‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 287 sur 508 · CRIS · texte numérisé non relu

CRIS

pt tmihve, dont les arêtes et les angles se modifient, suivant les circonstances, d'après cette loi de symétrie : ainsi, le carbonate de chaux se rencontre dans la nature sous des formes oxcessivcment variées , mais qui toutes dérivent du rhomboèdre ; ce* formes dérivées sont dites formes secondaires.

On appelle système cristallin , l'ensemble des lois d’après lesquelles les formes secondaires dérivent de la forme primitive. On choisit la forme primitive parmi les types les plus simples, ordinairement parmi les formes parallélipipèdiques ou prismes à 4 faces : tels sont le cube, le prisme droit à base carrée ou* basa rectangulaire , le rhomboèdre, le prisme oblique à base rhoml* ou à base de parallélogramme obliquangle. V. cristallisation et cmsTALLOctApmc.

oust al, espèce de verre remarquable par sa beauté et sa transparence. On distingue: 1® le cristal ordinaire. verre à basa de plomb, qui se fait avec du sable blanc , de la potasse et du minium ; il se reconnaît à sa grande pesanteur spécifique qui varie de 2, 9 k 3, 3 ; 2® le cristal de Bohême , verre à base de potasse et de chaux, moins dense {î>6), mais bien plus dur que le cristal ordinaire; on K- f i brique avec du sable très-blanc, de la potasse cl «le la chaux Tort pures, etc. On colore le* cristaux en il en avec ) oxyda de cobalt, en vert avec le verdet du commerce, en rouge avec le précipité d'or, dit pnnrpi r de CmiDi.— La fabrication du cristal ordinaire est originaire d'Angleterre. Les cristaux de Bohème se fabriquent Surtout en Bohême et aux environs de Venise; on en fabrique auwi en France, notamment à Baccarat et à U Plaine deWalsh (Meurthe), à Saint-Louis et à Muut* lahl (Moselle), à Bercy, à Cticby et k Grenelle [Seine); on Belgique , a Voneiche, etc. On doit h MM. Guinand fils et Bon temps, directeurs de la cristallerie de Choisy-le-Roy, d’importants perfectionnement* dans la fabrication des cristaux, ainsi que des autre* espèces de verre, comme le crown-glasset le flint-glass, qu'on emploie pour les instruments d’optique.

L'art de tailler les cristaux a été importé de Bohême en France vers 1740 par un certain Bûcher. Ce travail comprend : 1 ‘ é bouchage . qui se fait à U meule de fer, au moyeu de sable fin, pur et mouillé; le premier adouci, qui se fait à la meule fine; le second adouci, à la meule de bois, avec U poudre de pierre-ponce mouillée ; enfin le poli t k la meule de liège, avec de la potée* d'étain sec.

Cristal de roche, tin appelle vulgairement aitsi. le quartz pur et cristallisé. Vny. quartz.

CRISTALLERIE, fabrique de rristaux. V. cristal.

CRISTALLIN ( de .cristal f à cause de sa transparence , espère de lentille transjwrente située dans le globe de l'œil, derrière la pupille, et qui est destinée à recevoir le cône do lumière émané d’un < point lumineux pour en réfracter les rayons et les rassembler ainsi sur la rétine. Le cristallin n'a guère plu* de 4 millim. et demi d épaisseur sur 9 de diamètre; sa fjirc antérieure est un peu plus aplatie que sa face postérieure. Transparent rhex l’adulte, il jaunit et durcit avec l’Age. U est enveloppé d'uae membrane, séreuse dite capsule du cristallin , dont Il n'est séparé que par un fluide peu abondant appelé humeur de Morgugm : il est suspendu dan* un liquide limpide qu'on appelle AwmeuriuVrèè.L'opadté du cristallin et de sa membrane empêche le* rayons lumineux d’arriver h la rétine et produit ainsi a maladie connue sous le nom de Cataracte.

CRISTALLIN f SYSTÈME ). Voy. CRISTAL.

CRISTALLINE, base salifiablc oléagineuse découverte par Ronge dans l'huile empyreumalique d'iidigo, a été ainsi nommée parce qu'elle forme, avec les arides, des sels susceptibles de cristalliser. Elle est plus connue sous le nom d' Aniline. Voy ce mot.

