MÉTRIQUE
nom), figure de mots de la classe des Tropes, qui transporte le nom d'une chose à une autre chose voisine, mais distincte. La métonymie emploie la cause pour l'effet, l'effet pour la cause, le signe pour la chose signifiée, l'abstrait po' r le concret, le contenant pour le contenu, le lieu o une chose se fait pour la chose même, etc. Dans ce vers de Boileau (Sot. ix) : Faire trembler Memphis et pâlir le croissant,
il y a deux métonymies : « Memphis » est mis pour « lus habitants de Memphis, » c'est le contenant pour le contenu ; « le croissant » est mis pour « les Turcs,» c'est Je signe pour la chose signifiée.
MÉTOPE (du gr. jxsTÔiîrj, de p.£T«, entre, et Jirij, ouverture), se dit, en Architecture, de l'intervalle carré qui se trouve entre les triglyphes de la frise dans les colonnes de l'ordre dorique : on y place d'ordinaire des ornements, tels que vases, trépieds, tètes de génisse ou de bélier. Les métopes de plusieurs temples grecs (du Parthénon d'Athènes p. ex.) sont clés bas-reliefs.
MÈTRE (du gr. uifpov, mesure), unité principale de longueur du Système métrique. Le mètre est égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre et équivaut à 3 pieds 11 lignes 296 millièmes, ou à 0 toise, 5130740 de l'ancien système. Ses multiples sont le décamètre, l'hectomètre, le fahmètre et le myriamètre, qui valent respectivement 10 mètres, 100 mètres, 1000 mètres et 10000 mètres ; ses sous-multiples sont le décimètre, le centimètre, et le millimètre, qui représentent le 10e, le 100e et le 1000e du mètre. Dans l'évaluation des longueurs médiocres on emploie comme unité le mètre et ses subdivisions ; les très-petites longueurs comme le diamètre d'un tube, l'épaisseur d'une feuille d'or, s'évaluent en millimètres ou fraction décimale de millimètre. Enfin les longueurs itinéraires s'expriment, suivant les cas, en myriamètres, kilomètres ou hectomètres.
mètre carbé, unité principale de surface, du Système métrique : c'est un carré qui a pour côté l'unité de longueur. Ses sous-multiples sont : le décimètre carré, le centimètre carré, le millimètre carré; ses multiples, le décamètre carré, l'hectomètre carré, le kilomètre carré et le myriamètre carré. Chacune de ces unités vaut 100 fois l'unité immédiatement inférieure ; il en résulte que si l'on partage un nombre donné de mètres carrés en tranches de deux chiffres à partir de la virgule décimale, aussi bien vers la droite que vers la gauche, ces tranches expriment suivant leur rang des mètres carrés, des décimètres carrés, des décamètres carrés, des hectomètres carrés... etc. Ex. : 5634 mètres carrés, 273= 56 décamètres carrés, 34 mètres carrés, 27 décimètres carrés, 30 centimètres carrés. — L'are, unité employée pour la mesure des surfaces agraires, est un décamètre carré (Voy. Are) : son sous-multiple, le centiare, équivaut à un mètre carré.
mètre cire, unité principale de volume du Système métrique : c'est un cube qui a pour côté l'unité de longueur. Les sous-multiples sont : le décimètre cube, le centimètre cube, etc. ; ses multiples, le décamètre cube, l'hectomètre cube, etc. Chacune de ces unités vaut 1000 fois l'unité immédiatement inférieure. Il en résulte que si l'on partage un nombre donné de mètres cubes en tranches de trois chiffres à partir de la virgule décimale, les tranches expriment suivant leur rang des mètres cubes, des décimètres cubes, des centimètres cubes, etc. Ex. : 7836 mètres cubes, 248527 = 7 décamètres cubes, 836 mètres cubes, 248 décimètres cubes, 527 centimètres cubes. — Le stère, employé dans la mesure des bois de chauffage, n'est autre chose qu'un mètre cube. Voy. Stère.
mètre. Dans la Prosodie grecque et latine, ce mot s'emploie : 1° comme synonyme de pied (Voy. ce mot), et, dans ce sens, il se dit du dactyle, du sponiice, de l'anapeste, de l'ïambe, etc. : on appelle hexamètres, pentamètres, les vers composés de six ou de
cinq de ces pieds; 2° comme désignant le système de pieds dont se compose un vers : dans ce ssens une dipodw (àeu% pieds] peut former un mètre; c'est ainsi qu'un venïambique trimètre est composé
de six pieds. L'étude des diverses espèces de mètres est l'objet, de la métrique. Voy. ce mot.
