ELU
nelle, muscade, girofle, aloès, myrrhe ;on y .1 joule du sirop de capillaire, et ron colore avec du caramel dissous dan* l'eau de fleurs d'oranger : c’est une liqueur de table. L'Ê. dé longue vie *0 compose de poudre d’agaric blanc, gentiane, rhubarbe, safran et zédoalre, qu’on fait digérer pendant huit jours dans de l'alcool à 56° centigrades, et auxquels on ajoute de PaJoès succotrin et du sucre pulvérisé. Cet élixir est employé comme stomachique et légèrement purgatif. On le prend h jeun le matin ou un quart d’heure avant le dîner.
ELLAGIQUE (acide), «acide qui, sous l’apparence d’une poudre grise , accompagne le dépôt d'acide sadique qui se forme dans l’infusion de noix de galle exposée à l’air. Il forme, avec les base*, des sels dits efiagates. M. Hra -omiot, qui en a fait nue étude particulière en 1818, lui a donné le nom il'etlaq-ite , en renversant le mot galle.
ELLEBORE, Helleborus (du grec helleboros , nom de I’//. orientait s), genre de la famille des Rcnonculacées , renferme des plantes originaires de lanrien continent, herbacées, vivaces, à tiges rameuses, à Heurs d’uu vert blanchâtre. Ces plantes sont un violent purgatif, et peuvent devenir trèsmalfaisantes. Elles jouissaient, chez les anciens, d’d ne uramle réputation pour leurs vertus héroïques, et surtout pour la guérison do la folie : celte propriété était devenue proverbiale. Ou distinguait dent espèces d'ellébore : 1° VB. blanc, qui croissait eu Etolie, dans les («ailles et près des rivages de la mer Noire, et que l’un a cru retrouver dans le Vendre: et VB noir, qui croissait sur l’Hélieon, dans l’Eu- Itée, la Béotle, mais surtout à Anticyre; on croit que c’est notre E. orientai. — Chez nous, l'espèce type du genre est VE. noir ( Helleboru » niger ), à fleurs d’un blanc rose, et que l’on emploie eu médecine, comme drastique, dans les hydropisies, les paralysies et la chorée. — On nomme E. blanc le Vemtrum album , de la famille des Colchleacées.
ELLEHORKES , tribu de la flnnille des Renonru- Iteèes. Elle renferme les genres Helleboru* (genre !yp c),Ca/tha (Populagej .Nigc/ia (Nielle) , Aquilegia (Àorolle), Delphinium (Dauphinello) et Aconit tint.
KLLRltORINE, nom doruiù, chez les anciens, h VAfirance à feuilles étroites, plante de la famille des Orabelliféres . qui fleurit en mal et en juin dans le Midi, et dont ils ajoutaient la graine il l’ellébore qo’ils voulaient adoucir. — Lès modernes nomment ainsi V Epipaetis palustris, belle planto de la famille des Orchidées. Voy. epipactidk.
ELLIPSE (du grec eueipêii, défaut, omission).
Eu Cranundire , c’est une figure de construction qui consiste à omettre dans une phrase un ou plusieurs mots, afin d’ajouter à la concision «ans nuire à la clarté. — il y a deux sortes d’ellipses : les nues, qui consistent h ne pas répéter un ou plusieurs mots déjà exprimés : Dieu e*t bon et ? homme méchant (on supprime le second est)’, les autres, où les mots sous-entendus ne sont pas exactement les mêmes que cent qui sont exprimés : Va utez-vousquetque chose? — Bien. Les {rôle* oui fait quelqucfoisde cette fleure un bol emploi. Tout le niondeadmlre la hardiesse de cette ellipse do Racine (Andromaque, IV, se. 5):
Je l'iimili lin on «Uni . qti'anraU-je fait Otii-lef
En Géométrie , ou nomme ellipse la courbe encendrée par uii plan «fui coup? obliquement un cône droit de raahièreù ne pouvoir en rencontrer la base que prolongée hors de ce solide : c’est la section faite dans la surface d’un côno par un plan qui en coupe toutes lesarètes. Les plané tes décrivent des ellipses.
