‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 252 sur 508 · CLIN · texte numérisé non relu

CLIN

Dans les parlements, ou appelait constater clerc , un conseiller pourvu aune charge ecclésiastique.

Dans rorigiuc , on appelait les notaires Clercs du rot. Ils fùreut créés sous Philippe le Bel, en 1309.

On appelle aujourd'hui Cl. de notaire, d'avoué , etc., ceux qui fout dans les études de ces officiers publics un travail journalier et qui se forment ainsi à la même profession. Par la loi du 25 ventôse an 11, les aspirants au notariat doivent faire un stage de six ans comme clercs de notaire. Le stage des avoués est de cinq ans. Le premier clerc d'une étude prend le nom de maître clerc ou de principal clerc.

On appelait autrefois Cl. ribauds ou Gouliards , du nom d’un parasite bien connu , des bouffons qui se donnaient la tonsure ecclésiastique. Plusieurs conciles firent des statuts contre ces clercs : il leur fut défendu un 1231 de porter la tonsure.

CLERGE, nom donné à l'ensemble des clercs ou au corps des ecclésiastique» ( Voy. prêtre). Le clergé catholique se divise en Cl. régulier, qui comprend tous les clercs astreints a une règle monastique, et en Cl. séculier , qui vit dans le monde (in sœculo). — Pendant la Révolution on appelait Clergé constitutionnel ou assermenté , les ecclésiastiques qui, en 1792, adoptèrent la constitution civile du clergé.

Le clergé de l'Eglise grecque se compose des desj>oten (maîtres), des hagioi (saints), des protopapas (archiprétres), des pajxu (prêtres), des diukonen (diacres), etc. — Dans l'Eglise arménienne, l’ordre des simples prêtres comprend la corporation des var tabieds ou docteurs, qui se divisent en deux classes : celle des meneurs et celle des mineurs. Le chef de la religion est le patriarche ou catholicos.— Les Eglises réformées, à l'exception de l'Eglise anglicane, n'ont pas conservé la hiérarchie cléricale.

CLLRGIE ( bénéfice de), du mot clerc pris dans le sous de lettré. On appelait ainsi un privilège établi autrefois en faveur de quiconque avait reçu les premiers éléments des lettres. Par le seul fait qu'il savait lire, un criminel condamné à mort ne pouvait être exécuté. Aujourd'hui, le bénéfice de dergie existe encore en Angleterre pour certains cas.

ClIÇHAGE, procédé de stéréotvpage qui consiste b prendre l'empreinte d'une page d'impression, préa* blemeut conqtosée en caractères mobiles, eu appliquant sur cette page une couche de pl itre fin et humide ou une pâte de cartou, puis !i rouler du métal fondu dans le moule ainsi obtenu ; le métal, en se solidifiant, donne une planche appelée cliché, usée laquelleon peut tirer un nombre indéfini d'exemplaires, et seulement à mesure de» besoins. Voy. stêrêotypie.

Les graveurs eu médailles out recours au ciicliage pour faire épreuve do leurs ouvrages : pour cela, ils appliquent le coin sur de l'étain en fu>iou.

CLIENT, en latin c liens (do eolere, honorer). Chez les Romains tous les citoyens étaient j>artagés en patrons ou protecteurs, et en clients ou {utronés. Dans l'origine, les patrons formaient la classe des patriciens, et les clients celle des plébéiens. Les clients devaient le respect à leurs patrons, et ceux-ci aide et protection b leurs clients. Le client devait contribuer A doter les filles du patron, A le racheter, lui ou ses enfant», lorsqu’il était fait prisonnier, payer les dépens de ses procès, soutenir sa candidature aux charges publiques. Si le client mourait sans testameut, lu patron héritait de ses bien». Celui-ci lui donnait des repas, lui faisait des distributions, soit de vivrts (sportules ), soit d'argent, etc. — Aujourd'hui ou appelle client , celui qui charge un avocat, un avoué, uu notaire, de la défeusc ou du la conservation de ses droits et de scs intérêts, celui qui confie à un médecin le soiu du sa santé, etc.

