DENS
DENT
et délation ( Voy . ce mot). D’après la loi , quiconque a été témoin d'un attentat contre la sûreté publique, contre la vie ou la propriété d’un individu, est tenu d’en donner avis sur-le-champ au procureur de la République ou À ses auxiliaires, tels que juges de paix, commissaires de police, officiers de gendarmerie, etc. i.Code d lnstr. , art. 30). — Dans le cas de dénonciation cnlomtiicu.se faite par écrit , l'accusé acquitté peut obtenir des dommages contre ses dénonciateurs (Code pénal , art. 373).
On distingue la U. civique ou officieuse, faite par tout citoyen désintéressé; la D. officielle ou salariée, qui appartient aux officiers de police.
En Procédure civile, la dénonciation est la signification faite à quelqu’un de certaines procédures dans lesquelles il n’est pas partie.
DÉNOÙMENT, se dit, en Littérature, du point où aboutit et se résout une intrigue épique ou dramatique. La cessation de la colère d’Achille fait le dénomment de VJ/inde; la mort de Turnus, celui de V Enéide; la mort de Pompée , celui de la Pharsale. Au théâtre, le dénoùmcnl doit être amené avec plus d'art, car c'est de lui surtout que dépend le succès d’une pièce. Il sera d’autant plus intéressant, qu’il démêlera le nœud de l’action d’une manière plus imprévue : tel est le dénoùment de Rodoyune. Dr, tous les moyens d’amener le dénoùment , le plus favorable est la reconnaissance; malheureusement, l’abus qu’on en a làit l’a rendu trop commun. Il faut «ussi citer le merteilleux (I)eus ex maehinâ), dont les anciens ont fait un fréquent usage, et que Corneille et Racine ont employé fort habilement dans Polueucle et dans Athalic.
DENREE (du vieux mot denctHe ou denierée , r.-à-d. chose acquise moyennant denier ou argent), nom donné a toutes les productions de la terre et en général aux marchandises qui entrent dan» la consommation.
On entend i>ar Denrées coloniales le café , le sucre de canne, le cacao, le poivre , le giugembre , les confitures des tics , la mélasse , le coton , l’indigo , le ronron et la casse, et autres productions qui proviennent exclusivement des colonies.
DENSITE (du latin densus, dense), ou Pesanteur spécifique , se dit, en Physique, du rapport de la unisse d’un corps <\ son volume. C’est la quantité plus ou moins graude de matière pesante que les corps contiennent sous un môme volume. On rap|>orte losdeusitésdesrorps à un terme de comparaison convenu , qui est l’eau pour les solides et les liquides, et l'air pour les gaz et les vapeurs.
La densité des liquides et des solides se détermine A l’aide du flai'ûn bouché, des aréomètres , ou de la balance hydrostatique. Le premier procédé est le plus simple : on prend un flacon bouché à l’émeri ; ou le pèse d’abord vide, puis on le remplit d’eau , et on le pèse de nouveau ; enfin, on le remplit avec le liquide dont on veut connaître la densité, et on le liés*' encore une fois. Si. par ex., le flacon pèse, vide, 56,916 gr., et, plein d’eau, 84,66 gr., le poidsde l'eau sera de 27,744 gr. ; si , rempli d’acide sulfurique , il pèse 107,142 gr., cela fera, pour le poids de l’acide sulfurique, gr. 50,226. La proportion 27 ,744 : 50,226 : : 1 : x donnera la densité de l'acide sulfurique , ou 1,81. — Pour prendre la densité d’un corps solide au moyen du même flacon, on so base sur ce principe d’Archimède, qu’un corps plongé dans un liquide perd de son poids un poids égal à celui du volume du liquide déplacé : on prend le poids du corps dans l’air et le poids du flacon plein d’eau; introduisant alors le corps dans le flacon, on pèse de nouveau. Un trouve ainsi que le nouveau poids est moindre que les poids réunis du flacon , de I eau et du corps; la différence est le poids du volume d’eau déplacé. Si, par exemple, on trouve que le corps pèse 12(25, et l’eau sortie 1,68, la densité du corps sera égale à 12,25 :
1,68 , ou 7,29. — Pour prendre la densité des gai, ou pèse successivement un ballon vide, puis plein d'air, et enfiu plein de gaz. U faut tenir compta, dans cette opération, de la température du gaz et de sa force élastique, à moins d'opérer assez rapidemeut pour que la température et la force élastique soient les mêmes que celles de l’air. Quand on connaît la densité d'un gaz par rapport à l’air, il est aisé de savoir ce qu’elle est par rapport à l’eau : il suffit de diviser par 773 le nombre qui représente la deusité.