On nomme grand axe de l’ellipso la section du plan générateur p,ar un autre plan mené par l’axe dn cône et perpendiculaire h sa base ; et petit axe, la droite menée perpendiculairement au grand axe inrson milieu. Le jtoint de rencontre des deux axes s’appelle le centre de la courbe;. On rnp|iorte ordi-
ÉLOP
naircment l'ellipse à des coordonnées rectangulaire*, en prenant le grand axe pour axe des abscisses, et p. petit axe pour axe des ordonnées. Dans cette courbe, le carré de l’ordonnée est toujours plus jietit que le rectangle formé entre les deux parties correspondantes du grand axe : de là le nom tïelfipse. Ou nomme diamètre de l'ellipse toute droite qui , passant au centre, se termine de part et d'autre a sou périmètre. — On appelle foyers de l’ellipse les points d’intersection du grand axo par deux art* de cercle, décrits de l’extrémité du petit axe, avec un rayon égal à la moitié du grand axe. La distance du centre aux fbyers se nomme V excentricité. Toutes les droites menées des foyers à la courbe prémunit le nom d« rayons vecteurs. — Pour tracer par un mouvement continu une ellipse dont les foyers sont donnés, on y fixe , au moyen d’tme épingle , les extrémités d'un lil dont la longueur soit égale au grand axe, et l'on fait ensuite glisser le long du fil un crayon qui le tienne toujours tendu. L& eoprbe sera tracée lorsquo le crayon aura fait deux demi-révolutions, l'une au-dessus,’ l’autre au-dessous du grand axe. — On nomme paramètre de l'elli|*e la double ordonnée qui passe par un des foyers : c’est une troisième proportionnelle aux deux axes.
ELLIPSOÏDE , solide formé par la révolution d'une demi-ellipse autour de sou axe.
ELMIS (du grec hetmins, ver), genre de Coléoptères pentamères, famille des Olavicornes, est caractérisé par des antennes longues et de onze articles. Ce Sunt do très-petits insectes, vivant toujours sous l’eau , accrochés en dessous des pierres répandue* au foud des ruisseaux d’eau vive. Ou trouve aux environ* «le Paris I ’B. canalicu/é.
ELOCl'TlüN (du latin eloqui , parler, s’énoncer), énonciation de la pensée par la parole. On donne aussi ce nom a la partie de la Rhétorique qui contient les règles du style. Kogf mil.
ELODICON ou E01.0Dic.0s [d'Éole et du grec Mè, < hant), instrument â touches et a veut inventé par ,M. Esc lieu hac h et fabriqué par M. Voigt, facteur d'instruments à Schweinfurt. C'est une espèce d’orgue expressif dans lequel les tuyaux sont remplacés par des plaques de métal fixées d’un seul côté, et mises en vibration par un soufflet.
ÉLODITKS, synonyme d’ÊMtniEirs. Voy. ce mot.
ELOGE (du latin clogium , dérivé du grec eu légein, dire du bien, louer), discours fait à M louantre tic quelqu’un. Considéré comme genre , l’éloge comprend plusieurs espères : 1° IV loge historique . comme la Vie d* Agricoln f par Tacite; 2° l’ Eloge académique , comme V Éloge de Marc A urèfe . par Thomas, ou les éloge* que les récipieudiaires font de leurs prédécesseurs à l’Académie française, dans leur discours do réception ; les Notices biographiques écrites par les secrétaires perpétuels er. l'honneur des membres do la Compagnie ; > lès Panégyriques des saints, comme V Eloge de saint huiis, par l’abbé Maury; 4° V Oraison funèbre , comine cplles de Bossuet , de Fléchier,de Massillou, de Bourdaloite , etc. Thomas a écrit un Essai sur le* Eloges qui est très-estimé. On «accuse l’Eloge d étre un genre faux ; il est j«cu encouragé aujourd’hui.
ELONGATION, se dit, en Astronomie, de l’éloignement apparent 011 distance angulaire d’une planète au soleil ; c'est l’angle formé entre les deux rayons visuels menés de l’œil à la planète et au soleil. L'élongation de Mercure ne dépasse pas 2(1°, celle de Vénus 47° 48’. Quant aux autres planètes, leur élongation peut aller à 180°.
Eu Pathologie, c’est une luxation incomplète : les ligaments de l’articulation sont distendus et le membre allongé , sans que le déboîtement soit complet.
