‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 193 sur 508 · CANO · texte numérisé non relu

CANO

dépendent. D'autres fois le mot Canon s'emploie pour signifier la méthode ou la règle A suivre pour résoudre certains problèmes de chronologie.

canon, dans l’Art militaire (qu'on dérive de canna. canne, roseau T), bouche à feu dont tout le monde connaît la forme : la partie postérieure se nomme culasse, la partie antérieure votée, la cavité intérieure rime; celle-ci reçoit une certaine quantité de poudre que l’on enflamme, et qui, faisant explosion, chasse à de plus ou moins grandes distances un boulet ou de la mitraille. Les canons sont ordinairement en hronce; on eu fait aussi en fonte de fer ou en fer forgé, surtout pour la marine. Le bronze des canons est un alliage de 90 do cuivre et de 10 d’étain. La pièce se roule massive ; on la fore ensuite suivant le diamètre de son calibre , puis on la tourne extérieurement et on perce la lumière. La solidité d’une pièce de canon est très-variable et dépend beaucoup du degré de fusibilité cl de la perfection de l’alliage î quelques-uns peuvent tirer jusqu’à 5,000 coup* ; d’autres sont hors do service après 1,000 ou 1/200 coups. Autrefois nn employait toutes sortes de calibres : 96 , 48, 40, 36, etc., jusqu’il 3, 2, et mémo 1. Depuis 1732, on ne fait plus guère en France que des pièces de 24, de 16, île 12, de 8 et de 4. Cas deux derniers calibres sont les plus usité* pour l’artillerie de campagne; sons l'Empire, ou faisait souvent usage de pièces de 6. Les canons sont ordinairement montés fur des affûts de bois ; depuis quelques années on a essayé de leur substituer des alfûts en fer. — L’invention des canons suivit de près la découverte de la poudre ; on s’eu servit pour la première fois en Europe au xiv* siècle, suivant les uns à la bataille de Crécy (1346), suivant d’autres, au siège d’AIgésira* ( 1343). On a imaginé dans ces derniers temps des canons à vapeur; mais ces inventions, bien qu’ingénieuses, ne peuvent être appliquées A l’art militaire.

. Canons ae fusil. Ces canons sont en fer forgé. Pour fabriquer les canons des fusils de munition et des fusils de chassa ordinaires, on prend plusieurs morceaux de fer qu'on soude cusenible et qu’on étire ensuite sous un martinet, de manière a produire une lame, qu’ou appelle lame à canon. Ou rapproche vusuite les bords de cette lame, de manière à former un tube, et quand ils sont croisés dans toute la longueur, on les soude avec le plus grand soin. On fait aussi des canons rubannés en soudant sur tin canon fort mince un ruban de fer que l’on roule successivement tout autour et sur tonte sa longueur; et des canons tordus à Tétoc, qui résistent mieux A l’explosion de la poudre. Le canon terminé, on le dresse en dedans au moyeu du forage et quelqucfi^s on y fait des raies et des cannelures ( C. rayés, carabinés, cannelés) ; enfin nn taraude l’extrémité inférieure du canon pour y adapter la culasse et un perce ia lumière. Voy. fusil , «aiudine, etc.

En Musique, on appelle Canon une pièce de musique dans laquelle la mélodie qui forme le sujet s'accompagne çlle-mémc , eo imitation et à la distance drune ou de plusieurs mesures. Ce sujet peut être repris successivement par plusieurs parties , à divers intervalles, et il doit en résulter une harmonie agréable et correcte. L'air si connu de Frère Jacques, dormez-vous? chanté par plusieurs personnes qui commencent à des mesures différentes, offre un exemple de canon. Il y a plusieurs sortes de canons : on en fait par mouvement direct et par mouvement contraire; il y a des canons renversés, rétrogrades, à la quarte, à la quinte, à l’octave, etc. C'est nn des exercices de Yimitation (Voy. ce mot), qui conduit à ceux de la fugue. On l’emploie quelquefois dans la musique dramatique, mais plus souvent dans la musique instrumentale.

En Typographie , le canon est un fort caractèré dont on se sert principalement pour les affiches. On distingue : le petit canon, de 26 A 32 points : le gros

canon , de 40 A 44; le double canon, de 48 à 56; le triple canon , de 72 et au delà.

