10S3 — MÉTALLOÏDES
ou tantale (1802), osmium, palladium, rhodium, iridium (1803; ; cérium (1804); potassium, sodium, baryum, strontium, calcium (1807); cadmium, lithium (1818); aluminium, yttrium, glucinium (1827); maenésium (1828); vanadium, thorium (1830); lanthane, didymium (1839); uranium (1840); erbium, therbium (1844); niobium, pelopium, ruthénium (1845); césium, rubidium (1861) ; thallium 1862) ; indium (1864)et gallium (1876). On y joint l'arsenic, le zirconium et le tellure, et deux métaux douteux, le norium et l'ilménium.
Tliénard avait partagé les métaux en 6 sections, suivant leur plus ou moins grande affinité pour l'oxygène : la lre comprenait ceux qui décomposent l'eau à la température ordinaire (potassium, sodium, lithium, baryum, strontium et calcium) ; la 2e, ceux qui décomposent l'eau à 100° et au-dessus (aluminium, glucinium, yttrium, zirconium, cérium et magnésium); la 3e, ceux qui*Tlécomposent l'eau à la chaleur rouge, ou à froid avec un acide fer, manganèse, nickel, cobalt, zinc, étain, cadmium, chrome et vanadium) ; la 4e, ceux qui ne décomposent l'eau qu'à la chaleur rouge (tungstène, molybdène, osmium, tantale, columbium, titane, antimoine et urané); la 5e, ceux qui décomposent l'eau au rouge blanc (cuivre, plomb, bismuth, argent); la 6e, ceux qui ne décomposent l'eau à aucune température (mercure, platine, or, palladium, iridium et rhodium). — On préfère aujourd'hui classer les métaux suivant leur atomicité ( Voy. ce mot) ; on a alors 5 classes, savoir : métaux monoatomiques (argent, lithium, sodium, potassium, rubidium, césium); métaux diatomiques (calcium, baryum, strontium, magnésium, zinc, cadmium, cuivre, mercure, etc.); métaux triatomiques (or, thallium, vanadium) ; métaux tétratomiques (aluminium, manganèse, fer, nickel, plomb, platine, etc.); métaux hexatomiques (molybdène, tungstène, iridium, etc.).
Les métaux sont tous opaques, comme nousl'avons dit ci-dessus ; mais réduits à une extrême ténuité ils deviennent translucides; les feuilles d'or laissent alors passer une lumière verte. — Presque tous les métaux peuvent cristalliser : la plupart affectent la forme cubique, sauf le bismuth et l'antimoine dont les cristaux sontrhomboédriques. La plupart peuvent être réduits en lames minces et en fils; quand avec ces deux propriétés ils possèdent encore la ténacité, c.-à-d. la résistance à la traction et une certaine dureté ou résistance à l'arrachement de leurs molécules, ils deviennent éminemment utiles. C'est là spécialement le cas du fer ainsi que de certain- alliages tels que le laiton. Tous les métaux sont susceptiblesde fondre, plusieurs de se volatiliser et de distiller, ainsi le zinc, le cadmium, l'arsenic, l'antimoine, le sodium, le potassium et l'argent lui-même peuvent être purifiés par distillation. — En fondant ensemble divers métaux on obtient les alliages. Voy. ce mot et Amalgame.
Les nu taux se trouvent dans la nature, soit à l'état de pureté (état natif, état vierge), comme le cuivre, l'argent, l'or, le platine, soit, ce qui est le cas le plus fréquent, à l'état de combinaison avec des substances diverses, telles qu'oxygène, soufre, chlore, arsenic, dont il faut les dégager au moyen des opérations métallurgiques (Voy. Métallurgie). Ils sont le plus souvent enfouis dans les entrailles de la terre, en filons, en amas, en couches. Voy. Mines.
Les métaux les plus utiles dans les arts sont : le fer, le cuivre, l'or, l'argent, le plomb, l'étain, le zinc, le mercure, le platine ; on ne se sert guère des autres que dans les laboratoires de Chimie ou dans les officines des Pharmaciens. — Par métaux précieux, on entend surtout l'or, l'argent et le platine, à cause de leur rareté et de l'emploi qu'on en fait dans la fabrication des bijoux et des monnaies.
