CRIC
présentent pas à un égal degré cct étil de dégradation physique et morale. On trouve beaucoup de crétins dans les vallées basses, profondes et étroites du Valais, d^ns la vallée d’Aoste, la Maurienne, dans une partie du Tyrol, de l’Auvergne et des Pyrénées. Les races affectées de cette infirmité sont connues dans quelques localités sous les noms de Çagots, de Caqueux, etc. Le crétinisme, qui est souvent héréditaire , parait tenir particulièrement à l'habitation dans les vallées profondes et humides. On l a aussi attribué à la crudité des eaux, h la prédominance dans le sol de la craie, de la magnésie, à l’absence de l’iode soit dans l'eau , soit dans l’atmosphère ; mais les causes n’en sont pas encore bien connues. Quant au nom de crétins, les uns le dérivent de chrétien, parce que dans les temps reculés on vénérait res infortunés comme des saints ; les autres, de creta , craie, parce qn’on attribuait leur mal À l’influcnco des eaux crétacées; d’autres le font venir de crête, parce qu'ils habitent près de la crête des montagnes.
CRÉT1QUE (vers). Voy. ampuimacre.
CRETONNE (de Cretoi i, fabricant normand qui fit le premier cette toile, il y a environ deux siècles), sorte dj toile blanche très-forte qui se fabrique dans les environs de Lisieux , est fuite en entier avec du fil de lin , sur une chaîne de fils de chanvre. Il y a des cretonnes de toutes les qualités, fines, moyen- i nés et grosses. On s’en sert pour le linge do corps, j surtout pour les chemises.
CRETONS, résidu des pellicules qui contenaient le suif avant qu'on l’eût fondu; on en fait des pains pour les chiens de basse-cour et les chiens de chasse. Les corroyeurs et les hongroveurs s'en servent pour adoucir leurs cuirs. On appelle cretonniers ceux qui achètent les résidus de suif pour en tirer le creton.
CREUSET (dérivé de creux), vase généralement fait de terre réfractaire (silicate d’alumine, de chaux et de fer) , quelquefois en porcelaine, en platine, en plombagine ou en fonte, qu’on emploie dans les laboratoires de chimie et dans plusieurs arts industriels pour fondre ou calciner certaines substances. U a ordinairement la forme d'un cône tronqué, fermé à son sommet, arrondi ou triangulaire et ouvert à sa base. Les meilleurs creusets en terre viennent d’Allemagne,et sont connus sous le nom de creusets de Hesse : ils résistent à des températures d'autant plus élevées qu’ils contiennent moins de diaux et d’oxyde de fer. Le chimiste allemand Glauber recommanda un des premiers l'usage des creusets de Hesse. On distingue trois espèces de creusets : 1° les Cr. poreux, qui sout les plus réfractaires; les Cr. désoxydants, propres à la réduction des oxydes métalliques; les Cr. compactes, qui sont fort sujctsA se fendre. Voy. coüpxj.le.
CREVETTE (d'écrevisse) , Gammarus, genre de petits Crustacés , section des CysUbranches , appelés aussi Chevrettes et Salicoques , et asser semblables à de petites écrevisses. Les Crevettes ont pour caractères : un corps allongé, la tête petite et arrondie, des antennes et à trois articles , situées au devant de la tète , entre les yeux de médiocre grandeur, quatorze pieds, dont les quatre antérieurs sont terminés par une main large, comprimée, pourvue d'un fort crochet, susceptible de mouvement; les suivants finissant insensiblement en un doigt simple et légèrement courbé daus quelques-uns; l'abdomen est pourvu de longs filets, très-mobiles, placés de chaque côté du dessous de la queue, qui est terminée par trois paires d’appendices allongés. Ces crustacés sont trèscommuns sur le bord de la mer et môme dans les eaux douces courantes; ils sont très-agiles et Irèsvoraces : ils se nourrissent d'insectes, de végétaux, de poissons et de débris d'animaux. Les especes les plus connues sont : la Cr. marine, qu’on pèche en abondance sur les côtes de Normandie et d'Angleterre , et qu'on sert sur nos tables comme un mets délicat ( Voy. craMjO.v) : on donne le nom de Itou-
quel aux plus belles crevettes; la Cr. locuste, pins rare en France qu'en Angleterre, et qui est phosphorescente ; la Cr. des ruisseaux, ou Squille aquatique, qu'on trouve dans les sources aux environs de Paris : elle est petite, et nage touiours sur le flanc.
