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L'hydrogène est l'élément pour lequel le chlore manifeste le plus d'affinité : lorsqu’on expose aux rayons solaires le mélange des deux gaz , ils se combinent instantanément avec une forte explosion; le produit est Y acide chlorhydrique. Le chlore forme avec les métaux un grand nomlire de chlorures. V. ci-après.

Gazeux ou dissous dans l'eau, le chlore, à cause do son affinité pour l’hydrogène , détruit les matières colorantes végétales et animales; rette propriété est utilisée dans l'industrie pour le blanchiment de« lis- | sus. Le chlore détruit aussi subitement les matières odorantes, les germes putrides, les miasmes délétères répandus dans l'atmosphère. Pratiquées dans des lieux qui ne peuvent être évacués, les fumigations de chlore gazeux ont l’inconvénient d’irriter les organes et de fortement iucomiuoder : Libarraquc, eu 1822, les a remplacées avec avantage par des aspersions de liquides qu’on appelle vulgairement chlorures, mais qui sont des mélanges de chlorures et i\’ht/pochlorifes. Voy. ce mot.

Le chlore fut découvert en 1774 par Scheelc, qui lo nomma d'abord ucide muriatique déphlogistir/uè; plus tard, Lavoisier et Berthonet, l'envisageant comme de Paclde muriatique surchargé d’oxygène , l'appelèrent acide muriatiyue oxyyéne. A partir de 1811, U fut constaté en France par MM. Gay-Lussac et Tncnard, et par Iliimphry Davy en Angleterre, que ce corps est un élément. Berthollet utilisa le premier en 1785 l’action du chlore sur les matières colorantes en l'appliquant au blancbinieut des tissus. Le professeur llallé de la Facultéde médecine de Paris signala, vers la môme époque, les propriétés antiseptiques du chlore, et en 1791 Fourcroy le recoin- | inonda comme propre à désinfecter les cimetières , les salles de dissection, les étables dans les cas d ‘épizootie; k détruire les effluves infectes, les virus contagieux , sic. Guytou-Morveau popularisa remploi du chlore comme' désinfectant par l’invention d'un petit appareil portât if, propre à faire les fumigations.

CHLÜREUX (acide), combinaison de chlore ut d'oxygène (CIO*) contenue dans les chloriles.

CHLORHYDRATE, synon. de chlorure. V. cc mot.

CHLORHYDRIQUE (acide), dit aussi aride hyd rock torique ou muriatique , dit autrefois esprit de sel fumant p combinaison de chlore et d’hydrogène (ClH), est gazeuse, incolore, irrespirable, d’une odeur suffocante et d’une saveur Ires-acide. Cet acide éteint les corps en combustiou; il a la plus grande affinité pour 1 eau : lorsqu’on débouche sous ce liquide un flacon rempli de cc gaz ba-u pur, l’eau s’élance dans le vase avec tant de i ipicUti , qde Poil ne peut la suivre. L'acide chlorhydrique du commerce e>t une dissolution de ce gaz dans l’eau , plus ou moins coloré* en jaune par des matières étrangères, et répandant des fumées a l’air. — On obtient le gaz chlorhydrique en mettant du sel marin ou chlorure ae sodium en contact avec de l'aride sulfurique; U se produit ainsi du sulfate de soude cl de racide chlorhydrique. — Cet acide se dégage iuces- Nomment des volcans, notamment du Vésuve, et so condense avec les vapeurs aqueuses, en formant des ruisseaux ou des sources arides, quelque fuis assez abondante*. Ou le trouve encore dans quelques eaux thermales de l'Amérique du Sud et dans les eaux du Ilio-Yinagre . où il est mêlé ù l’acide sulfurique.

L'acide chlorhydrique a de nombreux usages dans les arts. Il sert à la fabrication du chlore et des hypochlorites, de l’eau régale . du gaz acide carboni- • que, enfin du sel d’étain et de la composition d’étain employés dans les ateliers du teinture et d’indiennes. Raumé en a conseillé l’usage pour lo blanchiment de la soie destinée à la confection des blondes et des gazes. Les chimistes l’emploient fréquemment dans les laboratoires; étendu d’eau, il est appliqué en médecine comme antiseptique et diurétique.