Les anciens ne connaissaient que sept métaux, qu'ils désignaient chacun par le nom d'une des sept planètes : l'or (Soleil), l'argent (Lune ou Diane), le.
mercure (Mercure\ le cuivre (Vénus), le fer (Mars), l'étain [Jupiter), lé plomb 'Saturne).
Les Alchimistes dist i nouaient des métaux par fa iUi l'or, l'argent; et des métaux imparfaits : le plomb, l'étain, le mercure. Ils croyaient possible de métamorphoser les métaux imparfaits en métaux parfaits, et même de les transformer tous en or au moyen de ce qu'ils appelaient la pierre philosojihale. Du reste, en cherchant cette chimère, ils ont fait beaucoup de découvertes utiles.
On appelle métal d'Alger, un alliage d'étain, plomb et antimoine, qui imite l'argent et dont on fait des couverts; métal de cloches, le bronze donton fait les cloches( Voy. Br.oNZEetCi.ociiK ; métal de prince, un cuivre très-raffiné dont on fait des tabatières, des étuis, etc.; métal de la reine, un alliage d'étain, antimoine, plomb et bismuth, employé pour les théières anglaises, les cafetières, etc.
métal. En termes de Blason, métal se dit de l'or et de l'argent formant le champ del'écu.En couleur, l'or est représenté par le jaune et l'argent par le blanc; en gravure, l'or par un écu ponctué, et l'argent par un écu uni. Lorsque l'écu porte métal sur métal, c.-à-d. or sur argent, on dit que les armes sont fausses ou à enquerre, c.-à-d. à enquérir, à vérifier.
MÉTALEPSE du gr. u-ETâ)-^!?. transposition), figure qui substitue l'expression indirecte à l'expression directe. C'est une espèce de métonymie fondée sur l'association des idées, et qui fait entendre une chose par une autre qui la précède, qui la suit ou l'accompagne. Ainsi l'on dit : nous le pleurons, pour il est mort. C'est par une métalepse remarquable que la Phèdre de Racine laisse échapper le secret de son amour pour Hippolyte (act. I, se. 3) :
Dieux, que ne suis-je assise à l'ombre des forè's! etc.
MÉTALLIQUE, qui a les caractères ou l'apparence d'un métal. Il se dit surtout en parlant de l'éclat propre aux métaux. — En Minéralogie, on donne le nom de corps métalliques à une des grandes classes des minéraux, et à des groupes de roches comprenant les substances métalliques proprement dites.
On appelle science métallique la science qui concerne les médailles; histoire métallique, l'histoire d'un règne ou d'une époque où les événements sont constatés par une suite de médailles. Voy. Médailles et Numismatique.
En Russie et en Autriche, on nomme métalliques des valeurs que l'État rembourse, et dont il paye les intérêts en numéraire. On les nomme ainsi pour les distinguer d'autres effets publics qui ne sont échangés que contre du papier-monnaie. Les métalliques de Russie sont payables en roubles d'argent; celles d'Autriche sont dès obligations de 1,000 florins de capital ou de 50 florins de rente sur la banque d'Autriche. — En 1799, le Directoire émit en France une monnaie fictive dite monnaie métallique.
MÉTALLISATIO>\ On nomma d'abord ainsi une opération par laquelle on prétendait que les substances contenues dans le sein de la terre se transformaient en métaux. — On donne aujourd'hui ce nom à une opération métallurgique à l'aide de laquelle les métaux sont ramenés à l'état de pureté.
MÉTALLOÏDES (de métal, et du gr. eToo:, forme, apparence), nom donné, en Chimie, d'abord à ceux des corps simples qui, sans être métaux, ont une apparence métallique, comme l'arsenic, l'iode, le silicium, a été depuis étendu par Berzélius à tous les corps simples non métalliques. Les métalloïdes ont pour caractères d'être mauvais conducteurs de la chaleur et de l'électricité, et de donner, en se combinant avec l'oxygène, des corps indifférents ou des acides. On en compte 16, savoir : 4 gazeux (oxygène, hydrogène, azote et chlore); 1 liquide (brome); 10 solides (soufre, phospftore, arsenic, iode, bore, silicium, sélénium, tellure, carbone, zirconium), et enfiu le ftuor,Aaa\ l'état est encore incertain. — Parmi ces corps, le soufre et le charbon étaient connus de toute-