‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 384 sur 508 · EXTR · texte numérisé non relu

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dans lequel l’Ame est tellement ravie par la vue <le Dieu, tellement absorbée par la contemplation de ses perfections infinies, qu’elle semble ne plus tenir au corps. L’extase mystique a été de tout temps en grand honneur chez les Hindous ; elle jouait le plus grand rôle dans la philosophie des Néoplatonicien* : elle était pour eux le but 6unréme de toute l'éducation philosophique; Plotin, Porphyre prétendaient avoir eu des extases dans lesquelles ils s’unissaient à Dieu. — On retrouve l’extase, mais purifiée, dans le Christianisme; elle est le prix de la plus haute piété : S. Paul déclare avoir été ravi jusqu'au 3# ciel ; S. Bonaventure {Itinerarium mentis in Deum), Gerson ( Theo/ogia mystica ) , S. François de Sales, recommandent F extase et la pratiquent; Sic Catherine de Sienne, Ste Thérèse, Marie Alaroque, la portent au plus haut degré. Malheureusement il est facile de confondre l'extase et les visions qui l’accompagnent avec de dangereuses hallucinations; ou peut aussi, en tendant à cet état de perfection , tomber dans le quiétisme : aussi les théologiens les plus sages, Bossuet à leur tête (dans son traité Mystici in tuto), ont-ils eu soin de préserver les fidèles de l’abus qu'on en peut faire.

Pour le Physiologiste et le Psychologiste, V extase est une affection du cerveau, dans laquelle l’exaltation de certaines idées absorbe tellement l’attention que l'intelligence se concentre tout entière sur ces idées et devient étrangère k tout le reste : les sensations sont suspendues, les mouvements volontaires arrêtés, et souvent même Faction vitale raleutic. C'est une variété de la inonornanie et lin symptôme du délire mélancolique, h’ extase diffère de la catalepsie , avec laquelle on l’a souvent confondue, en ce que dans celle-ci il y a suspension complète des facultés intellectuelles (1 ’ny. catalepsie). Le Dr Bertrand, dans son traité île l'Extase , rapporte à cet état nerveux les phénomènes merveilleux du somnambulisme magnétique.

EXTENSEURS ( muscles), muscles qui servent à étendre une partie quelconque. Les principaux sont : VE. de l’avant-bras ; VE. commun des doigts; VE. propre du doigt indicateur, du petit doigt ; VE. de la jambe ; VE. court et VE. long des orteils ; VE. propre du gros orteil; VE. du pied; VE. court et VE. long du vo uce, etc. Ces muscles ont pour antagonistes les muscles fléchisseurs.

EXTENSIBILITE, propriété qu'ont certains corps de pouvoir être étendus ou alluugés. Yoy. élasticité

et DUCTILITÉ.

EXTENSION, état d'un corps qu'on allonge.

En Chirurgie, on nomme ainsi l'opération par laquelle on tire en sens opposé un membre luxé ou fracturé, dans la vue de ramener les surfaces articulaires à leur situation naturelle ou de rapprocher les fragments de la fracture. On a donné particulièrement le nom d’extension à la traction qu’on opère dans ce cas sur la partie inférieure du membre.

Les Vétérinaires appellent extension, une maladie assez commune chez lo cheval, qui survient au tendon fléchisseur du pied, et qui résulte de l’effort de l'os de la couronne sur le tendon ou sur les ligaments.

En Logique, on appelle extension d’un terme général, la propriété qu’a ce terme d'embrasser un nombre plus ou moins grand d'individus : Vextension du terme homme est l’ensemble de tous les êtres de l'espèce humaine. On oppose extension à compréhension. Voy. GÉNÉRALE (IDÉE).

EXTERNAT (de eitemus, do dehors), tout établissement d’enseignement public ou privé qui n’admet que des élèves externes. L 'externat parait avoir été le seul régime connu des anciens. Les Facultés, certaines écoles spéciales, comme l’école des mines, 1 école centrale, l’école desrhartes, certains lycées, les écoles primaires, etc., n'admettent que des externes.

