EXTR
EXVÜ
EXTRADITION (du latin extra, au dehors, et traders, livrer). Dans le Droit international, on appelle ainsi l’action de remettre à la puissance à laquelle il appartient celui qui est accusé d'un crime ou prévenu d'un délit, afin de le faire juger ou punir. Dans l'antiquité, ^extradition était fort rare : le caractère religieux qu'avait alors l'hospitalité et le droit d’asile s’y opposaient. On regardait d’ailleurs l'exil auquel se condamnait le coupatde comme nue peine suffisante. Mais, dans les temps modernes , lorsque les relations de peuple à peuple se furent multipliées, il s’établit entre les nations une solidarité morale qui donna naissance aux traites d'extradition. Lorsqu’un gouvernement demande l’extradition , il doit le faire par riutermédiairc du ministre des affaires étrangères, et joindre les pièces <k l'appui , afin que le gouvernement auquel est faite la demande puisse juger si on peut y satisfaire. Voici la liste des principaux traités d’extradition en vigueur entre la France et l'étranger : Esutgne (traité du 29 sept. 1765, complété le 26 août 1850); Suisse (18 juillet 1828); Belgique (22 nov. 1831) ; Sardaigne 123 mai 1638) ; Angleterre (13 février 1843, modifié en 1852): États-Unis (9 nov. 1843) ; Lacques (10 nov. 1843); grand-dwhé de Bade (27 juin 1844); Tosrane (11 sept. 1814); grandduché de Luxembourg (26 sept. 18-14 ) ; Pays-Bas (7 nov. 1844); Deux-Siciles (14 juin 1845); Prusse (21 juin 1845); Bavière ;23 mars 1816); Mecktemoourg-Schwerin (26 janv. 1816); Mecklernbourg- Strélitz (10 fèvr. 1817): Oldenbourg (6 mars 1817); Brème (31 août 1817); Lubeck (21 oct. 1817); Hambourg ,5 fév. 1818) ; Saxe (28 avril 1850 > etc.
EXTRADOS , nom donné, eu Architecture, à la fOrface extérieure d’une voûte lorsqu'elle est régulière ; la surface opposée se nomme intrados.
EXTRAIT, nom donné par les Chimistes à tout produit qu’on obtient en traitant une substance animale ou végétale par un dissolvant convenable, et évaporant ensuite le véhicule jusqu’à ce qu’on ait un résidu mou ou solide. On prépare les extraits soit avec le suc propre des végétaux , quand ceux-ci sont frais, soit avec des infusions aqueuses ou alcooliques, quand la substance est sèche. Dans les dent premiers cas, on les nomme extraits aqueux', dans le troisième, extraits alcooliques. Tantôt les extraits sont des mélanges très-compliqués, tantôt ils sont formés presque entièrement d'un seul principe, selon la nature de la substance et du menstnic qu’on emrdoic. Un les dit mous quand ils ont la consistance d’une pâte ductile ; solides . s'ils sont cassants A froid; secs, s’ils sont sous forme d'éraillcs et entièrement privés d’eau. Ils ont aussi reçu les différents noms de gommeux, gélatineux , savonneux, suivant les principes qui y prédominent.
L’extrait de Stdurne est une dissolution de sousacétate de plomb. Voy. acétate.
Eu Jurisprudence, on nomme Extraits les copies, les expéditions des actes, soit en abrégé, soit mémo en entier ; ainsi on dit : E. de naissance, E. mortuaire, E. baptistaire , E. de jugement , etc.
En termes de Commerce, Y extrait est un projet de compte qu'un négociant envoie à son correspondant, ou un commissionuaireàson commettant, pour u’il soit vérifié. — Dans l'ancienne administration e la Loterie, Y extrait était un numéro unique sur lequel ou plaçait mie mise; il était simple ou déterminé; le premier rapportait quinze fois la mise.
EXTR AJUD1C1 AIRE , tout ce qui est fait hors la présence de justice. On nomme actes extrajudiciaires ceux qui ne font point partie de la procedure et de l’instruction, et qui , étant faits en dehors de
l’instance, ne doivent pas passer sous les yeux du juge. Ces actes n’interrompent pas la prescription.