Pour le» deux «autres moyens de mesurer la densité , Voy, AMtOKÈTM et balance hydbostatiuüe.
Les corps les plus denses sont le platine, l’or, le mercure; les huiles sont moins denses que l'eau. Les gaz sont les corps les plus légers; le gaz hydrogène est le corps le plus léger qu’on cpuuaisse.
DENI* (en latin <fcfitf).Dans l'homme et les Mammifères, les dents garnissent le bord antérieur de chaque mâchoire. Chaque dent se compose d’une couronne qui fait saillie en dehors, d’uoc racine implantée dans une cavité appeléca/uéfo/CjOt d’un collet ou cul, qui sépare la racine de la couronne. Quant à la matière elle-même de la deut,on y distingue : 1° une partie intérieure ( pulpe ou noyau), molle, gélatineuse, pourvue do vaisseaux et de nerfs, qui est l’organe sécréteur de la dent et le siège des douleurs si vives qu’on y éprouve; 2° une partie intermédiaire, dite ivoire, dont la texture est très-dense, sans aréoles ni cellules : elle présente une disposition lainelleuse et une cavité qu’occupe le ceutre de la couronne, et qui va en se rétrécissant jusqu’au sommet ouvert de la racine ; l’analyse chimique montre cette partit; composée de phosphate et de fluate de chaux, de carbonate de magnésie , de soude et de chlorure de sodium ; indépendamment des cartilages et des vaisseaux ; 3° Yémail , qui recouvre l'ivoire, de consistance cartilagineuse, d’un blanc mat: il est peu adhérent à l’ivoire tant que la dent n'a point percé la gencive ; il acquiert, au contraire, une très- grande dureté et adhère intimement à l’ivoire dès qu’il a éprouvé 1 action de l’air et de la salive.
Chez les Mammifères, les dents sont de trois sortes : sur le devant, les incisives, qui servent à couper; sur les côtés, les canines ou laniaires , qui percent et déchirent les aliments ; au foud de la bouche, les molaires , qui servent à les broyer. Dans les herbivores, les molaires ont la couronne large et aplatie; dans les frugivores , la couronne est couverte de tubercules mousses , arrondis ; dans les carnivores, elle présente des tubercules tranchants; dans les inscctivores , enfin, elle est hérissée de pointes coniques s’emboîtant les unes dans les autres. — Le nombre des dents varie comme leur forme et fournit au zoologiste des caractères distinctifs; certains anirnaux n’en ont pas : tels sont les fourmiliers, les pangolin , les échidnés ( qui ont reçu de là le non» d ’ édentés) ; les baleines, les oiseaux , les tortues et quelques poissons; d’autres n’ont que des molaires, comme les tatous; d’autres des incisives cl des molaires seulement , comme les rongeurs ; d’autres enfin ont, comme l’homine, les trois sortes de dents : tels sont les singes, les carnassiers , les ruminants sans cornes et les pachydermes. — La place des dents varie aussi quelquefois : par exemple, dans les Crustacés, les Articulés, les Mollusques, elles sont souvent placées dans l’estomac ou dans l’iutérieur des voies digestives.
Le nombre des dents dans l’homme est de 32, savoir : 8 incisives sur le devant , dont 4 à chaque mâchoire ; 4 canines, une à chaque coin J celles de la mâchoire supérieure prennent le nom d œillères , ou dents de l’œil ) ; 8 fausses molaires, dites aussi petites molaires, dont 2 à chacun des côtés des mâchoires , et 12 molaires , dout 3 à chaque extrémité des mâchoires : les 4 dernières molaires, qui ne viennent que très-tard, sont api>clée* dents de sagesse.