MÉTHÉTÈS (du gr. u.ET^r,Tr,0, la plus grande des mesures de capacité employées autrefois par les Grecs pour les choses liquides, contenait 2 diôtas, et valait. 38 lit., 83. Voy. Amphore.
MÉTHEl'R (de mètre,. V>,y. Toisp.cn.
MÉTRIQUE (la), du gr. [xerpixT], science de la mesure; partie de l'ancienne Poétique qui a pour objet l'étude des différentes espèces de mètres et de vers dans les langues prosodiques. Il se dit surtout de l'étude de la versification grecque et latine. On estime chez les anciens les métriques de Diomède et de Terentianus Maurus; chez les modernes, les Elementa doctrinœ metricœ d'Hermann (Leipzig, 1826), le De re metrica Latviorum, de Lucien Miiller, le Traité de versification latine de M. Quicherat, etc.
Métrique (système). On appelle ainsi le système des poids et mesures en usage en France, parce qu'il a pour base le mètre. Il est connu aussi sous le nom de système décimal, parce que les mesures qui le composent y sont assujetties à la subdivision décimale. — Lorsque, frappée des inconvénient? de l'ancien système français {Voy. Mesires), l'assemblée nationale, le 8 mai 1790, eut décrété sa suppression et la création d'un système plus conforme à l'état de la science, une commission nommée par l'Académie des sciences et qui comptait parmi ses membres, Berthollet, Borda, Lagrange, Delambre, Laplace, Méchain et Prony, fut chargée d'en étudier les bases. Tout d'abord, pour éterniser leur oeuvre, ces savants convinrent d'en prendre les mesures dans la nature, et Delambre et Méchain furent chargés de mesurer l'arc de méridien compris entre Dunkerque et Barcelone (opération qu'Arago étendit ensuite jusqu'à l'île de Formentera). De cette mesure combinée avec la valeur alors admise pour l'aplatissement de la terre, ils déduisirent la longueur du quart du méridien terrestre, c'est-à-dire de la distance du pôle à l'équateur; c'est cette distance, trouvée égale à 5130740 toises de Paris, qui partagée en 10 millions de parties égales a donné le mètre. Il est vrai que la valeur de l'aplatissement employée par les auteurs du système métrique, était un peu trop faible : de là une erreur, reconnue plus tard, de 300 mètres environ sur la distance du pôle à l'équateur. Mais cette erreur répartie sur 10 millions de mètres produit, pour chacun, une différence tellement insignifiante qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Le mètre fut déclaré mesure légale de. longueur, par la loi du 18 germinal an NI (7 avril 1795). Mais le système métrique complet ne fut adopté dans son ensemble que le 2 novembre 1801. Malheureusement la tolérance de l'administration, et notamment le décret du 12 février 1812, retarda la propagation des nouvelles mesures, et ce fut seulement la loi du 4 juillet 1837 qui proscrivit d'une manière définitive les mesures anciennes, en rendant le système métrique exclusivement obligatoire à partir du 1er janvier 1840.
Les unités du système métrique sont : le mètre pour les longueurs ; le mètre carré et l'are pour les surfaces ; le mètre robe et le stère pour les volumes, le litre pour les capacités, le gramme pour les poids et le franc pour les monnaies. — Les multiples de ces unités, à l'exception de ceux du mètre carré et du mètre cube (Vot/. ces mots), valent respectivement 10 fois, 100 fois, 1000 fois, 10000 fois l'unité principale correspondante ; on les nomme à l'aide des mots déca, hecto, kdo, myria,que l'on place devant le nom de cette unité principale. Ainsi les multiples du mètre p. ex. valent respectivement 10 mètres, 100 mètres, 1000 mètres, 10000 mètres, et s'appellent: décamètre, hectomètre, kilomètre, myriamètre, et de même pour les autres espèces d'unités. — Les sous-