DÉMO
Suisse, les Elats-Uuis d'Amérique, la France, sous la l,f République et depuis 1848, offrent des exemples de démocraties. On peut consulter : De la Dém tie nouvelle, par Ed. AU» tz, et De la Dénuée rat ie en Amérique par M. Al. de Tocqueville, 1838-40.
DEMOISELLE , plus anciennement Damoiselle (diminutif de dame), sc disait autrefois d’une fille liée de parcuts nobles. Au xu* siècle, la qualification de demoiselle était propre aux femmes d'écuyers ; celles de chevaliers portaient le titre de dames. Jusqu’au xvii*, les femme» nobles portèrent seules le titre de darnes ; les femmes do la bourgeoisie portaient alors le nom de demoiselles. Voy. mademoiselle.
Eu Histoire naturelle, ou douuc vulgairement le nom de Demoiselles aux inscctcsdu genre Libellule ; à plusieurs poissons, au Marteau, à laDouzellc, à l’Holacauthe;àdivorsoiscaux,telgque la Mésange à longue queue, le Troupiale doré, etc. — La Demoiselle de Numidie une espèce du genre Grue, au cou noir, au corps gris bleuâtre, avec deux faisceaux blanchâtres sur les rélés du cou ; on la trouve eu Afrique.
Le mot demoiselle a encore un grand nombre d'acceptions bien connues daus les arts. Pour l'instrument de ce nom employé par les paveurs, Voy. iue.
DEMON (en arec daimôn). Ce mot, qui, chez nous, ne sc prend quen mauvaise part, signifiait, chez les anciens, Génie, être invisible qui présidait aux actes des hommes, les conseillait, et veillait sur eux. Les démons étaient supérieurs à l'homme, et participaient de la nature divine. — Le Démon de Socrate est célèbre : ce philosophe soutenait qu’un génie particulier le détournait du vice, lui donnait, par une espèce de seconde vuo, la connaissance de faits éloignés, et l'avertissait quand ses ainis formaient des entreprises inconsidérées. On peut lire sur ce sujet les Dialogues de Platon , surtout le Théagis.
Les Chrétiens appellent démons des anges qui fureut infidèles à Dieu et se perdirent par leur orgueil et leur ambition. Ils Rirent précipités dans l’eufer Satan est leur chef. L’occupatiou contiuudfa des démons est, d’après les théologiens, de causer la mort, les guerres, les infirmités, la stérilité, les orages cl tous les maux , mais surtout de tenter les hommes. Ce pouvoir doit durer jusqu'à la fin du monde.
Chaque nation a eu ses démons : la plupart soûl plus connus sous le nom de Génies. Voy. ce mot.
DEMONOMAME, monomauie dans laquelle le malade croit être possédé du démon. Cette mouomanie est due à l’altération ou à l'exaltation des organes du cerveau. L’âge du plus grand nombre de ces possédés est de trente à cinquante ans. Les femmes sont plus sujettes à la démonomanic quo les hommes. — J. Bodki a publié, sous le titre de Démonomanie, un livre cnrieux où il traite des démons et des sorciers.
DEMONSTRATIF (genre). K. Eloquence et genre. DEMONSTRATION, c mot l’anploii tertoot dan# les Sciences pour exprimer l'ensemble des raisonnements par lesquels on établit d’une manière péremptoire la vérité d'un fait , d'une proposition. Ou distingue : Démonstration à priori , qui se tire d’une chose préexistante à celle que l’on veut prouver, ou de l'essence mémo de la chose (comme 1a démonstration de l’existence de Dieu par l’idée même que nous en avons D. à posteriori, auo l’on tire d’une chose postérieure à celle qu’il s'agit de prouver, des effets de la chose à démontrer (comme la démonstration d’un Dieu par l’ordre de l’univers) ; D. synthétique , qui part d'axiomes ou de vérités générales déjà démontrées, pour en déduire quelque vérité particulière, coin me dans le syllogisme; D. analytique , méthode de raisonnement qui tantôt ramené une proposition à scs éléments pour la faire dépendre d’une autre proposition déjà démontrée ou évidente par elle-même, tantôt fait regarder comme vraie la chose en question , et tire de cette hypothèse des conséquences successives, jusqu’à ce qu'on
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«oit arrivé à un résultat évidemment vrai ou évidemment faut ; c'est cc qu'on fait en algèbre.