DENT
DENT
Par opposition , on appelle dents de lait les premières dents des enfauts, qui, vers l’Âge de 7 ans, commencent a faire place aux dents permanentes. — Pour le développement des dents , Voy. dentition.
Dents barrées . molaires dont les racines sont tortues ou croisées, de sorte qu'on ne peut les arracher sans fracturer l’arcade alvéolaire.
J taux de dents. Voy. odontalgie cl carie.
En Ornithologie , on nomme dents les saillies ou dentelures dont est pourvu le bec de plusieurs oiseaux.
En botanique, on donne ce nom aux petites divisions du bord des calices d’une seule pièce ; aux pièces daus lesquelles uii péricarpe valvairc se divise à l'époque de la maturité ; aux parties saillantes du bord de certaines feuilles , etc.
On nomme vulgairement DentdechienouCynodon, rErythrone ; D. de lion , le Taraxarum ou Pissenlit.
dent dk loup, uom donné aux canines du loup ou du chien dont se servent les brunisscurs, les bijoutiers, les relieurs, etc., pour polir leurs ouvrages. On les assujettit au bout d’uu manche.
DENT DE NARVAL. Y'oy. NARVAL.
DENTAIRE (de dent), Dentaria , genre de la famille des Crucifères, renferme des plantes à racines - . •Irut.-.-s par des écailles. Ce sont des herbes à feuilles alternes , à fleurs en corymbes ou en grappes terminales, blanches ou violacées. Ou les trouve dans l’Auiériquedu Nord, l’Asie septentrionale et les Alpes. Elles sont carminatius et vulnéraires.
DENTALE (de dent), Dentalium , genre do Mullusquescirrhobranches, place autrefois parmi les Auneiides, et dont la coquille est uu.cône allongé , arqué , ouvert aux deux bouts , univalve. Cet animal porte en avant un tube membraneux reufermaut uu opercule charnu et conique ; sur la base du pied est une tête petite et aplatie, et sur la nuque, des branchies. Les Dentales se rencontrent sur les côtes des mers d<*s pays chauds, et vivent enfouis dans la vase.
DENTALES (consonnes), consonnes qu'on ne peut prononcer sans que la laugue presse les dents : telles sont D et T.
DENTE (de dent), nom donné, en Zoologie et en Botanique , aux parties des plantes et aux organes des animaux dont les bords sont garnis de pointes saillantes comme des dents. — Poisson. Voy. dentex.
DKNTELAIRE (respccetvpc étaitemployée contre les maux de dent»), Plumbago, genre de la famille de* Plombaginées, est composé de plantes herbacées ou ligneuses, A feuilles embrassant la tige, à fleurs en épis terminaux, de couleur rose , blanche ou bleue. L*es|H.re la plus connue est la D. d’Europe [PI. euro/nea), qui croit dans le Blidi de la France. C'est une plante d’environ 6b cent., à tige droite , c^uneléc et rameuse ; aux feuilles ovales , ondulées, velues; aux fleurs en corymbes. Cette plante est trè» Acre, et sa racine est employée comme delersivu et émétique. Ou l’emploie aussi contre la gale et les maux de dents. Le nom latin P lumbago est la traducliou du grec Molybdana , plante que l’on a supposée appartenir au genre Dente/aire.
DENTELLE, tissu léger et A jour, orné de fleurs ou devins , et  bords dentelés , que Ton fait A la uiaiu et au fuseau, avec du (11 de lin, de la soie, ou des (ils d’or, d’argent , etc. La dentelle en fil de lin est la dentelle proprement dite : c’est la plus hello et la plus chère ; ou y emploie un très-beau (il qui roûte, selon sa liuesseet sa perfectiou, de 100a 3,000 fr. ledeuii-kilcgr. La deutelie en lii du soie se fait avec de la soie de qualité inférieure et s’appelle blonde [Voy. ce mol) ; les dentelles noires sout eu (Il de soie noir. La dentelle en fil d'or cl d’argent sert pour les ornements d’église et les décorations : c’est la moins estimée. — Lu métier ù dentelle n’est autre chose qu’un coussiu formé d’une planchette rembourrée, qui sc place sur les genoux de l'ouvrière : ou pique avec des épingles uu dessin tracé sur vélin cl qui re-
présente U dentelle, puis, en revêtant les contours des épingles avec des fils de diverse* espèces que l’ouvrière tient au moyen de nombreux fuseaux, ou reproduit le dessin, et la dentelle sc fait à mesure, tout autour.