CLIGNOTANTE (membrise) , membrane deraltr.inspareuto qui, chez les oiseaux, se trouve placée verticalement entre le globe de l’œil et les paupières, et que l'animal amène a volonté au-devaut de l'œil

pour le garantir de l’action d’une lumière trop vive. C'est une véritable troisième paupière. On en trouve un rudiment chez les quadrupèdes.

CL1MACTER1S ( du grec cfimacter, échelon, de* gré, à cause de l'habitude de grimper de ces oiseaux), nom latin du genre Echelel. Voy. ce mot.

CLIMAT (du grec climax, échelle, degré, division). Les anciens géographes divisaient la surface du globe, depuis le pôle jusqu'à l’équateur, en trente zones parallèles , qu’ils appelaient Climats; ils calculaient cette division d'après la longueur des jours comparée à celle des nuits, au solstice d’élé. De l'équateur au cercle polaire, ils comptaient 24 c/imats, dits de demi-heure , parce que cliacuu de ces climat», ail solstice d’été, a le jour d'une demi-heure plus long que le climat qui le précède; du cercle polaire au pôle on comptait 6 climats, dits de mois , parce que, pour chacun d’eux, la durée du jour est d'un mois de plus que dans le climat précédent.

Aujourd’hui on n'applique guère le nom de climat

u'à une division fondée sur l’état thermométrique

es diverse» contrées. Ou divise, en général, la surface du globe en climats chauds , tempérés , et f>vids [Voy. zokes). Les premiers sont compris outre les deux tropiques , les seconds entre les tropiques et les cercles polaires, les troisièmes s’étendent tlee cercles polaires jusqu'aux pôles; mais U est impossible, à cause de la forme des continents, de la direction des montagnes, de la nature du sol et des cultures, du détermiuer exactement les climats par des lignes purement géographiques ; les lignes dites isothermes, ou offrant une égale température moyenne par auuée, subissent des Inflexions plat ou moins rousldérables, et ne sont parallèles que dans le voisinage de la zone torride; l'étude de ces lignes, fondée par Al. de llumboldt, forniu la science appelée Climatologie ( Voy. le Cosmos d'Al. de Humboldt , trad. par Paye, Paris, 1846, in-8). — Personne n’ignore quelle influence le climat exerce sur la végétation, sur les races animales, sur le tcmpérameuldes individus, et même sur les mœurs et le caractère des habitants. On peut lire à ce sujet : De l'influence des climats sur l'homme, d’E. Foissaç , Paris . 1837, ln-8.

CLIMATERIQUES (si<»tEs),du grec ctimax, échelon, c.-à-d. divisées par étages; nom donné par les anriens à certaines périodes de la vie qu'on regardait comme critiques. Ce sont les années dont le chiffre estun multiple de sent, suiv. mi les uns, ou de neuf, suivant les autres. Lap3* apnée était appelée la grande climatérique , parce que 63 est le multiple de 7 par 9. On a été jusqu a penser que les années climatériques pouvaient apporter quelque changement, non-seulement à la santé du corps, mais à la fortune, à la position sociale , etc. La science moderne a fait justice de ces rêveries , fondées pour la plupart sur la théorie des nombres de Pythagore; cependant on conserve le nom de climatériques , ou plutôt de critiques, à certaines époque» de la vie (comme celle de la puberté, de l'Age critique chez la femme), où surviennent de grauds changements dans la constitution.

CLIMAX ( du grec climax, degré), figure de Rhétorique indiquant que le discours s'élève ou descend comme par degrés : on l’appelle plutôt gradation.

Dans la Musique ancienne , on ap|*elait climax : 1° un trait où deux parties vont à la tierce, eu montant et eu descendant diatoniquement; 2° un trait de chaut qui est répété plusieurs (bis de suite , et toujours un ton plus haut.

CLINANTHE ^du grec clinè, litt et anthos , fleur), nom donné , eu Botanique , à I extrémité élargie d’un pédoncule qui porte plusieurs fleurs , comme dans les Composées ut les Di}tsacécs. Après la floraison , le clinauthe est creusé de petites fossettes ou couvert do poils , de soies ou de paillettes.