L’acidc chlorhydrique était connu des alchimistes

sous le nom A’esprit-de-sel. Vers la fin du xvn* siècle , Glaubcr en simplifia la préparation en traitant dans un appareil distillatoire le sel marin par l’huile de vitriol. En 1772, Priestley recueillit le premier sur le mercure l’acide gazeux, et en étudia les propriétés; MM. Gay-Lussac et Thénard, ainsique Uuinphry Davy, établirent les premiers la véritable composition de l'acide chlorhydrique.

CHLORIDE, combinaison du chlore avec un métal ayant la propriété de se combiner avec d'autres chlorures métalliques pour former des sels: le bichlorure de platine, par exemple , se combine avec le chlorure de potassium ; Bt-rxélius désigne le premier chlorure comme un acide, et le distingue de l’autre par le nom de chloride. Aujourd’hui, on donne plus communément cc nom à celles des combinaisons du chlore avec les corps non métalliques qui donnent des acides au coulact de l’eau; le chloride phosphoreux, par exemple, donne, par l’eau, de l’acide phosphoreux et de l’acide chlorhydrique; le chloride phosphorique donne de l’acide phosphoriuuo et de l’acide chlorhydrique.

chloride, Chloridu (du grec chlôros. vert), genre de Coléoptères tétramères, famille des Longicorncs , tribu des Cérambyrins , est caractérisé par son présternum simple, sa tête horizontale, ses antennes pubMCentM, et pur les deux épines qui termi lient l’extrémité de chaque élytre. L’espèce type est la Chlorida costuta du Brésil, qui se tient sur les feuilles ou le tronc des arbres, et fait cuteudre un son aigu, qu'elle produit avec son corselet.

CHLORIDE ES (de Clitoris, genre type), tribu des Graminées. Voy. CHLonis.

CHLORION (de eJd&roê» vert), genre d insectes Hyménoptères, famille des r ouisMMirs, renferme des insectes à tête grande, aplatie, large; aux mandibules développées et tranchantes. Leur couleur est d’un vert émeraude doré ou un peu violet. Leur piqûre est venimeuse. Les Chlorions sont remarquables par l’adresse avec laquelle ils tuent les ravets, qui servent de nourriture k leurs larves.

CHLOIUOUE (acide), combinaison de chlore et d’oxygèDQ(C10*) contenue dans les chlorates. A l’état de liberté, cet acid.: forme un liquide très-altérable.

CHLOR1S (du grec chlôros , vert), genre de la famille des Graminées, tyne de la tribu des Chloridées, composé de plantes d’un port élégant, àchaume simple ou rameux , à feuilles planes , a épis digités et à épillcts sessiles. Ces plantes se trouvent dans l’Amérique du Sud, aux Etats-Uuis , au Cap de Bonne-Espérance et aux Indes orientales.

CIILOltlTES , sels formés par l'acide cliloreux et une base. Ou obtient les chlurites, en même tein|* que les chlorates , en faisant passer la vapeur de l’acide liypoclilorique dans un alcali. Les chlorites sont colorés en jaune, et présentent peu de stabilité.

CHLOROFORME (par contraction des mois chlore et formique , faisant allusion à l’une des transformai ious de ce corps ), dit aussi jserchlorure de formyle , composé organique renfermant du carbone, de l'hydrogène et du chlore (C'UCl*), est incolore, huileux , d une odeur élhérée et d'une saveur douceâtre. Sa densité est de 1,48 : il tombe donc au fond de l'acide sulfurique concentré; ce caractère permet d’apprécier lapuretédu cbloroforme.il bout a (il*; il ne s’enflamme que dillicilement, mais il brûle avec une flamme bordée de vert quand on enflamme une mèche de cotou qui en a été imprégnée. En contact avec une solution alcoolique du potasse , il se convertit en acide chlorhydrique et en aride formique ; de la le norn de chloroforme. On l’obtient en distillant l’esprit-de-vin avec du chlorure de chaux. On emploie beaucoup aujourd'hui le chloroforme en chirurgie pour ses propriétés anesthésiques : quelque* gouttes de ce composé, versées dans le creux d'une éponge ou sur un mouchoir de poche,

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déterminent souvent, au bout de qtiinxe on vingt inspirations, une insensibilité complets. L’inhalation du chloroforme est beaucoup moins désagréable que celle de l’éther, mais elle n’est pas non plus sans danger : il faut avoir soin de ne pas intercepter le passage de l’air, et tenir autant que possible le patient couché. — Le chloroforme a été découvert en 1831 parM.Soubeirau; M. Dumas eu ale premier établi la composition, eu 1834; mais c'est le docteur Simpson d’Edimbourg qui, en 18-17, l’a proposé pour remplacer l'éther ( V. f.TMÉniSATioa i. Le Ur Yvon neau a donné un traité Du (' Moro forme et de ses applications. 1833.