Canon s’est dit longtemps de chacune des deux tiges ou tuyaux d’un pantalon, d’un caleçon; et, par suite, il s’est dit d’ornements, souvent garnis de dentelles, qu’on attachait au bas des hauts-de-chauwef ; ces ornements étalent fort à la mode au xvn* siècle.

CANONIALES (h ru fies). Ou appelle ainsi les petites heures de bréviaire, qui sont Prime, Tierce, Serfe et Sone , parce qu ‘autrefois l'office ecclésiastique portait le nom de canon.

GAN0N1CAT, titre d’un bénéfice de chanoine (F. chanoine). Il y avait autrefois cette différence entre le canonicat et la prétende , que le ranoair.it était simplement un privilège qui donnait une plaee au rlMBur et au chapitre d’une église cathédrale ou collégiale, tandis que la prébende donnait droit A une certaine portion des revenus d'une cathédrale ou d une collégiale.

CANONIQUE, se dit, en lançage ecclésiastique, de tout ce qui est compris dans le Canon des livres saints, ou de ce qui est conforme aux Canons des conciles.

Livres canoniques. On distingue les protocanoniques, ou de 1er ordre, qui sont au nombre de 22, savoir : les 5 livre* de Moi«e , ou Pcnlaletique, 13 livras appelés prophétiques (Josuê, les .luges et Rutb, 2 livres de Samuel, 2 des Rois, 2 fies Parai i pom è nés, Ksdras et Néhémfc, Esthcr, Isaïe, Jérémie, Ezêchiel, Daniel, les Doute petits Prophètes et Job), et 4 livres de morale (les Psaumes, les Proverbes, l’EcIéslasto et le Cantique des cantiques); et les deutérocanoniques , ou de 2* ordre , au nombre de 16, savoir: Tonie, Judith, la Sagesse, l 'Ecclésiastique , les Maer ha bées , les 4 Evangiles, les Actes des Apôtres, 14 épltrcs de S. Paul, 2 de S. Pierre, une de S. Jean, une de S. Jacques, une de S. Jude, et l’Apocalypse (F. r.piTRES). On appellcainsi res derniers parce qu'Us ne font partie que du canon du concile de Trente : les protestants les regardent comme apocryphes.

Droit canoniqné. Voy. nnorr et canon. — Institution canonique . Voy. institution.

CANONISATION (du grec knntin, règle, loi de l’Eglise), déclaration solennelle du pape par laquelle il autorise l’inscription au Canon (ou catalogue) des saints du nom d’nn personnage que sa piété et scs vertus ont fait vénérer pendant sa vie. Les honneurs qu’on peut rendre aux saints canonisés sont les suivants : leur nom est inscrit dons les calendriers, les martyrologes, les litanies, etc.; on les invoque publiquement dans les offices solennels; on consacre sous leur invocation des églises et des autels; on offre le saint sacrifice de la messe en leur nom ; on rélèbre leur fi&te à un jour déterminé ; dans les images qui les représentent, leur tête est entourée de l'auréole ; enfin, leurs reliques sont exposées A la vénération des fidèles. — I.e mot canonisation ne sc trouve employé pour ta première fois que dans une bulle du pape Jean XV on 993; mais la chose est beaucoup plus ancienne que le nom. Dans l’origine, les évêques pouvaient procéder A la canonisation d’un saint dans l’étendu© respective de leur diocèse ; depuis 1172, ce droit est réservé au pontifo romain , qui l’exerce avec de grandes et utiles lenteurs, après un mûr et minutieux examen. La Congrégation des Bits est chargée de tout ce qui concerne la canonisation. Voy. rêatiiication.

CANONNIERE, ou chaloupe canonnière, embarcation pontée, poil élevée au-dessus de l’eau , allant à la voile et à I aviron, et armée fie quelques nièces de canon. Les chaloupes canonnières des Suédois et «les Russes ont passé pour supérieures à celles de France; elles ont 24 avirons (Voy. aussi caIque). — Autrefois le mot Canonnière s'employait en termes de Fortification comme synonyme de meurtrière.

CANONNIERS (de canon), nom donné dans Farméo aux sold ats chargé! du service de FarüUcîfc.

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