae campagne ), Arvieota, genre de petits Mammifères de. Tordre des Ronueurs et de la famille des Rats, vivant dans les champs et sur le bord des eaux. U comprend plusieurs sous-genres : les Campagnols proprement dits, les Otidatras ou liais musqués, le* Lemmings et les Otomys.

Lus Campagnols proprement dits ont trois raàrheliires, comme le rat, mais ils s’en distingent par leur queue, qui est velue, leurs pieds manquent du palmures, et le pouce de devant est caché sous la peau : ils se subdivisent en une vinirtaine d’espèces dont les principales sont : 1° le Pat d'eau (Mus amphihius), commun aux deux continents, un peu plu* gros que le rat ordinaire, et gris brun foncé ; Il vil au bord de; ruisseaux pour y trouver les racines de» plante* aquatiques, dont il parait faire sa nourriture exclusive; il y creuse un boyau peu profotid , parallèle au sol et muni de plusieurs issues; — 2® le Campagnol proprement dit ou Rat des champs (Mut arvalit), qui ne vit que dans les champs, où 11 cause les plus grands ravages ; il n’a guère plus de 8 4 10 rentim. de long ; le dessus de son corps est jaune-brun, le ventre est d’un. blanc sale. Cet animal habite les terrains élevés, dans lesquels il sc pratique de petits terriers divisés en deux ou trois loges. La femelle fait deux portées par an, de 8 4 12 petit» chacune ; aussi, malgré tous les pi- ires qu’on leur tend, le nombre d» ces animaux malfaisants est-il toujours considérable. Non-seulement le Campagnol mange le grain de semence , mais il coupe le chaume quand il est mûr, le renverse 4 terre et vide l’épi., soit en le mangeant sur place, soit en l’emportant dans scs magasins; — 3® le C. économe, célèbre par ses migration* : cet animal, qui habite le Kamtchatka, est un peu plus gros que le rat des champs; il a le dos plus foncé, et la queue presque noire en dessus, tout 4 fait blancbo en dessous. Au printemps , eette espèce sc rassemble en troupes innombrables qui se dirigent vers l’Ouest et parcourent ainsi en tan ordre une étendue do plus de 25 degrés de longitude. Au milieu de juillet, ces troupe* arrivent sur les tards de l'Okhotsk, où elles resteut jusqu'à l'hiver. Lorsqu'au en reviennent, en octobre, les Kamtchadales célèbrent leur retour par une fête : car ces animaux ramènent avec eux les carnassiers 4 fourrure dont ils sont h principale nourriture, ot présagent ainsi une abondante récolte do pelleteries. Le* habitations que se creusent ces Campagnols consistent en une chambre garnie de mousse et de gaxon, et entourée d’une fouie de galeries latérales conduisant, les une* au dehors, les autres 4 de vastes magasins qui contiennent leurs provisions Voy. mat.

CAMPANE (du latin campana , floche), nom donné : 1® en Architecture, au corps du ehapiteau eorinthien et du chapiteau composite, parce que ec* chapiteaux ressemblent 4 une cloche renversée ; 2® à toute décoration, tout ornement de sculpture en manirre de crépine, d’où pendent des houppes en

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forme de clochette, pour un dais d'autel, de trône, de cliaire à p nicher, etc. — On étend ce nom à tout ouvrage de soie, d’or, d’argent filé, avec de petits ornements en forme de cloche.

CAMPANELLE (de campanella , cloèhette', nom vulgaire du Convotvulus des champs.

CAMPAMFORME ou campanule (en forme de cloche), se dit,en Botanique, des fleurs dont le calice et la corolle ont la forme d’uuc cloche, comme les Campanules et les Liserons. — Tourncfort avait donné le nom de C ampa ni forme s aux plantes de sa 1™ classe, Comprenant les liserons, les muguets, les mauves, etc.

CAMPANILE (de l'italien campanile, clocher). Vuu. CLOCHER.

CAMPA NULACEES, grande famille de plantes Dicotylédones monopétales : calice ordinairement à cinq lobes égaux, corolle inounpétale à cinq divisions, alternant avec celles du calice, et renfermant cinq étamines à filets élargis à leur base, et un ovaire soudé avec le tube du calice. Cette famille se compose de plantes lactescentes, qui sont tantôt des herbes, tantôt des arbrisseaux , à fleurs ordinairement bleues ou blanches. Les principaux geures sont : Campanula (genre type), Phyteuma, Si>ecularia, E latine. Jasione.

CAMPANULE , Campanula, c.-à-d. Petite cio • che, genre type de la famille des Campanulacécs , renferme des plantes herbacées, des sous-arbrisseaux et des arbustes remarquables par la forme élégante de leurs fleurs, habituellement d’un bleu foncé. Ses principales espèces sont la C. dite Violette marine (C. medium) , h grosses fleurs blanches ou violettes ; la C. Bocconi (ainsi nommée d’uu botaniste toscan), dont on fait de jolies bordures; la C. Raiponce ( C . Rapunculus) , dont les racines et les jeunes pousses se mangent en salade; la Gante/ée {C. Trachelium) , et la C. à feuilles de pécher (C. persicifolia) , qui toutes deux sc mangent aussi.

CAMPANULE. Voy. canpameorme.

CAMPÉCHE (bois de), ospèce de bots propre à la teinture en violet et en noir, qui croît surtout dans la baie de Campêche. Voy. bois de campêche.