CHLOROMÊTRIE ( de chlore , et du grec inctron , mesure ) , méthode d’essai des chlorures décolorants au moyen d'un instrument appelé chloromètre, qui iudique combien de chlore ils renferment. Cet instrument consiste en une burette graduée dans laquelle on verse une solution d’indigo dissous dans 9 parties d’acide sulfurique, dite liqueur d'épreuve; lorsqu'on veut essayer du chlorure de chaux, on délaye 5 grammes de ce sel dans un demi-litre d’eau , et l'on essaye combien eu liquide décolore de divisions de la liqueur d 'épreuve : *haquo degré de la burette indique 10 litres de chlore par kilogramme de chlorure. Le chlorure de chaux pur renferme 101 litres de chlore par kilogramme; mais jamais celui du commerce u 'atteint ce degré de saturation. Les blanchisseurs emploient ce genre d’essai. 11 a été proposé en 1794 par Descroizi Iles, et perfectionné en 182 lpar M. Gay- ! Lussac. — Gomme la liqueur d’épreuve faite avec l’indigo peut s'altérer, et qu'il est assez difficile de saisir avec précision le moment où 1’actiou décolorante du chlore est complète, Guy-Lussac a proposé , en 1835 , d’employer une solution de 4 gr., 42 d acide arsénieux dans 32 grammes d’acide chlorhydrique , étendue d’uue quantité d’eau suffisante pour que le tout fasse un litre de liquide, et légèrement colorée en bleu par quelques gouttes d’indigo ; l’acide Arsénieux passe à l’état d’adde arsénique en présence de l’eau et du chlore , et au moment où l'action est complote, la teinte bleue du liquide distrait. Ce nouveau mode d'essai est préférable.

CHLOROPHYLLE (du grec ch/ôros, vert, etphyl- Ion, feuille), dite aussi Ckromule (du grec dhrôma , couleur}, et Fécule verte, matière qui colore en vert les différents organes des plantes, et dont les caractères se rapprochent de ceux de la cire.

CHLOROSE (du grec ch l or os, verdâtre ), vulgairement Pâles couleurs, maladie caractérisée par la décolqralion , la pMcur excessive do la peau , surtout de celle de la face , la flaccidité des chairs , un état de faiblesse habituelle et de langueur générale , la dépravation des fonctions digestives, la petitesse et la fréquence du pouls, les palpitations, la gène de la respiration , les lassitudes spontanées , la tristesse , etc. On a émis les opinions les plus diverses sur la nature de cette maladie : elle parait tenir principalement à un affaiblissement des qualités stimulantes du sang, état connu sous le nom d’anrmie ( Vuy. ce mot) . La chlorose se manifeste surtout chez les jeunes filles à l’époque de la puberté; il v a aussi quelques exemple* d’hommes chlorotiques. Vu tempérament lymphatique, une constitution faible, un genre de vie sédentaire , l'habitation dans les grandi -s villes; le sommeil trop prolongé ou les voiles immodéré! s; l'influence du froid humide; des aliments peu nourrissants ou indigestes; l'abus des boissons aqueuses, des bains lièdes, prédisposent à cette maladie. On peut ajouter h ces causes l’ennui, le chagrin, surtout l’amour contrarié ; la nostalgie, l'aménorrhée, la ménorrhagie et la dysménorrhée, l’abus de certains plaisirs; en un mot, toutes les causes débilitantes. Un des symptômes les plus remarquables de la chlorose , c’est la vibration sonore que rendent sous le stéthoscope les artères carotides et sous-clavières, et qu’on appelle bruit caro-

