‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 65 sur 508 · AMI · texte numérisé non relu

AMI

AN'TI

Tenu le nom d'anlitncine, c.-à-d. contraire aux moi nés. D'autres dériventee nom de ce t|ue pendaut longtemps ou acruquece métal ne se trouvaitya/mur seul dans la nature ( anti monos , opposé à la solitude ).

ANTIM0N1ATES , sels formés par l’acide aoütnonique et une base métallique.

ANTIMONIAUX, classe de médicaments dont l'antimoine est la hase ou le principe actif. Les principaux sont l'émétique, le soufre doré et le kermès , que les praticiens prescrivent contre les scrofules , les maladies chroniques de la peau, celles des organes pulmonaires et des viscères abdominaux, beaucoup d'antiinouiaux sont des poisons irritants.

ANTIMONIEUX (aodb), combinaison de l'antimoine avec l'oxygène , donnant avec les bases les anti mom tes.

ANTIMO NIQUE (acide), combinaison de l’antimoine avec l’oxygène , renfermant plus d'oxygène que l’acide antimonieux ; c'est une poudre jaunâtre, rougissant le tournesol , soluble dans l’acide chlorhydrique et la potasse. Elle donne avec les bases les antimoniales.

ANT1M0N1TES, sels formés par l’acide antimonieux et une base métallique.

ÀNT1MONIURES , combinaisons de l'antimoine avec un autre métal. On rencontre plusieurs antimoniuresdans la nature, notamment l’antimoniure d’argent (disrrase ), de plomb {plomb anti monté) , etc.

ANTINOMIE (du grec anti, en opposition, et nomos , loi). On nomme ainsi en Philosophie la contradiction qui existe entre des principes ani paraissent également vrais. Kant Scsi plu, dans J& Critique de la raison pure , à rassembler les antinomies qui s’offrent à notre esprit; c’est ainsi que l’on peut essayer de soutenir à la fois que le monde est éternel , ou qu'il a eu un commencement ; qu'il est infini ou qu’il doit avoir des bornes; que la matière est divisible à l'iuüni ou que la divisibilité infinie est impossible; qu’il y a de la liberté dans le monde , ou que tout est soumis à la fatalité ; que tout est contingent ou qu’il existe un être nécessaire. Kant en conclut à l’impuissance de la raison humaine. — On nomme aussi antinomies, en Jurisprudence , les contradictions qui existent outre deux lois ou deux dispositions d'une même loi.

ANTI0D0NTALG1QUES (d'on fi, contre; odous, deut, et atyos, douleur), moyens propres à combattre le mal de dents. Voy. dents et odontalgie.

ANTIPAPE (de anti, contre, et pape , nom donné à ceux qui, à différentes époques, prirent le titre de pape, en opposition an souverain pontife élu canoniquement. Ils sont sortis, les uns aes rivalités intérieures de l'Eglise , les autres de l’influence de la politique, surtout de l’intervention des empereurs d'Allemagne dans les affaires d'Italie. On en compte 28 du in* au xv« siècle. Vqy. leurs noms dans la liste des papes, au I)iet. univ. d’Hist. et de Géogr.

ANTIPHLOGISTIQUE (du grec anti , contre , et phlox,phlogos, Inflammation), se dit du traitement et des médicaments propres à combattre l’inflammation. Le traitement antiphlogistique, recommandé surtout par l’école de Broussais, consiste dans l’emploi des saignées générales ou locales, des boissons aqueuses ou amylacées, mucllagineuses ou acidulés, selon les circonstances, des baius tièdes, des applications émollientes et de l’abstinence.

On a aussi appliqué l'épithète A’ antiphlogistique à la chimie de Lavoisier, parce qu'elle combattait la doctrine du phlogistique de Stahl.

ÀNTÏPHONAIRE (du grec antiphonè, antienne) , livre d'église contenant le chant des Matines , des Laudes et autres heures, et offrant en même temps les répons et les versets, le tout noté en plain-chant. Le pape Grégoire le Grand passe pour être le premier auteur de ces recueils.

ÀNT1PU0NEL (d'onfi, et phone, voix), méca-

nisme ingénieux qui s’adapte a un orgue, à un harmonium ou à un piano, et exécute sur ce* iu.-lrumenU mêmes, au moyen «l’une manivelle ou d’un levier, les airs les plus difliciles. Ce mécanisme se compose d’une boite oblouuue , dont la partie supérieure est recouverte d une plaque de métal perr«*c dans sa largeur d une série de petites ouverture* très- rapprochées, laissant passade a des becs d'acier qui font saillie. Ces becs se prolongent à l'intérieur de la boite et correspondent avec chaque note de h instrument. La musique est notée sur de petite* planchettes de bois dans lesquelles sont implantées des pointes de fer; on place ces planchettes sur l'appareil et ou tourne la manivelle. Les pointes dont celle-ci est aimée rencontrant successivement en passant les becs d’acier eu saillie , ceux-ci s'abaissent et transmettent leurs mouverneuls aux touche*. L autiphonel a été inveuté en l&4Gpar M. A. Dehain.