CRISTALLISATION , formation do cristaux. La cristallisation a lieu par la voie humide ou par la voie sèche, e.-à-d. par dissolution ou par fusion.

Si Fou dissout un sel dans l'eau , et qu'on enlève ensuite une certaine quantité do ce liquide par l'évaporation , le sel, au moment de se séparer , prend souvent la forme cnstalliue. Si l'ou fait fondre un métal , le bismuth par exemple, et qu'on le laisse ensuite refroidir lentement en décantant la partie encore liquide dès que le reste s'est concrété, on obtient de beaux cristaux de ce métal. La cristallisation est, en général, d’autant plus parfaite, qu'elle est plus lente. — Les cristaux qui se déposent au sein de l’eau en retiennent souvent en combinaison une certaine quantité; la proportion de cette eau de cristallisation o*t toujours la même pour le ménic sel À la même température. C’est à sa présence que les sels doivent la propriété de se /fleurir au contact de l'air sec, comme cela a lieu, par exemple, pour la soude ou le sel de Glauber : ccs sels perdent alors leur transparence et se réduiseuten poussière par TetJ'et de la perte de leur eau de cristallisation. Celle-ci leur communique aussi la propriété de se liquéfier par une légère chaleur ; cette fusion noueuse fait vaporiser leu r eau de crfetlall isouon, et ce a 'est qu 'après être devenus anhydres qu’ils peuvent de nouveau se fondre par l'action du feu; alors iltéprouveiit ce qu’oc appelle la fusion ignée. Les sels desséchés , et susceptibles de se combiner avec l'oatt, développent toujours de la chaleur an contact de ce liquide , parro qu’ils reprennent «lors l’eau de cristal lis.i don qu’on leur avait tait perdre; ou observe ce plu nomèue en gâchant avec de l'eau le plâtre cuiL Unira l'eau de cristal (talion , (es sels en coQli«ntt£nl souvent une certaine quantité simplement ^engagée cuire les molécules des cristaux ; ils doivent a cette eau, dite eau <T interposition , la propriété d 'humecter le papier dans loque) on les comprime , aiusi que celle de se fendiller avec bruit etdé sauter en éclat* quand on les expose brusquement A une forte chaleur : le sel de cuisine offre ce phénomène do dècrépitntion.

CRISTALLOGRAPHIE (du grec crystullos, et do graphô, écrire ), science quia pour objet l’étude dos cristaux et des relations de forme qui existent entre i eux. Ces relations se déterminent par les mesures des angles des cristaux à l’aide du goniomètre {Voy. c« | mot), et par des calculs trigonométriques basés sur ces mesures. La cristallographie sert aux chimistes et aux minéralogiste» pour distinguer les corps.

Les anciens naturalistes connaissaient des cristaux, particulièrement le cristal de roche ; mai* ils les regardaient comme des jeux de la nature, et ignoraient les loi* qui en régissent la forme. Linné parait avoir le premier compris l'importance de l’élude des cristaux pour la connaissance des minéraux, et il peut être considéré comme le fondateur de la cristallographie. Romé de Liste publia , en 1772, te premier traité de cristallographie, et fit les preinicres recherches scientifiques sur cotte matière ; mais il ne vit dans tes cristaux que des corps isolés. Üo fut Haüy qui , quelque temps après, eut la gloire de découvrir la loi de symétrie à laquelle sont subordonnées toute* les formes cristallines : il avait reconnu à Pans, en 1781, presque en môme temps que Bergmaun à Berlin , qu un certain nombre de minéraux ont la propriété de se causer suivant des lames dont le sens est constant pour chaque substance ( Foi/. cuvage ), et cette découverte est devenue la première base de la minéralogie géométrique. Haüy fit de la I cristallographie une science rigoureuse. M. Weiss y introduisit plus tard quelques considérations nou- ! voiles, et entre autres Yhémiédrie. Plus récemment I encore, M- Mitscherlich formula sa belle théorie de I V isomorphisme. M. G. Delafosse a, dans nu savant . mémoire lu k l’institut en 1851, établi les rapfports qui existent entre la comp«>8itioQ atomique et les ' formes cristallines. La science doit aussi beaucoup aux travaux de MM. Ebelmen et Becquerel.

Les meilleurs traités de Cristallographie sont «dix

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