‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 64 sur 508 · AN'TH · texte numérisé non relu

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distinguent de la houille. L'anthracite est composé de carbone , de silice , de fer, avec traces d’hydrogèno et de matières terreuses. Ce minéral a les mêmes usages que la houille : il produit une chaleur intense , mais il est très-difficile à allumer. C'est avec l'anthracite pulvérisé, uni a de la houille et u une petite quantité d'argile , qu'on forme les bûches économiques, que l’on place au fond des cheminées pour entretenir le feu. Un peut aussi le tailler comme le marbre et en foire des ornements do chemiuée. — L'anthracite se rencontre le plu» souvent dans les terrains de sédiment ; on le trouve par couches. Les gîte» les plus considérables en France sont ceux des bords de la Loire, eutre Angers et Nantes ; ils se prolongent dans Ulle-et-Vilaiuo , ainsi que dans la Mayenne et dans la Surlhe.

ANTHRAX (du grec, anthrax, charbon), tumeur InUammatoire du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau , très-dure et très-douloureuse , otlrant h son r en t ro une escarre noire entourée d'un cercle rouge et luisant. Ondistinsrue dent especes d’anthrax: 1° VA. bénin ou furonculeux , se terminant comme le Furoncle par la formation et la chute d'un bourbillon ; ‘2® VA. malin ou pestilentiel , plus connu sous le nom de Charbon , tumeur essentiellement gangréneuse et amenant une mort prompte si l’on ne se hâte d'y remédier par {'incision et la cautérisation. — Le traitement ae V Anthrax bénin consiste d’abord dans lappticution d’un grand nombre de sangsues et de cataplasmes émollients, ensuite dans le débridement de la tumeur au moyen d'incisions cruciale*; on expulse par des pressions méthodiques le pus et les bourbillons détachés, et l’on panse avec des plumasseaux de charpie enduits d'onguent détersif, par-dcasus lesquels on place tin cataplasme émollient. — Pour V Anthrax matin , Voy. charbon.

anthrax. Les Entomologistes donnent ce nom à un genre de mouches de l'ordre des Diptères, famille des Tauystmncs de Cuvier. Les Anthrax volent avec une grande rapidité. On les voit souvent planer au-dessus des fleurs , où ils restent longtemps comme suspendus en imprimant à leurs ailes un mouvement vibratoire. Leur aile» sont moitié opaques et moitié transparentes , et la partie opaque est ordinairenv nt noire, d’où leur nom.

ANTHRENE (du grec anthrénè, guêpe, frelon), genre de Coléoptères pentamères clavicornes, ayant pour type VA. des musées; ils n’ont rien de commun avec les guêpes, dont Geoffroy leur a bien a tort donné le nom. La larve des anthrènes fait beaucoup de tort aux collections d'histoire naturelle : on prévient leurs ravages par une grande propreté et en fermant hermétiquement les armoires. Cet insecte contrefait le mort quand on le tourbe.

ANTHROPOLITHE (du grec, anthropos , homme, et lithos , pierre) , nom donné à des ossements fossiles que l’un a cru être des ossements humains ou des hommes |»élrifiés. On a beaucoup discuté sur ces débris , au moyen desquels on a voulu prouver un premier cataclysme plus ancien que notre déluge; mais la plupart ont été reconnus pour être des restes de mammifères ou de reptiles. Jusqu’à présent on n’a point trouvé de véritables ossements humains dans les terrains les plus anciens ui même dans les terrains tertiaires de tous les étages. Il n'en a été trouvé que dans des roches de formation réeente, comme à la Guadeloupe ou dans les brèches osseuses qui remplissent les fentes dos rochers sur les eûtes de la Méditerranée, comme à G ibraltar , à Nice, à Corfou, etc.; on a trouvé en 1837, dans les brèches osseuses de l'tle de Candie, une portion de squelette humain qui sc voit au Muséum d histoire naturelle de Paris.