Les diverses espèces de dentelles se distinguent soit par la nature du travail qu’elles exigent, comme le réseau, la bride, les grandes et les petites /leurs, soit par les localités d où elles viennent. Les plus lie Iles se fabriquent à Bruxelles; viennent ensuite les points de Malines et de Valcncienues. le poiut d'Alençon, le point d'Angleterre, celui de Veuise, les blondes et dentelles noires de Chantilly, etc.
Ou ne sait guère  quelle époque ni daus quels lieux on a fabriqué pour la première fois de la dentelle ; mais c’est de Belgique que cet art nous est venu. Avant le xvu® siècle on ne confectionnait encore que des dentelles grossières et qui ne servaient qu’à orner les vêtements d’église. En 1606, Colbert fondu à Alençon, sous la direction de la dame Gilbert, la première manufacture do dentelles dites point d'Alençon : c’est cet établissement qui a donné naissance aux nombreuses fabriques qui se sont depuis élevées sur divers points du territoire. Aujourd'hui cette industrie s est beaucoup perfectionnée eu France, notamment en Normandie et en Picardie. — On a essayé plusieurs fois de faire de la dentelle à la mécanique; mais ces essais u'ont pas encore pu faire abandonner le métier  la uiaiu.
On appelle Application , Application sur dentelle, des (leurs ou autres ornements que l’on applique sur la dentelle, en les y cousaut habilement après les avoir brodé* à part.
dentelle de MEn, nom vulgaire de plusieurs espèces de coquilles appartenant aux genres Mi/lépore, Eschare et Flustre.
dentelle de vends, in un vulgaire de la Coquille dite Anadgomena flubellatu.
DENTEX ou dente, genre de poissons Acanthoptérygiens, de la famille des Sparoldes, est caractérisé par des dents coniques, uu corps comprimé, une tête graude, des pectorales longues et pointues, et par les rayons de leur dorsale cachés entre les écailles du dos. Ces poissons vivent eu troupes dans toutes les mers. Le D. vulgaire est argenté et bleuâtre sur le dos. 11 atteint 1 mètre de long , et est assez recherché pour sa chair. Sur les bords de la Méditerranée, on en fait des salaisons.
DENT1CULÉ, se dit, eu Botanique, des parties des plantes qui sont garnies sur leurs bords du dents très-petites , comme les feuilles de la laitue.
DENTIER , série de dents artificielles montées sur une seule pièce. On distingue des dentiers simples, disposés de manière A représenter exactement une des arcades dentaire* ; des dentiers doubles , assemblage do deux arcades dentaires, l’une supérieure, l'autre inférieure, unies ensemble a leurs extrémités au moyeu de ressorts, et s’adaptant aux arcades alvéolaires complètement dépourvues de dents. On les nomme aussi l'Atelier*.
DENTIFRICE (du latin dens, tient, et frivare , frotter), nom donné aux diverses préparations dont on se sert pour nettoyer les dents ut faire disparaître le tartre qui scdé|io*e à luursurface. Il faut se mettre en garde contre les poudres calcaires (corail, os de seiche, etc.), qui ont j»our effet de rayer et même d’user l’émail des dents, et contre les sulistances arides, dont l'action est encore plus pernicieuse. Un des meilleurs dentifrices, et en même temps uu des plus simples, est la poudre composée de parties égales de charbon porphyrisé . de quinquina et de crème de tartre.
DKSTIROSTRES i du latin dens, dcut,et rostrum. bec), famille de l’ordre des Passereaux, comprend ceux qui ont le bec érhancré au bottluu dentelé dans toute sa longueur. Tels sont : les Pies-grièches , les Gobe-mouches , les Merles , les Grues , les Fourmiliers, les Martin* , lot Choquardi , les Loriots , les
DENT
DEPO
R*' i- fins, les Fauvettes, les Roitelets, les Bergeronnettes. etc. La plupart sont insectivores.