DE.NURELLE (du grec dendron , arbre), genre d’infusoires au corps conique, souvraul antérieurement en un orifice dépourvu de cirrhes et terminé postérieurement par un pédicule ramifié. Les Dendrelks vivent eu parasites sur les Conforves, les Cératophylles et autres plantes aquatiques.
DENDRITE (du grec dendron , arbre). Tantôt ce mot est sv non y me d' Arborisation [Voy. ce mot); tantôt il désigne les arbres fossiles. — Ou donne répltbète de Dendritique à tout ce qui a la forme d'arbre ou d’arbuste, ou qui offre des arborisations.
DENDROLITHE (du grec dendron , arbre, et/ithos, pierre), arbre fossile. Voy. fossile.
DENDROLOGIE (du grec dendron, arbre, et logos, discours), partie de l'Histoire naturelle qui s'occupa de la science des arbres.
UENDRORIlAGE (du grec dendron, arbre, et phagô, manger), nom donné aux insectes qui habitent dans l'écorce et le tissu des arbres, et qui se nourrissent de la matière du bois.
DENDROPH1DE (du grec dendron, arbre,eton/u>, rouleuvre), Üendrophis , genre de reptiles Ophidiens de la famille des Couleuvres, se distingue des Couleuvres proprement dites par un corps légèrement comprimé, des écailles lisses, fort allongées, inclinées en arrière, offrant sur le dos des chevrons composés d'écailles quadrilatérales et étroites. Les Dendrophides ont le museau arrondi , les yeux grands, A fleur de tète, la pupille circulaire, la tete revêtue de grandes plaques. Ces serpents ont souvent plus d un mètre. On les trouve eu Asie et eu Afrk lue, où ils habitent sur les arbres : d'où leur nom.
DEM !>E JUSTICE, refus fait par le juge de rendre la justice. — D'après la loi française, il y a déni de justice même lorsqu'un juge, sous prétexte du silence , de l’obscurité ou de l'insuffisance de la loi, refuse de rendre la justice; et, dans ce cas, 11 est puni d’un* amende de 200 à 500 fr. et do l’interdiction de l’exercice des fonctions publiques depuis 5 jusqu'à 20 ans (Code pénal, art. 185).
DENIER (du latin denarius, dixième), petite pièce de monnaie dout la valeur a varié suivant les lieux et les temps. Ch et les Romains, c’était une pièce d’argent, marquée d’un X, qui valut lOas, puis 10 ; il y eut 84 deniers à la livre jusqu'à Auguste, et 96 postérieurement. Le denier valut d’abord 82 cent., puis 72.
Introduit par les Romains dans les Gaules, le denier contint 21 grains d’argent sous les rois de la première race, et même de 28 à 30 grains sous les premiers rois ue la deuiièmc race; mais peu A peu, il diminua de valeur par une addition de cuivre de plus en plus forte, et Huit par perdra toute valeur, môme comme monnaie de cuivre.
Les premiers deniers de cuivre pur furent frappés sous Philippe Irr : ils valaient la 12* partie d’un sou du temps. On appelait D. tournois eCUX qui étaieut frappés par l’archevêque de Tours; et D. parisis, ceux qui étaient frappés à Paris par Tordra du roi : ces derniers valaient un quart de plus. Il y avait encore les Z). toulousains ou tolza, les D. viennois, les D. tou/ois , etc.; les D. de gros, monnaie de compte qui valait la moitié d’un sou ; les D. de poids de nuire, tiers du gros ou 24* de l'once, etc.
On trouve souvent aussi le nom de denier appliqué A une monnaie d’or sous les rois de la troisième race, il est alors synonyme de florin. Voy. ce mot.