ANTHROPOLOGIE [d'anthrop^s, homme, logos , disfours) , nom vague donné à l’étude de l'homme soit physique , toit moral , a été indistinctement employé par les physiologistes et par les philoso-

phe», surtout en AUemacruo. Platner, qui publia sous ce titre un ouvrage célébré (Lcipxiir, 1772) , s'en s«rt pour désigner la psychologie ou la science qui traite de I intellifironce humaine, des facultés qui distinguent particulièrement I homme des autres animaux. Rurdarh entend par Antht'opologie l'ensemble de» connaissances anatomiques, chimiques, physiologiques et psychologique* relatives A 1 nomme. Prise dans toute son étendue, l'Anthropologie est U science universelle de l'homme, soit qu ou le considéra comme un individu, dans sa structure, dans sa composition et dans ses phénomènes physiologiques et intellectuels, soit qu'on l'étudie comme une esjtèce, présentant plusieurs races vivant en société et se perfectionnant per la civilisation.

ANTHROPOMORPHISME [d anthropos , homme, et morphè , forme), erreur de ceux qui attribuent à Dieu un corps humain. Cette erreur, qui parait naturelle aux peuples dans l’enfance , entendra l'idolâtrie dès les premiers temps ; elle Rit également professée dans les premiers siècles du christianisme jur des hérétiques que combattirent $. Epi plia ne , Origène et 8. Augustin. Tertullien semble pencher vers celte erreur.

ANTHROPOPHAGES ( d’anthropos , homme, et phagà , manger). L'anthropophagie parait avoir régné de tout temps elles les peuples barbares. Sans rappeler les horribles festius de Tantale, de Lycéen , de Thyeste , si célèbres dans la Fable , sans parler de Pulvpheme et des Le&trygons, qui, au dire d Homère , dévorèrent les compagnons d’Ulysso; les Scythes , les Germains, les Bohèmes, les Lcltes, les Carthaginois , les Ethiopiens, furent anthropophages, au dire de Slrabon et de Pline. Lors do la decouverte de l'Amérique ,on trouva l'anthropophagie établie ches les Carailies des Antilles , chez les peuples du nouveau continent , même dans les empires civilisés du Mexique et du Pérou. Elle règne encore aujourd'hui jkurmi les sauvages de l'Amérique du nord, dans Je centre de l'Afrique, surtout chez les Jatruas ; en Asie , chez quelques peuplades de l’Inde , dans 1rs tics de la Sonde , surtout a Sumatra , chez les Uittas , dans l’Australie , la Nouvelle-Zélande, la Polynésie. Toutefois on doit dire que le plus souvent l'homme ne se nourrit de chair humaine que quand il est pressé pAr la faim ou qu'il veut assouvir sa vengeance ou satisfaire ses dieux : les sauvages les plus féroces respectent ceux de leur tribu; ils ne dévorent que les ennemis pris A la guerre ou les victimes offertes en sacrifice.

ANTH USINEES (du latin anthus, pipit), famille d'oiseaux. Vou. al ai dhie.es cl mpit.

ANTHYLLIS, nom grec et latin de la Vulnéraire, genre de Légumineuses (tribu des Lotées).

ANTI mot grec qui signifie contre , entre

dans la composition d’un grand nombre de. mots et exprime opposition : a nti fébrile , antinational, etc. Pour les mots scicniiliquts commençant ainsi qui ne seraient pas ici , Voy. le mot qui suit anti.

ANTlAPHRODISIAUliE (du grec anti, contre, aphroditè , Vénus) , substances propres à amortir l’appétit vénérien : Vagnus cas tus , le camphre , le nénuphar, ont été regardés comme tels.

ANTIAR1S (du mot japonais anfjar. nom de cette

(liante) , niante de la famille des lirlirées, parti culère a Plie de Java. Une espèce, le boun-upas, uumméc par les botanistes Antiaris toxicaria , plante à écorce lisse , é|iaissc , blanchâtre , à feuilles alternes , ovales, d'un vert pile, produit un ^toison extrêmement viuleul : c’est un suc blanc ou jaunâtre , laiteux et visqueux ; les Javanais s'eu servent pour empoisonner leurs floches.

ANTICHRESE (du grec anti, à la place de, et chrèsis , usage : échange) , contrat par lequel un débiteur, en nantissement de sa dette, remet aucréaocirr un immeuble avec la faculté d en percevoir les fruits.