tidien, bruit de soufflet, de ronflement , de diable, etc. Ce bruit se perçoit facilement eu appliquant l’oreille à la hase du cou, au-dessus dû la clavicule; il est continu et non intermittent. La durée de kl chlorose est très-variable : daus les cas les moins graves, on la voit céder en vingt ou trente jours; il n’en est pas de môme lorsqu’elle est ancienne, et surtout compliquée d’autres affections. La première indication a remplir est de rendre au sang ses propriétés et de combattre l'affaiblissement général. On y parvient à l’aide de médicaments toniques variés, parmi lesquels le plus efficace est le fer, que l'on emploie à l’état élémentaire, à l'état de sel (sous-carbonate, et laetatc), seul ou associé à d’autres sutatanres toniques ou excitantes, notamment a l'iode; on y joint utilement les eaux ferrugineuses de Spa, de Passy, de Vichy, de Plombières. Sous le rapport de l’hygiène, il faut aux malades des habitations saines, aérées et bien éclairées, des vêtements chauds et légers , une alimentation tonique; on recommande la gymnastique, la danse, l’équitation, la promenade, les voyages, la natation dans l’eau froide, surtout dans l’eau de mer.

CHLOKOXYCARROMQUE ou oxYCM.onocAnno.M- Quk (gaz). dit aussi phosgène, combinaison de chlore et d'oxyde de carboue (CO Cl ), correspondante l’acide carbonique (CO*), qu’on obtient en exposant des volumes égaux de ces gaz à l'action directe des rayons solaires. On le prépare en faisant passer de l’oxyde de carbone dans du perchlorure d'antimoine. C'est un gaz d'une odeur suflocante, que le cont^ctde l’eau décomjiosccn acide carbonique et acide chlorhydrique. Ouen doit la découverte a J. Davy.

CHLORURE, se dit de toute combinaison du chlore avec un autre corps, et en particulier des sels formés par le chlore et un métal. Le mètne nom se donne aussi, mais improprement, A des combinaisons décolorantes et désinfectantes formées par un acide oxygéné du chlore , et popularisées par Laharraque : tels sont les chlorures de chaux . de soude , de jx>tasse, qui ne sont que des hypochlorites (foy. ce mot). On «« sert des dénominations de protoch/orure , dfutochlorure , r tc., pour désigner les chlorures dont la composition correspond aux protoxydes et aux deutoxydes formés par les mêmes métaux. On Obtient lescldoruresmétalliquessoiteu combinant direcloiin-nt le chlore avec les métaux, soit en dissolvent les oxydes nu le* carbonates dans l’acide chlorhydrique, La plupart des chlorures sont solide* et cristollisahlos. Il existe aussi ries chlorures naturellement liquides et fumant à l’air. A j»art le chlorure d’argen 1,1e protochlorure do cuivre et le protochlorure de mercure, tous les chlorures sont solubles dansl’eau; aussi oo reconnaît aisément un chlorure en ajoutant à sa solution une goutte de nitrate d’argent, qui forme alors un précipité caillebotté de chlorure d’argent, insoluble dans les acides, très-soluble dans l'ammoniaque. Sauf le* chlorures d’or et de platine, tous les chlorure* résistent au feu sans se décomposer.

Chlorured’ antimoine jXAa\i*s\ protochlorure (T antimoine ou beurre d'antimoine (Sb Cl*), substance bl-tnrhé, demi-Uansparen te, d’un éclat graset comme onctueux. C’est un caustique très-violent, dont les médecins se servent souvent pour cautériser certaines plaies, surtout celle;* qui sont produites par la morsure des animaux enragés ou venimeux. Dans le* arts, il est employé pour bronzer le* métaux, notamment le fer; le* armuriers m P>nt fréquemment usage pour donner sut canons de fusil la teinte «lu bronze. L’eau ne dissout le chlorure d'antimoine qu’avec le concours d'un acide ; seule, elle le convertit en un précipité blanc, granulé, ressemblant au lait caillé, qui constitue l 'oxychlorure d’antimoine . nommé jadis mercure de rie et poudre d'Ahjnrot. Voy. ce mot.

Chlorure et urgent (Ag Cl), précipité blanc, caillebotté, qui se colore promptement à la lumière ; insoluble dans l'eau et le* acides, il se (iissout aisément

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