DENTISTE. Pour exercer convenablement cet art, il fout joindre à des études d'anatomie et de chirurgie une grande dextérité de la main, et même, aujourd'hui, u lie certaine pratique de la mécanique. Outre les conseils hygiéniques qu’ils ont A donner pour la conservation des dents, et les prescriptions thérapeutiques ayant pour objet le traitement des maladies dont les dents peuvent être le siège, les dentistes ont à pratiquer plusieurs opérations, dont les principales sont h» limage, la cautérisation , le plombage , l'extraction ou arrachement , enfin le remplacement de la dent ou prothèse. Cette dernière partio de l’art a fait de urands progrès , surtout depuis 1814. Pendant longtemps, on ne sut remplacer les dents qui manquaient que par des dents d'individus morts ou par dus dents extraites d’individus vivants et transplantées immédiatement; mais on a presque partout renoncé à ces moyens cruels ou dégoûtants pour adopter l’usage des dents artificielles. L’on fabrique aujourd’hui dus dents artificielles incorruptibles , composées du pâte et d’émail A porcelaine mélauués avec divers oxydes métalliques; ces dents, montées et soudées sur des plaques de platine, «ont d’une durée indéfinie. Un fabrique aussi avec des fragment! de dents d’hippojwtauio des dents inaltérables ut qui imitent parfaitement la couleur du la dent humaine. Le plus souvent , ou assujettit les fausses dents au moyen de crochets, du ligatures, de ressorts, de pivots enfoncés dans la racine des dents ; mais ces divers moyens ont l’inconvénient d’être ou peu solides, ou douloureux, ou du moins gênants : une invention récente, celle dus dents à succion, dites osunores, qui s’enlèvent et se replacent à volonté , obvie A la plupart de ces défauts {Voy. osanorks). Parmi lus nombreux auteurs qui ont écrit sur Part du dentiste, il suffira de citer : Jourdain (Éléments d'odontalgie , 1750; Formation des dents . 1706; Maladies de la bouche, 1778); Fauchant (le Chirurgien dentiste, 1786); Ho toi (Soins necessaires [tour la propreté de la bouche, 1780); Dubois du ('.humant j Dents et râteliers artificiels, 1789); lh la barre ( Histoire des dents, 1806) ; Duval {Recherches historiques sur l’art du dentiste, 1808); J. Lemaire ( Traité sur les dents, 1822); Alarmant itOdontechnie, poème en 4 chants. 1825) ; Désirabode (F Art du dentiste, 1845).
DENTITION. Ou nomma aiusi l'ensemble des phénomènes qui ont lieu pendant les diverses périodes de la formation des dents. Les dents sa forment dans de très-petites vésicules membraneuses, qu’on nomme follicules, arrondies, fermées de toutes parts et qui adbèreut beaucoup aux gencives. 11 s’élève du fond j de ces follicules un petit corps rougeâtre et mon. nommé germe ou pulpe dentaire. La dent distend son follicule et la gencive, perce cette dernière ot se montre a nu sur le rebord alvéolaire. Cette première dentition ou éruption des dents de lait (dents primitives, dents temporaires ou de remplacement), commence vers l’âge de six mois , et su termine à 3 ans environ. La chute des dents de lait arrive vers Pige de 7 ans, et annonce la seconde dentition (dents permanentes), qui a lieu dans lu même ordre et de la même maniéré que la précédente, et qui est complété de 18 A 25 ans. Plus tard encore surviennent les dents de sagesse, qui garnissent lu fond de la bouche. Il est quelques enfants qui naissent avec 1 ou 2 iucisives, témoin Louis XIV ; cher d’autres, l’apparition îles premières dents est retardée jusqu’au commencement de la deuxième année et plus. — La dentition est, pour certains enfants, une cause de maladies ou d’accidents qui jieuvcnt devenir très-graves. Souvent, outre la Uèvrc et ces rougeurs au visage qu’on nomme vulgairement feux deaents, les digestions sc troublent, le lait est vomi; il su dé-
clare «ne diarrhée séreuse, jaunâtre ou verdâtre, ou enfin des convulsions. Pour prévenir ces accidents et accélérer la sortie de la dent , on a proposé l'tncision de fa gencive, opération qu’il ne faut pas faire prématurément et sans urgence absolue. Le plus souvent, on sc contente de faire mâcher A l’enfant une racine de guimauve ou de réelisse, etc.; U fout éviter de leur mettre alors entre les dents un corps trop dur, comme du l’os ou de l’ivoire. — tas accidents qui peuvent compliquer la seconde dentition sont loin d'être aussi graves que les précédents.