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k la charge d’imputer annuellement la valeur de ces fruits sur lus intérêts et ensuite sur le capital de lacréauce (Cudeciv., art. 2071, ‘2072 et *2085). (l'est ce tj u on nommait mort-gage. Celui au profil de qui lantichrèse est consentie est appelé antichréiste.

ANTICUTIIONES (d anti, en opposition ; chthon , terre) , peuples qui habitent a deux points opposés de U terre , mais a égale latitude. Les saisons sont renversées pour ces peuples.

ANTICIPATION. On nomme ainsi , en termes de Commerce, les avances sur consignation de marchandises, avances que les négociants sont dans l'usage de faire a leur» correspondants qui leur envoient dus marchandises en commission, et leur adressent des cargaisons. Les antirqiaUnns sonbordinaircmerrt d’un tiers du montant de ta facture.

ANTIDATE (du latin ante, avant , datas, donné), date d’un acte antérieure à celle qu’il devrait réellement avoir. L antidate peut, dans un acte public, constituer le crime de faux , surtout lorsqu’elle tend à porter préjudice a autrui : die est souvent une cause de nullité. L'art. 139 du Code do commerce défend expressément d’antidater les ordres des billets ou lettres de change. Le législateur, en établissant la formalité de l'enregistrement, a pris du sages mesures contre Y antidate dus actes.

ANTIDOTE (du grec antidot os, don né contre) , nom donué aux substances propres a neutraliser les poisons et les venins, à les décomposer ou à se combiner avec lux pour former dus produits inertes et inoffensifs : ou emploie l'albumine contre le sublimé corrosif, le fel contre le nitrate d'argent, les acides contre les poisons alcalins, etc. Ces remèdes, pour produire un effet, doivent être administrés immédiatement après l'introduction du poison. — D ne peut exister d’antidote universel : le remède varie nécessairement selon la nature du mal. C’est donc à l’occasion de ('article consacré & chaque poison que ion fera connaître sou antidote. Voy. poison.

ANTIENNE (abréviation d'antiphonè, répons), paroles tirées des livres saints, originairement chantées à I office par deux chœurs qui se répondaient alternativement. Aujourd'hui, l’antienne est un chant ou un récitatif qui précédé ou suit les psaumes ou lus cantiques; quelquefois pourtant on les chante seules : c’ust ce qui arrive dans les antiennes solennelles, comme celles de rommémoraison ou du procession. On choisit, en général, pour antiennes des passage* courts tirés de 1 Ecriture . qui conviennent a la tète que l’on célèbre. — On donne aussi ce nom à quelques prières en l'honneur de la Vierge , comme le Salve Régi na, Y Alma Redemptoris mater, qui sont suivies d un verset , d’un ré/tons et d’une oraison .

ANTI-LAITEUX. Voy. lait.

ANTILOPE ( par corruption du nom d'anfholops , donné par Eustathe à un animal à longues cornes dentelées), zenre de Mammifères ruminants, do la famille des Tuhicornes, qui se place entre les cerfs et les chèvres. Les Antilopes se distinguent par leurs cornes creuses, entourant un noyau osseux; par leurs formes gracieuses, leur légèreté à la course, leur vue perçante , la finesse de leur ouie ut de leur odorat; elles sont timides, paisibles, sociables , et vivent ordinairement en troupes. On les trouve principalement dans l'Afrique centrale ; cependant il en existe aussi plusieurs espères en Asie ; on en a même trouvé en Europe et en Amérique. On les divise en plusieurs espères ( Go r«//e#, Bubales , Oryx. Acuticornesf Strepsirères, Léiocéres, Ramicères, Tseirans) , dont les caractères sont peu tranchés et sur lesquelles les naturalistes ne sont pas d'accord. L ‘tsar dus Pyrénées, ou Chamois, est une variété d'Autilope.