La Crevette donne son nom à la famille des Crevettines, qui est partagée par M. Milne-Edwards en deux tribus: les Crevettines sauteuses, comprenant les Crevettes, les Talitres, les Orchesties ; et les Cr. marcheuses, dont les genres principaux sont les Corophies, les Atyles et les Podocries.
CRI. On appelle Cri d’armes la devise que les seigneurs féodaux faisaient graver ou peindre sur leurs armes , et qui , sur le champ de bataille , servait de mot de ralliement. Celui des anciens rois de France était Montjoxe et St-Denis; celui des premiers ducs de Bourgogne, Chastillon au noble duc ; celui de la maison de Savoie, quelquefois Savoie, quelquefois Saint-Maürice , et souvent Bonnes- Souvel les ; les ducs de Bretagne criaient : Saint-Malo au riche duc; ceux d'Auvergne, Clermont au Dauphin d’Auvergne; ceux de Brabant, Louvain au riche duc : les seigneurs de Coucy, Coucy à la merveille ; les comtes de Flandre ; Flandres au lion ; les rois de Navarre, Bigorre, Bigorre, comme issus des anciens comtes de ce nom, etc. Tous les gentilshommes n'avaient pas le droit du cri d’armes; c’était un privilège qui n'appartenait qu’aux chevaliers bannercts.
11 ne faut pas confondre le cri d’armes avec le cri de guerre, qui a été employé de tout temps, et qui le plus souvent, surtout chez les anciens, n’était qu une clameur confuse. C'était aussi quelquefois une phrase courte ou un mot expressif, ou bien le nom d’un saint ou celui du chef. Le cri de guerre n’existe plus aujourd'hui chez les peuples civilisés; le cri d'armes s’est conservé dans les armoiries.
cris séditieux. L'article 8 de la loi du 25 mars 1822 punit d’un emprisonnement de six jours à deux ans et d'uuc amende de 16 fr. à 4,000 fr. tous cris séditieux publiquement proférés.
CRIBLE, machine destinée à nettoyer les grains des ordures avec lesquelles Ht sont mêlés, se compose d'un cercle en bois nommé cerche, de 1Ô centim. de large environ, et d’une peau de porc, d’&ne, de cheval ou de mouton, préparée par le parchemin ier, et tendue sur le cerche : cette peau est percée de trous faits a l'emporlc-piêcc. 11 y a des cribles de plusieurs dimensions; les petits se tiennent des deux mains, comme les tamis du droguiste ; les grands se suspendent au plancher par trois cordons.
On appelle encore Crible une planche percée de trous, destinée à maintenir les tuyaux dont les embouchures sont placées dans le sommier de l'orgue.
On appelle Crible d' Êratosthène uue méthode Inventée par ce mathématicien pour déterminer les nombres premiers. Elle consiste à exclure de la suite des nombres naturels : 1, 2, 3, 4, etc., tous ceux qui oui des diviseurs ; les nombres restants sont alors nécessairement des nombres premiers.
CRIC ( par onomatopée) , machine destinée à soulever des fardeaux , se compose généralement d’une barre de fer formant crémaillère et dans laquelle s’engrène un pignon que l’on fait tourner sur son axe au moyen d'une manivelle. On met au cric un cliquet qui , entrant daus une des dents du pigoon , l'empêche de tourner lorsque lamachiuo, ayant produit son effort, le poids agirait pour redescendre. — On appelle Cr. h noix un appareil dont se servent les emballeurs, les voituriers, les rouliers, pour serrer les ballots, malles, paquets et colis, de façou à résister aux secousses et aux cahots de la voiture ; Cr. à vis, un instrument servant aux mômes usages, qui se compose de deux crochets à écrous, tenant les deux bouts d’une chaîne et qu’on rapproche au moyen d’une barre de fer ronde travaillée en vis.
CR1C01DE (du grec cncos, anneau, et eidas.