ANTIPHRASE (du grec anti, contre , et phrazâ , parler), figure de Rhétorique par laquelle on emploie une locution , une phrase , dans un sens contraire a sa signification ordinaire et à la pensée même de celui qui parle ; il s'y mêle un certain degré d’ironie. G’est par antiphrase que 1«* Grecs nommaient les Furies Euménides, c.-à-d. bienveillantes t la mer Noire Pont us Euxinus. ou mer Hospitalière; que l'ou donna à deux des Ptolémées, qui avaient fait périr les auteurs «le leurs Jours, les surnoms de Phi topator. Philométor (qui aime son père , sa mère).

ANTIPODES i du grec anti, contre, et pous , podos, pied ), se dit et des points diamétralement op-

IKjsés du globe terrestre , cl des êtres qui habitent es contrées placées dans cette situation. Les pays qui sont sur des par&llcles k l’équateur, à égal éloignement de ce cercle et aux extrémités d’un njêrnr diamètre, les uns au midi, les autres au nord, enfin qui ont le même méridien et qui sont sous ce méridien a la distance les uns des autres de ISO», c.-à-d. de la moitié du méridien , ces pays sont antipodes : leurs habitants ont effectivement les pieds diamétralement opposés. Les antipodes de Paris sont dans le Grand-Océan, au Sud-Est de la Nouvelle-Zélande. Les antipodes éprouvent à peu pré» les mêm«?s degrés de chaleur et de froid , et ont des jours et des nuits d’une égale longueur , mais en des tempe opposés : ainsi, quand il est midi pour l'un des antipodes , il est miuuit pair l’autre ; et lorsque pour l’un les jours ont atteint leur plus grand accroissement, ils sont (tour l’autre au point le plus court.

Les antipodes , aujourd hui incontestés , ont été le sujet de nombreuses controverses ch«‘i les anciens : Lactauce se moque de ceux qui croyaient aux antipodes; saiut Augustin combat aussi leur existence ; le pape Zacharie censura le prêtre Virgile pour l’avoir soutenue. L'opinion des Pères de l'Eglise à cet égard devint presque un article de foi, et fut un des plus grands obstacles que rencontra Christophe Colomb pour faire approuver son projet de voyage. Le succès de ce voyage c«>mmença la démonstration des antipodes ; elle fut complétée par la navigation de Magellan autour du monde.

ANTIPYRETIQUES (du grec pyrétos, fièvre). Voy. rÉniFüGES.

ANTIQUAIRE , savant qui s’occupe de l’étude de* monuments et des objets antiques ; on dit de préférence aujourd’hui Archéologue. On ne donuc plus guère le nom d 'antiquaires qu’à certains amateurs qui, le plus souvent sans études préparatoires, font des collections de fragment*, de médailles, de monnaies, d’objets de tout genre, antiques, ou qu’on leur vend pour tels. — Il s'est formé en France et à l’étranger plusieurs sociétés qui se livrent à l’étude . à la collection et à la conservation des objets antiques, surtout des monuments nationuux : la plus ancienne est celle de Londres, qui date de 1572; la Société des Antiquaires de France, fondée en 1805 sous

ANTI

AORI

le titre cl 'Académie celtique , a rendu de grand* service*. You. ajstiqcités , archéologie.

ANTIQUES. On comprend sous ce nom les médailles et statues des temps anciens qui nous sont parvenues; il y a au Louvre une Salle des antiques qui renferme d’immenses richesses. M. de Chirac, qui fut conservateur du Musée après Visconti, en a donné uu bon catalogue. On lui doit, en outre, le M u-rte de la sculpture antique (1827. etc.). Les savants modernes qui ont écrit avec le plus de goût sur les Antiques sont : Vtfconti, Winckelmaun , Wolff, Heyne , Bouterweck . Bœttigcr.

ANTIQUITES. L’étude des antiquités embrasse tout ce qui concerne les temps anciens : institutions, croyances , tisanes , arts , monuments , tels que temples , édifices publics , tombeaux , sculptures , peintures , pierres gravées , ustensiles , inscriptions , etc. Elle a été l'objet de travaux immenses , parmi lesuels on remarque : les Trésors d' Antiquités sacrées ’Ugholini , d’ Antiquités grecques de Gronovius, d’ Antiquités romaines de Gravius, Sallcngre, Palini; les ouvrages de Potter, Lambert Bos, Havercamp, relatifs à la Grèce; de Bosini , Nieuport, Pitiscus, Maternus, Heyno, relatifs à Rome ; de Muratori sur lTtalie au moyen Age ; les recherches de Grupen , Heineccius , Hmmnel , sur les Antiquités teutoniques ; de J. Martin. La Sauvagère, sur les Antiquités gauloises ; de \\. Baxter sur les Antiquités britanniques ; ceux d'A. Leuoir et de Dusommerard sur les anciens monuments français. Les Antiquités grecques de Robinson , et les Antiquit. rom. d'Adam sont des livres classiques. — V. archéologie.