CAMPHOGENE (de camphre, et du grec génos, origine), combinaison de carbone et d'hydrogène dans les rapports de C**HM, qu'on obtient en soumettant le camphre à l’action de corps avides d'eau, tels que le chlorure de zinc ou l’acide phospliorique anhydre : c’est une huile incolore , plus légère que l'eau. Quelques chimistes le considèrent comme un radical du camphre et des corps qui en dérivent. Obtenu d'abord artificiellement par M. Dumas, il a été rencontré plus tard, tout formé, par MM. Gerbardt et Cahours, dans l’huile essentielle dé cumin (Cyminum) : de là le notn de cymine qu’il porte également.

CAMPH0R1QUE (acide), acide composé de carbonod'hydrogèneetd’oxygene(C,aH,40*,HO),qu’on obtient en faisant bouillir du camphre avec de l'acide nitrique. 11 sc présente en aiguilles incolores, peu soluble dans l’eau froide. 11 a été découvert, en 1785, par Kosegarten; MM. Laurent etMat&guti eu ont établi la composition en 1836.

CAMPHRE (de l'arabe camphur) , espèce d'essence concrète, d’une odeur très-forte, daine saveur amère et aromatique. Le camphre est plus léger que l’eau, eotre eu fusion à 175°, et bout a 204° ; il est si volatil qu’il disparaît bieutôt complètement quand on l’expose à l’air libre. Il brûle avec une flamme blanche. L'eau n’en dissout qu'une petite quantité; l'alcool , l'éther , les huiles grasses et les huiles essentielles le dissolvent en toutes proportions. 11 se dissout aussi dans l'acide nitrique ; celte dissolution portait autrefois le nom d’huile de camphre ; à chaud , l'acide nitrique convertit le camphre en acide camphorique. 11 renferme du carbone , de l'hydrogène et de l'oxygène , dans les rapports de C*°Hl*0,.Le Camphre de Bornéo présente une com-

position différente ■(CMH,,0*), et sc convertit par l'acide nitrique eu camphre ordinaire.

Le camphre s’extrait du Laurus camphora {Voy. camphrier) , arbre considérable, très-commuu en Orient. L’extraction s’en fait particulièrement au Japon, à Java, à Sumatra et à Bornéo. A cet effet, on divise en fragments le bois de l'arbre, et on le chauffe avec de l'eau daus de grandes cucurhites de fer, surmontées de chapiteaux en terre dont l’intérieur est garni de cordes de paille de riz. Le camphre, entraîné par la vapeur d’eau, se sublime et vient s’attacher à ces cordes, à l'étal d’une poudre grise : on le raffine, en Europe , par une nouvelle sublimation daus des raatras hémisphériques en verre. Plusieurs huiles essentielles, comme celles de lavande, de romarin, do marjolaine, et d’autres plantes de la famille des Labiées, renferment du camphre en petite quantité; quelques autres essences, comme celles de valériane, de tanaisie , de scmcn-contra, fournissent du camphre quand on les traite par l'acide nitrique.

Le camphre est employé dans la préparation des vernis, surtout de l’espèce rerherchéc sous le nom de vieux laque. On s'en sert aussi dans les feux d’artifice; la propriété qu'il à de brûler sur l'eau fait supposer qu'il entrait dans la composition du feu gregeois. Sou odeur est mortelle pour les petits animaux, particuliercmeut pour les insectes et les vers : on l’emploie, par cette raison, pour conserver les collections d'histoire naturelle , les pelleteries , les étoffes du laine. On l’utilise comine antiseptique dans les embaumements; il fait partie des pastilles dont on se sert pour parfumer l’air. On en fait un fréquent usage en médecine daus les affections nerveuses comme antispasmodique; on le prescrit aussi comme stimulant diffusible, diaphorétique et antiseptique ; on l’emploie en frictions contre les affections rhumatismales. 11 a été surtout préconisé par M. Raspail, dont le nom est resté attaché aux cigarettes qu’il recommande comme préservatifs contre une foule de maladies. On administre le camphre a l'intérieur sous forme de poudre, de bols ou pilules, et de solutions ; la dose varie de 25 à 30 centigr. jusqu’à 1 ou 2 grammes daus les 24 heures, mais il faut le fractionner avec soin : à trop forte dose, c’est un violent poison. Comme solution, on l’emploiuordinaircment sous forme d’eau camphrée, d'eau éthéi'ée camphrée ou d’éther camphré. Pour l'usage externe, on emploie Teau-rfe-iue camphrée, le vinaigre camphré, et l'AutVe ou la pommade camphrée.

Le camphre était inconnu aux Grecs et aux Romains; il parait avoir été introduit en Europe par les Arabes.

On appelle Camphre artificiel une substance blanche, plus légère que l’eau et d’une odeur analogue à celle du camphre , qui s’obtient en saturant de gaz chlorhydrique l'huile essentielle de térébenthine. Ce produit est saus usages.

CAMPHRÉE, Camphorosma, genre de la famillo des Chénopodces, renferme des plantes herbacées qui croissent dans les lieux stériles et sablonneux des contrées méridionales. La Camphrée de Montpellier, petit arbrisseau à rameaux longs et blanchâtres, a feuilles alternes, petites, nombreuses, à fleurs verdâtres, exhale une forte odeur de camphre, et s’emploie contre l’asthme et l’hydropisie.

CAMPHRIER, Laums camphora , genre de la famille des Laurinécs, tribu des Camphorécs, est originaire des contrées montueuses de l’Orient. Cet arbro a le port du tilleul , l’écorce du tronc raboteuse et grisâtre, les feuilles ovales, longues, alternes, d'uu beau vert luisant; les fleurs blanches, petites, en panicule: les fruits pourpres, noirâtres, à une seule graine, de la grosseur du pois chiche. On en retire le camphre. Voy. camphre.

CAMPYL... (du grec compylos, recourbé), entre dans la composition d'un graud nombre de termes

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