ÊLOPE (du grec eliops, nom d’un poisson inconnu), genre de poissons de la famille des Clupes et voisins des harengs. Ils sont remarquables par
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le* reflets arpenté* de leurs écailles. Leur chair est al ii uc n ta ire ut doune de bon bouillou.
ELOQUENCE (du latin eloqui, parler, s'énoncer), talent de bien dire , faculté d airir par la parole sur les hommes assemblés. 11 ne faut pas confondre IVloquence, qui est le talent de persuader, avec la rhétorique, qui est un art destiné à développer ce talent, ni avec V élocution, qui est simplement l’expression de la pensée par la parole.
Considérée dans ses diverses applications , l’éloquence,se distingue en Ë. judiciaire , ou du barreau ; É. politique, ou de la tribune ; É. religieuse, ou de la chaire ; E. académique, ou des assemblées littéraires. Considérée dans son but, l’éloquence, suivant la divisiou des anciens rhéteurs, comprend trois genres distincts : le genre délibératif, qui conseille ou dissuade ; le genre judiciaire , qui défend ou accuse ; et le genre démonstratif, qui loue ou blâme. Voy. genres, orateur et rhétorique.
ELUS. Ce mot s'entend communément des -saints ou de ceux qui sont destinés à jouir du bonheur éternel. — Dans les premiers siècles de l'Église, on le donnait aussi aux catéchumènes suffisamment instruits pour recevoir. le baptême.
Avant 1789, on appelait Elus, dans l'administration financière de la France , les magistrats d’une élection, parce que, originairement, ils étaient élus par leurs concitoyens pour faire la répartition des impùts et juger les contestations auxquelles le retard des contribuables ou la fraude pouvaient donner lieu. Cette charge, qui date du un" siècle, disparut sous la République. Voy. Election (pays d’).
El. Y. MK (d'Elumos , nom grec du Panicum ), Elymus, genre de Graminées de la tribu des Hordéacéet. La seule de ces plantes qui ait de l’emploi Mil' JE. dessables (E. firVMn'Kt), Otti croit, en Europe, sur les eûtes sablonneuses; c est une plante de près de 1 m. de haut, dont les radius fortes, rampantes et nombreuses, sont propres h donner de la fixité et de la consistance aux sables mouvants:
ELYSÉE. Voy. paradis.
ELYTRES ( du grec élytron , étui), enveloppes dures et coriaces qui, dans les Coléoptères et les Orthoptères, recouvrent et protègent les ailes inférieures : elles sont membraneuses et plissées en travers chez les premiers et en long chez les seconds. Rendant le vol, les ély très restent immobiles.
En Botanique , on nomme ainsi les conceplacles rotninuos, qui, dans les plantes agames en géuéral, renferment lfsrouceptacle$particuliersde6sémiuules.
EMACIATION ou amaigrissement. Voy. maigreur.
EMAIL (de l’italien smalto, qu’on dérive du latin rnultha, espèce de ciment), espèce ilo vernis vitreux, u’est qu’un verre opaque ou transparent, incolore ou coloré, qu’on applique par la fusion sur les diverses poteries, la faïence et les métaux, principalement sur l’or, l’argent et le cuivre. Les émaux se Composent principalement de silice , d’oxyde de plomb et d’oxyde d’étain ; c’est avec l’oxyde d’étain qu'oti leur donne l'aspect blanc de lait opaque qui les distingue surtout de la faïence. La coloration des émaux se fait au moyen des mémos substances qui servent pour les autres verres colorés; la dose en est seulement plus forte en général. Les émaux des orfèvres peuvent, sous le rapport du travail, se ranger en quatre classes : E. en taille d'épargne (Voy. ce mot); É. cloisonnés; É. de basse taille, E. mixtes, qui participent de plusieurs procédés.