Dans les Hôpitaux , on appelle externat l’espèce

de stage qne font auprès du lit des malade* les élèves en médecine, avant d*ètre admis à V infernal.

EXTERNE. En Anatomie, on donne cette épithète aux régions d'un organe qui sont dirieées vers l'extérieur ; ainsi on dit : la face externe du bras , le bord externe du scapulum, Vextrémité externe de la clavicule. — En Pathologie, on nomme maladies externes les maladies qui occupent la surface du corps, ou qui exigent des moyens externes ou des opérations chirurgicales.

En Géométrie , on nomme angle externe l’angle formé par un des côtés d’une figure ectiligne quelconque, et le prolongement hors de la figure du côté adjacent. L'angle externe d’un triangle est équivalent a la somme des deux angles intérieurs opposés. La somme de tous les angles externes d’uu polygone est équivalente à quatre angles droits.

EXTERRITORIALITE, se dit , eu Droit international , du droit qu’ont les représentants des puissances étrangères de vivre, dans le pays où ils sont accrédités, sous le régime des lois de la nation qu'ils représentent. Les ambassadeurs jouissent dans les pays où ils résident du droit d’exterritorialité , c.-à-d. qu’ils ne sont point soumis aux lois de leur résidence mais à celles du pays qu'ils représentent.

EXTIRPATEUR (de ex, hors, et stirps, racine), nom donné à des instruments d’agriculture au moyen desquels on extirpe de la superficie d’un champ les herbes et racines qui l'infestent. Le plus simple est la herse. Ver tir pat eur anglais est un grand râteau à dents de fer porté par un châssis à 3 roues. On le fait traîner par un ou deux chevaux, suivant la nature des terres, et un seul homme le manœuvre sans difficulté. Les dents, placées sur une rangée perpendiculaire à la ligue du mouvement , ressemblent â de petits contres courbés en avant.

EXTIRPATION (de ex, hors, et stirps, racine), opération de Chirurgie par laquelle on retranche une partie malade, dont on enlève jusqu’aux dernières racines. Ou pratique spécialement l’extirpation des cancers , des polypes , des loupes , des tumeurs enkystées, des glandes, des cors, etc.

EXTORSION (du latin extorsio), crime qui consiste k arracher par force ou par contrainte la signature ou la remise d’un écrit, d’un acte ou d'un titre, d’une pièce quelconque, contenant obligation, disposition ou décharge. Ce crime est puni des travaux forcés à temps (Code pénal, art. 400).

EXTRACTIF, principe extractif (du latin cxtrahere, extraire), nom qu’on donnait k un principe immédiat, base des ex/raï/r pharmaceutiques, qu’on supposait exister dans tontes les plantes et posséder la propriété de s’épaissir pendant l’évaporation de sa dissolution. On sait aujourd’hui que c’est un composé de différentes substances modifiées par l’Influence de l’air, de la chaleur, des arides, etc.

EXTRACTION. En Chirurgie, Yextraction est une opération par laquelle on retire de quelque partie du corps, avec la main ou avec des instruments convenables, soit un corps étranger qui s’y est introduit accidentellement ou développé contré nature, soit une partie (telle qu’une dent gâtée ou le cristallin devenu opaque) qui cause d’insupportables douleurs ou nuit k une fonction importante.

En Pharmacie, c’est l’opération par laquelle oc sépare uno substance quelconque du composé dont elle fait partie. Suivant la nature du composé et celle de la substance à extraire , on emploie l’un des 18 modes suivants : cassation , clarification , congélation , cristallisation, décoction, digestion, distillation , émporation . expression . fusion, infusion, immersion , lixiviation, lotion, macération,solution, sublimation, torréfaction. V. ces mots.

En Arithmétique, on nomme extraction une opération qui a pour objet de trouver la racine d’une puissance connue. Voy. racine.

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