CLINIQUE (du grec clinè, lit), enseignement pratique de la médecine, fait au lit mémo des ma-

CLOA

CLOC

Iodes. Dans l'enfance delà médecine , kl clinique était l'unique moyen d'étude des médecins ; liippocrate s'en servit avec un grand succès. Mais la clinique moderne ue remonte qu’au xivf siècle, à l’époque de l'établissement des hôpitaux ; Van Swieteu fonda à Vienne la première clinique véritable; Desbois de Hochefort dota la France de cet utile enseignement, qui plus tard fut rousidérablement perfectionné par Corvisart , Pinel et surtout jwar Desuult. Aujourd'hui on compte à Paris huit cliniques, dont quatre médicales , trois chirurgicales , et une d’accouchement. — On donne aussi le nom de Clinique aux ouvrages où sont consignées les leçons des professeurs de clinique. Pour les principaux ouvrages de ce genre , Voy. les articles mlokcine et chircrgif..

CLINQUANT (de Pallem.Mnÿcw, résonner, ou, par onomatopée , à cause du petit cliquetis que font entendre les feuilles de clinquant quand on les froisse), petite lame d’or ou d'argent très-mince, ou de cuivre doré ou argenté, quou met dans les broderies, les galons et les ruban* pour leur donner plus dV- l u. Ces feuilles ont quelquefois une de leurs surfaces teinte d'une couleur rouge, bleue ou verte, etc., recouverte d'un vernis. — Le clinquant ayant plus d'éclat que de valeur, on le prend au figuré pour les choses qui n’ont que de l’apparence.

CLIO, planète télescopique. Voy. Victoria. .

CLlQUfcT, petit levier dont on se sert pour empêcher qu’une roue qui tourne dans un sens puisse se mouvoir dans un sens contraire ; l'appareil prend alors le nom d'encliquetage. Le cliquet s’applique surtout aux roues à rocket , c.-A-d. à dents obliques: ou en fait un fréqueut usage eu mécanique, notamment en horlogerie et dans. les moulins.

CLISSE, petite claie d’osier, de jonc, qui sert à faire égoutter les fromages. Voy. t eusse.

CLlTüHE, Clitoriu, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Pbaséolées, est composé de plantes grimpauffes A feuilles composées de folioles articulées, mûmes de 2 stipules à leur base et à fleurs axillaires. Ces plantes, d’un aspect agréable, croissent pour la plupart au Brésil et aux Antilles. La Chlore Je Terrntc se cultive eu serre chaude.

CLIVAGE (de l’allemand klaben , fendre), division régulière que préseuteut les minéraux et d’autres corps cristallises lorsqu’on vient à les briser : etiaque fragment présente alors un petit polyèdre, et la poussière même de ces corps, considérée au microscope, est un assemblage de petits solides régulièrement terminés. Lorsuu ondonne,parexemplc, un coup de marteau sur du s|>ath d’Islande , tous les fragments sout autant de rhomboèdres. La pierre à plâtre ou chaux sulfatée se clive si facilement qu’on peut eulever sans choc des lames avec un couteau. Les clivages sout soumis A des lois particulières comme lés cristaux oux-méuies : le sens des clivages est constant pour chaque substance, de sorte que, pour un même minéral, le polyèdre produit par la cassure présente toujours les mêmes augles. L’observation des clivages est très-utile au minéralogiste pour distinguer les différents corps qui appartiennent au même système cristallin. Berguiaun et Hafiy (1781) ont les premiers reconnu les clivages dans les minéraux. Voy. cristai.i.ocraphik.

CLOAQUE , aqueduc voûté et souterrain pour l’ècoulement des eaux pluviales et des immondices. Il est synonyme d’égout. — On connaît sous le nom de Cloaca rnuxima l« s égouts commencés A Rome l»ar Tarquin l’Ancien et achevés par Tarquin le Superbe. Us étaient fort larges, et furent si solidement construits que pendant 700 ans Us n’eurent pas besoiu de réparation : on en voit encore des vestiges.

En Histoire naturelle, en nomme Cloaque, chez les oiseaux et les reptiles, une cavité ou réceptacle commun formé par l’extrémité du tul»c intestinal . recevant à l’intérieur les orifices des voies urinaires

et génératrices et celui du rectum, et ayant une seule issue au dehors. Ou l’appelle aussi vestibule commun.

