‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 352 sur 508 · ENCE · texte numérisé non relu

ENCE

midité et de toute altération, soit pour y former une couche propre à recevoir toute espèce de peinture.

L'encaustique pour la peinture est un mélange de cire et d'huile cuite avec un peu de lith&rgc; on chauffe la toile , la pierre ou le plâtre qu'il s’agit d'enduire , et l’on passe dessus avec des pinceaux l’encaustique fondu. Un peut y remplacer la cire par certaines résines, telles que l’élémi, le copal, et l’huile par une essence , telle que l’essence d’aspic, surtout lorsque les peintures doivent être placées dans des lieux bas et humides. On emploie aussi l’encaustique à la cire et à l’huile lilhargirée pour enduire les statues de pierre tendre, les médailles en plâtre et beaucoup d’autres objets, tels que vases, bas-reliefs, colonnes, entablements, etc. — La peinture encaustique offre de grands avantages: simplicité dans la composition, commodité dans la pratique , inaltérabilité dans les résultats ; elle s’applique également bien sur toutes sortes de matières : pierre, plâtre, marbre, bois, métal, porcelaine, verre, toile ; elle a les qualités de la fresque sans en avoir les inconvénients.

La peinture k l’encaustique était connue des anciens : Pline , qui l’a décrite , nous apprend qu’elle était employée dés les temps de Polygnote, au commencement du iv# siècle avant J.-C.; Praxitèle la perfectionna; mais ce procédé disparut avec la civilisation antique, et, bien qu’il paraisse que plusieurs artistes du xiii* siècle, Giotto, Fiesole,etc., en aient possédé le secret, elle était généralement inconnue lorsqu’un savaut archéologue français, M. de Caylus, en retrouva la composition ( 1752); presque en même temps, un peintre distingué, M. Bachelier, arrivait à 1a même découverte par des voies diliérentes. Depuis, la peinture & l’encaustique a reçu de grands perfectionnements, et elle a pu être employée avec succès, en remplacement de la peinture à fresque , dans plusieurs monuments publics, notamment par M. Alaux à Fontainebleau.

L'encaustique dout on imprègne les carreaux et les parquets mis en couleur pour pouvoir ensuite les frotter, est un savon de ciro imparfait , qu’on prépare en incorporant du sous-carbonate de potasse (cendres gravelées) à de la cire jaune en fusion.

ENCEINTE , ligne de murailles destinée à protéger une forteresse, une ville v contre les attaques de l'ennemi. Les premières ‘enceintes des villes n’étaient formées que de troncs et de branches d’arbres mêlés de terre; puis on éleva de petites murailles et des parapets. Au moyen Age, les enceintes devinrent circulaires ou à pans, entremêlées de tours. L’invention de l’artillerie fit imaginer les enceintes avec terrasses et bastions. Aujourd’hui oii donne spécialement le nom d 'enceinte a l’ensemble de bastions et de courtines formant la clôture ou l'escarpe du corps d’une place. Cet ensemble est surmonté d'un parapet; quelquefois il est entouré d’une fausse-braie, ou comprend des demi-bastions. La construction des euceiutes est une des parties les plus importantes de U science des fortilications.

On a donné à l’enceinte fortifiée qui entoure Paris 1« nom à' enceinte continue, par opposition aux forts détachés , qui forment comme autant de postes avancés autour de cette enceinte.

ENCELADE (géant mythologique), Enceladus, insecte Coléoptère , de la famille des Carnassiers , long de 40 millimètres, d’un noir brillant; à la tête large , arrondie , aux mandibules très-épaisses ; au corselet évasé , à l’écusson plus large que long , h l’abdomen ovale et. allongé , aux élytres très-striés. On n'en connaît que deux espèces , toutes deux de Cayenne , VE. yigas et VE. tævigatus .