ÀNTIRHH1NÉES, tribu de la famille des Sorofulariées, renferme les genres Antirrhinum ( genre type) , Linaria , Galvesia. Maurandia, Lophosper muni, Rhof/oc/uton. — L' Antirrhinum est appelé vulgairement Mu Hier. Mu fie de veau ou Gueule-de-loup.

ANTISG1ENS (d anti, eu opposition, skia, ombre) , peuples dont les ombres ont à midi des directions contraires : ce sont les peuples situés sous la même longitude et ayant une latitude égale , les uns au-dessus et les autres au-dessous de l’équateur. Les uns et les autres voient passer le soleil au méridien dans le même instant , mais ceux-ci dans la saison d'été , ceux-là dans la saison d'hiver; s’ils regardent le soleil à midi , ils se trouveront en face I ’uu de l’autre, et leurs ombres seront opposées.

ANTISCORBUTIQUES, substances propres a combattre le scorbut : telles sont les racines du raifort, les feuilles du cochléaria , du cresson , et un grand nombre do plantes crucifères. Les sucs antiscorbu* tiques sont obtenus , selon le Codex , par expression de parties égales de feuilles de cochléaria , de cresson et de trefie d’eau. — On prépare le vin antiscorbutique en mettant macérer pendant huit jours dans une bouteille de vin blanc, en quantités déterminées, de la racine fraîche de raifort sauvage coupée menu , des feuilles fraîches de cochléaria , de trèfle d’eau, des graines de moutarde noire contuses , et du sel ammoniac. — Les feuilles fraîches de cochléaria , de trèfle d’eau , de cressoq de fontaine , la racine de raifort sauvage , les oranges ameres et la cannelle sont, avec lu vin blanc et le sucre, les éléments du sirop antiscorbutique.

ANTISCROFULEUX, remèdes propres à combattre les scrofules. Les pilules antiscrofuleuses sont composées de scammonée et sulfure de mercure noir, oxyde d’autimoine blanc, cloportes préparés et savon amygdalin, avec sirop des cinq racines ; Y élixir antiscrofuleux, de racine de gentiane , carbonate d'ammoniaque, alcool à cent. Si l’on remplace le car-

bonate d’ammoniaque par trois gros de carbonate de soude , on a Y élixir antiscrofuleux de Peyrilhc. — Aujourd'hui on emploie surtout comme aiitiscrofuleux les préparations d'iode.

ANTISEPTIQUES (du grec anti, contre, ci seps is,

putréfaction). On a proposé comme tels des remota fort divers : les véritables antiseptiques sont pris dans la classe des acides , des astringents , des toniques, des stimulants. La j/otion antiseptique contient de la serpentaire de Virginie, du sirop de uinquina , de la teinture alcoolique de quinquina, u camphre , de l'acétate d’ammoniaque liquide.

ANTISPASMODIQUES , remèdes propres à combattre les spasme* . c.-à-d. à ramener à l’état normal la sensibilité aes muscles et des nerfs trop irrités , et a combattre les eouvulsions : tels sont les gomines-résines fétides, le nmsc, l’ambre gris, le camphre et toutes les plantes «jui , comme les sauges, les menthes, les mélisses, etc., contiennent du camphre. Les eaux distillées de lis, de muguet, de fleurs d’oranger, les éthers et les teintures éthérces, sont aussi antispasmodiques. La potion antisjtasrnodique du Codex se compose de sirop de fleur d'oranger, d’eau distillée de tleurs de tilleul et d’oranger , d’éther sulfurique.

ANT1SPAST1QUE. Ce mot s’emploie comme synonyme d’antispasmodique , cl a la même étymologie.

ANTISTROPHE (du grec antistréphû, sc retourner), 2« partie des stances dans la poésie lyrique des anciens Grecs. On la nommait aiusi , parce qu’après avoir chanté la strophe en marchant dans un sens, le cbfpur chantait l’antistrophe en revenant sur ses pas.

ANTITHESE (du grec antithésis , opposition) , ligure de stylo qui oppose les pensées aux pensées f les mots aux mots. Ce vers de Corneille au sujet d Auguste oflre un bel exemple d'antithèse :

El monté *ur le faite . il aspire b descendre.

On truuve une piquante antithèse dansl'épigramuiu d’Ausone sur Didon , que l’on a ainsi traduite

l*au*r« IMi» , où t’a réduit*

IV 1rs maris le tri»tr *ort?

L'un m monranl raine la fuit».

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