MERCURIALE
urecorné), avec l'argent (arquérite), et lesoufre /•e); cette dernière forme est la plus abondante et la plus exploitée. Les raines de mercure sont peu nombreuses : les plus productives sont, en Europe, d'Almaden en Espagne, d'Idria en Carinthie, et des environs de Kuss'l dans la Bavière Rhénane ; il y en a aussi en Hongrie, en Transylvanie, en Bohème. Le Mexique en possède 32 : on en a découvert en 1851 de fort riches en Californie; laCliineet le Japon en renferment, mais on n'a sur elles aucun renseignement certain. L'extraction du mercure est trèssimple à cause de sa volatilité : on grille le cinabre dans un four dont la sole est criblée de trous pour le passage de l'air; le soufre est ainsi converti en acide sulfureux, et le mercure, devenu libre, forme des vapeurs qui, au moyen de conduits en terre appelés aludels, arrivent dans une grande chambre où elles se condensent. On renferme le mercure ainsi obtenu dans de grandes bouteilles en fer, fermées par un bouchon à vis de même métal.
Le mercure est très-précieux pour la construction des instruments de physique et de chimie, tels que thermomètre, baromètre, manomètre, cuve pour recueillir les gaz. Il s'allie facilement avec un grand nombre de métaux, et forme avec eux des combinaisons liquides appelées amalgames. Un amalgame d'étain sert à mettre les glaces au tain. Les amalgames d'or et d'argent servent à dorer et à argenter les autres métaux. On se sert dans les laboratoires d'un amalgame de sodium, contenant 3 à 4 millièmes de ce dernier métal, pour fixer de l'hydrogène sur certaines substances organiques. C'est au moyen du mercav^ qu'on extrait l'argent de ses minerais. Ce métal forme aussi plusieurs combinaisons chimiques qui présentent de l'importance, soit par leur application dans les arts : tel est le vermillon ou cinabre (sulfure de mercure); soit par leur emploi dans la thérapeutique comme irritants, purgatifs et antisyphilitiques : tels sont notamment le calomel ou mercure doux (protochlorure de mercure), lesublimé corrosif (deutochlorure) et les deux iodures de mercure La solution du mercure dans l'acide nitrique sert pour le sécrétage des poils de lièvre et de lapin destinés à la confection des chapeaux : c'est Y eau- forte des chapeliers.
Le mercure n'éprouve aucune altération de la part de l'air, sec ou humide, à la température ordinaire. Lorsqu'on l'agite longtemps avec de l'air et de l'eau, il se réduit en une poussière noire, appelée autrefois (sans doute à cause de sa couleur) œtlnops per se : cette couleur est due à la grande ténuité de ses particules; il en est de même du mercure éteint par les graisses, le miel, tous les corps visqueux, etc. Lorsqu'on le maintient longtemps en ébullition à l'air, il se convertit en un oxyde rouge [HgO], deutoxyde, bioxyd'' ou oxyde mercurique : celui-ci donne avec les acides les sels mercuriques ; il existe encor e un autre oxyde de mercure, qui est noir [Hg20], protoxyde ou oxyde mercureux, et qui forme avec les acides les sels mercureux. Les sels de mercure sont très-vénéneux; le blanc d'œuf en est le meilleur contre-poison. On reconnaît aisément ces sels en plongeant dans leur solution une lame d'or ou de cuivre, qui prend alors, aux points de contact, une couleur grise en s'amalgamant avec le mercure. Tous les sels de mercure dégagent du mercure métallique lorsqu'on les chauffe avec de la chaux.