ENCENS (du latin incensum , fait de incendere, brûler), ou Ùtibani mot qu’on dérive du latin olcum Liftant, liuilc du Liban), en latin Thus, sommerésine connue comme aromate. On en distingue

deux espèces dans le commerce : VE. d'Afrique et VE. de l'Inde. L'encens d’Afrique est d'un blanc jaunâtre , eu morceaux irréguliers ou en larmes; il nous arrive d’Egypte et d’Arabie par la voie de Marseille. 11 est dû . suivant l’opinion la plus vraisemblable. à une espèce de Génevrier, le J uni pe rus lue ïa ou tnurifera, de la famille des Cuprcssiuées. On le récolte, suivant Niebuhr, â Dafar, ville et port d’Arabie , dans l’Hudramaout. L’encens de l’Inde , supérieur au précédent, est fourni par lo Bosweliiu thurifèra , genre de la famille des Burséracées; il nous vient de l'Inde par Calcutta, en larmes jaunes, arrondies, plus volumineuses que Pence us d’Afrique. xOn distingue aussi l’encens en E. mâle , le plus pur, et qui se présente sous forme de dames détachées les unes des autres, et E. femelle, eu larmes agglomérées et moins transparentes. — On donne encore le nom d' Encens au Selinum palustre , et celui d 'Encensier au Romarin , à cause de l’essence balsamique qu’on en tire.

L’encens servait, dès l’antiquité la plus reculée, à parfumer les temples ; cet usage était né de la nécessité où l’on se trouvait de masquer l’odeur désagréable qu’exhaLiient les animaux que les prêtres y sacrifiaient. L’Eglise catholique a couservé cet usage. On mêle souvent à l’encens d'autres aromates, tels que le benjoin, le storax, le musc, l’ambre, etc.: on en fait uue poudre qu’on projette par petites parties sur des charbons ardents. Les princes de l’Orient font brûler devant eux de l’eucens daus des cassolettes. On en fait aussi des pastilles aromatiques eu le mêlant avec du charbon et du nitre pulvérisés : ces pastilles, dites du sérail, sont en forme de cône; on les allume par leur sommet, et elles brûlent en répaudaiit une odeur agréable. — Ou se sert aussi de l’encens en Pharmacie : il entre dans la composition du baume de Commandeur, de la thériaque et de l’emplâtre de Vigo.

ENCENSOIR, vase, cassolette dont on se sert dans les églises pour brûler l’encens. Les encensoirs des Hébreux étaient des espèces de coupes avec ou sans manche ; les premiers chrétiens se servaient de semblables encensoirs , et chacun des fidèles aspirait la fumée de l'encens brûlant dans lo vase, en disant ces paroles: Accendat Dominas in nobis ignem sui arnoris et flammarn ceternœ caritatif (Que le Seigneur allume en nous le feu de son amour et les flammes d’une charité éternelle ). Aujourd’hui, les encensoirs sont des vases fermés, suspendus par des chaînes de longueur variable, et garnis de trous par lesquels s’échappe la fumée odorante de l'encens. Pour éviter les accidents occasionnés trop souvent par la chute des charbons ou des étincelles, on a récemment proposé de supprimer la chaîne du milieu, qui servait à monter et à descendre le couvercle de l’encensoir, et de fermer la cassolette par un couvercle à charnière.

ENCEPHALARTOS ( du grec en , en , képhalc , tète, et artos, pain ), genre de la famille des Cycadées, est composé d’arbres ou d'arbrisseaux élégants, à frondes pinnées, à fleurs monoïques réunies sur un chaton terminal pédonculé. Ces plantes sont originaires do l’Afrique Australe et de la Nouvel le- Hullande ; mais ou les cultive en Europe, dans les jardins botaniques. La plupart des espèces sont recherchées pour la beauté do leur port, oui simule celui des Palmiers. Leur nom vient do 1 espèce de Sagou fourni parla moelle do leur tige. Leurs fruits peuvent se manger comme nos châtaignes.

ENCÉPHALE (du grec en, dans, et képhatè, tète), ensemble de toutes les parties qui, clic* les animaux vertébrés, sont contenues dans la cavité du crâne, c.-a-d. le cerveau proprement dit et le cervelet ; ou y comprend quelquefois la moelle allongée.