CLOCHE (en allemand y loche, en anglais clock). Les cloches sont ordinairement eu bronze (environ 78 de cuivre et 22 d'étain) ; le battant c si en fer. La région la plus épaisse d’une cloche est celle où frappe le battant ; la pirtie supérieure ou cerveau porte intérieurement un anucau auquel est suspendu le battant ; plus bas sont attachées lesrmïijr qui permettent de manier les cloches. On donne le nom de carillon à une réunion de cloches à timbres variés , et celui de bourdon A de grosses cloches dont le sou grave et puissaut se répand au loiu. Les cloches les plus remarquables sous le rapport de la grosseur sont celles de Moscou (66,000kilogr.), de I*ékingi60 ,000 kdogr.), de Saint-Etienne A Vienne en Autriche, de Notre- Dame A Paris , de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne ; celle de George d'Aiuboise A Notre-Dame de Rouen, qui lisait 18,000 kilogr. et qui a été foudue pendant la Révolution , mais remplacée depuis.

Ou a exprimé assez heureusement les divers usages attribués aux cloches dans les deux vers suivants :

L»i»rfo hrnm vrrum . pJrbrtn toco . rongrvgo demie .

L<funclo» ploro. fujo fulmina, fe»u dttuto.

Les cloches étaient connues des Hébreux, des Egyptiens et des Romains ; mais l'empl les églises pour annoncer les heures des offices no’ remonte pas au delà du vi* ou du vu» siècle : ou répète généralement que c'est S. Paulin, évêque de Noie, qui les introduisit le premier dans son église; cependant ou ne trouve pas cet usage mentiouué avant Rode, qui vivait A la fin du vu* siècle. La coutume do bénir, ou, selon l’expression vulgaire, de Ixifdiser les cloches, fût établie sous lepape Jean XIII. Après avoir exorcisé et béni le sel et l’eau , l’évêque lave avec l’aspcrsoir le dedaus et le dehors de la cloche, et fait en dehors sept onctions en forme de croix avec l’huile des infirmes, et quatre en dedans avec le saint chrême; ptlls il nomme le saint soai l'invocation duquel là cloche est bénite. On |tarfumc ensuite le dedans de la cloche, on chante l’évangile, et le célébrant termine la cérétn «le en frisant nu elle lesjrnedettcroix.— Hieron. Maggius, G. Gilbert, l’abbé Thiers, ont écrit des traités sur tes Cloches.

Pour Part de fondre les cloches Voy le Manuel du fondeur de Launay (Collection Rond).

Les jardiniers donnent le nom de Cloche A un vase de verre ou de terre , en forme de cloche , que l'on met sur les fleurs et sur les plantes délicates ou hâtives, pour les garantir du froid ou pour en accélérer la végétation. — Dans les laboratoires , on nomme ainsi un cylindre dont la partie supérieure est bombée , et qui sert de récipient.

Cloche se prend dans le langage populaire comme synonyme d 'ampoule ou de phlydène , pour désigner une tumeur formé* par l’épiderme soulevé, et rampHe de sérosité. — C est aussi un des noms vulgaires de la cachexie aququsedes liétes A laine.

Un up|>clJe Cloche à plongeur une machine en bois ou en fonte, ayant ordinairement la forme d’une pyramide tronquée et qui sert A descendre des hommes au fond de l'eau soit pour y exécuter des travaux de tout genre , soit pour y recueillir des objets submergés. L'air contenu dans la cloche empêche l’eau d’y pénétrer, et un système de tuyaux qui communiquent avec l’extérieur permet de renouveler Pair A mesure qn’ll se corrompt. On attribue l’Invention de la cloche A plongeur A un Américain nommé Will. l’Iiilipps; depuis quelques années on commence A en faire un usage fréquent en Angleterre et en France. On sc sert surtout dans la marine d’une cloche dite Cloche à carène, due A M. Touboulic, et destinée A visiter les carènes des bâtiments A flot.

CLOCHER , construction qu’on élève au-dessus d’une église pour y suspendre les cloches, est le plus

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