Le mot denier s’employait encore : pour exprimer le taux de l’intérêt de l’argent par le rapprochement du nombre de deniers qu'il faudrait donner en capital pour obtenir un denier de bénéfice A titre d'intérêt : ainsi , prêter au denier vingt . c’était recevoir un denier d'intérêt pour 20 deniers de capital prêtés; prêter au denier dix , au denier huit , c’était recevoir un deuier pour 10, pour 8 deniers
prêtés; le denier vingt représente cinq pour cent : c’est le seul taux légal; — pour désigner certaines sommes prélevées comme taxes, impôts, droits de. tout genre, telles que le centième denier, les deniers (toctroi, les deniers royaux, le denier de César ( contribution qui obligeait chaque chef de famille à payer au roi trois deuiers par an); le denier de Saint-Pierre, ou Romescot (imposition établie pour la première fois en Angleterre en 740, pour être remise au pape comme offrande ou comme redevance, et depuis introduite en France, en Allemagne, etc.}.
En termes de Monnayage, on nomme denier ue poids, ou simplement denier, 24 grains ou la 785e partie du kilogr.; denier de fin ou de loi, le degré de pureté de l’argent, ou, plus exactement, chacune des parties de fin contenue dans une quantité d’argent quelconque qu’on suppose alors divisée eu 12 parties égales.’
Dans les Comptes, le fort denier est la fraction qu’on ne peut payer effectivement qu’avec une pièce do monnaie plus forte, et qui profite A celui qui reçoit : ainsi 99 centimes ne peuvent se payer qu’avec 1 fr.; le centime d’excédant forme ici le fort denier.
Autrefois, ou appelait denier à Dieu une légère contribution qui se payai! sur tous les marchés ou engagements, pour être employée à quelque acte pieux et surtout au soulagement des pauvres. Plus tard, ou préleva une partie de cette taxe pour les réparations des ponts et des chaussées. — Aujourd'hui, on entend par denier à Dieu la pièce d'argent qu’il est d'usage de donner au concierge d’une maison lorsqu’on loue, ainsi qu’au domestique qu’on veut arrêter : celte pièce d’argent tient lieu de contrat entre les parties , et, passé le délai de vingt-quatre heures, rengagement dont il est le signe est considéré comme définitif. La quotité du denier à Dieu varie selon l'importance des locations.
DENIZAT10N (lettres de). On appelle ainsi en Angleterre des lettres royales en vertu desquelles un déni zen, ou étranger, qui a formé le dessein de résider en Angleterre, obtient le premier degré de naturalisation. Co lettres lui donnent le droit de recueillir des héritages et d’acquérir des propriétés ; clics permettent à un ecclésiastique étranger de posséder des bénéfices eu Angleterre. La déuixation ne fait nas perdre la qualité de Français.
DÉNOMBREMENT, recensement de la population d'un pays. Chez les anciens , les Égyptiens et les Hébreux avaient l’habitude de faire do fréquents dénombrements : ou cite surtout chez ces derniers le dénombrement de Moïse avant la sortie d’Egypte et celui de David. A Rome, le dénombrement, cens ou lustre (lustrum), fut institué par Servius Tullius; il avait lieu tous les cinq ans. — Chez les peuples modernes, la dénomination de recensement est plus usitée.
Dé nom mu. ment (eu Droit féodal). Voy. aveu. DENOMINATEUR, se dit, en Arithmétique et en Algèbre, de celui des deux nombres d’une fraction qui indique eu combien départies l’unité est divisée, ui dénomme l’espèce de ces parties; on l’écrit auc&sous de l’autre nombre, dit numérateur en l’eu séparant par un trait. Dans par exemple, 4 est le dénominateur de la fraction.— Dans les frac tious décimales, Je dénominateur n’est jamais exprimé en chiffres : c’est toujours le nombre décimal du rang immédiatement supérieur au dernier chiffre énoncé.
La réduction des fractions au même dénominateur s’effectue, pour deux fractions, en multipliant les deux termes de chacune d’elles par le dénominateur de l’autre, et, pour plusieurs fractions, en multipliant les deux ternies de chaque fraction par le produit des dénominateurs de toutes les autres.
DENONCIATION, nom donné, en Droit criminel, A la révélation qu’on fait spontanément A la juslico d'un crime ou d’un délit, dans uu but d'intérêt public; il faut bien se garder de confondre dénonciation