ENCÉPHALITE, inflammation «lo l'encéphale, comprend l'iuUamuiuliou du cerveau ou cérébrite ,

fl

ENCII — 578 —

relie du cervelet, ou cérébellile, et aussi, suivant quelques-uns, la méningite. Ces plilegmasies étaient autrefois confondues sous 1rs noms de fièvres nerveuse, jterTàcieusc , cérébrale, ataxique, etc. Les symptômes principaux des affections encéphaliques sont la lièvre, l'insomnie, l.i céphalalgie intense, la difficulté de supporter ta lumière , le délire. Leurs effets sur le cerveau sont l’injection, l'infiltration sanguine, l’infiltration purulente, l'induration sans friabilité, ou le ramollissement de la substance cérébrale, les abcès enkystés. Les causes de ces affections, outre celles qui déterminent les inflammations en général , font les commotions, les coups portés à la tête, l'abus des boissons stimulantes, alcooliques, de l’opium, l’action du soleil sur la tête, la trop grande contention de l'esprit, les veilles prolongées, les émotions violentes, l’action de certains virus contagieux, etc. Ces maladies sont très-graves et presque toujours mortelles. Les moyens les plus propres pour les arrêter sont les saignées générales ou locales et les purgatif? les plus actifs. On doit à M. Bouiliaud un Traité spécial de /’ Encéphalite.

ENCEl’UALOCELE (du grec enképhalon, et kélèt tumeur), hernie du cerveau, nom générique par lequel on désigne les tumeurs qui se forment autour du crâne par la sortie d'une portion du cerveau, soit par suite d’une ossilication imparfaite des sutures de la boite osseuse , soit par l'effet de la destruction d'une partie des parois du crâne résultant d’une carie, de l'opération du trépan, etc. Cette affection est très-grave quand elle a beaucoup d’étendue.

ENCEPHAL01DE , nom donné par plusieurs anatomistes a uue substance anormale qui n’est qu’une sorte de dégénérescence cancéreuse : clic est ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec la matière cérébrale. Voq. cancer.

ENCHANTEMENT (dulat. incantamêntum, même fiignificat.), action de charmer , d'ensorceler par des opérations et des cérémonies prétendues magiques, par des gestes, et surtout par des paroles mystérieuses et cousacrées, qui, sans doute, dans l'origine étaient eu vers (carmen ) et se chantaient : l’effet obtenu prenait le nom de charme . quand il consistait dans une illusion des sens qui faisait voir ce qui n’existait pas, qui faisait aimer certaines personnes, ou qui paralysait les facultés naturelles ; et ceux de sort, sortilège, maléfice, s’il s’agissait d’un mal qui troublât la raison, qui frappât le coq» ou les biens do la personne, comme, par exemple, une maladie inconnue , la mort des DeSUaUX, la perte d’une récolte. La croyance aux enchantements a , sous des noms divers, régné â toutes lel époques chez les peuples ignorants et superstitieux. Elle existait en Egypte de temps immémorial ; Moise, dans te Lévitique, interdit aux Israélites l'usage des maléfices; Homère, daus V Odyssée, chante la puissance de la magicienne Circè ; Horace décrit les conjurations magiques de Canidie et de Sasrane; Ovide, Tibulle, parlent également du pouvoir des maléfices ; au moyen âge, on célèbre Y enchanteur Merlin, on croit à la puissance surnaturelle des fées et des sorciers; au xvi* siècle, on voit des ligueurs fanatiques recourir aux sortilèges pour faire périr Henri 111 et le roi île Navarre, faire modeler des images de cire qui les représentaient , et les percer au cœur avec certaines formalités , s’imaginant qu’ils feraient ainsi mourir ces princes; au dernier siècle, enfin, Cagliostro. le comte de Saint-Germain, trouvent des dunes, roy. mac.if. , sorcellerie, envoûtement.

ÈNCHELIDKS (du grec enchéléios. en forme d’ancuille), Enchelis , Zoophytes infusoires microscopiques : ce sont des êtres très-simples , pourvus plus ou moins de cils vihratiles , â corps cylindrique ou ovoide. On les trouve dans les eaux stagnantes VE. Httdulnise se trouve ordinairement dans l’eau de malais l’on a laissée putréfier daus des bocaux.