DÉONTOLOGIE (de déon, devoir, et logos, discours, traité). Ou peut désigner sous co nom cette partie de la philosophie qui traite des devoirs; elle se confond avec la morale (Voy. morale, devoir). — On connaît sous cc titre un traité célèbre de Bentham, qui est comme le fondement de toute sa doctrine et la clef du ses ouvrages de législation civile et pénale (trad. par Benj. Laroche, Paris, 1833).
DEPART (du latin parti ri , partager), opération A l’aide de laquelle l’essayeur sépare l’argent do l’or qui compose le boulon obtenu j»ar la coupellation (f oy.ee mol). On aplatit d’abnnl le bouton sous le marteau et au laminoir, puis on roule la lame ainsi obtenue en un cornet, qu'on traite par l’acide nitrique. Cet acide ne dissout que l'argent, et lo cornet d'or, lavé avec de l’eau distillée, peut ensuite être »esé. Aujourd’hui on substitue à l'acide nitrique 'acide sulfurique bouillant.
DEPARTEMENT (du latin partiri. partager), nom doqnê aux divisions territoriales de la France ( Voy. l’art. France au Diet. unie. d'Hist. et de Géogr.) ; et aux attributions des divers ministres. Voy. ministère.
Dans la Marine militaire, on donne le nom de départements maritimes aux cinq grands ports de Lorient, Brest, Toulon, Cherbourg et Rochcfort.
' DEPENS. On nomme ainsi tous les frais que peut entraîner un procès. D’après le Code de procédure (art. 1.10), toute partie mil sucrombe en Justice est condamnée aux déj*ens. Néanmoins le tribunal leut Compenser les dépens, en tout ou en partie , si es parties succombent respectivement sur quelques points (art. 131 ). 11 y a compensation de dépens lorsmie chacune des parties doit supporter ceux qu’elle a faits. la* tribunal peut ordonner qu’il sera fait masse des dépens, pour être supportés iwir moitié, par tiers, etc., par telle ou telle partie. V. frais.
DEPHLOGISTIQÜE (du grec phlogistos, brûlé), nom donné par les anciens chimistes aux corps brûlés , parce qu’ils pensaient que la combustion consistait à Séparer le phlofjistiaue des corps qui brûlaient. Le gai oxygène s appelait, d'après cc système, air dépit / ogist i g ué. Voy. phlogistique.
DEPILATION (de la part. prlv. de, et du latin pilut, poil), opération qui a pour but de faire tomber les poils qui couvrent certaines parties du corps. La dépilation détruit lo bulbe du poil de manière à empêcher son développement ultérieur: elle diffère en cela de l'épilation qui se borne à arracher les poils. Parmi les nombreuses préparations dépilatoires , ou connaît surtout le rusma des Orientaux, qui a pour base la chaux vive et le tulfUre d'arsenic. — La dépilation était en u*ago rhe* les Egyptiens, les Perses, les Grecs et les Romains; elle l’est encore rhex les Arabes, les Turcs et les Chinois. En Europe, elle n’est guère pratiquée que dans certaines communautés religieuses ou dans nu but de coquetterie.
DEPIQUAGE (do de privât. v et du mot épi), opération d’agriculture. Voy. battage.
DEPOLARISATION. Voy. poiamsatiow.
DEPOLISSAGE. Le dépolissage des vitres et des laces se fait avec de l’émeri très-lin délayé dans de eau, que l’on promène sur la surface A dépolir, à l’aide d’un morceau de liège plat, jusqu'à ce que la surlare soit unie et ne présente aucun trait.