ANTIMOINE, Antimonium, Stibium, métal d'un blanc bleuâtre ; brillant, lamelleux .se rapprochant Dcaiicoup de 1 arsenic , avec lequel il est souvent mêlé, d'une densité d env. 6,75, se fond à env. 480",

se volatilise au rouge blanc et brûle au contact de l’air en répandant d'abondantes vapeurs blanches d'oxyde d antimoine, qui se condensent sur des corps froids en petits cristaux blancs et brillants , appelés autrefois fleurs ou neige d'antimoine. — Il se rencontre rarement dans la nature a l’état métallique, état sous lequel on le nomme dans le commerce régule d’antimoine ; on l’extrait du sulfure. Ce sulfure, que l’on nomme aussi stibine , antimoine cru , se trouve en masses fibreuses ou grenues, de couleur crise ; il fond à la seule flamme d’une bougie. On rencontre le sulfure d’antimoine dans lus terrains anciens : en France, dans le Puy-de-Dôme, le Gard, l’Ariéze et la Vendée; eu Angleterre, en Saxe, en Suède, au Hartz, en Hongrie, au Mexique , en Sibérie , aux Indus orientales , à Murtaban , au Pégu, à Bornéo, etc. On préparait autrefois avec ce sulfure une foule de médicaments destinés surtout à combattre les affections cutanées chroniques, la syphilis, le rhumatisme, la gouttc,cte. Un lu fait quelquefois encore entrer dan* la préparation de certaines décoctions sudorifiques. Les anciens chimistes donnaient le nom de crocus metal/orum (safran des métaux ) et dû verre d'antimoine h l'antimoine sulfuré plus ou moins grillé, et contenant une certaine quantité d’oxyde d'antimoine.

L'antimoine forme avec l'oxygène trois combinaisons : Y oxyde (T antimoine. V acide antimonieux et Y acide antimonique. En outre, il forme avec lus acides un grand nombre de sels : on sait que lVm^tiqne n’est qu’un tartrate d'antimoine et de potasse. — On reconnaît , en général , les combinaisons do l’antimoine au sulfure orangé qui sc précipite par l'addition de l’hydrogène sulfuré à leur solution, ainsi qu’aux taches caractéristiques qu'elles donnent avec rappireil de Marsh.

L'antimoine entre dans un grand nombre d’alliages ; il sert à donner aux métaux de la dureté et les rend cassants : c’est surtout avec l'étaln, le plomb, le bismuth qu’on l'allie. Ces alliages servent à faire des poteries d'étain , des ustensiles de ménage, surtout les belles théières anglaises en métal de la reine , des couverts en métal d'Alger, des carartères d’imprimerie et les planches stéréotypes. Les ustensiles formés de ces alliages sont très-brillants, mais se ternissent promptement et noircissent.

On nomme quelquefois .4. blanc , l’oxyde d’antimoine ; A. en plumes, un minéral composé du sulfure de plomb et de sulfure d'antimoine; beurre d'A., une combinaison de chlore et d'uutirnoine employée en médecine comme escarrotique , et qui sert dans l’industrie pour bronzer les métaux, surtout les canons de fusil ; X . diaphorétiaue, une combinaison d'antimoine et de potasse qu on prescrit comme sudorifique . etc.

L'aol t moine ne fut connu comme métal que fort tard ; c’est a Basile Valentin , moine du xv* siècle , qu’on en attribue ta découverte. Cependant son principal composé , le sulfure, était fort anciennement connu; il est déjà mentionné par Hippocrate et Galien, qui remployaient à l'extérieur, surtout dans h-s collyres secs. Dinscoridc le rite sous le nom de mimmi, Pline sous celui de stibium. Lus alchimistes c» firent une étude approfondie ; ils lui attribuaient des propriétés merveilleuses et lui donnaient le titre do régule ou petit roi ; Us découvrirent presque tous ses composés et eu tirèrent des remèdes puissants, dont quelques-uns donnèrent lieu à du vives discussions [Voy. ANTIMONIAUX et fcU&TlQUE).

Quant a l'origine du nom, on conte que le moine Basile Valentin ayant remarqué l’actiun purgative exercée sur des auimaux par une préparation d’antimoine qu’ils avaient avalée par hasard , imagina de s'en servir également pour traiter ses confrères, mais que tous en moururent; c’est de là, dit-on, que serait

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