ENCL

ENCHÈRE (der/rer), offre d’un prix supérieur, soit à la misp à prix, soit au prix offert par quelqu’un pour une chose qui se vend ou se loue au plus offrant. Les enchères publiques ou ventes à T encan sont ou judiciaires ou volontaires. Les premières sont ordonnées par un jugement du tribunal civil ou du tribunal de commerce, par suite de la condamnation d u u débiteur envers un créancier. Les secondes oût. lieu par des particuliers qui prennent ce moyen pour vendre promptement leurs effets ou marchandises. Ce mode de vente est aussi suivi par plusieurs grandes compagnies de commerce, notamment à letr.-tfiger. En France, la loi défend de vendre â l’encan les marchandises neuves. — Dans les ventes publiques, les enchères se font toujours de vive voix (d la criée), et par l’intermédiaire d’un officier public {commissaire priseur, ou, à son défaut, greffier ou huissier). Dans les ventes judiciaires, l’enchère sur les immeubles ne peut être mise que par le ministère d’avoués. On allume successivement des bougies préparées de manière que chacune dure environ une minute; les offres ne deviennent définitives qu’après l’extinction de trois feux sans nouvelles enchères.

Les administrations emploient souvent pour les fournitures ou les travaux dont elles ont besoin une sorte A' enchère au rabais : les propositions des entrepreneurs se font alors par écrit et sont cachetées : ou les appelle soumissions. C’est À celui qui offre le plus fort rabais que ( adjudication est faite.

On nomme folle enchère l’offre qui dépasse la valeur réelle de la chose vendue , et aux conditions de laquelle l’enchérisseur ne peut satisfaire : on procédé alors, aux frais de cet enchérisseur, a uue nouvelle vente, qu’on appelle vente sur folle enchère. Le fol-enchérisseur doit la différence entre son prix et celui de la nouvelle vente s’il est inférieur, et il ne peut réclamer le surplus, s’il y en a. Voy. slulnchem .

La vente â l’enchère a existé de tout temps : à Athènes, les concessions de travaux publics se mettaient aux enchères; ti Rome, on vendait à l'enchère les prisonniers ou esclaves publics. Eu France, toute vente, soit niobi litre, soit immobilière, qui a lieu par autorité de Justice, doit se faire aux enchères.

ENCHEVÊTRURE (de chevétre ), se dit, en Architecture, de l'espace quadrangulairc vide qu’on ménage dans les planchers pour le passage du tuyau et l’emplacement de Pâtre des cheminées. Une solive très-forte règne dans toute la longueur, à distance convenable du mur ; on la nomme chevétre; d’autres bois forts et courts . tenant d’un côté au chevétre et de l’autre au mur, laissent entre eux l'espace nécessaire. Une dalle ou des briques portées sur desbaudes de trémie en fer forment le sol de Pâtre.

Les Vétérinaires nomment enchevêtrure l’excoriation plus ou moins profonde qu'un cheval se fait au pli du paturon avec sa longe, dans laquelle H se prend lui-même un des membres postérieurs , de manière à ue pouvoir le dégager.

ENCHIRlDlON (du grec en, dans, et kheir, main), c.-à-d. Manuel , titre sons lequel on connaît spécialement quelques ouvrages célèbres, tels que: VE. d'E pictète, résumé de sa morale, l’if, de S ■ Augustin.de.

EN Cl SE (du latin incidere, pour intus cœdere , tuer dedans), mot iuusilé aujourd’hui, s’appliquait, dans le Droit ancien, au meurtre commis soit sur une femme enceinte pour arriver à la destruction de l’enfant, soit sur l'enfant même qu'elle portait dans son sein : c’est un des moyens d'avortemeut les plus coupables et les plus sévèrement punis.

ENCLAVE (d finclausus, enfermé), terrain enfermé dans la propriété d'autrui. « Le propriétaire dont les fonds sont enclavés peut réclamer un passage sur les fonds de scs voisins, à la charge d’indemnité.» (Code civil, art. 682). — Il sedil également do portiousde territoire appartenant à nu souverain autre que celui du territoire d’alentour : c'est en

Page 1