DEPONENT (du latin deponens , qui dépose],
DftPO
DÉI’O
terme de Grammaire latine, se dit de certains verlies qui se conjuguent passivement et ont cependant la signification active, comme miror, j’admire. On suppose que ces verbes ont déposé la forma active, qu’ils avaient d'abord, pour revêtir la forme passive.
DÉPORT, nom donné, en Jurisprudence, à l’acte par lequel uti juge déclare qu’il doit s'abstenir de prendre connaissauce d'une affaire parce qu'il y a cause de récusation ou de refus en sa pcrscntie.
Dans l'ancienne Législation française , c'était le droit qu’avaient les évêques ou les seigneurs de prendre la première année du revenu des églises paroissiales après la mort du desservant, ou d'un fief après la mort du possesseur.
Déport . terme oe Bourse. Voy. nornsE.
DEPORTATION, peine afflictive et Infamante, consiste dans le transport du condamné en un pays éloigné et hors du territoire continental de la France : elle peut être temporaire ou peritétuelle; dans ce dernier cas, elle entraîne la mort civile; néanmoins, le Gouvernement peut accorder au déporté l'eiereice - droits civils (loi du 28 avril i j .
La déportation a été surtout employée Jusqu'à présent à punir certains délits politiques; elle remplaçait presque toujours la peine de mort encourue pour crimes contre la sûreté de l’Etat. Depuis 1852, on a substitué la déportation dans des colonies pénitentiaires à la peine deS travaux forcés, afin d’arriver à la suppression des bagnes.
Introduite dans notre législation criminelle le 25 septembre 1791, la déportation a été conservée dans le Code pénal qui nous régit aujourd'hui; mais, pendant longtemps, la loi n'ayant pas déterminé un Ueu de déportation , elle était remplacée par U détention perpétuelle dans une prison du territoire. La loi du 8 juin 1850 et les décrets du 8 décembre 1851 et du 16 février 1852 ont comblé celte lacune en désignant les Iles Marquises (vallée de Wailh.au ), la Guyane et lo territoire de Lambessa en Algérie, comme lieux de déportation. — Il ne faut pas confondre la déportation avec la transportation , mesure politique et toute exceptionnelle. Voij. ce mot.
La déjiortation était usitée chez les Romains : c’était le bannissement perpétuel dans un Ueu déterminé. Elle est depuis longtemps en usage chez les Anglais: dès 1619, ils déportaient Icscomùc/aen Amérique; depuis l'émancipation des Etats-Unis, ils les dirigèrent sur Botany-Uav (Nouvelle-Galles du Sud) et plus tant sur la terre de Uiéuien. En Russie, elle a été généralement substituée à la peine do mort : les condamnés la subissent en Sibérie. La Hollande a longtemps déporté ses criminels dans ses possessions d’Asie ; l'Espagne les envoie dans les préside s d’Afrique, ou aux Philippines (à Mindanao), etc.; le Portugal . à Mozambique.
DÉPOSITION , acte par lequel on relire à un homme sa dignité , se dit surtout eu parlant des souverains et des papes. Les plus célèbres dépositions «ont celles de Childérie 111 , dépoté par Pépin en 752; de Louis le Débonnaire, deux fois déposé par ses fils, 823 et 833; de Charles le Gros, solennellement déposé dans la diète de Mayence (888) ; de l'empereur Frédéric 11, déposé a Lyon par Innocent IV (1245); d'Adolphe de Nassau, tn 1298; du pape Jean XXII , prive de la tiare par l’emporeur Louis de Bavière en 1328; de Benoit XIII et Grégoire XII , déposés par les cardinaux au concile de Pis** (1403); celle de Jacques II, déposé par les Etats d'Angleterre en 1688. A cette liste, on peut ajouter les noms des princes contre lesquels la déchéance a été pronoucée dans les temps les plus rapproché* de nous, comme Louis XVI, Napoléon, Murat, Charles X , Louis -Philippe. Pour tons ces noms , Voy. le Dirt. unir. d’Ilist. et de (ieogr.