EXTRAVASATION, extravasio.x (du latin extra, hors de, et vas, vaisseau) , phéuoinène propie aux liquides en circulation dans les corps organisés, lorsqu'ils sortent des vaisseaux destinés à les contenir. — La résine, la gomme, la manne découlent des plantes par extravasation.
EXTRÊME-ONCTION, dite aussi Huile sainte, Huile du saint Chrême , Onction des malades , sacrement établi pour le soulagement spirituel et corporel des fidèles dangereusement malades, est ainsi uonimé parce qu'il est la dernière des onctions qu'on fait sur les fidèles. 11 a pour effet d’achever de nous purifier de nos péchés, d’augmenter notre patience pour supporter les douleurs de la maladie et de diminuer l’horreur de la mort. Pour administrer ce sacrement, on se sert d’huile d’olives pure et bénite. Le prêtre, qui est le seul ministre do ce sacrement, applique l'onction sainte en forme de croix et avec le pouce sur les organes des cinq sens et sur les reins ou la poitrine ;cn même temps, il prononce ces mots : Que Dieu, par cette sainte onction et sa miséricorde , vous pardonne les fautes que vous avez commises par la vue, Fouie , l’odorat, le goût et le toucher. On essuie l'onction avec de petits pelotons de coton ou d'étoupe que l’on brûle ensuite. Les onctions achevées ainsi que les prières, le prêtre frotte son pouce et les doigts qui ont touché l'huile avec du la mio de pain; puis il lave ses mains, et les essuie avec un linge blanc ; ces mies de pain et l’eau sont jetées dans le feu. Ce sacrement peut être réitéré plusieurs fois. — Le sacrement del'cxtréme-onction a élé institué par Jésus- Christ, comme l'atteste l’e pitre de saint Jacques (V, lf, 15).Origène, saint Jean Chrysostôme et le pape Innocent Ier en recommandent la pratique; le coucile de Trente l'ordonne formellement.
EXTREMES, nom donné, en Arithmétique, aux prernieretdernier termesd’unc proportion, par opposition aux moyensou termes du milieu. K.proportiok.
EXTRORSÊS, se dit en Botauique des étamines qui sont tournées vers la face extérieure de la fleur.
EXUTOIRE (du latin exuere, dépouiller), ulcère établi et entretenu artificiellement , pour déterminer une suppuration permanente et dérivative : tels sont les cautères, les vésicatoires, les sétons, etc.
EX-VOTO (littéralement var suite d’unv<ru),mo\$ latins qui désignent les olfrandes promises par un vœu et les tableaux qui représentent ces offrandes. De tout temps, on a consacré des ex-voto pour s’acquitter d’un vœu fait dans un grand danger auquel on a échappé, pour demander une faveur an ciel ou le remercier d’une grâee déjà obtenue. Les temples des païens en étaient remplis : la plupart des tableaux votifs qui les ornaient étaient accompagnés d'une inscription finissant par ces mots :ex-voto. etc., pour marquer qu’ils provcmiientd'un vœu adressé à la divinité du lieu. Ces offrandes ont conservé ce dernier nom chez les modernes. Aujourd’hui, c’est surtout à la Vierge et aux saints que l’on consacre des ex-voto; les églises et les chapelles voisines de la mer en reçoivent le plus grand nombre. On cite en ce genre celle de Sainte-Anne, sur la côte de Bretagne ; celles de la Vierge des Grâces , de Nofre-Damc-de-Bon- Secours et de la Délivrante, en Normandie. On cile aussi Notre-Dame de Lorettc. la Madona di «an Lura et la Madona delP Arco, en Italie; Notre-Dame de Monscrrat, en Espagne, et la Sainte-Baume, en Provence. L'usage des rx-voto existe aussi chez les peuples sauvages de l'Afrique et de l'Amérique , qui suspendent des offrandes aux branches des arbres.