C'est principalement sur le mercure que s'exerçait la patience des alchimistes : le regardant comme un état imparfait de l'or et de l'argent, ils espéraient le transformer en ces métaux. Ils croyaient aussi que le mercure est le principe de tous les corps; de là l'hyporoèse du principe mercuriel ou de la terre mercuridle qui, selon eux, se trouvait dans tous les corps^ pesants ou volatils. La plupart des combinaisons du' mercure ont été découverte par les alchimistes. Voy. Pierre philosophale.
mercure argental ou Amalgame natif. On le
trouve en petites croûtes superficielles, et plus rarement en petits cristaux du système cubique dans tous les gisements de mercure. Il est blanc d'argent, un peu mat, facilement rayé par une pointe de couteau, ou môme par l'ongle. Il pèse 14.12. Les plus beaux échantillons viennent de Moschel-Landsberg, dans le Palatinat.
mercure chloruré, substance minérale connue aussi sous le nom de Mercure corné ou de Calomel natif-, sa formule est [HgClJ. Le calomel natif ne se rencontre qu'en enduits très-minces ou en petits cristaux qui paraissent être des prismes à base carrée. Il est gris de cendre, vert ou jaune, translucide, se laisse rayer au couteau et pèse 6,5. On le trouve, mais en petite quantité, avec le mercure sulfuré, à Idria, à Almaden, etc. — On obtient aussi artificiellement les combinaisons du chlore et du mercure. Voy. Chloruce de mercure.
mercure doux, synonyme de protochlorure de mercure. Voy. Chlorure de mercure.
mercure-éthyle , combinaison fort intéressante du mercure et de Yéthyle ou radical de l'alcool ; sa formule est [Hg (C2H5)2]. On l'obtient en faisant agir l'iodure d'éthyle sur l'amalgame de sodium. Densité, 2,2; point d'ébullition, 159°. On connaît aussi le mercure mèthyle [Hg (CH3)2]. — L'importance de ces composés vient du danger de leur maniement; on cite plusieurs cas de mort précédés de démence, chez des chimistes qui les avaient maniés trop longtemps.
mercure natif. On le trouve en petits globules dans les cavités des autres minerais de mercure. Voy. Mercure.
mercure sollble (d'Hahnemann). Il se forme en ajoutant avec soin de l'ammoniaque liquide dans une solution de protonitrate de mercure cristallisé. Ce sel, qui est insoluble, malgré le nom qu'il porte, a été fort employé comme antisyphilitique: il est ordinairement associé à l'opium. #
mercure sulfuré, synonyme de Cinabre. Voy. Cinabre et Vermillon.
mercure de vie. Voy. Algarot et Chlorure d'antimoine.
mercure (Lettres). Ce nom du messager des dieux a servi de titre à divers écrits périodiques contenant des nouvelles et traitant de littérature ou de politique. La plus célèbre de ces publications est le Mercure galant, fondé en 1672 par Visé. Ce journal donnait tous les mois des nouvelles, des anecdotes, des historiettes de boudoir et de salon. Il fut continué successivement par Dufresny (1710), par Lefebvre (1714), sous le titre de Mercure de France, par l'abbé Buchet (1717), sous le titre de Nouveau Mercure ; enfin par Laroque, Marmontel et plusieurs autres. Interrompu à la fin du xvme siècle (1799;, le Mercure reparut un instant en 1814, puis en 1823; il cessa définitivement d'exister en 1825.
On connaît sous le titre de Mercure français une histoire de France en 25 tomes, qui commence en 1605 et se termine en 1644- Le Mercure armoriai, par Segoing, traite du blason. Le Mercure indien, de Rosnel, traite de l'orfèvrerie et des pierres précieuses.
MERCURIALE (de Mercure), Maxiuailis, genre de la famille des Euphorbiacées, tribu des Acalyphées, renferme des plantes annuelles ou vivaces, à fleurs dioiques, en épis grêles, axillaires, dressés: périanthe simple, triparti ; les fleurs mâles portent de 12 à 15 étamines, les fleurs femelles produisent une capsule à deux coques monospermes. L'espèce la plus commune est la M. annuelle M. anima) : tige dressée, rameuse, haute de 0^,30 env. ; feuilles opposées, ovales, lancéolées, aiguës, et dentées en scie : dans les individus mâles, les fleurs forment des épis allongés ; dans les individus femelles, elles naissent à l'aisselle des feuilles supérieures. Cette plante, excitante lorsqu'elle est verte, devient émolliente et laxative lorsqu'elle a été cuite dans l'eau ; elle perd ses propriétés en séchant. On prépare, avec parties égales de suc de mercuriale non dépuré et de miel,