En Droit ecclésiastique, la déposition est une peine canonique par laquelle le supérieur dépouille
pour toujours un ecclésiastique de sou bénéfice et des fonctions qui y sont attachées, mus, néanmoins, toucher au caractère de l'on Ire.
Déposition de témoins. Les dépositions faites devant le juge d’instruction doivent être consignées sur procès-verbal : il en est donné lecture aux témoins, et ils peuvent y faire tels changements et additions que bon leur semble. Le procès-verbal doit être signé par le témoin, le juge et le gretUer.
DEPOT (du lahudeptsitum, même signification). D'après le Code civil (art. 1915-20), ou distingue «leux sortes de dépôts : 1® lo déj)6t proprement dit , contrat par lequel une personne doune une chose mobilière à garder a une autre pcreouuu,qui s'oblige à la rendre a lu volouté du déposant : il est volontaire, quand le choix du dépositaire dépend de la seule volouté du déposant; nécessaire, quand il e>t forcé par un événement fortuit , comme uu iuccndio, une ruine , un naufrage , etc.; 2® le séquestre, ou dépôt d’une chose cou testée entre les mains d'une tierce personue, chargée de la garder et de la remettre, après la contestation terminée, au véritable possesseur : il est conventionnel , quand il est fait •lu consentement des parties, sans décision préalable de la justice; judiciaire , quand il a lieu par l’effet d’une décision de la justice : dans ce dernier cas, il su fait le plus sou veut à la Caisse des Dépôts et Consignations. Voy. ci-après.
En r.himie, on doune le uum de dépôt aux matières solides qui se précipitent au fond d’un vase contenant une dissolution . — En Géologie, on doune lu même nom aux grandes masses de matières minérales qui paraissent, eu effet, s être déposées lentement dans un liquide. On distingue des dépôts grumti<iues,£alraires, (H., selou U nature de la m prédominante. Les dépôts affecteut plusieurs former, et su présentent en cou* lu s. bancs, amas, liloi
En Pathologie, le mot dépôt est synonyme à' abcès ou de tumeur; cependant il ne s'applique guère qu’aux allées formés par des matières sorties de leurs voies naturelles, et iufillrées dan- le tissu cellulaire ou épaucliéc* dans une cavité ( U*U que les dépôts sanguins, stercoraux , urinaires, etc.) ; ou aux abris formés par congestion ou par métastase ,
Dans l'Armée, on nomme dépôt le lieu où restent les soldats qui ue ^tuiveut suivre le corps dont ils M parti*. • t où fleurant les raenu* Ju corps,
la: Dé} tôt de la guerre est le lieu où l'ou conserve les documents du ministère dp la Guerre, aiusi qu’un grand nombre de cartes, dessins, mémoires, etc., à sou usage. Ce dépôt, créé en 1688, plusieurs fois modifié depuis, a reçu une dernière organisai iou par la loi du 19 sept. 1850 ; uu grand nombre d’ipgéoteurs, «le dessinateurs, de géographes, de graveurs, d’écrivains et de traducteurs y sont attachés : entre autres grands travaux , on lui doit la belle Carte topographique de la France ( Voy. carte). — La ll.xriue possède un éUbli'Scment semblable , sous le titre de Dépôt général des Cartes et Plans , qui est sons La dire* lion d'un vico-ainiral. Sa fondation remonte à 1720.
Ou appelle Dépit de In préfecture de police les salles qui font partie de l'hôtel de la Prélecture de police à Paris, où l’on dépose provisoirement les persouncs arrêtées par les rondes et les patrouilles : le séjour dis inculpé* y est de pea de duré* ; — Dépôt de mendicité , un établissement public dans lcquid on détient et on nourrit les pauvre* qui n'ont ni la force do travailler, ni asile , ui ressources.
Caisse des Dépôts et Consignations , caisse publique établie à Paris, spécialement destiuéo à recevoir et à administrer les fonds provenant de consignations judiciaires, de cautionnements, de dépôt* volontaires, des caisse* d'épargne, ainsi que les sommes affectées aux dépenses de la Légiou d’honneur et à «quelques autres serviras. Elle paye, à raison de 3 0/U, r intérêt de toute somme consignée judiriai-
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