L’art de l'émaillcur ne parait pas avoir été de beaucoup postérieur à la découverte du verre; les anciens le pratiquaient avec un grand succès. Dans les hypogées de la ville de Thèbet, on a trouvé des lioteries émaillées de diverses couleurs. On voit encore aujourd’hui dans plusieurs villes de l’Égypte des é«Uliccs construits en briques émaillées recueillies dans les ruines des villes anciennes. Ccpcudaut
ce n’est guère qu’au ni® siècle de notre ère qu’on voit apparaître l’émail sur métal : on eu fait houneur aux Gaulois. L’art de l’émaitleur fil de grands progrès au moyen Age, particulièrement en Italie, à Faenza et à Castel-üurante. Au milieu du xvi« siècle, Bernard de Palissy éleva cet art a un haut degré de perfection. Jean Toutiu, orfèvre de Cbûteaudun, en 1830, se rendit célébré par ses bijoux éinaülés. Le cl«de Laborde a donné la Notice des Émaux du Louvre, 1 8ML
Dans le Blason , émail est syuonyme de couleur . on compte cinq émaux , le rouge, le bleu , le vert, le violet et le uoir. Voy. blason.
EMA1LLEUR (d'émail), artiste qui travaille les émaux, qui en couvre et en orne certains métaux, tels que l’or et le cuivre, ou qui fait A la lampe avec Je verre et les émaux divers sortes d'ouvrages curieux. On étend ce nom aux orfèvres et aux joailliers qui montent les pierres précieuses , aux lapidaires qui les contrefont, aux artistes qui peigucut sur émail, aux marchands verriers, couvreurs de Uarons et bouteilles d’osier, aux faïenciers, enliu aux patenôtriers et boutonniers en émail et eu verre.
La lampe (T émail leur est une lampe plaie à grosse mèche, reposant sur une table de bois, et à laquelle est adapté un souffiet ordinaire que l’on fait mouvoir k l’aide du pied : le vent arrive par un conduit de fer-blanc à uu bec métallique dont l’extrémité est voisine de la mèche. Cette disposition permet de diriger la flamme avec force sur les objets que l’on veut fondre ou travailler. La lampe d’émailleur sert surtout à ramollir le verre, et, sous ce rapport, elle est d'uu grand usaee dans les laboratoires de chimie. Autrefois on l’alimentait avec de l’huile, ce qui produisait beaucoup de fumée et une odeur désagréable. M. Gay-Lussac y a substitué l’alcool.
EMANATION (du latin emanare , découler), action par laquelle les substances volatiles se détachent, en s’évaporant, des corps auxquels elles adhèrent (Voy. EFFLUVES ). Les animaux laissent échapper de leur corps des émanations particulières et odorautes, à l’aide desquelles on peut suivre leurs traces.
Newton avait pensé que les corps lumineux lançaient de leur surface des particules impondérables sous forme de rayons. Ce système, appelé système de l 'émanation ou de V émission, a été remplacé par celui des ondulations. Voy. ce mot.
On appelle encore système de l'émanation , un système religieux ou philosophique d’après lequel tous les êtres dont se compose l’uuivers, esprits ou corps, surtout éternellement, par voie d’écoulement, du seiu de la substance diviue , comme la lumière émane du soleil, sans l’épuiser ni même la diminuer, et pour y rentrer hientût et s’y confondre. Ce système, qui est une des formes du panthéisme, se retrouve A la fois dans l’anLique religion de l’Inde, daus l.i doctriuede Zoroastre et daus la Kabbale. On trouve aussi l'émanation dans le Gnosticisme; elle est la base de la doctrine des Néoplatoniciens, qui l’ont alliée aux idées de Platou et ne Pythagore.
EMANCIPATION (du latiu e, hors de, et mancipium , esclavage , servitude ), acte qui affranchit un rniucur de la puissance paternelle et lui courère le droit de se gouverner lui-méiue et d’administrer ses biens. L’émancipation est tacite ou expresse. Elle est tacite dans le mariage par le fait duquel le mineur se trouve, émancipé de droit ; elle est expresse quand elle a lieu par la volouté des parents : dans ce cas, elle est permise A 15 ans révolus, si l’enfant a son père ou sa mère, et à 18 ans seulement s’il est orphelin. Pour émancipé un mineur, le père ou la mère et le tu leur /sur Va' vis conforme du conseil de famille, comparaissent devant le juge de paix assisté de son greffier, et font leur déclaration, qui est constatée dans un procès-verbal (Code civil, art. 476 et suiv.). Le mineur émancipé est pourvu d’un curateur, sans l’assistance duquel il ne peut faire aucuu